En France, les commerces mettent en pratique la sobriété énergétique, les yeux rivés sur 2023

Une femme passe devant des produits laitiers dans un supermarché de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, le 12 octobre 2022. (Photo de Charly TRIBALLEAU / AFP)
Une femme passe devant des produits laitiers dans un supermarché de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, le 12 octobre 2022. (Photo de Charly TRIBALLEAU / AFP)
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Publié le Jeudi 13 octobre 2022

En France, les commerces mettent en pratique la sobriété énergétique, les yeux rivés sur 2023

  • Dès cet été, toutes les enseignes de l'alimentaire –Carrefour, Intermarché, Système U, Auchan, Casino et E.Leclerc– se sont engagées à éteindre à compter de cette date leurs enseignes lumineuses à la fermeture des magasins
  • Les appels à l'aide se multiplient face à ce que Dominique Schelcher, président de Système U, appelle sur Twitter le «mur infranchissable des prix de l'électricité 2023»

PARIS: Ils avaient été les premiers à annoncer leur plan de "sobriété énergétique": les commerces ont devancé la date annoncée du samedi 15 octobre pour réduire leur consommation d'énergie, manière aussi d'anticiper un "mur infranchissable" des prix de l'électricité, redouté pour 2023.

Dès cet été, toutes les enseignes de l'alimentaire –Carrefour, Intermarché, Système U, Auchan, Casino et E.Leclerc– se sont engagées à éteindre à compter de cette date leurs enseignes lumineuses à la fermeture des magasins, à réduire l'intensité lumineuse avant l'arrivée du public et abaisser la température ambiante des points de vente, pour éviter les coupures d'électricité cet hiver.

"Il n'y aura pas un bouleversement complet entre vendredi soir et samedi matin", explique à l'AFP le porte-parole des enseignes Systèmes U. "Il y a déjà beaucoup de choses qui sont mises en oeuvre, et dès qu'on peut les mettre en place, on le fait, les exploitants ont bien compris qu'il allait y avoir un problème de coût de l'énergie", selon lui.

Système U a la particularité comme Intermarché et E.Leclerc d'être un groupement de commerçants, chacun d'entre eux étant patron d'un ou plusieurs magasins et donc décisionnaire in fine.

«Petite centrale nucléaire»

E.Leclerc avait annoncé début septembre avoir opéré dans ses 734 magasins l'extinction de l'ensemble de ses enseignes lumineuses et des affichages sur écrans en magasin dès le départ des clients, et la diminution "de 30% en moyenne de l'éclairage de la surface de vente en présence du public et de 50% lorsque seuls les salariés sont présents".

Quand il fera très froid, en cas de pic de la demande énergétique, des mesures exceptionnelles ont été proposées, comme de ramener la température à 17 degrés pendant les heures d'ouverture, ce qui permet un "effacement de 740 MW" soit "une "petite centrale nucléaire", souligne la fédération technique de la distribution Perifem.

Ce protocole doit être étendu aux autres commerces. Le Conseil du Commerce de France (CDCF), qui rassemble une trentaine de fédérations commerçantes, a publié mi-septembre un guide se projetant au-delà de l'hiver pour inciter les commerces à réduire leur consommation d'énergie de 10% d'ici à fin 2024, conformément aux objectifs fixés par le gouvernement.

Dans quelle mesure sera-t-il suivi, dans un secteur très fragmenté? Des contre-exemples risquent de subsister, mais réduire sa consommation énergétique est une nécessité pour les professionnels, au-delà même de l'enjeu d'image - comme l'a synthétisé Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des magasins E. Leclerc, "ce ne serait pas honnête de demander au consommateur de faire preuve de sobriété si on n'est pas nous-mêmes exemplaires".

«Mur infranchissable»

Les appels à l'aide se multiplient face à ce que Dominique Schelcher, président de Système U, appelle sur Twitter le "mur infranchissable des prix de l'électricité 2023".

"Le coût de l'énergie représente un danger vital pour les entreprises du commerce après trois années de mouvements sociaux et de Covid qui n'ont pas permis aux commerces de retrouver un niveau d'activité identique à 2019", a alerté mercredi le CDCF dans un communiqué. "On assiste à une multiplication allant jusqu'à 4 fois des factures et les prévisions à venir sur les prix sont très alarmistes puisque des coefficients fois 5 voire fois 15 sont déjà proposés par les fournisseurs d'énergie".

Le sujet est d'une telle importance qu'il a entraîné la publication par l'ensemble de la chaîne alimentaire, des fédérations d'agriculteurs (FNSEA, Coopération agricole) aux supermarchés (Perifem), en passant par les industriels de l'agro-alimentaires (ADEPALE, ANIA, ILEC, FEEF), d'un "appel au secours" commun. Ces acteurs, plutôt habitués à s'opposer qu'à s'entendre, demandent l'aide des autorités face à la "hausse disproportionnée des coûts de l'énergie".

Faute d'aide significative, assurent-ils, des ruptures de production pourraient avoir lieu avec des conséquences pour l'emploi. En outre, le coût du panier moyen des Français pourrait augmenter significativement, "aboutissant à faire supporter par les ménages une part de l'augmentation de l'énergie".


Microsoft va investir dans une nouvelle région de centres de données au Royaume

Microsoft a déclaré que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique. (Photo fournie)
Microsoft a déclaré que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique. (Photo fournie)
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  • Microsoft a indiqué que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique
  • Le vice-ministre saoudien des Communications et des Technologies de l'information a précisé que le centre de données offrira d'énormes opportunités aux startups et aux PME qui cherchent à améliorer leur compétitivité

RIYAD: La multinationale informatique Microsoft a annoncé son intention d'investir dans une nouvelle région de centre de données cloud en Arabie saoudite, en réponse à la demande croissante des clients pour les services cloud et la résidence des données dans le Royaume.

Une région est un ensemble de zones collaboratives ou de centres de données regroupés en fonction de leur proximité géographique.

La société a affirmé que la nouvelle région de centre de données cloud, annoncée lors de la conférence internationale de technologie Leap 2023, offrira en Arabie saoudite une fiabilité et des performances de qualité hautement professionnelles, associées à la confidentialité des clients, à la résidence des données et aux normes de latence à grande vitesse.

«Cette nouvelle région de centres de données fournira aux organisations, entreprises et développeurs du Royaume et du monde entier un accès à des services cloud évolutifs, hautement disponibles et résilients, tout en répondant à leurs besoins en matière de résidence, de sécurité, de confidentialité et de conformité des données», a affirmé Samer Abou Ltaif, vice-président du groupe et président de Microsoft Europe centrale et orientale, Moyen-Orient et Afrique.

Microsoft a indiqué que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique. Citant une étude d'IDC (International Data Corporation), la société a ajouté que ses partenaires et les clients utilisant le cloud généreront ensemble au cours des quatre prochaines années près de 24 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) de nouveaux revenus, au-dessus du niveau de 2022.

«L'annonce d'aujourd'hui reflète l'engagement de longue date de Microsoft envers l'Arabie saoudite et ses ambitions de transformation numérique», a déclaré Thamer Alharbi, président de Microsoft Arabia.

Il a ajouté que «la région de leur centre de données permettra à un plus grand nombre d'entreprises et de secteurs en Arabie saoudite de bénéficier d'un cadre cloud fiable qui protège la confidentialité des données des organisations au plus haut niveau».

Le vice-ministre saoudien des Communications et des Technologies de l'information, Haitham ben Abdul Rahman al-Ohali, a indiqué: «Cette étape importante va de pair avec les mesures prises par le Royaume pour accélérer sa transformation numérique et renforcer sa position en tant que pôle d'innovation.»

Il a précisé que le centre de données offrira également d'énormes opportunités aux startups et aux petites et moyennes entreprises qui cherchent à améliorer leur compétitivité et tirer parti des avancées de la quatrième révolution industrielle pour développer des solutions innovantes.

«Cela soutient l'objectif de la Vision 2030 du Royaume qui consiste à renforcer le rôle du secteur des communications et des technologies de l'information dans la création d'une société numérique, d'un gouvernement numérique, d'une économie numérique florissante et d'un avenir innovant pour le Royaume», a ajouté Al-Ohali.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Fluctuation du dinar irakien: les autorités actent une appréciation de la monnaie

L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar. (Photo, AFP)
L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar. (Photo, AFP)
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  • La Banque centrale irakienne proposait ces derniers jours d'apprécier la monnaie nationale d'environ 10%, en faisant passer le taux de change officiel d'environ 1 470 dinars à 1 300 dinars pour un dollar
  • Analystes et responsables attribuent la dépréciation du dinar à la mise en conformité du système bancaire irakien avec la réglementation internationale sur les transferts de fonds

BAGDAD: L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar, une mesure visant à lutter contre la dépréciation de la monnaie qui a accompagné l'adoption d'une réglementation plus rigoureuse sur les transferts vers l'étranger.

Depuis près de trois mois le dinar irakien connaît de fortes fluctuations, qui poussent certains Irakiens à manifester contre leur perte de pouvoir d'achat. Certains jours, la devise perd en effet jusqu'à 15% de sa valeur face au dollar, avant de repartir à la hausse le lendemain.

Pour contrer cette spirale, la Banque centrale irakienne proposait ces derniers jours d'apprécier la monnaie nationale d'environ 10%, en faisant passer le taux de change officiel d'environ 1 470 dinars à 1 300 dinars pour un dollar.

Mardi, le gouvernement a "entériné la décision du conseil d'administration de la Banque centrale de modifier le taux de change du dollar face au dinar, qui passe à 1.300 dinars pour un dollar", selon un communiqué des services du Premier ministre Mohamed Chia al-Soudani.

La mesure, qui avait été ébruitée, s'est immédiatement répercutée sur le marché des changes. Le dollar est retombé à moins de 1 500 dinars, après avoir frôlé les 1 700 dinars ces derniers jours.

Il s'agit d'une amélioration "temporaire", a estimé l'économiste irakien Barik Schuber. Il a pointé du doigt une baisse de la demande sur le marché car "les acheteurs de dollars attendaient d'obtenir le billet vert à un taux plus bas auprès de la Banque centrale".

Mais résoudre la crise nécessite "des solutions radicales", comme un meilleur contrôle des agences de transferts d'argent et le recours uniquement aux lignes de crédit pour les importations, estime-t-il.

Analystes et responsables attribuent la dépréciation du dinar à la mise en conformité du système bancaire irakien avec la réglementation internationale sur les transferts de fonds.

Les banques irakiennes doivent désormais appliquer des mécanismes de transferts liés à la plateforme électronique SWIFT. Ces mesures impliquent une surveillance plus rigoureuse des transactions, notamment par la Réserve fédérale américaine, qui rejette tout transfert jugé suspect.

Or les autorités ont reconnu que l'ancien système permettait de nombreux abus. Certains usagers obtenaient les dollars de la Banque centrale par les voies officielles, pour ensuite effectuer des opérations de blanchiment d'argent vers l'étranger ou une fuite des capitaux.

Privés des canaux officiels, ces usagers se sont donc rabattus sur le marché parallèle, faisant exploser la demande.

Le Premier ministre a reconnu début février que des transferts frauduleux de dollars avaient été effectués depuis l'Irak vers l'étranger.


France: le déficit commercial sur les biens s'envole à 164 milliards d'euros en 2022, nouveau record

Concernant les services, la France a enregistré un excédent record de 50 milliards d'euros après 36 milliards l'année précédente, profitant d'une nette reprise du tourisme et d'une très bonne tenue du transport maritime. (Photo d'illustration/AFP).
Concernant les services, la France a enregistré un excédent record de 50 milliards d'euros après 36 milliards l'année précédente, profitant d'une nette reprise du tourisme et d'une très bonne tenue du transport maritime. (Photo d'illustration/AFP).
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  • Le déficit sur les biens a pratiquement doublé par rapport au précédent record de 84,7 milliards d'euros atteint en 2021, principalement en raison d'une multiplication par plus de deux des prix de l'énergie à l'importation
  • En revanche, un excédent record a été dégagé par les services

PARIS : Le déficit commercial de la France sur les biens s'est envolé à un record historique de 164 milliards d'euros en 2022, lesté par l'envolée des cours de l'énergie, a annoncé mardi le ministère du Commerce extérieur.

Le déficit sur les biens a pratiquement doublé par rapport au précédent record de 84,7 milliards d'euros atteint en 2021, principalement en raison d'une multiplication par plus de deux des prix de l'énergie à l'importation, a précisé le ministère au cours d'une conférence de presse.

En revanche, un excédent record a été dégagé par les services.

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Evolution du solde commercial de la France, de 2013 à 2022. (AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA AND Sophie RAMIS AND Sabrina BLANCHARD).

"On est malheureusement dans la continuité des années précédentes", a commenté  le ministre du Commerce extérieur Olivier Becht au cours d'une conférence de presse, reconnaissant "un déficit extrêmement important" sur les biens, tout en se réjouissant de l'excédent record des services.

La France est en déficit chronique depuis vingt ans, le dernier excédent commercial français sur les biens remontant à 2002 selon les chiffres de l'Insee.

Le ministre a toutefois mis en avant le coût de la facture énergétique sur fond d'envolée des prix liés à la guerre en Ukraine et de perturbations sur le parc nucléaire français ayant contraint la France à importer de l'électricité.

Ces prix de l'énergie à l'importation ont été multipliés par 2,1 par rapport à l'année précédente.

"Sans surprise cela impacte à peu près de la même manière notre balance des biens", a souligné M. Becht.

Rien que sur le gaz, les prix à l'importation se sont alourdis de 248% à 59 milliards d'euros, contribuant à faire plus que doubler la facture de l'énergie l'an dernier à 115 milliards d'euros.

Outre la flambée des cours des matières premières, dont l'énergie mais aussi les métaux et l'agroalimentaire, le gouvernement met en cause la dépréciation de l'euro par rapport au dollar l'an dernier et les tensions sur les chaînes d'approvisionnement pour justifier les mauvais chiffres de 2022.

Parmi les secteurs dynamiques figurent l'automobile, dont les exportations ont retrouvé quasiment leur niveau de 2019, l'aéronautique et le spatial, les parfums et cosmétiques, et les produits agricoles.

Concernant les services, la France a enregistré un excédent record de 50 milliards d'euros après 36 milliards l'année précédente, profitant d'une nette reprise du tourisme et d'une très bonne tenue du transport maritime.

La balance des revenus (dont services financiers) a aussi été excédentaire (de 31 milliards d'euros).

La balance des biens, des services et des revenus affiche un solde courant déficitaire après un excédent l'an dernier.