Accord de réconciliation entre factions palestiniennes signé en Algérie

Mercredi, selon la télévision d'État, le président algérien Abdelmajid Tebboune a rendu une visite de "courtoisie" aux participants afin de les "encourager" à sceller leur réconciliation, après plus de 15 ans de divisions. (Photo, AFP)
Mercredi, selon la télévision d'État, le président algérien Abdelmajid Tebboune a rendu une visite de "courtoisie" aux participants afin de les "encourager" à sceller leur réconciliation, après plus de 15 ans de divisions. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 13 octobre 2022

Accord de réconciliation entre factions palestiniennes signé en Algérie

  • La cérémonie de signature, précédée des hymnes algérien et palestinien, s'est déroulée devant une large assistance formée de membres du gouvernement, chefs de partis algériens et d'ambassadeurs de pays arabes
  • La déclaration a été signée dans le Palais des Nations où, le 15 novembre 1988, le chef de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat, «avait annoncé la création d'un Etat palestinien», a souligné le président algérien

ALGER : Les factions palestiniennes, divisées depuis plus de 15 ans, ont signé jeudi à Alger un nouvel accord de réconciliation, qui promet des élections législatives et présidentielle d'ici un an.

Les 14 factions, dont les rivaux du Hamas islamiste et du Fatah laïc, sont tombés d'accord sur un document baptisé "Déclaration d'Alger", paraphé solennellement par autant de chefs de délégation devant les caméras de la télévision algérienne.

Ces dernières années, le Fatah et le Hamas ont conclu de nombreux accords ou ententes prévoyant entre autres des élections et un gouvernement d'union, sans qu'aucun ne se concrétise.

La cérémonie de signature, précédée des hymnes algérien et palestinien, s'est déroulée devant une large assistance formée de membres du gouvernement, chefs de partis algériens et d'ambassadeurs de pays arabes.

La déclaration a été signée dans le Palais des Nations où, le 15 novembre 1988, le chef de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat, "avait annoncé la création d'un Etat palestinien", a souligné le président algérien Abdelmajid Tebboune.

"Nous avons signé cet accord pour nous débarrasser du cancer malin qui a pénétré le corps palestinien: la division", a déclaré en tribune Azzam al-Ahmad, chef de la délégation du Fatah.

Il s'est dit "optimiste que l'accord sera mis en oeuvre et ne restera pas à l'état d'encre sur du papier".

Le leader du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a salué pour sa part "un jour de joie pour la Palestine et l'Algérie et pour ceux qui aiment la cause palestinienne".

"Mais c'est un jour de tristesse pour l'entité sioniste (Israël)", a-t-il ajouté.

Deux systèmes

La "Déclaration d'Alger" prévoit d'ici octobre 2022 des élections pour la présidence et pour le Conseil législatif palestinien, qui fait office de Parlement pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est.

Les scrutins prévus en 2021, les premiers en 15 ans, avaient été reportés sine die par le président de l'Autorité palestinienne et chef du Fatah, Mahmoud Abbas, qui a argué que leur tenue n'était pas "garantie" à Jérusalem-Est, portion de la ville occupée et annexée par Israël.

Cette décision avait été fustigée par le Hamas.

Les dernières législatives, en 2006, avaient conduit à une victoire du mouvement islamiste armé --considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne-- qui n'avait été reconnue ni par le Fatah ni par la communauté internationale.

Un an et demi plus tard, en 2007, des affrontements sanglants avaient opposé les deux camps, débouchant sur la naissance de deux systèmes politiques séparés: l'Autorité palestinienne siège en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967 où vivent 2,8 millions de Palestiniens. L'enclave de Gaza, où résident 2,3 millions de personnes, est dirigée par le Hamas et est depuis sous blocus israélien.

«Historique»

La rencontre, fortement voulue par l'Algérie, s'est tenue peu avant un sommet de la Ligue arabe prévu dans la capitale algérienne les 1er et 2 novembre.

Mercredi, le président algérien avait rendu une visite de "courtoisie" aux participants afin de les "encourager" à sceller leur réconciliation.

"Nous apprécions les efforts de l'Algérie pour l'unité palestinienne et faire face à l'occupation sioniste", s'est félicité Anwar Abou Taha, membre du bureau politique du Jihad islamique, autre groupe armé palestinien.

A la dernière minute cependant, un paragraphe sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale a été retiré du texte final.

Le Fatah demandait que les participants d'un tel exécutif se conforment "à la légitimité internationale", selon des sources proches des discussions. Un point auquel s'est opposé le Hamas.

Les doutes sur la réconciliation des factions rivales ont aussi été alimentés par l'absence du président Abbas qui se trouve actuellement au Kazakhstan.

L'analyste politique palestinien Khalil Chahine a salué "l'atmosphère positive des discussions", mais, a-t-il dit à l'AFP, "le document présenté par l'Algérie est général et n'entre pas dans les détails".

Le président algérien Tebboune avait lancé fin 2021 une initiative pour réconcilier le Fatah et le Hamas, et est parvenu début juillet à réunir à Alger le président Abbas et Ismaïl Haniyeh, une rencontre dépeinte comme "historique".


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.