Une épave en mer Rouge reflète l'ampleur du patrimoine maritime de l'Arabie saoudite

Des archéologues marins d'Arabie Saoudite et de l'Université de Naples «L’Orientale» documentent certaines des centaines de jarres de stockage trouvées sur le site de l'épave d'Umm Lajj. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)
Des archéologues marins d'Arabie Saoudite et de l'Université de Naples «L’Orientale» documentent certaines des centaines de jarres de stockage trouvées sur le site de l'épave d'Umm Lajj. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)
Short Url
Publié le Mercredi 12 octobre 2022

Une épave en mer Rouge reflète l'ampleur du patrimoine maritime de l'Arabie saoudite

  • L'épave d'Umm Lajj se trouve à une profondeur d'environ 22 mètres, à 180 km au nord du port moderne de Yanbu
  • En août, la Commission du patrimoine saoudien a lancé un projet d'étude de 400 km de la côte de la mer Rouge du Royaume

LONDRES: À première vue, la tasse en porcelaine bleue et blanche gisant intacte sur le fond marin sablonneux semble avoir été jetée d'un bateau hier.

En fait, cette tasse, l'une des centaines disséminées dans la région immédiate, repose sous les flots depuis plus de deux-cent-cinquante ans.

La cargaison perdue, ainsi que le grand navire marchand qui l'a emportée au fond de l'eau, ne sont pas seulement les indices d'une tragédie oubliée depuis longtemps, mais aussi une indication de l'ampleur du patrimoine maritime de l'Arabie saoudite, encore largement méconnu.

L'épave d'Umm Lajj, nommée d'après la ville la plus proche sur la côte de la mer Rouge du Royaume, se trouve à une profondeur d'environ 22 mètres, entre le lagon d'Al Wajh et l'île d'Al-Hassan, à environ 180 kilomètres au nord du port moderne de Yanbu.

On pense qu'une simple tasse trouvée sur le fond marin au large d'Umm Lajj a été fabriquée en Chine et transportée en mer Rouge au XVIIIe siècle. (Photo, Ministère de la culture/Université de Naples)

L’épave du bateau a été découverte il y a plus de quinze ans par des plongeurs amateurs et, avant que l'accès au site puisse être officiellement restreint, elle a été partiellement pillé.

En 2015, la Commission du patrimoine du ministère saoudien de la Culture a placé les eaux entre Yanbu et Umm Lajj sous protection et a invité une équipe de l'Université de Naples «L'Orientale» à se joindre aux archéologues saoudiens afin d’effectuer une étude du site – et une pièce fascinante du puzzle émergeant de l'histoire maritime du Royaume a commencé à sortir des profondeurs.

Ils ont trouvé les traces des restes d'un grand navire marchand du milieu du XVIIIe siècle, d'environ 40 mètres de long. Bien que partiellement enfouies dans le sable, certaines des poutres du navire étaient encore visibles au-dessus du fond marin. Autour du site de l'épave se trouvait une partie de sa cargaison, notamment des centaines de jarres, d'autres récipients de stockage et des centaines de petites tasses en porcelaine, dont beaucoup étaient encore intactes.

Près de ce que l'on pense être la poupe du navire se trouve un monticule d'environ 1 000 jarres en terre cuite, autrefois couramment utilisées dans toute l'Égypte et l'Arabie pour contenir des liquides, maintenant calcifiées en une seule masse solide. Il est probable que de nombreuses autres jarres se trouvent encore sous le sable.

L'épave se trouve à angle droit par rapport au récif, ce qui indique que le navire a pu connaître son destin au mouillage, peut-être en cherchant à s'abriter des vents du nord-ouest dominants dans la région.

La cause du naufrage reste incertaine. Il est possible qu'il ait sombré dans une tempête ou se soit échoué sur le récif. Un incendie catastrophique pourrait s’être déclaré à bord, ce qui expliquerait la présence de quelques fragments de bois brûlé parmi les débris.

Mais surtout, les archéologues ont pu reconstituer l'histoire du navire et de son équipage, contribuant ainsi à une meilleure compréhension du patrimoine maritime de l'Arabie saoudite et de la région de la mer Rouge.

Au cours des dernières décennies, d'énormes travaux archéologiques ont été menés en Arabie saoudite, dressant un tableau de plus en plus complet d'un patrimoine complexe qui remonte aux premiers jours de l'histoire de l'humanité.

L'archéologue Chiara Zazzaro, co-directrice de l'exploration sous-marine du site.  (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)

Grâce à leur inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, des trésors tels que la région d'AlUla, où se trouve l'ancienne cité nabatéenne de Hegra, Diriyah, le berceau de l'Arabie saoudite, et la région de Hail, avec sa richesse en art rupestre documentant plus de dix-mille ans d'histoire humaine, commencent à être connus dans le monde entier.

L'attention se porte désormais sur ce qui se cache sous les vagues au large de l'Arabie saoudite. Le point de départ est une simple tasse posée sur le fond marin au large d'Umm Lajj, qui est suspectée d’avoir été fabriquée en Chine et transportée en mer Rouge au XVIIIe siècle.

En août, la Commission du patrimoine saoudien, en collaboration avec l'université du roi Abdelaziz à Djeddah, a lancé des plans pour une recherche sous-marine sans précédent qui sonderait 400 km de la côte de la mer Rouge du Royaume.

Cette recherche débutera du site de l'épave d'Umm Lajj et remontera vers le nord jusqu'à Ras al-Cheikh Hamid, le cap sablonneux de la province de Tabūk qui constitue l'extrémité occidentale de l'Arabie saoudite continentale.

Plusieurs mystères attendent d'être résolus, notamment l'emplacement d'un certain nombre de ports mentionnés par les historiens classiques et qui se trouveraient le long du littoral de la mer Rouge en Arabie saoudite.

Parmi eux figure l'ancien port de Charmuthas, décrit au deuxième siècle avant J.-C. par l'historien grec Agatharchides comme le meilleur port de la côte, capable d'abriter 2 000 navires à la fois.

Certains archéologues pensent qu'il s'agissait d'une vaste étendue d'eau à laquelle on accédait par une baie étroite, ou bras de mer, à quelque 30 km en amont de la côte de Yanbu, toujours fréquentée par de petits bateaux de pêche et autres embarcations de plaisance.

Iotabe, une île qui a servi de port commercial et de centre fiscal romain au premier millénaire, a été mentionnée pour la première fois par des historiens romains contemporains au quatrième siècle et a été associée par certains à l'île stratégiquement importante de Tiran, à l'embouchure du golfe d'Aqaba.

La grande lagune d'Al-Wajh, juste au nord de l'épave d'Umm Lajj, a été évoquée comme le site possible de deux ports antiques. L'un était Egra, mentionné au premier siècle par le géographe grec Strabo comme un village de bord de mer associé à Hegra, à 160 km à l'intérieur des terres. L'autre est un autre port nabatéen perdu, Leuke Kome, ou Horse Bay, également mentionné par Strabo.

L'épave d’Umm Lajj, qui porte le nom de la ville la plus proche sur la côte de la mer Rouge du Royaume, se trouve à une profondeur d'environ 22 mètres. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)

Certains de ces sites seront inclus dans la recherche. D'autres ont été identifiés par une équipe de biologistes marins qui a déjà étudié le lagon d'Al Wajh, juste au nord du site de l'épave, dans le cadre d'une étude de onze mois sur l'ensemble de la zone désignée pour le développement par la Compagnie de développement de la mer Rouge, afin d'identifier et de protéger la faune et les écosystèmes de la région.

Chiara Zazzaro, archéologue à l'Université de Naples «L'Orientale» et codirectrice des recherches sous-marines avec Romolo Loreto sur l'épave d'Umm Lajj, a déclaré: «Ils ne sont pas archéologues, mais ils ont soigneusement mentionné la position de chaque élément de preuve archéologique sous-marine potentielle qu'ils ont trouvé, et ils ont une liste d'une douzaine d'endroits, rien que le long de la rive d'Al Wajh.»

On ne sait pas encore si chacun de ces sites est l'épave d'un navire. Mais Zazzaro et ses collègues ont été invités à plonger sur l'un d'eux le mois dernier. «Celui-ci est assurément l’épave d’un navire. Il y a des jarres, semblables à celles que nous avons trouvées à Umm Lajj, et des restes de bois», a-t-elle ajouté.

Parallèlement, alors que la plus vaste étude maritime jamais réalisée sur la côte de la mer Rouge est en cours, l'épave d'Umm Lajj va faire l'objet des premières fouilles archéologiques sous-marines du Royaume.

Le projet est dirigé par la Compagnie de développement de la mer Rouge qui, en partenariat avec le ministère de la Culture, qui prévoient de transformer plus de 28 000 kilomètres carrés de terres, d'îles et d'eaux vierges le long de la côte ouest de l'Arabie saoudite en une destination touristique durable qui tirera le meilleur parti des paysages époustouflants et du patrimoine de la région.

S'exprimant lors de la signature des accords entre l'organisation et le ministère en novembre, John Pagano, directeur général de la Compagnie de développement de la mer Rouge, a déclaré: «La côte de la mer Rouge en Arabie saoudite est riche en histoire, placée au cœur des routes commerciales mondiales depuis des siècles.

«Le partenariat avec les commissions du patrimoine et des musées nous permet à la fois d'explorer l'importance historique de cette région unique et de garantir la préservation de nos découvertes.»

Il a souligné que la Compagnie de développement de la mer Rouge était «engagée dans le développement responsable de l'extraordinaire beauté naturelle et de la valeur historique de la mer Rouge et nous nous réjouissons d'une collaboration étroite pour faire progresser les efforts de conservation du patrimoine du Royaume.»

Les plongées de cette année ont ajouté plus de matériel aux découvertes, des épaves rappelant que des vies ont probablement été perdues: Une cuillère, un peigne, des perles, et ce qui semble être des pièces de monnaie.

Zazzaro a signalé que ces découvertes sont maintenant en cours d'analyse. «Elles ont le même diamètre que le thaler de Marie-Thérèse, un type de pièce d'argent qui a été frappé pour la première fois en 1741 et qui est rapidement devenu une monnaie courante dans le commerce mondial. J'espère qu'elles le sont: Cela nous donnerait tellement d'informations sur l'économie de cette période.»

Parmi les autres trouvailles figurent des grains de café – le port de Mocha au Yémen a été pendant de nombreuses décennies la source d'une grande partie du café consommé en Europe, cultivé sur les flancs des monts Sarawat qui longent le côté de la mer Rouge. Les bols de deux pipes de style ottoman laissent deviner les origines de l'équipage.

Jusqu'à ce que des fouilles soient entreprises, seules quelques poutres sont actuellement visibles, mais elles sont suffisamment importantes pour montrer que le navire n'était pas un boutre arabe traditionnel.

«Il est complètement différent. Les boutres sont normalement plus courts, d'un maximum d'environ 35 mètres, alors qu'il s'agit d'une structure assez massive. Les planches sont très épaisses, et la charpente interne est également très grande», a ajouté Zazzaro.

Elle a indiqué que le navire a presque certainement été construit sur la mer Rouge, probablement en Égypte.

«Nous avons analysé le bois et il est d'origine européenne, en pin et en chêne, et nous savons, grâce à des sources d'archives, qu'il y avait des chantiers navals dans le golfe de Suez qui avaient accès à ces matériaux», a-t-elle clarifié.

Les fouilles de l'épave vont certainement révéler d'autres secrets. Mais les archéologues ont déjà reconstitué une grande partie de l'histoire du navire, et la manière dont elle s'inscrit dans le cadre plus large du commerce maritime égypto-arabe avant l'expansion européenne en mer Rouge.

La première chose dont les archéologues se sont rendu compte, c'est qu'il y avait des similitudes frappantes entre le navire d’Umm Lajj et deux autres épaves de la mer Rouge, découvertes au large de l'Égypte en 1969 et 1994.

La cargaison des deux épaves, un grand navire ottoman du XVIIIe siècle découvert au large de Charm el-Cheikh et un navire similaire trouvé sur l'île de Sadana, près de Safaga en Égypte, était similaire à celle d'Umm Lajj.

Mais c'est l'analyse experte des coupes de l'épave d'Umm Lajj qui a permis de dater le navire, de déterminer la route qu'il avait probablement empruntée et d'établir son rôle dans le schéma général du commerce dans la région.

Dans un article publié en 2018, Chiara Visconti, professeure d'archéologie chinoise et d'histoire de l'art à l'Université de Naples «L'Orientale», a conclu que l'épave d'Umm Lajj pouvait «être considérée comme une preuve archéologique importante du commerce inter-asiatique le long de la mer Rouge – une mer qui a jusqu'à présent fait l'objet de peu d'exploration archéologique – et de la complexité des routes commerciales utilisées pour transporter la porcelaine chinoise à travers la Route maritime de la soie».

Elle s'est rendu compte que le motif décoratif trouvé sur de nombreuses tasses – en particulier, un pin avec un tronc noueux émergeant d'un sol rocheux d'un côté et une seule touffe d'herbe de l'autre, connu par les historiens sous le nom de motif du pin bleu – avait également été vu sur des dizaines de milliers de tasses dans la cargaison du Geldermalsen.

«C’est à coup sûr une épave de navire. Il y a des jarres, semblables à celles que nous avons trouvées à Umm Lajj, et des restes de bois», a déclaré Chiara Zazzaro. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)

Ce navire, qui appartenait à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, avait sombré au large d'une île d'Indonésie en 1752 alors qu'il revenait de Canton vers les Pays-Bas avec de nouveaux stocks de porcelaine chinoise très prisée.

Les archives montrent qu'au printemps 1751, le Geldermalsen avait quitté Canton avec une cargaison de tasses et d'autres porcelaines à destination de Surat, un centre de commerce de la société dans le nord-ouest de l'Inde.

Visconti a conclu qu'une partie de la porcelaine a ensuite fait son chemin de Surat à bord d'un navire indien jusqu'à Djeddah, où elle a été transférée sur le navire d’Umm Lajj, «très probablement l'un des navires qui couvraient le secteur du centre-nord de la mer Rouge, sur la route de Djeddah à Suez».

Le navire d’Umm Lajj semble n'avoir porté aucun canon et, à une époque où l'océan Indien était une zone interdite à tous, sauf aux marchands les plus lourdement armés, «il semble peu probable qu'un navire destiné à naviguer dans l'océan Indien ait pris la mer sans avoir à bord des moyens de défense».

Un indice fascinant pointe vers la destination prévue de la cargaison perdue: l’absence de sous-tasses. Dans son article, Visconti a indiqué: «Dans les cargaisons destinées à l'Europe... les tasses à thé et à café étaient toujours accompagnées de leurs sous-tasses respectives. La cargaison d'Umm Lajj est composée de tasses sans sous-tasses, ce qui suggère qu'elle était destinée au marché du Moyen-Orient.»

En fin de compte, il est prévu que les visiteurs du projet de la mer Rouge puissent plonger sur le site de l'épave d'Umm Lajj. Sur terre comme sur mer, l'Arabie saoudite mène une politique de musées ouverts, plaçant les trésors culturels au cœur des projets destinés à attirer les touristes dans le Royaume.

Certains de ces objets seront récupérés et exposés dans des musées, mais d'autres, notamment la masse calcifiée des pots, seront laissés là où ils sont tombés sur le fond marin, pour être découverts dans leur environnement.

En tant qu'archéologue, Zazzaro soutient pleinement le principe de l'accès des plongeurs touristiques aux sites du patrimoine subaquatique.

«Il faut le faire de manière responsable, bien sûr. Mais il s'agit d'un patrimoine pour tous, et plus il y a de personnes qui peuvent venir le voir et en apprendre davantage, mieux c'est. C'est ce qui donne du sens à notre travail», a-t-elle ajouté.

En 2015, l'Arabie saoudite a ratifié la Convention de l'Unesco sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, en vertu de laquelle les sites subaquatiques bénéficient du même statut et de la même protection que les sites terrestres.

La convention comporte également des principes de base que les États doivent prendre en compte dans leurs efforts pour protéger les sites archéologiques engloutis, notamment en donnant la préférence à la préservation in situ.

Zazzaro a signalé: «L'annexe de la convention stipule qu'avant de lancer un projet, il faut réfléchir à ce qu'il faut faire ensuite, à la manière de prendre soin du site et de s'assurer que les populations locales le connaissent, et à la manière de garantir que tout le monde puisse profiter de ces découvertes importantes.»

Après la fouille du navire, Zazzaro estime qu’il devrait être laissé en place, dans ce qui est un environnement naturellement protecteur.

Des archéologues marins d'Arabie Saoudite et de l'Université de Naples «L'Orientale» documentent des centaines de jarres de stockage trouvées sur le site de l'épave d'Umm Lajj. (Photo, Ministère de la Culture/Université de Naples)

«Il serait très difficile et coûteux de retirer, de conserver et d'exposer la structure en bois du navire. De plus, il est préférable de le voir là où il se trouve – ce sera un spectacle admirable.

«La chance de pouvoir plonger sur cette épave était un rêve devenu réalité. C'est tellement spectaculaire. À seulement 20 mètres de profondeur, la lumière y pénètre, et la visibilité est très bonne», a-t-elle ajouté.

Bien que l'Arabie saoudite bénéficie de plus en plus d'une ouverture sur le monde et que les visiteurs affluent pour découvrir ses nombreux trésors patrimoniaux, les sites archéologiques terrestres étant protégés par le manque de visiteurs, les sites sous-marins sont eux aussi restés largement intacts.

«En Méditerranée, de nombreuses épaves – certainement à une vingtaine de mètres – auraient été largement pillées, et il est désormais rare de trouver une épave intacte à cette profondeur.

«Mais en Arabie Saoudite, il y a une richesse de matériel qui attend d'être découverte le long de la côte de la mer Rouge, et une grande partie de ce matériel n'a probablement pas été touché du tout», a soutenu Zazzaro.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
Short Url
  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.


La nouvelle saison de l’IMA démarre, par un événement dédié au mariage dans le Maghreb

La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
Short Url
  • Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026/2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large qui est de faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant, et tourné vers les nouvelles générations
  • Sous l’impulsion de Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures

PARIS: Le 4 juillet prochain, les rues de Paris, ou du moins celles reliant l’Institut du monde arabe (IMA) au Grand Palais, deux bâtiments emblématiques de la capitale française, vibreront au rythme du Maghreb.

Des voitures de mariage décorées selon les traditions des différents pays du Maghreb sillonneront les rues reliant les deux institutions ainsi que celles de plusieurs communes périphériques, avec à la clé des cérémonies de henné, de la musique orientale et des concerts de youyous.

C’est l’innovation la plus originale et la plus cocasse de la saison 2026-2027 de l’IMA, dont la présidente, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes.

Un événement festif

Il s’agit d’un événement festif, reflet des joies de la vie réelle, imaginé par Mohamed Bourouissa, plasticien algérien qui s’est inspiré des rituels du mariage pour concevoir une création mêlant mémoire, musique et célébration collective.

Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026-2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant et tourné vers les nouvelles générations.

Sous l’impulsion d’Anne-Claire Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures.

Dès l’été, l’IMA investira son vaste parvis, conçu par Jean Nouvel, en le transformant en un espace de convivialité accessible à tous, avec du mobilier urbain, une offre de restauration légère et des espaces de détente invitant les visiteurs à s’approprier ce lieu comme un véritable espace de rencontre.

Ce dispositif s’accompagnera d’une programmation estivale riche, notamment à l’occasion de la Fête de la musique, revisitée à travers une création poétique et musicale inspirée de l’écrivain libanais Gibran Khalil Gibran.

L’été sera également rythmé par une offre renforcée de médiation culturelle, ouverte dès le plus jeune âge. Des ateliers de calligraphie, des contes, des carnets de voyage ou encore des stages linguistiques viendront compléter cette volonté d’ancrer l’IMA dans une dynamique familiale.

La promenade du « Paris arabe historique », organisée chaque semaine, prolongera cette immersion en dehors des murs de l’institution.

Mais au cœur de la saison, un premier grand axe intitulé « Héritage et circulation » mettra en lumière les continuités culturelles entre passé et présent.

Trois expositions majeures

Trois expositions majeures structureront cette réflexion. La première, consacrée aux rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains.

Des costumes, des objets et des témoignages constitueront le socle d’une programmation de débats et de rencontres autour des réalités sociales du mariage.

IMA
L'exposition sur les rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains. (Photo Arlette Khouri)

Une seconde exposition immersive plongera les visiteurs dans les splendeurs de l’Alhambra. À travers objets, reconstitutions et dispositifs sensoriels, elle offrira une exploration des arts nasrides, de la calligraphie aux jeux d’eau en passant par les motifs géométriques.

Enfin, une troisième exposition, en partenariat avec l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine, rappellera l’urgence de préserver les sites culturels menacés, de Mossoul à Alep, en passant par Beyrouth.

Dans cette même logique de transmission, l’IMA valorisera sa riche photothèque, forte de plus de 86 000 clichés, dont une sélection consacrée à la Palestine. Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large de numérisation et d’accessibilité du patrimoine.

Parallèlement, la saison fera la part belle aux « nouvelles scènes » du monde arabe. Littérature, poésie, musique, cinéma, design et mode seront réunis dans une programmation foisonnante.

Une semaine dédiée à la langue arabe, en décembre, mettra à l’honneur auteurs, traducteurs et éditeurs, tandis que le Prix de la littérature arabe gagnera en visibilité, notamment auprès des lycéens.

La poésie occupera une place centrale, avec des rencontres régulières et un événement inédit, « Poésie sous les étoiles », parrainé par le grand poète Adonis, qui mettra en lumière une nouvelle génération de poétesses.

Côté musique, l’IMA poursuivra son exploration des traditions arabo-andalouses sous la houlette de l’ancien ambassadeur François Gouyette, tout en lançant un nouveau festival, « Arab Touch », consacré aux expressions contemporaines, du rap à l’électro.

Le cinéma constituera également un pilier de cette saison, avec des avant-premières régulières et de nouveaux partenariats, notamment autour de l’adaptation d’œuvres littéraires.

Le spectacle vivant ne sera pas en reste, avec le retour du festival « L’IMA fait son festival » et une programmation mêlant théâtre, danse et humour.

Les figures marquantes seront également à l’honneur avec l’inauguration de la bibliothèque Leila Shahid, ancienne ambassadrice de la Palestine, ainsi qu’une soirée dédiée au musicien Ziad Rahbani, avec la participation de Toufic Farroukh, son ami de longue date et musicien lui aussi.

Dans le domaine des industries créatives, l’IMA renforcera sa présence lors des grands rendez-vous parisiens. Prix du design, prix de la mode et lancement d’un prix d’art contemporain du monde arabe témoigneront de cette volonté de soutenir les talents émergents et de créer des passerelles professionnelles.

La langue arabe

Troisième pilier de la saison, la « Fabrique des savoirs » proposera un éclairage sur les grandes questions historiques et contemporaines. Les Journées de l’histoire seront consacrées aux sciences arabes, tandis que des débats aborderont les enjeux géopolitiques et sociétaux actuels.

Mais c’est l’attention portée à la jeunesse qui constitue la véritable nouveauté de cette saison. Pour la première fois, une exposition entièrement dédiée aux enfants permettra de découvrir le monde arabe de manière ludique et pédagogique.

Des projets participatifs, notamment avec le dramaturge et ancien directeur du Théâtre de la Colline, Wajdi Mouawad, offriront aux jeunes un espace d’expression et de réflexion.

Cette ouverture se veut également sociale et territoriale. L’IMA multipliera les actions en direction des publics éloignés, notamment à travers des programmes d’art-thérapie ou des dispositifs adaptés aux personnes en situation de handicap.

Enfin, la question de la langue arabe occupe une place stratégique dans cette programmation. L’IMA ambitionne de contribuer à son enseignement à l’échelle nationale en proposant des formations certifiées et en accompagnant les bibliothèques dans le développement de fonds en langue arabe.

Plus que jamais, affirme Anne-Claire Legendre, l’Institut entend être « ce lieu singulier où les récits se croisent sans se confondre » et où la culture « fait ce qu’elle sait faire le mieux : maintenir vivant ce qui nous relie », en dépit des vents contraires.