Une épave en mer Rouge reflète l'ampleur du patrimoine maritime de l'Arabie saoudite

Des archéologues marins d'Arabie Saoudite et de l'Université de Naples «L’Orientale» documentent certaines des centaines de jarres de stockage trouvées sur le site de l'épave d'Umm Lajj. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)
Des archéologues marins d'Arabie Saoudite et de l'Université de Naples «L’Orientale» documentent certaines des centaines de jarres de stockage trouvées sur le site de l'épave d'Umm Lajj. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)
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Publié le Mercredi 12 octobre 2022

Une épave en mer Rouge reflète l'ampleur du patrimoine maritime de l'Arabie saoudite

  • L'épave d'Umm Lajj se trouve à une profondeur d'environ 22 mètres, à 180 km au nord du port moderne de Yanbu
  • En août, la Commission du patrimoine saoudien a lancé un projet d'étude de 400 km de la côte de la mer Rouge du Royaume

LONDRES: À première vue, la tasse en porcelaine bleue et blanche gisant intacte sur le fond marin sablonneux semble avoir été jetée d'un bateau hier.

En fait, cette tasse, l'une des centaines disséminées dans la région immédiate, repose sous les flots depuis plus de deux-cent-cinquante ans.

La cargaison perdue, ainsi que le grand navire marchand qui l'a emportée au fond de l'eau, ne sont pas seulement les indices d'une tragédie oubliée depuis longtemps, mais aussi une indication de l'ampleur du patrimoine maritime de l'Arabie saoudite, encore largement méconnu.

L'épave d'Umm Lajj, nommée d'après la ville la plus proche sur la côte de la mer Rouge du Royaume, se trouve à une profondeur d'environ 22 mètres, entre le lagon d'Al Wajh et l'île d'Al-Hassan, à environ 180 kilomètres au nord du port moderne de Yanbu.

On pense qu'une simple tasse trouvée sur le fond marin au large d'Umm Lajj a été fabriquée en Chine et transportée en mer Rouge au XVIIIe siècle. (Photo, Ministère de la culture/Université de Naples)

L’épave du bateau a été découverte il y a plus de quinze ans par des plongeurs amateurs et, avant que l'accès au site puisse être officiellement restreint, elle a été partiellement pillé.

En 2015, la Commission du patrimoine du ministère saoudien de la Culture a placé les eaux entre Yanbu et Umm Lajj sous protection et a invité une équipe de l'Université de Naples «L'Orientale» à se joindre aux archéologues saoudiens afin d’effectuer une étude du site – et une pièce fascinante du puzzle émergeant de l'histoire maritime du Royaume a commencé à sortir des profondeurs.

Ils ont trouvé les traces des restes d'un grand navire marchand du milieu du XVIIIe siècle, d'environ 40 mètres de long. Bien que partiellement enfouies dans le sable, certaines des poutres du navire étaient encore visibles au-dessus du fond marin. Autour du site de l'épave se trouvait une partie de sa cargaison, notamment des centaines de jarres, d'autres récipients de stockage et des centaines de petites tasses en porcelaine, dont beaucoup étaient encore intactes.

Près de ce que l'on pense être la poupe du navire se trouve un monticule d'environ 1 000 jarres en terre cuite, autrefois couramment utilisées dans toute l'Égypte et l'Arabie pour contenir des liquides, maintenant calcifiées en une seule masse solide. Il est probable que de nombreuses autres jarres se trouvent encore sous le sable.

L'épave se trouve à angle droit par rapport au récif, ce qui indique que le navire a pu connaître son destin au mouillage, peut-être en cherchant à s'abriter des vents du nord-ouest dominants dans la région.

La cause du naufrage reste incertaine. Il est possible qu'il ait sombré dans une tempête ou se soit échoué sur le récif. Un incendie catastrophique pourrait s’être déclaré à bord, ce qui expliquerait la présence de quelques fragments de bois brûlé parmi les débris.

Mais surtout, les archéologues ont pu reconstituer l'histoire du navire et de son équipage, contribuant ainsi à une meilleure compréhension du patrimoine maritime de l'Arabie saoudite et de la région de la mer Rouge.

Au cours des dernières décennies, d'énormes travaux archéologiques ont été menés en Arabie saoudite, dressant un tableau de plus en plus complet d'un patrimoine complexe qui remonte aux premiers jours de l'histoire de l'humanité.

L'archéologue Chiara Zazzaro, co-directrice de l'exploration sous-marine du site.  (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)

Grâce à leur inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, des trésors tels que la région d'AlUla, où se trouve l'ancienne cité nabatéenne de Hegra, Diriyah, le berceau de l'Arabie saoudite, et la région de Hail, avec sa richesse en art rupestre documentant plus de dix-mille ans d'histoire humaine, commencent à être connus dans le monde entier.

L'attention se porte désormais sur ce qui se cache sous les vagues au large de l'Arabie saoudite. Le point de départ est une simple tasse posée sur le fond marin au large d'Umm Lajj, qui est suspectée d’avoir été fabriquée en Chine et transportée en mer Rouge au XVIIIe siècle.

En août, la Commission du patrimoine saoudien, en collaboration avec l'université du roi Abdelaziz à Djeddah, a lancé des plans pour une recherche sous-marine sans précédent qui sonderait 400 km de la côte de la mer Rouge du Royaume.

Cette recherche débutera du site de l'épave d'Umm Lajj et remontera vers le nord jusqu'à Ras al-Cheikh Hamid, le cap sablonneux de la province de Tabūk qui constitue l'extrémité occidentale de l'Arabie saoudite continentale.

Plusieurs mystères attendent d'être résolus, notamment l'emplacement d'un certain nombre de ports mentionnés par les historiens classiques et qui se trouveraient le long du littoral de la mer Rouge en Arabie saoudite.

Parmi eux figure l'ancien port de Charmuthas, décrit au deuxième siècle avant J.-C. par l'historien grec Agatharchides comme le meilleur port de la côte, capable d'abriter 2 000 navires à la fois.

Certains archéologues pensent qu'il s'agissait d'une vaste étendue d'eau à laquelle on accédait par une baie étroite, ou bras de mer, à quelque 30 km en amont de la côte de Yanbu, toujours fréquentée par de petits bateaux de pêche et autres embarcations de plaisance.

Iotabe, une île qui a servi de port commercial et de centre fiscal romain au premier millénaire, a été mentionnée pour la première fois par des historiens romains contemporains au quatrième siècle et a été associée par certains à l'île stratégiquement importante de Tiran, à l'embouchure du golfe d'Aqaba.

La grande lagune d'Al-Wajh, juste au nord de l'épave d'Umm Lajj, a été évoquée comme le site possible de deux ports antiques. L'un était Egra, mentionné au premier siècle par le géographe grec Strabo comme un village de bord de mer associé à Hegra, à 160 km à l'intérieur des terres. L'autre est un autre port nabatéen perdu, Leuke Kome, ou Horse Bay, également mentionné par Strabo.

L'épave d’Umm Lajj, qui porte le nom de la ville la plus proche sur la côte de la mer Rouge du Royaume, se trouve à une profondeur d'environ 22 mètres. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)

Certains de ces sites seront inclus dans la recherche. D'autres ont été identifiés par une équipe de biologistes marins qui a déjà étudié le lagon d'Al Wajh, juste au nord du site de l'épave, dans le cadre d'une étude de onze mois sur l'ensemble de la zone désignée pour le développement par la Compagnie de développement de la mer Rouge, afin d'identifier et de protéger la faune et les écosystèmes de la région.

Chiara Zazzaro, archéologue à l'Université de Naples «L'Orientale» et codirectrice des recherches sous-marines avec Romolo Loreto sur l'épave d'Umm Lajj, a déclaré: «Ils ne sont pas archéologues, mais ils ont soigneusement mentionné la position de chaque élément de preuve archéologique sous-marine potentielle qu'ils ont trouvé, et ils ont une liste d'une douzaine d'endroits, rien que le long de la rive d'Al Wajh.»

On ne sait pas encore si chacun de ces sites est l'épave d'un navire. Mais Zazzaro et ses collègues ont été invités à plonger sur l'un d'eux le mois dernier. «Celui-ci est assurément l’épave d’un navire. Il y a des jarres, semblables à celles que nous avons trouvées à Umm Lajj, et des restes de bois», a-t-elle ajouté.

Parallèlement, alors que la plus vaste étude maritime jamais réalisée sur la côte de la mer Rouge est en cours, l'épave d'Umm Lajj va faire l'objet des premières fouilles archéologiques sous-marines du Royaume.

Le projet est dirigé par la Compagnie de développement de la mer Rouge qui, en partenariat avec le ministère de la Culture, qui prévoient de transformer plus de 28 000 kilomètres carrés de terres, d'îles et d'eaux vierges le long de la côte ouest de l'Arabie saoudite en une destination touristique durable qui tirera le meilleur parti des paysages époustouflants et du patrimoine de la région.

S'exprimant lors de la signature des accords entre l'organisation et le ministère en novembre, John Pagano, directeur général de la Compagnie de développement de la mer Rouge, a déclaré: «La côte de la mer Rouge en Arabie saoudite est riche en histoire, placée au cœur des routes commerciales mondiales depuis des siècles.

«Le partenariat avec les commissions du patrimoine et des musées nous permet à la fois d'explorer l'importance historique de cette région unique et de garantir la préservation de nos découvertes.»

Il a souligné que la Compagnie de développement de la mer Rouge était «engagée dans le développement responsable de l'extraordinaire beauté naturelle et de la valeur historique de la mer Rouge et nous nous réjouissons d'une collaboration étroite pour faire progresser les efforts de conservation du patrimoine du Royaume.»

Les plongées de cette année ont ajouté plus de matériel aux découvertes, des épaves rappelant que des vies ont probablement été perdues: Une cuillère, un peigne, des perles, et ce qui semble être des pièces de monnaie.

Zazzaro a signalé que ces découvertes sont maintenant en cours d'analyse. «Elles ont le même diamètre que le thaler de Marie-Thérèse, un type de pièce d'argent qui a été frappé pour la première fois en 1741 et qui est rapidement devenu une monnaie courante dans le commerce mondial. J'espère qu'elles le sont: Cela nous donnerait tellement d'informations sur l'économie de cette période.»

Parmi les autres trouvailles figurent des grains de café – le port de Mocha au Yémen a été pendant de nombreuses décennies la source d'une grande partie du café consommé en Europe, cultivé sur les flancs des monts Sarawat qui longent le côté de la mer Rouge. Les bols de deux pipes de style ottoman laissent deviner les origines de l'équipage.

Jusqu'à ce que des fouilles soient entreprises, seules quelques poutres sont actuellement visibles, mais elles sont suffisamment importantes pour montrer que le navire n'était pas un boutre arabe traditionnel.

«Il est complètement différent. Les boutres sont normalement plus courts, d'un maximum d'environ 35 mètres, alors qu'il s'agit d'une structure assez massive. Les planches sont très épaisses, et la charpente interne est également très grande», a ajouté Zazzaro.

Elle a indiqué que le navire a presque certainement été construit sur la mer Rouge, probablement en Égypte.

«Nous avons analysé le bois et il est d'origine européenne, en pin et en chêne, et nous savons, grâce à des sources d'archives, qu'il y avait des chantiers navals dans le golfe de Suez qui avaient accès à ces matériaux», a-t-elle clarifié.

Les fouilles de l'épave vont certainement révéler d'autres secrets. Mais les archéologues ont déjà reconstitué une grande partie de l'histoire du navire, et la manière dont elle s'inscrit dans le cadre plus large du commerce maritime égypto-arabe avant l'expansion européenne en mer Rouge.

La première chose dont les archéologues se sont rendu compte, c'est qu'il y avait des similitudes frappantes entre le navire d’Umm Lajj et deux autres épaves de la mer Rouge, découvertes au large de l'Égypte en 1969 et 1994.

La cargaison des deux épaves, un grand navire ottoman du XVIIIe siècle découvert au large de Charm el-Cheikh et un navire similaire trouvé sur l'île de Sadana, près de Safaga en Égypte, était similaire à celle d'Umm Lajj.

Mais c'est l'analyse experte des coupes de l'épave d'Umm Lajj qui a permis de dater le navire, de déterminer la route qu'il avait probablement empruntée et d'établir son rôle dans le schéma général du commerce dans la région.

Dans un article publié en 2018, Chiara Visconti, professeure d'archéologie chinoise et d'histoire de l'art à l'Université de Naples «L'Orientale», a conclu que l'épave d'Umm Lajj pouvait «être considérée comme une preuve archéologique importante du commerce inter-asiatique le long de la mer Rouge – une mer qui a jusqu'à présent fait l'objet de peu d'exploration archéologique – et de la complexité des routes commerciales utilisées pour transporter la porcelaine chinoise à travers la Route maritime de la soie».

Elle s'est rendu compte que le motif décoratif trouvé sur de nombreuses tasses – en particulier, un pin avec un tronc noueux émergeant d'un sol rocheux d'un côté et une seule touffe d'herbe de l'autre, connu par les historiens sous le nom de motif du pin bleu – avait également été vu sur des dizaines de milliers de tasses dans la cargaison du Geldermalsen.

«C’est à coup sûr une épave de navire. Il y a des jarres, semblables à celles que nous avons trouvées à Umm Lajj, et des restes de bois», a déclaré Chiara Zazzaro. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)

Ce navire, qui appartenait à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, avait sombré au large d'une île d'Indonésie en 1752 alors qu'il revenait de Canton vers les Pays-Bas avec de nouveaux stocks de porcelaine chinoise très prisée.

Les archives montrent qu'au printemps 1751, le Geldermalsen avait quitté Canton avec une cargaison de tasses et d'autres porcelaines à destination de Surat, un centre de commerce de la société dans le nord-ouest de l'Inde.

Visconti a conclu qu'une partie de la porcelaine a ensuite fait son chemin de Surat à bord d'un navire indien jusqu'à Djeddah, où elle a été transférée sur le navire d’Umm Lajj, «très probablement l'un des navires qui couvraient le secteur du centre-nord de la mer Rouge, sur la route de Djeddah à Suez».

Le navire d’Umm Lajj semble n'avoir porté aucun canon et, à une époque où l'océan Indien était une zone interdite à tous, sauf aux marchands les plus lourdement armés, «il semble peu probable qu'un navire destiné à naviguer dans l'océan Indien ait pris la mer sans avoir à bord des moyens de défense».

Un indice fascinant pointe vers la destination prévue de la cargaison perdue: l’absence de sous-tasses. Dans son article, Visconti a indiqué: «Dans les cargaisons destinées à l'Europe... les tasses à thé et à café étaient toujours accompagnées de leurs sous-tasses respectives. La cargaison d'Umm Lajj est composée de tasses sans sous-tasses, ce qui suggère qu'elle était destinée au marché du Moyen-Orient.»

En fin de compte, il est prévu que les visiteurs du projet de la mer Rouge puissent plonger sur le site de l'épave d'Umm Lajj. Sur terre comme sur mer, l'Arabie saoudite mène une politique de musées ouverts, plaçant les trésors culturels au cœur des projets destinés à attirer les touristes dans le Royaume.

Certains de ces objets seront récupérés et exposés dans des musées, mais d'autres, notamment la masse calcifiée des pots, seront laissés là où ils sont tombés sur le fond marin, pour être découverts dans leur environnement.

En tant qu'archéologue, Zazzaro soutient pleinement le principe de l'accès des plongeurs touristiques aux sites du patrimoine subaquatique.

«Il faut le faire de manière responsable, bien sûr. Mais il s'agit d'un patrimoine pour tous, et plus il y a de personnes qui peuvent venir le voir et en apprendre davantage, mieux c'est. C'est ce qui donne du sens à notre travail», a-t-elle ajouté.

En 2015, l'Arabie saoudite a ratifié la Convention de l'Unesco sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, en vertu de laquelle les sites subaquatiques bénéficient du même statut et de la même protection que les sites terrestres.

La convention comporte également des principes de base que les États doivent prendre en compte dans leurs efforts pour protéger les sites archéologiques engloutis, notamment en donnant la préférence à la préservation in situ.

Zazzaro a signalé: «L'annexe de la convention stipule qu'avant de lancer un projet, il faut réfléchir à ce qu'il faut faire ensuite, à la manière de prendre soin du site et de s'assurer que les populations locales le connaissent, et à la manière de garantir que tout le monde puisse profiter de ces découvertes importantes.»

Après la fouille du navire, Zazzaro estime qu’il devrait être laissé en place, dans ce qui est un environnement naturellement protecteur.

Des archéologues marins d'Arabie Saoudite et de l'Université de Naples «L'Orientale» documentent des centaines de jarres de stockage trouvées sur le site de l'épave d'Umm Lajj. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)

«Il serait très difficile et coûteux de retirer, de conserver et d'exposer la structure en bois du navire. De plus, il est préférable de le voir là où il se trouve – ce sera un spectacle admirable.

«La chance de pouvoir plonger sur cette épave était un rêve devenu réalité. C'est tellement spectaculaire. À seulement 20 mètres de profondeur, la lumière y pénètre, et la visibilité est très bonne», a-t-elle ajouté.

Bien que l'Arabie saoudite bénéficie de plus en plus d'une ouverture sur le monde et que les visiteurs affluent pour découvrir ses nombreux trésors patrimoniaux, les sites archéologiques terrestres étant protégés par le manque de visiteurs, les sites sous-marins sont eux aussi restés largement intacts.

«En Méditerranée, de nombreuses épaves – certainement à une vingtaine de mètres – auraient été largement pillées, et il est désormais rare de trouver une épave intacte à cette profondeur.

«Mais en Arabie Saoudite, il y a une richesse de matériel qui attend d'être découverte le long de la côte de la mer Rouge, et une grande partie de ce matériel n'a probablement pas été touché du tout», a soutenu Zazzaro.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Bella Hadid est la vedette de la campagne pré-automne d’Alo

Bella Hadid a porté plusieurs pièces de la collection performance de la marque. (Getty Images / Instagram)
Bella Hadid a porté plusieurs pièces de la collection performance de la marque. (Getty Images / Instagram)
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  • Bella Hadid incarne la campagne pré-automne 2026 d’Alo, mettant en avant une collection polyvalente dans une esthétique plus épurée que ses précédentes campagnes
  • Cette collaboration s’ajoute à une année marquée par ses partenariats avec Prada et Revolve, son retour sur les podiums et le développement de sa marque de parfums Orebella

DUBAÏ : Le mannequin américano-néerlandais d’origine palestinienne Bella Hadid est le visage de la campagne pré-automne 2026 de la marque de vêtements de sport Alo, dévoilée cette semaine et photographiée à Los Angeles.

La campagne a été réalisée par le duo de photographes de mode Mert & Marcus et stylisée par Mimi Cuttrell. Elle associe des portraits intimistes à ce que la marque décrit comme une « narration cinématographique », mettant en scène les paysages naturels et urbains de la ville.

Les images adoptent une ambiance plus sobre et épurée que le glamour haute couture auquel Bella Hadid a habitué le public. Cette campagne marque ses retrouvailles avec Alo, après sa première apparition dans la campagne automne 2025 de la marque.

Bella Hadid porte une sélection de pièces techniques de la marque, notamment un ensemble ivoire composé de leggings assortis à un haut coordonné, un débardeur ajusté, un short de course ainsi que des chaussures de trail noires. Des vêtements d’intérieur, comme un short de survêtement court et une veste oversize, sont également mis à l’honneur. À travers ce mélange de nouveautés et de pièces emblématiques, Alo souligne la polyvalence de sa collection, adaptée aussi bien à la pratique sportive qu’au quotidien.

Cette séance photo pré-automne fait suite à une période particulièrement intense pour la marque, qui a dévoilé plus tôt cet été une collection de lunettes de soleil dans le cadre d’une campagne mettant en vedette plusieurs mannequins, dont Lila Moss et Amelia Gray. Ces dernières années, Alo a élargi son offre avec des collections de mode balnéaire, des chaussures, des produits de beauté ainsi qu’une gamme de sacs.

Fondée à Los Angeles en 2007, Alo a connu une croissance rapide ces dernières années. La marque exploite aujourd’hui plus de 150 boutiques à travers le monde et propose une offre couvrant les vêtements de sport, les chaussures, les soins de la peau et les produits de beauté.

Cette campagne vient couronner une année particulièrement chargée pour Bella Hadid. Plus tôt en 2026, Prada l’a nommée première ambassadrice mondiale de sa ligne beauté. En mai, elle a foulé le tapis rouge du Festival de Cannes dans une robe blanche Prada réalisée sur mesure, également stylisée par Mimi Cuttrell, à l’occasion de la première du film « Garance ».

Depuis, elle a incarné la première campagne de Revolve Los Angeles, la toute première marque propre du distributeur américain, avant de faire son retour sur les podiums de Saint Laurent après un traitement contre la maladie de Lyme. En dehors des défilés, elle a poursuivi le développement de sa marque de parfums, Orebella, lancée cette année au Moyen-Orient chez Ulta Beauty.

Fille du promoteur immobilier américano-palestinien Mohamed Hadid, Bella Hadid est depuis longtemps l’une des personnalités les plus engagées de l’industrie de la mode sur les questions palestiniennes. Elle apparaît régulièrement sur les tapis rouges internationaux dans des tenues inspirées de la culture palestinienne et, avec sa sœur Gigi Hadid, a fait un don d’un million de dollars pour soutenir les opérations de secours à Gaza.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Les villages patrimoniaux transforment Al-Baha en un pôle de tourisme culturel

Les villages patrimoniaux de la région d’Al-Baha, en Arabie saoudite, attirent cet été des visiteurs nationaux et internationaux. Grâce aux festivals, événements culturels et musées vivants, ces sites historiques vieux de plusieurs siècles deviennent de grandes destinations touristiques. (SPA)
Les villages patrimoniaux de la région d’Al-Baha, en Arabie saoudite, attirent cet été des visiteurs nationaux et internationaux. Grâce aux festivals, événements culturels et musées vivants, ces sites historiques vieux de plusieurs siècles deviennent de grandes destinations touristiques. (SPA)
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  • Plus de 72 villages patrimoniaux et sites historiques sont actuellement restaurés et développés grâce à des partenariats entre les autorités publiques et les communautés locales
  • Parmi les destinations les plus connues figurent le village patrimonial de Dhee Ayn, le palais Bin Raqoush, la forteresse Bin Allas, Al-Atawlah, Al-Abadilah et le village Al-Mousa

RIYAD : Les villages patrimoniaux de la région d’Al-Baha attirent de nombreux visiteurs cet été alors que festivals, événements culturels et musées vivants transforment des sites centenaires en attractions touristiques majeures, soutenant les ambitions du Royaume de développer le tourisme culturel dans le cadre de Vision 2030.

Plus de 72 villages patrimoniaux et sites historiques sont restaurés et valorisés grâce à la coopération entre les autorités et les communautés locales. Ces initiatives permettent de préserver l’identité culturelle saoudienne tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les habitants dans les secteurs du tourisme, de l’hospitalité et des petites entreprises.

Parmi les destinations les plus connues de la région figurent le village patrimonial de Dhee Ayn, le palais Bin Raqoush, la forteresse Bin Allas, Al-Atawlah, ainsi que les villages d’Al-Abadilah et d’Al-Mousa. Situés dans les hauteurs d’Al-Baha et dans la plaine de la Tihama, ces sites mettent en valeur l’architecture traditionnelle, l’histoire locale et les anciennes civilisations, tout en accueillant des spectacles folkloriques, des jeux traditionnels, des démonstrations de broderie et d’artisanat, des ateliers de calligraphie arabe, des expositions de vêtements patrimoniaux et des expériences culinaires locales.

Le Festival patrimonial d’Al-Atawlah, l’un des événements phares de l’été dans la région, se déroule sur dix jours et recrée des traditions anciennes, notamment les cortèges nuptiaux et les rites d’hospitalité, offrant aux visiteurs une immersion dans le mode de vie et les coutumes sociales des générations précédentes.

Mahdi Al-Kanani, responsable du comité média du festival, a déclaré que ces villages sont devenus un pilier important de la préservation culturelle et du développement touristique.

« Ces villages permettent aux visiteurs de découvrir la vie sociale des générations précédentes, ainsi que les coutumes, les arts traditionnels et les métiers historiques de la région », a-t-il déclaré à Arab News. « Ils sont devenus un moteur important du tourisme et contribuent aux objectifs de Vision 2030. »

Mohammed Lafi, habitant d’Al-Baha, a indiqué que les projets de restauration ont permis de préserver le caractère historique des villages tout en améliorant les infrastructures afin d’accueillir un nombre croissant de visiteurs.

« Ces projets ont préservé l’identité architecturale authentique des villages tout en améliorant les services et les infrastructures, les transformant en destinations culturelles et touristiques sans compromettre leur valeur historique », a-t-il déclaré.

Lafi attribue l’augmentation du nombre de visiteurs à l’amélioration des infrastructures, à l’élargissement de l’offre d’événements et à une meilleure sensibilisation du public aux attractions de la région.

« La hausse du nombre de visiteurs est portée par la diversité des événements, l’amélioration des services, de meilleures routes et infrastructures, ainsi que par les efforts médiatiques qui ont permis de faire découvrir les villages patrimoniaux, les fermes, les hébergements ruraux et les paysages montagneux uniques d’Al-Baha », a-t-il déclaré.

Il a souligné que les communautés locales jouent un rôle essentiel dans le succès des festivals en accueillant les visiteurs, en organisant des événements et en valorisant l’artisanat et les produits traditionnels.

« Les habitants d’Al-Baha sont des partenaires de cette réussite grâce à leur hospitalité, leur participation à l’organisation des événements, la mise en valeur des produits locaux et la préservation des coutumes et traditions qui reflètent l’authenticité de la société saoudienne », a-t-il ajouté.

Selon Lafi, les festivals d’été ont également stimulé l’activité des hôtels, restaurants, cafés et entreprises familiales, tout en créant des opportunités d’emplois saisonniers pour les jeunes Saoudiens.

« Les festivals offrent aux familles productives une plateforme pour commercialiser leurs produits et augmenter leurs revenus, tout en donnant aux jeunes de précieuses opportunités d’emploi et d’expérience », a-t-il déclaré.

La restauration et la mise en valeur des villages patrimoniaux d’Al-Baha s’inscrivent dans la stratégie plus large de l’Arabie saoudite visant à préserver les sites historiques tout en les transformant en sites culturels et touristiques durables, contribuant à la diversification économique du Royaume et à la préservation de son patrimoine architectural et culturel pour les générations futures.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tom Holland livre sa meilleure performance à ce jour dans « Spider-Man: Brand New Day »

Tom Holland dans le rôle de Peter Parker dans « Spider-Man: Brand New Day ». (Photo fournie)
Tom Holland dans le rôle de Peter Parker dans « Spider-Man: Brand New Day ». (Photo fournie)
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  • Tom Holland livre sa performance la plus aboutie dans un Spider-Man plus sombre, vulnérable et profondément humain
  • Grâce à la réalisation de Destin Daniel Cretton, le film renouvelle la franchise avec une approche émotionnelle, portée par une excellente alchimie entre Holland et Zendaya

DUBAÏ : « Spider-Man: Brand New Day » est l'épisode le plus sombre et le plus introspectif à ce jour consacré au sympathique héros de quartier de Marvel. Destin Daniel Cretton (« Short Term 12 », « Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux », « Wonder Man ») s'impose comme un choix étonnamment parfait pour ce virage tonal. Depuis longtemps salué pour son travail avec les acteurs dans des drames intimistes, Cretton apporte cette même sensibilité à une superproduction, permettant à Tom Holland de livrer une interprétation brute et profondément incarnée qui entraîne le personnage dans des territoires véritablement troublants.

Dans la continuité des séquelles émotionnelles de « No Way Home », le film retrouve Peter Parker dans un état de profond déracinement. Avec l'aide de Doctor Strange, il a effacé des mémoires du monde entier le secret de son identité. Son meilleur ami, Ned Leeds (Jacob Batalon), et l'amour de sa vie, MJ (Zendaya), poursuivent désormais leur existence comme s'il n'avait jamais existé. Le cœur brisé et totalement seul, Parker consacre ses jours et ses nuits à combattre le crime, comme si l'épuisement pouvait combler le vide laissé par sa vie d'autrefois.

Le récit s'appuie pleinement sur cette solitude, qui devient le moteur thématique central du film. Le scénario interroge Peter Parker sur ce qu'il se refuse à vivre lorsqu'il choisit d'ignorer ce qui le rend profondément humain : ses relations avec les autres. Et à mesure qu'il se replie sur lui-même, son corps comme son esprit commencent à se transformer d'une manière qu'il ne maîtrise plus totalement. C'est une métaphore audacieuse du choix du confort de la solitude face à l'inconfort de l'intimité et du changement, flirtant avec le body horror et le thriller psychologique. Mais la mise en scène maîtrisée de Cretton et la vulnérabilité de Holland empêchent l'ensemble de basculer dans le ridicule.

Pendant ce temps, Spider-Man affronte un tout nouvel adversaire, capable de prendre possession du corps de simples civils et déterminé à mettre la main sur un élément conservé au sein de l'agence gouvernementale Damage Control, dirigée par William « Bill » Metzger, brillamment incarné par Tramell Tillman, révélé dans « Severance ». Peter reçoit également l'aide de quelques visages familiers — dont nous ne révélerons pas l'identité — tandis qu'un nouveau personnage fait son apparition, interprété par Sadie Sink (« Stranger Things »). L'actrice s'empare pleinement de son rôle, qui bouleverse la franchise de façon spectaculaire.

Si Tom Holland signe une prestation remarquable, tout en justesse et en intensité, Zendaya brille tout autant dans la peau d'une MJ désormais adulte. La complicité entre les deux acteurs est toujours aussi évidente, et chacune de leurs scènes dégage une énergie irrésistible.

Au final, Destin Daniel Cretton signe l'un de ces rares films de super-héros qui paraissent profondément humains, tandis que Tom Holland livre sans doute sa meilleure interprétation de Peter Parker à ce jour. Si vous hésitez encore à acheter votre billet en vous demandant si vous avez vraiment besoin d'un nouveau film de super-héros, n'hésitez plus. Faites le grand saut. Faites confiance à Spider-Man pour amortir votre chute. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com