Chine: une économie au ralenti à l'approche d'un 3e mandat pour Xi

Le Fonds monétaire international vient à nouveau d'abaisser ses prévisions concernant le PIB chinois cette année et la suivante (Photo, AFP).
Le Fonds monétaire international vient à nouveau d'abaisser ses prévisions concernant le PIB chinois cette année et la suivante (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 15 octobre 2022

Chine: une économie au ralenti à l'approche d'un 3e mandat pour Xi

  • Le consensus d'analystes interrogés table en moyenne sur une croissance de 3% en 2022, bien loin des 8,1% de 2021
  • Il s'agirait alors de son rythme le plus faible en quatre décennies, hors période de Covid

PEKIN: La Chine devrait annoncer mardi, en plein congrès du Parti communiste, l'une de ses croissances trimestrielles les plus faibles depuis 2020, fragilisée par les restrictions anti-Covid et la crise de l'immobilier.

Le chiffre officiel du troisième trimestre sera dévoilé avec une salve d'indicateurs économiques, au moment où le pouvoir réuni en conclave à Pékin devrait accorder au président Xi Jinping un troisième mandat inédit à la tête du parti, et donc du pays.

Un groupe de 12 experts interrogés par l'AFP table en moyenne sur une hausse de 2,5% sur un an du produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale, sur la période juillet-septembre.

Au trimestre précédent, la croissance s'était effondrée à +0,4% seulement sur un an, sa pire performance depuis 2020, après 4,8% au premier trimestre.

Nombre d'économistes estiment désormais que la Chine aura du mal à atteindre son objectif de croissance cette année ("environ 5,5%").

Le Fonds monétaire international vient à nouveau d'abaisser ses prévisions concernant le PIB chinois cette année (3,2%) et la suivante (4,4%).

Le consensus d'analystes interrogés par l'AFP table en moyenne sur une croissance de 3% en 2022, bien loin des 8,1% de 2021: il s'agirait alors de son rythme le plus faible en quatre décennies, hors période de Covid.

"Le défi politique est d'accepter que l'économie a (aussi) atteint une certaine maturité et que les chiffres de croissance resteront durablement" inférieurs à 5% lors de la prochaine décennie, indique à l'AFP l'analyste Clifford Bennett, du cabinet ACY Securities.

Zéro Covid 

Ce qui pèse aussi, c'est sa politique zéro Covid: à rebours des principales économies, le géant asiatique continue d'appliquer une stratégie sanitaire stricte avec placement en quarantaine des personnes testées positives, confinements ciblés et tests PCR obligatoires pour accéder aux lieux publics.

Ce dispositif, qui entraîne fréquemment la fermeture inopinée d'entreprises et d'usines, pénalise activité et déplacements, et pèse lourdement sur la consommation des ménages.

Malgré son impact sur l'économie, "aucun signe d'assouplissement du zéro Covid n'est en vue", prévient l'économiste Ting Lu de la banque Nomura, constatant au contraire un durcissement.

"Se coucher" face au virus serait "irresponsable", a martelé la presse officielle cette semaine, balayant tout espoir de retour à la normale à court terme.

Ces derniers jours, des rebonds épidémiques font craindre le retour de restrictions en particulier à Shanghai, poumon économique et financier confiné durant deux mois au printemps.

Parallèlement, le pays traverse une crise sans précédent dans l'immobilier, historiquement un moteur de la croissance en Chine.

Ce secteur, qui représente avec la construction plus du quart du PIB du pays, est en souffrance depuis des mesures adoptées par Pékin en 2020 pour réduire l'endettement.

Après des années de hausses vertigineuses, les ventes immobilières s'affichent désormais en repli dans de nombreuses villes et nombre de promoteurs luttent pour leur survie, au moment où certains propriétaires refusent de payer leurs mensualités pour des logements inachevés.

«Economie moderne»

Malgré tout, "de nombreux indicateurs se sont relativement bien redressés" après les confinements du printemps qui avaient porté un grand coup à l'activité, nuance l'analyste Thomas Gatley, du cabinet Gavekal Dragonomics, spécialisé sur l'économie chinoise.

Les ventes de voitures particulières en Chine ont ainsi maintenu leur vigueur en septembre, portées par la forte demande en véhicules propres.

Les exportations en août ont pour leur part encore progressé de 7,1% sur un an et pour soutenir l'activité la Chine a lancé des investissements dans les infrastructures.

"Ces piliers de la croissance se fragilisent" cependant, remarque M. Gatley.

Et "l'économie chinoise fait face à des problèmes plus fondamentaux" de transformation, souligne Jean-Louis Rocca, sinologue à Sciences-Po Paris.

Après des décennies de croissance alimentée par les investissements et les exportations, la Chine ne "veut plus rester +l'atelier du monde+" mais aspire à une "économie moderne", tournée vers les hautes technologies et la consommation, à plus forte valeur ajoutée.

Problème, cette nouvelle économie "a quand même du mal à remplacer l'ancienne" et "surtout est peu créatrice d'emplois", explique le chercheur à l'AFP. Donc, "est-ce qu'on pourra continuer à employer toute cette classe moyenne? A préserver leur patrimoine?"

Des questions cruciales pour le Parti communiste chinois qui tire justement sa principale légitimité de l'augmentation du pouvoir d'achat de la population.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
Short Url
  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Short Url
  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.