La BBC fête ses 100 ans en plein questionnement sur son avenir

Des piétons passent devant le siège de la BBC à Broadcasting House, dans le centre de Londres, le 6 octobre 2022. (Photo : Justin TALLIS / AFP)
Des piétons passent devant le siège de la BBC à Broadcasting House, dans le centre de Londres, le 6 octobre 2022. (Photo : Justin TALLIS / AFP)
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Publié le Vendredi 14 octobre 2022

La BBC fête ses 100 ans en plein questionnement sur son avenir

  • La «Beeb», plongée dans un plan d'économies drastique, célèbre son centenaire en plein questionnement sur son avenir
  • Sous pression budgétaire, le groupe a annoncé en mai un plan visant à faire 500 millions de livres d'économies par an (586 millions d'euros

LONDRES : A l'automne 1922, une voix nasillarde grésille dans quelques milliers de postes radio: c'est la naissance de la BBC, devenue un géant mondial des médias. Mais la «Beeb», plongée dans un plan d'économies drastique, célèbre son centenaire en plein questionnement sur son avenir.

Au Royaume-Uni, la BBC occupe une place à part dans les médias. «La BBC, c'est nous!», s'exclame Jean Seaton, professeure en histoire des médias à l'université de Westminster. «C'est l'expression de notre sens de l'humour, de nos centres d'intérêts, de nos valeurs». Elle n'appartient «ni au gouvernement, ni à une entreprise privée: elle nous appartient». «Nous» étant les Britanniques.

Pour près de 7 millions de personnes, la journée commence sur Radio 4, avec l'influent programme d'information «Today». Le week-end, l'émission «Strictly come dancing», un concours de danse qui cartonne depuis presque 20 ans, est la plus commentée du paysage audiovisuel.

David Attenborough, à l'écran depuis les années 50, a fait découvrir la planète à des centaines de millions de téléspectateurs. Quant aux séries BBC, comme Peaky Blinders, Fleabag ou Killing Eve, elles s'exportent dans le monde entier.

Car l'influence de la BBC dépasse largement les frontières de son pays natal. Elle atteint une audience mondiale de 492 millions de personnes par semaine, selon le rapport 2021-2022 du groupe d'audiovisuel public. Le prestigieux BBC World Service émet dans une quarantaine de langues. C'est un outil majeur du «soft power» britannique.

Depuis un siècle, le groupe reste collé à sa triple mission d'origine: «Informer, éduquer, divertir». «Ces valeurs sont la base de tout ce que nous faisons», explique James Stirling, chargé de l'anniversaire de la BBC.

- Impartialité -

Un autre mot revient sans cesse: l'impartialité, érigée en «priorité» par les dirigeants du groupe, alors que la BBC subit les critiques récurrentes du pouvoir conservateur.

Le gouvernement a accusé la BBC d'avoir couvert le Brexit avec un biais hostile à la sortie de l'Union européenne. Il lui reproche plus généralement d'être centrée sur les préoccupations des élites urbaines plutôt que des classes populaires. Des attaques reprises par les tabloïds, toujours prompts à s'en prendre à la BBC.

Le gouvernement de Boris Johnson a gelé en janvier pour deux ans la redevance (159 livres, soit 181 euros par an): un coup dur alors que l'inflation approche les 10% dans le pays. Il avait aussi évoqué sa suppression à terme, une menace controversée jusque dans les rangs conservateurs.

Sous pression budgétaire, le groupe a annoncé en mai un plan visant à faire 500 millions de livres d'économies par an (586 millions d'euros). Environ 1.000 emplois (sur un total d'environ 22.000 employés) sont supprimés; des chaines sont fusionnées et d'autres passent exclusivement en ligne.

Ce contexte financier difficile s'accompagne d'un exode du public vers les plateformes, en particulier des jeunes, qui, en conséquence, questionne le sens de la redevance.

- «Fierté» -

Mais de nouveaux formats ont émergé, avec succès. Le journaliste Ros Atkins est devenu l'un des visages de l'innovation dans le groupe, avec ses «explainers»: des vidéos qui en quelques minutes font le tour d'un sujet d'actualité chaude avec analyse, fact-checking, contexte.

Elles sont diffusées sur les réseaux sociaux, atteignant des millions de vues dans le monde, sur le site de la BBC, à la télévision.

«Des millions de personnes continuent de suivre l'actualité sur la BBC. Mais des millions d'autres s'informent sur Twitter, Instagram, TikTok», dit-il à l'AFP. C'est notamment à ces dernières qu'il s'adresse. «Notre audience montre que ce type de journalisme a un public».

Ros Atkins, entré à la BBC en 2001, est bien conscient des difficultés du groupe. «Cela va avoir un impact sur tous ceux qui travaillent ici». Mais «la fierté d'être un journaliste de la BBC» reste intacte pour lui et il a toujours le sentiment de travailler «pour la meilleure organisation de média au monde».

Le présentateur star de «Today», Nick Robinson, s'interroge sur l'avenir de la BBC. «Si la génération de mes enfants arrive à la conclusion qu'ils n'ont pas besoin de (la BBC), qu'ils peuvent avoir tout ce qu'ils veulent sur YouTube, Sky (la chaîne privée SkyNews, ndlr), Netflix, alors nous sommes fichus», a-t-il dit, cité dans The Telegraph.

«Mais nous méritons d'être fichus si nous n'arrivons pas à prouver notre valeur ajoutée aux gens», a-t-il ajouté.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.