Maroc: l'ONU juge «arbitraire» la détention du journaliste Soulaimane Raissouni

Un militant marocain tient une banderole à l'effigie du journaliste marocain Soulaimane Raissouni, alors que ses partisans manifestent le 10 juillet 2021, dans la capitale Rabat, exigeant sa libération (Photo, AFP).
Un militant marocain tient une banderole à l'effigie du journaliste marocain Soulaimane Raissouni, alors que ses partisans manifestent le 10 juillet 2021, dans la capitale Rabat, exigeant sa libération (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 11 octobre 2022

Maroc: l'ONU juge «arbitraire» la détention du journaliste Soulaimane Raissouni

  • Cet ancien rédacteur-en-chef du journal arabophone Akhbar Al Yaoum affirme avoir été poursuivi «à cause de ses opinions»
  • Ses soutiens ont dénoncé un «procès politique»

RABAT: La détention du journaliste marocain Soulaimane Raissouni est "arbitraire" et il doit être libéré "immédiatement", a jugé un groupe de travail de l'ONU dans un avis consulté mardi par l'AFP.

Emprisonné depuis mai 2020, M. Raissouni a été condamné en appel en février 2022 à cinq ans de prison ferme pour "agression sexuelle", des faits qu'il conteste.

Cet ancien rédacteur-en-chef du journal arabophone Akhbar Al Yaoum affirme avoir été poursuivi "à cause de ses opinions". Ses soutiens ont dénoncé un "procès politique".

À la suite de l'examen de son cas, le Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire a conclu que "les violations du droit à un procès équitable sont d'une gravité telle qu'elles rendent la détention de M. Raissouni arbitraire".

Le groupe "estime que la mesure appropriée consiste à libérer immédiatement" le journaliste et "exprime sa vive inquiétude quant à son bien-être physique et psychologique", d'après un avis transmis à l'AFP par le comité de soutien de M. Raissouni.

Le journaliste marocain avait entrepris une grève de la faim d'avril à août 2021, lui laissant "de nombreuses séquelles", selon les experts onusiens.

Il n'a pas assisté à la plus grande partie de son procès en première instance -- entre février et juillet 2021 -- en raison de cette grève de la faim de 122 jours.

Il avait été arrêté deux jours après la publication d'un éditorial dans lequel il reprochait aux autorités leur excès de zèle dans l'application de la législation sur l'état d'urgence pendant la pandémie de Covid-19.

Selon le Groupe de travail de l'ONU, l'éditorial en question "relève de la liberté d'expression". M. Raissouni "est détenu pour avoir exercé pacifiquement ce droit".

Pour les autorités marocaines, en revanche, les poursuites "n'ont rien à voir avec son travail journalistique".

Deux autres journalistes marocains, Omar Radi et Taoufik Bouachrine, ont également été condamnés à de lourdes peines de prison ferme pour des agressions sexuelles qu'ils nient.

M. Radi, dont le procès en appel est en cours, est également accusé d'"espionnage".

Le Maroc occupe la 136e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters Sans Frontières (RSF).


Tunisie: la plupart des migrants vivent à la rue ou dans des campements improvisés (ONG)

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Plus de la moitié des migrants, réfugiés et demandeurs d'asile qui proviennent surtout d'Afrique subsaharienne en Tunisie vivent dans des conditions "inadaptées", à la rue ou dans des campements improvisés, a dénoncé mardi une ONG tunisienne spécialisée.

"Plus de la moitié" de ces migrants survivent dans "les rues, des parcs publics, des campements (de fortune) et d'autres zones à l'air libre", selon une étude du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES).

Avec ses côtes situées à moins de 150 kilomètres de l'Italie, la Tunisie est, avec la Libye voisine, le principal point de départ en Afrique du nord pour les migrants subsahariens cherchant à traverser la Méditerranée et à rejoindre clandestinement l'Europe.

Selon le ministère de l'Intérieur tunisien, du début de l'année jusqu'au 14 juillet, plus de 74.464 migrants ont été interceptés alors qu'ils tentaient de "franchir les frontières maritimes en direction de l'Europe", plus que sur l'ensemble de 2023 (environ 70.000).

Après un discours aux accents xénophobes du président Kais Saied en février 2023 dénonçant l'arrivée de "hordes de migrants subsahariens", des dizaines de milliers d'entre eux se sont retrouvés sans logement ni travail.

Plusieurs milliers de migrants avaient alors été rapatriés en urgence par leurs ambassades ou avaient pris la mer pour fuir la Tunisie. Ceux qui sont restés, rejoints par un flux continu de nouveaux migrants entrant notamment par la frontière algérienne, ont été chassés à partir de septembre 2023 de grandes villes comme Sfax vers des champs d'oliviers plus au nord.

A Tunis aussi, des campements de fortune installés devant des institutions onusiennes comme le HCR et l'OIM ont été évacués de force ces derniers mois.

Selon l'étude du FTDES, plus des deux tiers des migrants ont dû changer de lieu de vie au moins une fois l'an passé à cause de "contraintes sécuritaires" et de "violences infligées par la population locale".

Un total de 77% des personnes interrogées dans l'étude du FTDES ont dit avoir été victimes d'agressions verbales ou physiques. Même malades, neuf personnes sur 10 ont dit renoncer à se faire soigner "par peur d'être arrêtées".

Les migrants sont pris au piège entre les mauvais traitements subis en Tunisie et les pressions exercées par l'Union européenne pour que Tunis renforce sa lutte contre l'immigration irrégulière, selon le FTDES.

Cette situation est exploitée politiquement par le pouvoir tunisien "à la fois pour recevoir davantage de fonds (de l'étranger) et pour se présenter en interne comme protégeant les Tunisiens", selon le porte-parole du FTDES, Romdhane Ben Amor.

A l'été 2023, la Tunisie et l'UE ont signé un partenariat qui prévoit le versement de 105 millions d'euros en échange d'efforts accrus de la Tunisie pour freiner l'émigration clandestine vers l'Europe.


Plus de 12 millions de litres d'eau pompés au Yémen par KSrelief

KSRelief pompe plus de 12 millions de litres d'eau au Yémen dans le cadre d'un projet d'eau et d'assainissement. (SPA)
KSRelief pompe plus de 12 millions de litres d'eau au Yémen dans le cadre d'un projet d'eau et d'assainissement. (SPA)
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RIYADH : Un projet d'approvisionnement en eau et d'assainissement au Yémen mené par l'organisation humanitaire saoudienne KSrelief a continué d'améliorer les conditions de vie de la population.

Du 19 au 25 juin, quelque 1 033 550 litres d'eau potable et 10 849 000 litres d'eau non potable ont été fournis à Hajjah. Le groupe de projet a travaillé dans les districts de Midi, Haradh, Hayran et Abs, ainsi que dans le camp d'As-Ashour dans la région de Razih à Saada.

Trente-huit voyages ont été effectués pour éliminer les déchets des camps de personnes déplacées, tandis qu'à Saada, 70 000 litres d'eau potable et non potable ont été pompés, au bénéfice de 30 100 personnes.

KSrelief a également lancé un projet médical bénévole pour des opérations de l'oreille, du nez et de la gorge et l'ablation de tumeurs à Mukalla, dans la province de Hadhramaut.

L'initiative, qui a débuté le 20 juillet pour une semaine, implique 22 volontaires de différentes spécialités médicales. À ce jour, l'équipe médicale a réalisé avec succès 60 opérations chirurgicales spécialisées.

Au Soudan, KSrelief a achevé son projet de chirurgie urologique à Port-Soudan. Ce projet d'une semaine a impliqué 11 volontaires et 119 opérations chirurgicales spécialisées ont été réalisées avec succès.


Le Hezbollah en mission de vengeance après une attaque de drone meurtrière

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  • Un membre du groupe a été tué par une frappe israélienne à la périphérie de Shaqra.
  • Le Hezbollah a riposté par une attaque de drone contre une base de l'armée israélienne sur le mont Neria.

BEYROUTH : Un Libanais a été tué et un autre blessé mardi alors qu'il se trouvait dans une camionnette utilisée pour vendre des bonbons et des snacks dans les villages du sud du Liban.

Le décès est survenu lorsqu'un drone militaire israélien a pris pour cible le véhicule à la périphérie de Shaqra. La victime a été identifiée comme étant Sadek Atawi, membre du Hezbollah, soutenu par l'Iran.

Les frappes israéliennes ont également visé les banlieues de Naqoura, Markab, Hula, Talusah et Aita Al-Shaab avec des obus et des bombes incendiaires.

Dans le contexte de cette attaque, des sirènes d'alarme ont retenti dans plusieurs villes de Haute Galilée, des rapports faisant état de la chute de roquettes dans cette zone et dans la région de Galilée occidentale.

Les médias israéliens ont rapporté que "la plupart des sirènes d'alarme ont retenti dans des colonies dont les habitants n'ont pas été évacués".

Les sirènes ont été entendues dans les régions de Jabal Al-Jarmaq, Meron, Netua, Basuta, Shomera, Even Menachem, Kiryat Shmona, et Beit Hillel, ainsi que dans les villes voisines.

Un porte-parole de l'armée israélienne a déclaré que "plusieurs drones en provenance du Liban ont explosé dans les environs du Mont Meron, tandis que des roquettes ont été détectées dans les zones de Kiryat Shmona et Margaliot".

Le Hezbollah a déclaré dans un communiqué avoir mené "une attaque aérienne à l'aide d'un escadron de drones sur la base du mont Neria, en représailles à l'assassinat perpétré par l'ennemi dans la ville de Shaqra".

Les avions de combat israéliens ont de nouveau survolé à basse altitude Beyrouth et ses environs, notamment Khaldeh, Hadath, Aramoun, Damour, Jiyeh et Iqlim Al-Kharroub, et se sont rendus jusqu'à Keserwan et le district de Jezzine, provoquant de forts bangs soniques lorsqu'ils ont franchi le mur du son.

Lundi soir, pour la première fois, le Hezbollah a tiré des dizaines de roquettes Katioucha sur la colonie de Tsurial, en Galilée occidentale. Le groupe a déclaré que cette frappe était une riposte à "l'attaque qui a visé des civils dans la ville de Hanin" et qui a fait des blessés.

Deux Israéliens ont été blessés par des missiles lors de l'attaque de la colonie de Tsurial, selon des rapports en Israël.

Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a déclaré dans un message sur X : "Les sites visés par l'armée israélienne comprenaient un dépôt d'armes du Hezbollah et des infrastructures à Aita Al-Shaab.

Par ailleurs, le ministre israélien de l'Éducation, Yoav Kisch, a déclaré mardi que "la prochaine année scolaire ne commencera pas dans le nord en raison des problèmes de sécurité dans cette région".

Selon les médias israéliens, M. Kisch a exhorté le premier ministre et les chefs de l'appareil de sécurité à "agir maintenant et avec force contre l'État du Liban". La décision de mener une guerre avec la plus grande force contre le Liban est inévitable pour rétablir le calme et la stabilité pour les habitants du nord et (pour) l'avenir de l'État d'Israël".

En ce qui concerne l'avenir du conflit, le centre israélien de recherche et d'éducation Alma, spécialisé dans les affaires militaires, a publié un rapport mettant en garde contre "la capacité de la force Radwan du Hezbollah à envahir la Galilée".

Il ajoute : "Malgré des mois de combats entre Israël et le Hezbollah, cette force peut mettre en œuvre des plans pour s'emparer de terres en Israël, tout comme l'a fait le Hamas.

"La force Radwan peut opérer de manière indépendante, sans instructions constantes ni assistance logistique extérieure.

"Les commandants de division sont très indépendants lorsqu'ils prennent des décisions tactiques rapides sur le terrain, tandis que la force est équipée de toutes les armes d'infanterie et de commando actuellement disponibles sur le marché de l'armement.