Iran: Les minorités ethniques portent le fardeau de la répression violente du régime contre les manifestations

Des manifestants se rassemblent dans les rues de Sanandaj, la capitale de la province iranienne du Kurdistan, au moment où les manifestations continuent de se propager des semaines après la mort en détention de Mahsa Amini, malgré les appels croissants à la retenue. (AFP)
Des manifestants se rassemblent dans les rues de Sanandaj, la capitale de la province iranienne du Kurdistan, au moment où les manifestations continuent de se propager des semaines après la mort en détention de Mahsa Amini, malgré les appels croissants à la retenue. (AFP)
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Publié le Mardi 18 octobre 2022

Iran: Les minorités ethniques portent le fardeau de la répression violente du régime contre les manifestations

  • En quelques heures, les manifestations se sont propagées à d’autres villes de la province et, le 18 septembre, toute la région s’est mise en grève
  • La répression en cours contre ceux qui ne se conforment pas au régime iranien est tout simplement le résultat de décennies de pratiques oppressives

RACCA (Syrie): Mahsa Amini – ou Jina Amini – est une jeune femme kurde qui a été tuée par la police des mœurs iranienne le 16 septembre. Son nom a fait le tour des réseaux sociaux, entraînant un mouvement de protestation qui pose aux dirigeants religieux un défi tel qu’ils n’en ont pas connu depuis bien des années.
Pour les forces de l’ordre iraniennes, Mahsa Amini n’était qu’une personne anonyme qui faisait partie d’une minorité ethnique opprimée depuis des décennies. Elles ne se doutaient pas que sa mort aux mains de l’une de ses unités déclencherait un soulèvement massif susceptible de renverser le régime lui-même.
Le 13 septembre, la jeune femme de 22 ans a été arrêtée à Téhéran pour avoir prétendument porté le voile – obligatoire en Iran – de manière inappropriée. Son frère, à qui elle avait rendu visite, a été informé qu’elle serait emmenée dans un centre de détention et libérée au bout d’une heure. Deux heures plus tard, elle s’est retrouvée dans le coma.
Trois jours plus tard, elle est décédée.
Bien que le régime iranien ait signalé que son décès était le résultat de conditions médicales préexistantes, les témoignages de ses codétenus et les examens tomodensitométriques montrent qu’elle a été sévèrement battue et qu’elle a subi une fracture du crâne ainsi qu’une hémorragie cérébrale.
La mort de Mahsa Amini a immédiatement déclenché une vague massive de protestations à travers l’Iran. Des troubles civils ont éclaté dans le pays, de la province occidentale du Kurdistan, dont la jeune femme est originaire, au centre de l’Iran, en passant par la province du Sistan-et-Baloutchistan, au Sud.
Selon un militant du Kurdistan qui souhaite garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, les manifestations auraient commencé lorsque la jeune femme a été enterrée.
«Les gens ont commencé à scander le slogan kurde “Femmes, vie, liberté” et de nombreux autres slogans nationalistes lors des funérailles. Plus tard, ils ont pris d’assaut les rues de la ville et se sont rassemblés devant le bureau du gouverneur», raconte-t-il à Arab News.
En quelques heures, les manifestations se sont propagées à d’autres villes de la province et, le 18 septembre, toute la région s’est mise en grève. Les boutiques ont fermé leurs portes, les gens ont envahi les rues en signe de protestation et, en quelques jours, les manifestations se sont propagées à travers le pays.
La répression en cours – bien que ce soit la plus sanglante depuis des décennies – contre ceux qui ne se conforment pas au régime iranien est tout simplement le résultat de décennies de pratiques oppressives contre les groupes minoritaires par les autorités iraniennes.
L’article 15 du chapitre 2 de la Constitution iranienne autorise l’enseignement des langues régionales et tribales dans les écoles et leur utilisation dans les médias. L’article 19 du chapitre 3 stipule que «tous les Iraniens, quelle que soit l’ethnie ou la tribu à laquelle ils appartiennent, jouissent de droits égaux».
Malgré une prétendue protection constitutionnelle et le fait que les groupes ethniques et linguistiques non persans représentent près de 40% de la population iranienne, les minorités sont victimes de mauvais traitements qui vont de la discrimination politique à l’oppression au moyen d’arrestations et d’exécutions arbitraires.
Les Kurdes sont le troisième plus grand groupe ethnique en Iran. Ils représentent environ 10% de la population. Diverses estimations évaluent leur nombre à quarante millions environ, répartis entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Turquie.

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La diaspora iranienne a soutenu les manifestations contre le régime de Téhéran dans plusieurs villes à travers le monde. (AFP)

«La situation est si mauvaise au Kurdistan que je ne sais même pas par où commencer», affirme le militant.
«Notre peuple subit des traitements qui dépassent l’imagination. Les Kurdes sont considérés comme des citoyens de troisième classe en Iran. D’abord, parce que nous sommes kurdes; ensuite, parce que nous sommes des musulmans non chiites ou que nous suivons d’autres religions kurdes; enfin, à cause de notre opposition au gouvernement central.»
L’activiste poursuit: «Nous sommes privés de nos droits les plus élémentaires en tant qu’êtres humains. La langue kurde et les partis kurdes sont bannis du système. Les villes kurdes souffrent d’extrême pauvreté et de chômage, résultat des politiques discriminatoires de l’Iran à l’égard des Kurdes.»
«Le Kurdistan est la région la moins développée et la société kurde a payé au prix fort cette marginalisation officielle.»
Les Kurdes d’Iran souffrent depuis 1979. Les partis kurdes d’Iran ont boycotté le référendum de mars 1979 pour créer la République islamique d’Iran et ils en paient le prix depuis.
Les services de renseignement iraniens ont persécuté des Kurdes même en dehors de leur juridiction. En 1989, un homme politique kurde et dirigeant du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran a été assassiné en Allemagne.

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Des manifestations ont eu lieu dans tout l’Iran, y compris au sein de la capitale du Kurdistan, Sanandaj. (AFP)

Son successeur et trois autres personnalités de l’opposition kurde ont également été tués trois ans plus tard, et pas moins de dix dissidents kurdes iraniens ont été assassinés en dehors des frontières de l’Iran depuis 1989.
Bien que la vague actuelle de troubles ait commencé au Kurdistan avec la mort d’une femme kurde, la persécution des groupes minoritaires par le régime iranien s’est étendue au-delà de la minorité kurde.
En mai 2022, une vague de protestations contre la détérioration des conditions économiques a secoué l’Iran et une flambée des exécutions en a découlé. Cependant, les groupes minoritaires ont été ciblés de manière disproportionnée par les forces de sécurité, selon l’organisation de défense des droits humains Iran Human Rights.
Le peuple baloutche, un groupe musulman principalement sunnite qui habite la région sud du Baloutchistan, en Iran, ne représente que 2% de la population.
Il a longtemps souffert de sous-développement économique. Il possède à la fois l’indice de développement humain et le revenu national brut par habitant les plus bas de toutes les provinces iraniennes, selon les statistiques de 2019 du Global Data Lab, un institut de recherche situé aux Pays-Bas. Malgré cela, les membres de la communauté ont été victimes de violations flagrantes des droits de l’homme.
Un rapport publié en juin dernier par l’organisation Iran Human Rights indique que les exécutions en Iran ont atteint cette année leur pic en cinq ans. Le nombre est passé de 110 en 2021 à 168 au cours des six premiers mois de 2022. Les minorités arabe, kurde et baloutche étaient les principales victimes des exécutions – les prisonniers baloutches représentant 22% de l’ensemble des personnes exécutées.
Les Arabes, qui représentent environ 2% de la population iranienne, ont eux aussi été confrontés à l’oppression et à la discrimination. La plupart d’entre eux résident dans la province du Khouzistan, qui est riche en ressources pétrolières et constitue un pôle industriel majeur.

 

Quelques chiffres

- Les Perses ethniques représentent 60% des 86,7 millions d’habitants en Iran.
- Les 40% restants comprennent les Azéris, les Kurdes, les Lors, les Baloutches, les Arabes, les Turkmènes et les Turcs.

Malgré cela, la province souffre d’une pauvreté et d’un chômage généralisés, selon le député arabe Mohammed Saïd Ansari, qui soutient qu’environ la moitié des travailleurs du pétrole viennent de l’extérieur de la province et que les Arabes y sont souvent privés de possibilités d’emploi.
Le Minority Rights Group International, basé au Royaume-Uni, rapporte que près d’un quart de million d’Arabes au Khouzistan ont été déplacés à cause de grands projets gouvernementaux d’infrastructure.
Le chef d’un mouvement séparatiste arabe en Iran, Ahmed Molla Nissi, a été assassiné devant son domicile de La Haye en 2017. Son nom vient s’ajouter à la longue liste des assassinats étrangers de dissidents minoritaires par l’Iran.
En juillet 2021, au moins neuf personnes ont été tuées au Khouzistan alors qu’elles manifestaient, réclamant l’accès à l’eau potable, selon Human Rights Watch.
Au milieu des troubles actuels, des manifestations ont éclaté au Khouzistan; de nombreuses installations pétrolières et pétrochimiques sont en grève et les travailleurs remplissent les rues. Le 12 octobre, une vidéo partagée sur Twitter présente une bannière géante qui montre la photo du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, incendiée à Ahvaz, la capitale de la province.

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Des manifestations ont lieu dans plusieurs villes à travers l’Iran depuis Mahsa Amini, une Iranienne de 22 ans, a trouvé la mort le 16 septembre après son arrestation par la police des mœurs à Téhéran. Elle avait prétendument enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique. (AFP)

«Les citoyens arabes vivent comme les personnes les plus pauvres sur la terre la plus riche: le Khouzistan. C’est le nom officiel qui lui a été donné, mais cet endroit est l’Arabistan ou Ahwaz», précise Youssef Yassin Azizi, un ancien administrateur arabo-iranien de l’université de Téhéran et membre de l’Union des écrivains iraniens, dans un entretien accordé à Arab News.
«À l’époque du chah et de la République islamique, des non-Arabes ont été installés dans les villes et villages arabes de la région.»
M. Azizi pense que le régime a délibérément chassé les Arabes et d’autres minorités de la vie publique iranienne.
«Les Arabes n’occupent qu’environ 5% des postes au sein des institutions publiques», explique-t-il à Arab News. «La langue arabe est interdite dans les écoles. Beaucoup d’Arabes ne peuvent pas trouver d’emploi dans les usines pétrochimiques simplement parce qu’ils portent un nom arabe.»
«Ce phénomène a atteint une telle ampleur qu’ils peuvent dire ouvertement: “Je ne t’embaucherai pas parce que tu es arabe.” La compagnie pétrolière d’Ali Khameini à Ahwaz a embauché 4 000 travailleurs au cours des dix dernières années et seuls sept d’entre eux étaient des Arabes.»
De telles attitudes suggèrent que les vies arabes en Iran sont considérées comme dérisoires.
«Les Arabes se sont rebellés à plusieurs reprises et ils ont souvent fini en prison ou ils ont été tués», déclare M. Azizi à Arab News. «Nous avons toujours été opprimés par la brutalité des autorités. Il y a à peine dix jours, Emad Heydari a été torturé à mort dans la prison d’Ahvaz.»
Selon le site Internet du Front populaire démocratique ahwazi, M. Heydari, 31 ans, un militant nouvellement marié qui habitait le quartier de Malashieh, a été arrêté le 27 septembre et il est mort en prison le 6 octobre. Les autorités iraniennes ont déclaré qu’il avait été victime d’un accident vasculaire cérébral, mais les militants ne croient pas au récit officiel.
«Lors des manifestations contre l’augmentation du prix du carburant de 2019, qui ont commencé avec les Arabes d’Ahwaz avant de se propager, deux cents Arabes auraient été tués. Ils n’ont montré aucune pitié envers les Arabes», souligne M. Azizi à Arab News.
«Il est important que la presse arabe et que la société civile soient au courant de ce qui nous arrive. Il faut couvrir les événements jour après jour. Elles devraient en parler sur tous leurs réseaux et dans l’ensemble de leurs publications et de leurs réunions. Elles devraient nous soutenir parce que nous sommes seuls. Jusqu’à présent, aucune chaîne n’a parlé de notre douleur pour la faire connaître. Mais notre résistance continuera.»
Le ciblage disproportionné des communautés minoritaires pendant les troubles civils actuels qui se déroulent en Iran reflète son traitement passé des minorités. Le Kurdistan, le Sistan-et-Baloutchistan ont été les plus exposés à la violence, selon le Critical Threats Project, un projet d’analyse des renseignements créé par l’American Enterprise Institute en 2009.
Deux semaines après la mort de Mahsa Amini, des manifestants se sont réunis à l’issue de la prière du vendredi dans la ville à majorité baloutche de Zahedan pour exprimer son soutien aux manifestations nationales afin d’exiger que justice soit rendue après qu’une jeune Baloutche de 15 ans a été sexuellement agressée par un commandant de police iranien.
Amnesty International rapporte que les forces de sécurité iraniennes ont ouvert le feu sur la foule à l’aide de balles réelles et qu’ils ont aspergé les manifestants de gaz lacrymogène. Des images montrent des tireurs sur les toits qui prennent les manifestants pour cible. Entre 66 et 96 personnes auraient été tuées et des centaines d’autres blessées en quelques heures seulement. Cette journée est désormais connue sous le nom de «vendredi sanglant».
Le New York Times s’est depuis entretenu avec dix habitants de Zahedan, parmi lesquels des témoins et des militants, des membres de la famille des victimes et un médecin qui a aidé à soigner plus de 150 personnes qui souffraient de blessures.
Tous ont accusé les forces de sécurité d’avoir tiré sans discernement sur des manifestants non armés et des civils avec des balles et du gaz lacrymogène. Des hélicoptères auraient également été déployés, selon des témoins.
«Selon les habitants, les violences du 30 septembre auraient été précédées d’une petite manifestation, deux jours plus tôt, dans une autre ville de la même province, Chabahar», déclare le quotidien américain dans un rapport du 14 octobre.
Le traitement brutal du régime iranien envers les zones de minorités ethniques ne fait que s’intensifier à mesure que le mouvement de protestation prend de l’ampleur et appelle à mettre fin au régime théocratique conservateur.
«J’appelle la communauté internationale à redoubler d’efforts pour reconnaître nos problèmes et nous aider à les résoudre», déclare le militant qui habite au Kurdistan à Arab News.
«Aujourd'hui, les peuples du Kurdistan et de l’Iran ont besoin d’un soutien total pour renverser ce régime.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
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  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
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  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.


Trump avertit qu'il va frapper «fort» l'Iran, après des attaques contre des bases américaines

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
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  • "Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News
  • La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran

TEHERAN: Donald Trump a averti que les Etats-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit qui s'étend au Moyen-Orient.

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.

Cette reprise des hostilités, suspendues depuis samedi, a ravivé les inquiétudes pour l'approvisionnement en or noir. Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, s'échangeait à 87,99 dollars, en hausse de 4,64%.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, puissante force armée, ont revendiqué une attaque de missiles contre "une base aérienne et le centre de commandement central des Etats-Unis".

"Violation flagrante" 

Washington a de son côté annoncé des frappes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens -  et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

Cette coalition a dénoncé une "escalade dangereuse".

Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient "coordonnées avec le gouvernement irakien", la présidence irakienne a dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".

Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté "un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins".

Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs ayant visé des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite.

"Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d'armement terroristes dans l'est de l'Irak", a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran a également condamné les frappes dans le pays voisin. Sa télévision d'Etat a fait état dans l'après-midi de bombardements américains sur une ville à la frontière avec l'Irak.

A Téhéran, des habitants exhalent leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières échanges de frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, resté relativement calme depuis 2022, opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.

Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l'Iran.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Guerre par procuration" 

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...) La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", déclare à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Les Gardiens iraniens ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

Washington avait dit la semaine dernière vouloir "laisser de la place aux négociations" avec les Iraniens, avec une pause dans les hostilités.

Les nouvelles frappes mercredi sont intervenues au lendemain de la visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des attaques de leurs pays contre l'Iran le 28 février.