Chine: Le Parti communiste réuni pour sacrer à nouveau Xi

Des visiteurs marchent près de livres sur le président chinois Xi Jinping intitulés "La gouvernance de la Chine" dans une librairie de la ville de Yan'an, dans la province chinoise du Shaanxi (nord-ouest), le 15 octobre 2022, un jour avant le 20e Congrès du Parti communiste. (AFP).
Des visiteurs marchent près de livres sur le président chinois Xi Jinping intitulés "La gouvernance de la Chine" dans une librairie de la ville de Yan'an, dans la province chinoise du Shaanxi (nord-ouest), le 15 octobre 2022, un jour avant le 20e Congrès du Parti communiste. (AFP).
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Publié le Dimanche 16 octobre 2022

Chine: Le Parti communiste réuni pour sacrer à nouveau Xi

  • A partir de dimanche, quelque 2 300 délégués choisis par les différentes assemblées du Parti se réuniront à huis clos, après une cérémonie à Pékin au Palais du peuple qui domine la place Tiananmen
  • Xi Jinping, 69 ans, y fera le bilan des cinq dernières années et livrera sa feuille de route des cinq prochaines lors d'un discours retransmis à la télévision

PEKIN: Près de 2.300 délégués du Parti communiste chinois sont réunis dimanche à Pékin pour un congrès qui devrait, sauf surprise majeure, attribuer un troisième mandat historique à Xi Jinping à la tête du pays.

"Ce rassemblement est l'événement politique le plus important de la Chine depuis des décennies" car il déterminera les grandes orientations du pays pour les prochaines années, souligne dans une note le cabinet Trivium China.

Un troisième mandat de cinq ans pour Xi Jinping à la tête du Parti communiste, et donc du pays, confronté au défi d'une politique "zéro Covid" nocive à l'économie, est "l'annonce que tout le monde va attendre", ajoute le cabinet.

Sauf coup de théâtre, un nouveau sacre, qui devrait avoir lieu le 23 octobre au lendemain de la clôture du congrès, ferait de lui le dirigeant le plus puissant depuis le fondateur du régime, Mao Tsé-toung (1949-1976).

A 10H00 (02H00 GMT), le congrès quinquennal du PCC s'ouvrira au Palais du peuple, immense bâtiment d'architecture stalinienne situé sur la place Tiananmen à Pékin, sur des déclarations du chef de l'Etat au pouvoir depuis 2012.

Xi Jinping, 69 ans, y dressera le bilan des cinq dernières années et livrera sa feuille de route des cinq prochaines, lors d'un discours qui s'annonce fleuve: celui de 2017 avait duré trois heures et demie.

«Fatigue»

L'une des principales interrogations tournera autour du maintien ou non des strictes mesures sanitaires pour lutter contre la pandémie de coronavirus, la stratégie "zéro Covid" indissociable du président chinois.

Cette politique a renforcé le contrôle social sur les citoyens chinois, dont tous les déplacements sont désormais enregistrés informatiquement, dans ce pays déjà critiqué sur la scène internationale pour des violations des droits de l'homme.

Si la presse officielle a martelé cette semaine que "se coucher" face au virus serait "irresponsable", le coût économique de cette stratégie et la grogne populaire qu'elle suscite sont indéniables.

"C'est un paradoxe", observe Valarie Tan, analyste à l'Institut Mercator d'études chinoises (Merics) à Berlin: "Xi va sortir du Congrès très puissant, mais le pays dont il a la charge est en difficultés", car "la Chine est confrontée à de multiples crises sur de nombreux fronts".

La quasi-fermeture du pays vis-à-vis du reste du monde et les confinements à répétition ont mis un coup d'arrêt à la croissance, qui devrait cette année être la plus faible en quatre décennies, hors période de Covid.

"Après près de trois ans de zéro Covid, on voit une certaine fatigue et un mécontentement social, qui remontent à la surface à travers les messages sur les réseaux sociaux", note Valarie Tan.

"Malgré le mécontentement social, malgré une certaine colère et un certain ressentiment, il y aura davantage de contrôle social et il sera appliqué de manière plus stricte", prédit-elle.

Une colère qui va parfois au-delà des réseaux sociaux: cette semaine et malgré les mesures de sécurité renforcées dans la capitale, un homme a accroché à un pont de Pékin deux banderoles hostiles au dirigeant chinois et au zéro Covid.

L'une appelait les citoyens à se mettre en grève et à chasser "le traître dictateur Xi Jinping".

Au-delà de 2027

Pas de quoi troubler les 2.296 délégués du parti, venus de toutes les provinces et pour certains vêtus de leurs tenues traditionnelles, qui vont d'ici samedi prochain désigner le nouveau Comité central, sorte de parlement du parti avec quelque 200 membres, dont le bureau politique et ses 25 têtes est l'instance de décision.

En réalité, ils ne feront que valider des décisions prises en amont par les différentes factions du Parti: c'est d'ailleurs ainsi que Xi Jinping était arrivé au pouvoir en 2012, choisi comme homme de compromis entre les factions avant d'imposer sa mainmise au fil des ans, notamment via une redoutable campagne anticorruption qui a lui permis d'écarter des rivaux.

Un point crucial sera la composition du futur Comité permanent, ce groupe de sept ou neuf personnalités au plus haut sommet du pouvoir.

Xi ne devrait pas y laisser place à un possible successeur car "il n'a pas envie d'avoir quelqu'un qui lui souffle dans le cou", estime le chercheur Jean-Pierre Cabestan, basé à Hong Kong et associé au cercle de réflexion français Asia Centre.

Spécialisé dans l'économie et la politique chinoise, le cabinet MacroPolo s'attend d'ailleurs à ce que Xi Jinping forme ce Comité "avec un oeil déjà tourné potentiellement au-delà de 2027".


Erythrée: HRW demande des sanctions contre des dirigeants pour des enrôlements forcés dans l'armée

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  • HRW a également appelé les partenaires de l'Erythrée, dont les Etats du Golfe, à «faire pression», pour qu'Asmara «apporte des changements significatifs au système abusif du service national»
  • HRW a déclaré que la dernière vague de conscription «impitoyable» avait commencé au milieu de l'année 2022, l'armée érythréenne soutenant les forces éthiopiennes dans la guerre contre les rebelles du Tigré, dans le nord de l'Ethiopie

NAIROBI: L'ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé jeudi à des sanctions ciblées contre des dirigeants érythréens, accusant les autorités d'enrôler des milliers de personnes, dont des mineurs, pour le service militaire et de punir les familles de ceux qui s'y soustraient.

L'un des pays les plus fermés et autoritaires au monde, l'Erythrée, dirigé d'une main de fer depuis son indépendance de l'Ethiopie en 1993 par le président Issaias Afeworki, a une politique de conscription universelle à durée illimitée.

Dans un communiqué, HRW a plaidé pour des sanctions ciblées contre les dirigeants érythréens pour la "répression en cours" et appelé de ses voeux un examen approfondi sur la question par le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies et la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples.

HRW a également appelé les partenaires de l'Erythrée, dont les Etats du Golfe, à "faire pression", pour qu'Asmara "apporte des changements significatifs au système abusif du service national".

Le pays de la Corne de l'Afrique a initialement utilisé la guerre sanglante contre l'Ethiopie entre 1998 et 2000 pour justifier sa politique de conscription, restée en place malgré un accord de paix signé avec Addis Abeba en 2018.

HRW a déclaré que la dernière vague de conscription "impitoyable" avait commencé au milieu de l'année 2022, l'armée érythréenne soutenant les forces éthiopiennes dans la guerre contre les rebelles de la région du Tigré, dans le nord de l'Ethiopie.

Les troupes érythréennes ont été accusées par les Etats-Unis et les groupes de défense des droits humains d'avoir commis des atrocités durant le conflit, qui a débuté en novembre 2020, notamment avec le massacre de centaines de civils.

En septembre 2022, les autorités érythréennes ont appelé les forces armées à se mobiliser après la reprise des combats qui a mis fin à une trêve de plusieurs mois entre le gouvernement éthiopien et les rebelles tigréens.

Un accord de paix a été signé en novembre 2022 entre le gouvernement éthiopien et les rebelles du Tigré, mais l'Erythrée, pays frontalier du Tigré, n'a pas participé aux discussions et ses troupes continuent d'être présentes dans la région, selon des habitants.

Points de contrôle

L'Erythrée est l'ennemie jurée des autorités régionales du Tigré, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), depuis une sanglante guerre frontalière en 1998-2000 quand ce parti dirigeait l'Ethiopie (1991-2018).

Selon HRW, les forces de sécurité ont mis en place des points de contrôle dans tout le pays pour enrôler des recrues et ont fait du porte-à-porte pour identifier ceux qui s'y soustraient.

"Le gouvernement érythréen, pour faire face à la baisse des effectifs, a détenu et expulsé de chez elles des personnes âgées et des femmes avec de jeunes enfants afin de retrouver des personnes qu'il considère comme des insoumis ou des déserteurs", a affirmé Laetitia Bader, directrice de HRW pour la Corne de l'Afrique, dans un communiqué.

"Les Érythréens de tous horizons subissent le poids des politiques répressives du gouvernement", a-t-elle poursuivi.

"Tout le monde a toujours vécu avec le risque d'être enrôlé, mais c'est à un tout autre niveau", a ainsi déclaré un habitant d'Asmara, cité dans le communiqué.

Des groupes de défense des droits humains accusent régulièrement l'Érythrée de forcer les citoyens à passer des années au service national et de punir tout acte considéré comme de la désertion ou de la désobéissance par de lourdes peines de prison, voire de la torture.


Le séisme en Turquie accentue la pression sur Erdogan avant les élections

Le président turc Recep Tayyip Erdogan visite le site des bâtiments détruits lors de sa visite dans la ville de Kahramanmaras, dans le sud-est de la Turquie, deux jours après le grave tremblement de terre qui a frappé la région le 8 février 2023.  (Photo de Adem ALTAN / AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan visite le site des bâtiments détruits lors de sa visite dans la ville de Kahramanmaras, dans le sud-est de la Turquie, deux jours après le grave tremblement de terre qui a frappé la région le 8 février 2023. (Photo de Adem ALTAN / AFP)
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  • Face à la montée des critiques concernant la lenteur et l'inorganisation des secours, le dirigeant au pouvoir depuis 2003 s'est rendu dans la zone sinistrée mercredi et a amorcé un mea culpa
  • Mais avant même que la terre ne tremble aux premières heures du jour lundi, le sol se dérobait sous les pieds du président Erdogan confronté à une série de crises à l'approche des scrutins du 14 mai

ISTANBUL: Le séisme de magnitude 7,8 qui a ravagé le sud de la Turquie lundi accroit la pression sur le président turc Recep Tayyip Erdogan à trois mois d'élections présidentielle et législatives qui s'annonçaient déjà serrées avant la catastrophe.

Face à la montée des critiques concernant la lenteur et l'inorganisation des secours, le dirigeant au pouvoir depuis 2003 s'est rendu dans la zone sinistrée mercredi et a amorcé un mea culpa.

"Bien sûr, qu'il y a des lacunes, il est impossible d'être préparé à un désastre pareil", a-t-il plaidé depuis la province d'Hatay, près de la frontière syrienne.

Le bilan du séisme qui a fait plus de 15.000 tués au total s'élève à plus de 12.300 morts côté turc, un chiffre appelé à s'alourdir encore.

Mais avant même que la terre ne tremble aux premières heures du jour lundi, le sol se dérobait sous les pieds du président Erdogan confronté à une série de crises à l'approche des scrutins du 14 mai.

Son approche non conventionnelle de l'économie a déclenché une spirale inflationniste qui a vu les prix à la consommation augmenter de 85% l'année dernière.

Sentant le danger, le président a contre-attaqué.

Quelques heures après le tremblement de terre, il prenait la parole lors d'une conférence de presse à Ankara - la première d'une longue série.

Mercredi, près de l'épicentre du séisme, dans la province de Kahramanmaras, il étreint une femme éplorée au milieu des ruines. Puis il descend plus au sud vers la province d'Hatay, frontalière de la Syrie, où le nombre de morts est encore plus élevé.

Le chaos de 1999

Recep Tayyip Erdogan se souvient sans doute que c'est l'impéritie des autorités lors du dernier gros tremblement de terre en Turquie, en 1999, qui avait conduit son parti à la victoire trois ans plus tard.

Le Premier ministre d'alors, Bulent Ecevit, avait fait l'objet de vives critiques pour avoir négligé les secours aux populations.

Cette fois, le chef de l'Etat a aussitôt déclaré un niveau d'urgence maximal qui en appelle à l'aide internationale. Le soutien de dizaines de pays - y compris de rivaux régionaux - a rapidement afflué.

Pour les experts, le président peut donc affermir sa position avec une réponse ajustée. Ou tout perdre.

"Une réponse efficace à l'urgence pourrait renforcer le chef de l'Etat et son parti, l'AKP, en suscitant un sentiment de solidarité nationale sous la direction d'Erdogan", estime dans une note Wolfango Piccoli, du cabinet de conseil en risques politiques Teneo, basé à Londres.

"S'il rate la réponse post-séisme, Erdogan pourrait perdre les élections de mai", nuance en revanche Emre Caliskan, chercheur au Foreign Policy Centre, basé au Royaume-Uni.

«Des institutions affaiblies»

La frustration monte dans les régions affectées. Des familles démunies dénonçaient mardi un gouvernement incapable de leur venir en aide et de sauver leurs proches piégés sous les décombres.

L'analyste Gonul Tol, qui se trouvait en Turquie au moment du séisme et qui a perdu des proches dans la tragédie, a senti que la colère était palpable à Hatay.

"Je ne peux pas croire qu'il (Erdogan) ne l'ait pas sentie parce que le niveau de frustration, la colère je les ai vus de mes yeux. Je suis sûr que cela aura un impact", assure la directrice du programme Turquie au Middle East Institute basé aux États-Unis.

En 1999, poursuit-elle, la société civile avait travaillé sans relâche pour aider les victimes. Mais cette fois, il y a moins d'organisations disponibles parce qu'Erdogan en a beaucoup réprimé à la suite du coup d'État manqué en 2016.

"Vingt ans plus tard, nous ne sommes pas mieux lotis", indique-t-elle à l'AFP. "Erdogan a non seulement affaibli les institutions de l'État, mais il a également affaibli la société civile turque."

Médias «favorables»

Erdogan ne fait cependant face à aucune critique de la plupart des médias grand public, rappellent les experts, ce qui lui confère un avantage évident sur l'opposition.

Les chaînes d'information ont très peu évoqué l'impact des mauvaises constructions après

l'effondrement des bâtiments, même ceux de moins d'un an...
Le gouvernement avait pourtant édicté de nouvelles normes dès 1998.

"L'opposition affirme que le nombre élevé de décès n'est pas seulement lié au tremblement de terre, mais à des constructions mal réglementées et de mauvaise qualité", relève Emre Caliskan.

En 1999, la presse avait critiqué la lenteur des autorités, pas cette fois.

"Des médias nationaux largement favorables signifient également qu'Erdogan gérera le récit officiel et pourra profiter de la situation", souligne dans une note Adeline Van Houtte, consultante principale pour l'Europe à l'Economist Intelligence Unit.


Zelensky attendu au sommet de Bruxelles pour y réclamer des avions

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky quitte le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 8 février 2023, après avoir rencontré le Premier ministre britannique (Photo, AFP).
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky quitte le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 8 février 2023, après avoir rencontré le Premier ministre britannique (Photo, AFP).
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  • «Nous avons très peu de temps»
  • «Plus tôt l'Ukraine obtient de l'armement lourd de longue portée, plus tôt nos pilotes obtiennent des avions, plus vite se terminera cette agression russe», a affirmé Zelensky

BRUXELLES: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est attendu jeudi à Bruxelles en invité d'honneur d'un sommet des Vingt-Sept où il devrait plaider pour que ses alliés lui livrent des avions de combat au "plus tôt", comme il l'a fait mercredi à Londres et à Paris.

Le chef d'Etat a entamé mercredi une mini-tournée européenne surprise, son deuxième déplacement à l'étranger seulement depuis le déclenchement de la guerre le 24 février 2022 après son déplacement aux Etats-Unis en décembre.

"C'est un signal fort que le président participe personnellement à cette première réunion de l'année des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, un signal de solidarité européenne", s'est félicité le chancelier allemand Olaf Scholz.

Le moment est crucial pour l'Ukraine qui s'inquiète des succès récents de l'armée russe dans le Donbass et craint une offensive d'ampleur dans les prochaines semaines.

Reçu à Londres mercredi par le Premier ministre Rishi Sunak et par le roi Charles III, le président ukrainien a été accueilli dans la soirée par son homologue français Emmanuel Macron, qui avait aussi convié M. Scholz pour un dîner tardif à l'Elysée.

"Nous avons très peu de temps", a martelé Volodymyr Zelensky. "Plus tôt l'Ukraine obtient de l'armement lourd de longue portée, plus tôt nos pilotes obtiennent des avions, plus vite se terminera cette agression russe", a-t-il ajouté.

Devant la presse, MM. Macron et Scholz ont temporisé sur la question des avions, nouvelle étape dans le soutien à Kiev à laquelle le Premier ministre britannique Rishi Sunak avait, plus tôt dans la journée à Londres, semblé ouvrir la voie avec prudence.

Le chancelier s'est borné à lui assurer que les alliés soutiendraient son pays, notamment militairement, "aussi longtemps que nécessaire".

A ses côtés, Emmanuel Macron a promis de poursuivre "l'effort" de "livraisons de matériel de défense".

«Vers la victoire»

"Nous nous tenons aux côtés de l'Ukraine", "avec la détermination de l'accompagner vers la victoire et le rétablissement de ses droits légitimes", a dit le président français, qui a aussi affirmé vouloir "bâtir la paix" avec Volodymyr Zelensky, notamment par une "conférence internationale" engageant "le maximum de partenaires".

A Londres, le président ukrainien s'est adressé au Parlement réuni au Westminster Hall, qui a accueilli de rares dirigeants étrangers comme le Français Charles de Gaulle en 1960, mais aussi le cercueil de la reine Elizabeth II en septembre.

"Je vous demande, à vous et au monde, des mots simples mais pourtant très importants: des avions de combat pour l'Ukraine, des ailes pour la liberté", a-t-il lancé.

Jusqu'ici, les Occidentaux se sont montrés réticents à franchir ce pas supplémentaire, de crainte d'une escalade avec Moscou. Mais les tabous tombent les uns après les autres depuis un an et les soutiens de Kiev ont déjà accepté en janvier de fournir des chars lourds.

Semblant entrouvrir la porte, le chef du gouvernement britannique a promis de former des pilotes de chasse "aux normes de l'Otan". Il a demandé à l'armée britannique d'étudier de possibles livraisons d'avions, une solution envisageable seulement "à long terme".

Devant la presse, aux côtés du président ukrainien, Rishi Sunak a reconnu que les livraisons d'avions faisaient "bien sûr partie de la conversation" mais a souligné que les formations nécessaires pouvaient atteindre trois ans.

Souriant, son invité a rétorqué que les pilotes ukrainiens, vu leur expérience de la guerre, avaient déjà suivi l'équivalent de "deux ans et demi" de formation. Il a toutefois admis que la priorité était pour l'instant de recevoir des blindés et des armes de longue portée.

Chars «le mois prochain»

Sur ces points, Londres a affirmé que ses chars Challenger seraient opérationnels "le mois prochain", et a promis d'envoyer immédiatement des capacités d'artillerie à plus longue portée, sans détailler.

L'Allemagne compte, elle, fournir avec ses alliés fin avril un premier bataillon de ses tanks Leopard 2, très attendus.

L'ambassade de Russie au Royaume-Uni a averti que des livraisons d'avions ne resteraient pas sans "réponse": "Dans un tel scénario, la moisson sanglante du prochain cycle d'escalade sera sur votre conscience, ainsi que les conséquences militaires et politiques pour le continent européen et le monde entier".

Ces dernières semaines, l'armée russe, épaulée par les paramilitaires du groupe Wagner et renforcée par des centaines de milliers de civils mobilisés, est repassée à l'attaque, en particulier dans le Donbass, dont Moscou revendique l'annexion.