Soudan: tirs de gaz lacrymogènes sur des manifestants pour le 1er anniversaire du putsch

Des manifestants soudanais scandent des slogans alors qu'ils défilent à Omdourman, la ville jumelle de la capitale Khartoum, le 21 octobre 2022. (AFP)
Des manifestants soudanais scandent des slogans alors qu'ils défilent à Omdourman, la ville jumelle de la capitale Khartoum, le 21 octobre 2022. (AFP)
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Publié le Mardi 25 octobre 2022

Soudan: tirs de gaz lacrymogènes sur des manifestants pour le 1er anniversaire du putsch

  • «Les militaires à la caserne», ont scandé des manifestants dans la capitale Khartoum et ses banlieues, où toutes les routes ont été bloquées
  • Il y a un an, le général Burhane, chef de l'armée, rompait tous les engagements pris deux ans auparavant au Soudan, pays plongé dans une grave crise économique

KHARTOUM: La police a tiré mardi des gaz lacrymogènes sur des milliers de Soudanais descendus dans la rue pour marquer le 1er anniversaire du putsch et réclamer un gouvernement civil, bravant la coupure d'internet et un déploiement militaire massif. 

"Les militaires à la caserne", ont scandé des manifestants dans la capitale Khartoum et ses banlieues, où toutes les routes ont été bloquées. 

Car dès l'aube, les deux camps se sont activés: les manifestants ont érigé des barricades pour ralentir l'avancée des forces de sécurité, et celles-ci ont bloqué ponts et avenues pour empêcher un déferlement de protestataires vers le palais présidentiel où siège le général Abdel Fattah al-Burhane, l'auteur du coup d'Etat du 25 octobre 2021. 

C'est aux abords de ce bâtiment que la police a tiré des grenades lacrymogènes pour tenter de disperser la foule, ont rapporté des témoins. 

Depuis le putsch, manifestants et militants répètent le même mot d'ordre: "pas de négociation ni de partenariat avec les putschistes" et retour au pouvoir des civils, condition sine qua non pour la reprise de l'aide internationale interrompue à la suite du putsch. 

Il y a un an, le général Burhane, chef de l'armée, rompait tous les engagements pris deux ans auparavant au Soudan, pays plongé dans une grave crise économique. 

A l'aube, il faisait arrêter les dirigeants civils avec lesquels il avait accepté de partager le pouvoir quand, en 2019, l'armée avait été forcée par la rue de déposer l'un des siens, le dictateur Omar el-Béchir après trois décennies au pouvoir. 

A chaque mobilisation contre le coup d'Etat, la connexion internet est interrompue dans le pays, comme cela est le cas mardi. 

Malgré tout, "des centaines d'élèves et d'étudiants sont sortis à Atbara", a indiqué à l'AFP Adel Mohammed, un résident de la ville située à 350 km au nord de Khartoum. 

Les protestations se poursuivaient dans l'après-midi, malgré la répression qui a tué en un an 118 manifestants, selon des médecins prodémocratie. 

Incertitudes 

Le Soudan nage dans l'incertitude. Aucun observateur n'imagine possible la tenue des élections promises à l'été 2023, aucune figure politique ne semblant jusqu'ici prête à rejoindre le gouvernement civil régulièrement promis par le général Burhane, tandis que les médiations internationales n'ont pas abouti. 

Et l'aide internationale est cruellement nécessaire dans ce pays, l'un des plus pauvres au monde et où la situation économique est catastrophique. 

Entre inflation à trois chiffres et pénuries alimentaires, un tiers des 45 millions d'habitants souffrent de la faim. C'est 50% de plus qu'il y a un an, souligne le Programme alimentaire mondial (PAM). 

Le prix du panier alimentaire minimum a augmenté de 137% en un an, forçant quasiment tous les foyers à "consacrer plus des deux tiers de leurs revenus à la nourriture", ajoute le PAM. 

Outre les conditions de vie difficiles, de nombreux Soudanais s'inquiètent, trois ans après la "révolution" de 2019, du retour de la dictature islamo-militaire. 

Car depuis le putsch, plusieurs fidèles de M. Béchir, aujourd'hui en prison, ont retrouvé leurs postes, notamment à la Justice qui mène actuellement le procès de l'ex-président. 

Conflits tribaux 

Vendredi, des milliers d'entre eux sont descendus dans la rue pour commémorer le 58e anniversaire de la première "révolution" ayant renversé un pouvoir militaire. Une gageure dans un pays à l'histoire quasiment sans discontinuer sous la coupe de généraux. 

Dans leurs appels à manifester, les militants ont promis que "les défilés du 25 octobre seront l'annonce de la fin de l'ère des putschistes et de la constitution d'un Soudan civil et démocratique". 

Lundi, les ambassades occidentales ont appelé "les autorités à respecter le droit de rassemblement pacifique" et à "ne pas utiliser la force". 

Après le putsch, le vide sécuritaire en certains endroits a laissé prospérer les conflits tribaux, relèvent des experts. Ces combats à l'arme automatique généralement pour l'accès à la terre et à l'eau ont fait depuis le début 2022 près de 600 morts et plus de 210.000 déplacés, selon l'ONU. 

Lundi, des milliers de Soudanais ont manifesté dans la province du Nil Bleu (sud), où "250 personnes ont été tuées" la semaine dernière dans des combats tribaux. 


Les Émirats arabes unis affirment que l’Iran a ciblé un pétrolier d’ADNOC dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes

Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis affirment qu’un pétrolier d’ADNOC a été ciblé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes
  • ADNOC indique que 15 de ses navires ont été attaqués depuis le début de la guerre, dont trois au cours de cette semaine

DUBAÏ : Les Émirats arabes unis ont déclaré samedi que l’Iran avait ciblé un pétrolier appartenant à l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’attaque iranienne hostile visant un pétrolier appartenant à ADNOC au moyen d’un missile alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes ».

« Cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, qui garantit la liberté de navigation et rejette le ciblage des navires commerciaux ou la perturbation des voies maritimes internationales », indique le communiqué publié par WAM.

Vendredi, ADNOC avait déclaré que, depuis le début de la guerre, 15 de ses navires avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz, « dont trois navires cette seule semaine ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la plus ferme condamnation du ciblage du pétrolier émirati alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, affirmant que « ces attaques rejetées constituent une agression contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

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  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.


Le président turc Erdogan arrive à Djeddah pour une rencontre avec le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais

Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
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  • Le dirigeant turc doit rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif
  • Sharif et le chef de l’armée pakistanaise sont déjà en Arabie saoudite pour discuter des questions régionales et des relations bilatérales

ISLAMABAD : Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé vendredi à Djeddah, où il devrait rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, sur fond de tensions régionales entre les États-Unis et l’Iran.

Sharif est arrivé à Djeddah jeudi pour une visite de trois jours à la tête d’une délégation comprenant le chef des forces de défense du Pakistan, le maréchal Syed Asim Munir, ainsi que des ministres fédéraux et des responsables gouvernementaux. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué que Sharif examinerait les relations bilatérales et discuterait des développements régionaux avec le prince héritier saoudien au cours de cette visite.

La visite de Sharif et d’Erdogan en Arabie saoudite intervient alors que la région du Moyen-Orient reste sous haute tension. Le président américain Donald Trump a annulé dimanche des frappes prévues contre l’Iran, affirmant que les pays du Moyen-Orient étaient parvenus à définir les « paramètres d’un accord » visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Téhéran a également déclaré plus tôt cette semaine avoir conclu un accord avec Oman concernant une voie maritime pour les échanges via le détroit d’Ormuz.

La Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan, le Qatar et d’autres pays de la région ont été étroitement impliqués dans les efforts visant à mettre fin à la guerre, qui a commencé en février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran.

« Notre président, Son Excellence Recep Tayyip Erdogan, effectuera une visite de travail d’une journée en Arabie saoudite le 7 août 2026 », a écrit Burhanettin Duran, responsable de la communication de la présidence turque, sur la plateforme de médias sociaux X.

« Dans le cadre de cette visite, il est prévu que Son Excellence le Président rencontre le prince héritier et Premier ministre d’Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif. »

Les responsables pakistanais et saoudiens n’ont pas commenté la visite d’Erdogan en Arabie saoudite ni les sujets qui pourraient être abordés lors d’une éventuelle rencontre entre les dirigeants. Toutefois, l’agence de presse internationale AFP a rapporté, citant des sources, que l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan devraient signer vendredi à Djeddah un accord conjoint de défense.

Selon l’agence, les puissances régionales cherchent à renforcer leurs liens sécuritaires dans un contexte de guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a impliqué les États du Golfe et perturbé la navigation dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.

Le Pakistan et l’Arabie saoudite ont signé un pacte de défense historique en septembre 2025. L’accord stipule qu’une attaque contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux, officialisant des décennies de coopération sécuritaire entre Islamabad et Riyad.

Cet accord de défense revêt une importance particulière alors que le Pakistan est le seul État doté de l’arme nucléaire dans la région, tandis que l’Arabie saoudite est une puissance économique majeure au Moyen-Orient.

Le Pakistan joue un rôle clé dans la médiation entre les États-Unis et l’Iran depuis le début de la guerre en février. La Turquie a également joué un rôle diplomatique dans les négociations visant à mettre fin à la guerre à Gaza. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com