Mahmoud Abbas «ne fait pas confiance à Washington mais se montre satisfait de Moscou»

Mahmoud Abbas, rencontre son homologue russe, Vladimir Poutine, lors de la Conférence sur l'interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA) à Astana, jeudi (Photo, AFP).
Mahmoud Abbas, rencontre son homologue russe, Vladimir Poutine, lors de la Conférence sur l'interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA) à Astana, jeudi (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 14 octobre 2022

Mahmoud Abbas «ne fait pas confiance à Washington mais se montre satisfait de Moscou»

  • Lors de ses entretiens avec Poutine en marge du sommet, Abbas cherche à renforcer l'approvisionnement alimentaire
  • Abbas déplore le rôle joué par Washington permettant l'occupation israélienne

RAMALLAH: Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a rencontré le président russe, Vladmir Poutine, au Kazakhstan jeudi, réaffirmant sa méfiance à l'égard de la capacité des États-Unis à résoudre le conflit avec Israël et exprimant son appréciation du rôle de la Russie dans le différend.

Lors de sa première rencontre avec Poutine depuis le déclenchement du conflit russo-ukrainien, Abbas a exhorté le président russe à soutenir les Palestiniens en leur fournissant des denrées alimentaires.

Il a exprimé le manque de confiance de la Palestine dans la capacité des États-Unis à résoudre la question israélo-palestinienne.

Les deux présidents se sont entretenus en marge du sixième sommet de la Conférence sur l'interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA).

Abbas a informé le président russe des derniers développements de la cause palestinienne, des violations continues de l'occupation israélienne à l'encontre du peuple palestinien et de ses terres islamiques et chrétiennes, des colonies, des démolitions et des meurtres, du siège des villes et des camps – notamment à Chuafat, Jenin, Naplouse et Jérusalem – et du ciblage des prisonniers.

Abbas et Poutine ont également discuté des derniers développements dans la région, des questions régionales et internationales et des moyens de consolider les liens entre la Palestine et la Russie.

Abbas a salué les positions de la Russie en faveur du peuple palestinien et de sa cause dans les différents forums internationaux afin de parvenir à la liberté et l’indépendance.

«Nous ne faisons pas confiance à l'Amérique, et vous connaissez notre opinion», a déclaré Abbas à Poutine.

«Nous ne leur faisons pas confiance, nous ne dépendons pas d'eux et nous n'acceptons pas que l'Amérique – qu’importe les circonstances – soit la seule partie à résoudre le problème. Washington peut faire partie du quartet parce qu’elle constitue une superpuissance, et nous n'avons aucune objection, mais si elle est seule, nous ne l'accepterons pas», a avisé Abbas.

Il a fait l'éloge de la position de la Russie à l'égard des Palestiniens et de la générosité de Moscou en matière de bourses d'études, de formation militaire et d'aide économique.

«Nous en sommes ravis, et je vous dis que nous sommes peut-être en grand besoin de soutien alimentaire, dont la présence est en déclin dans le monde, mais il est disponible en Russie. Bien sûr, lorsqu'il est disponible à Moscou, nous sommes assurés de pouvoir l'obtenir», a-t-il estimé.

Abbas a déjà exprimé la déception de la Palestine à l'égard de l'administration américaine dirigée par le président, Joe Biden, qui, selon les Palestiniens, ne parvient pas à exercer une pression suffisante sur Israël pour reprendre les pourparlers de paix.

Abbas avait reçu Biden à Bethléem en juillet dernier. Il l’a de nouveau rencontré cette année en marge des réunions des Nations unies à New York, en septembre.

Abbas a critiqué le rôle des États-Unis dans le conflit Israélo-Palestinien lors de son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York le 23 septembre.

Un haut responsable diplomatique palestinien a déclaré à Arab News que la Russie «est un grand pays, amical et favorable aux droits du peuple palestinien, et qui soutient sérieusement sa cause».

Le responsable a ajouté: «Toutes ses positions politiques nous soutiennent, que ce soit au Conseil de sécurité des Nations unies ou dans tout autre forum politique.»

«Nous sommes très déçus de la position de l'administration américaine actuelle du président Biden, qui adopte la politique de deux poids deux mesures lorsqu'il s'agit de la question palestinienne – ce qui donne à Israël le feu vert pour continuer à maltraiter le peuple palestinien et à s'emparer de ses terres», a-t-il signalé.

Le responsable palestinien a jugé que les États-Unis n'étaient «pas intéressés» par la reprise d'une piste de paix palestino-israélienne, affirmant: «Nous sommes très mécontents de la position de cette administration.»

Moscou jouit également de relations étroites avec le mouvement palestinien Hamas, qui est politiquement opposé à Abbas.

Abbas entretient de même des liens étroits avec Poutine et la Russie, car il a passé son doctorat dans une université russe.

Commentant les louanges d'Abbas envers Moscou, l'analyste politique palestinien Ghassan al-Khatib, a expliqué: «C'est un résultat naturel car les dirigeants palestiniens ont parié sur les promesses politiques américaines pendant longtemps, et le résultat a été un échec complet sur le plan du développement et de la politique.»

Al-Khatib estime que la Palestine tente de diversifier ses relations avec les grandes puissances, dans le but d'obtenir un soutien politique et de développement, et d'envoyer un message à Washington pour lui faire comprendre que les États-Unis ne peuvent continuer à monopoliser la solution du conflit israélo-palestinien de manière à satisfaire leur vision et leurs intérêts biaisés par Israël.

Toutefois, en même temps, Al-Khatib estime que la position des dirigeants palestiniens à l'égard de la Russie était une «étape symbolique».

La rencontre entre Abbas et Poutine s'est déroulée en présence du secrétaire général du comité exécutif de l'OLP, Hossein al-Cheikh, du ministre des Affaires étrangères et des Expatriés, Riyad al-Maliki, du chef du Service des renseignements généraux, le général Majed Faraj, et du Conseiller du président pour les Affaires diplomatiques, Majdi al-Khaldi.

Outre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, les responsables suivants représentaient Moscou: L'assistant du président de la Fédération de Russie, Yuri Viktorovich Ushakov, le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, le ministre du Développement économique, Maxim Reshtenikov, et le Chef du secteur Moyen-Orient et Afrique du Nord au ministère des Affaires étrangères, Yevgeny Kozlov.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le Liban oeuvre à «un retrait israélien global», dit son Premier ministre depuis le sud du pays

Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
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  • "Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya
  • L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités

ZAWTAR AL-GHARBIYAH: Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël.

Cette déclaration intervient au lendemain de la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche, où il a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de cet accord.

"Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités.

Israël a indiqué de son côté avoir tiré "des coups de semonce en l'air" après l'entrée de soldats libanais dans une zone qui "ne faisait pas partie de la zone pilote".

Malgré l'accalmie dans les combats entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud, comme mercredi à Nabatiyé al-Fawqa, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

"En sécurité et dignité" 

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël -qui occupe toujours une partie du sud du pays- sous réserve d'un désarmement du Hezbollah.

La formation chiite, qui est opposée à l'accord et refuse d'être désarmée, a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud et des responsables israéliens ont déclaré à plusieurs reprises leur intention de s'y maintenir, pour assurer la sécurité du nord d'Israël.

"En parallèle du déploiement en cours de l'armée, nous continuerons d'ouvrir les routes, retirer les décombres, assurer les services essentiels, pour permettre à notre peuple de retourner en toute sécurité et dignité" chez lui, a affirmé Nawaf Salam.

Plus de 700.000 déplacés sont rentrés chez eux depuis la dernière trêve en juin, selon l'ONU.

"La tête haute" 

Des dizaines d'habitants déplacés de Zawtar al-Gharbiya ont attendu en vain mercredi matin aux abords de la localité qu'on les laisse y entrer, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée libanaise les avait appelés mardi à ne pas s'y rendre "en attendant que la situation se stabilise".

"Nous y entrerons la tête haute, grâce à la présence de l'armée libanaise dont nous sommes fiers", a déclaré Abbas Yaghi, 73 ans, à l'AFP.

Les troupes libanaises continuent de ratisser la localité, imbriquée géographiquement avec une autre du nom de Zawtar al-Charqiya, où des forces israéliennes sont toujours présentes, comme elles le sont aussi dans des localités environnantes.

Déplacé de Zawtar al-Charqiya, Moustafa Ammar dit espérer qu'Israël se retire d'autres localités comme la sienne.

"Nous marcherons derrière l'armée si elle nous donne l'autorisation d'entrer", lance le sexagénaire.

Pour Wafaa Ismaïl, 64 ans, déplacée de Zawtar al-Gharbiya, le Premier ministre "aurait dû faire entrer les gens derrière lui pour signaler une victoire".


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et ses homologues européens discutent de la sécurité maritime en mer Rouge

Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
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  • Les ministres soulignent la nécessité de préserver la sécurité maritime et rejettent toute action menaçant la liberté de navigation

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'est entretenu mardi avec ses homologues d'Espagne, d'Italie et d'Allemagne au sujet des menaces des Houthis contre la navigation en mer Rouge et des efforts visant à apaiser les tensions plus larges au Moyen-Orient.

Lors d'entretiens distincts, José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, et Antonio Tajani, son homologue italien, ont condamné les menaces des rebelles houthis du Yémen contre le sud de l'Arabie saoudite, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les ministres ont souligné l'importance de préserver la sécurité maritime en mer Rouge et dans le Golfe, tout en rejetant toute action mettant en péril la liberté et la sécurité de la navigation.

Le prince Faisal s'est également entretenu avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, des conséquences sécuritaires et économiques du conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran.

Lundi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a dénoncé les déclarations d'un porte-parole militaire houthi affirmant que le groupe avait imposé un blocus maritime contre le Royaume, accusant les Houthis d'entraîner le Yémen dans un conflit régional plus large.

Selon le ministère, les attaques houthies contre les navires commerciaux internationaux en mer Rouge aggravent la situation humanitaire des Yéménites, en limitant leurs déplacements et en détériorant les conditions économiques dans les zones contrôlées par le groupe armé.

Le Royaume a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en appliquant les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment les résolutions 2216 sur le Yémen et 2722 sur la protection de la liberté de navigation en mer Rouge. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une rencontre saoudo-française vise à renforcer la coopération en matière de défense

Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
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  • Rencontre à Riyad entre les chefs d’état-major saoudien et français
  • Renforcement de la coopération en matière de défense

Le chef d’état-major général des forces armées saoudiennes, le lieutenant-général Fayyad bin Hamed Al-Ruwaili, a tenu lundi à Riyad des discussions avec son homologue français, le général Fabien Mandon.

La rencontre a porté sur les moyens de développer la coopération bilatérale dans les domaines de la défense et des affaires militaires. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharqal-Awsat.