Chez les députés, une pointe de dépit devant la série de 49.3 sur les budgets

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 25 octobre 2022. (Photo, AFP)
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 25 octobre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 25 octobre 2022

Chez les députés, une pointe de dépit devant la série de 49.3 sur les budgets

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 25 octobre 2022. (Photo, AFP)
  • Lundi dans l'hémicycle, la Première ministre a répondu aux motions de censure de la Nupes et du RN face à des rangs macronistes moins fournis que ceux des oppositions
  • «Nous avons envie de faire notre boulot de député!», s'exclame un élu de la majorité, qui ressent «un petit ras-le-bol de devoir siéger un peu pour rien»

PARIS: A l'Assemblée nationale, un article 49.3 en chasse un autre et le tunnel risque de s'allonger jusqu'à Noël... Comme désarmés, des députés éprouvent de la frustration et une certaine lassitude, jusqu'au sein de la majorité. 

Lundi dans l'hémicycle, la Première ministre a répondu aux motions de censure de la Nupes et du RN face à des rangs macronistes moins fournis que ceux des oppositions. Les cadres du groupe Renaissance ont battu le rappel car il fallait "montrer qu'Elisabeth Borne n'était pas seule", note un député expérimenté de la majorité. 

Ce même vieux routier rappelle que "c'est très physique l'Assemblée nationale", entre les insoumis et les élus d'extrême droite désormais en nombre. 

En début de soirée, un pot a été organisé au ministère des Relations avec le Parlement pour motiver les troupes, avant l'examen nuitamment d'une nouvelle motion sur le projet de budget de la Sécu, après celui de l'Etat. 

Et ce n'est qu'un début, le gouvernement étant susceptible d'activer jusqu'à dix fois l'article 49.3 de la Constitution sur ces budgets 2023. 

La procédure coupe l'herbe sous le pied des parlementaires, dont les amendements sont retenus ou non, selon le libre choix du gouvernement. 

"Nous avons envie de faire notre boulot de député!", s'exclame un élu de la majorité, qui ressent "un petit ras-le-bol de devoir siéger un peu pour rien". 

Côté gouvernement, on fait valoir les nombreux amendements repris, même davantage qu'auparavant. Reste que "la tâche est difficile pour les parlementaires, plus difficile qu'il y a cinq ans" du fait de la perte de la majorité absolue, admet une source ministérielle. 

« Fatigués » 

"Il faut accepter d'être battus" quand les oppositions se coalisent, relève l'ancien ministre Eric Woerth, qui siège chez Renaissance et ne perçoit pas à ce stade de "démobilisation". 

"Nous sommes concentrés et avons envie de bosser", assure le patron des députés MoDem et allié Jean-Paul Mattei, qui nourrit cependant des inquiétudes par exemple pour les votes du lundi 31 octobre, en plein pont de la Toussaint. 

Une nouvelle élue de la majorité "ne se plaint pas" mais décrit un "marathon physique et moral extrêmement difficile. C’est aussi un moment de rupture familiale complète" avec ces jours et nuits siégés à Paris. 

"J'espère que nous ne mollirons pas", presse un collègue chevronné, qui entend trop de députés se disant "fatigués". 

Député de l'Essonne, Paul Midy (Renaissance) "découvre" aussi la fonction et la "nouvelle façon de travailler" en majorité relative: il y a sans cesse à arbitrer entre la présence en commission et en séance. 

Même désappointement du côté des oppositions. Ces 49.3, "cela démobilise tout le monde", observe le président des députés socialistes Boris Vallaud. Il déplore que l'exécutif à ce stade ne soit pas "capable de fabriquer les compromis qu'il appelle de ses voeux". 

Pour Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, le gouvernement "banalise un outil autoritaire pour essayer de créer un effet de lassitude" mais "qu'il ne s'y habitue pas". Hors projets budgétaires, cet article de la Constitution ne peut être utilisé qu'une fois par session sur un autre texte. 

Les élus RN eux ont plutôt été "surmobilisés" depuis la rentrée, considère l'un d'eux, Sébastien Chenu. "On joue la carte de l'institution, même quand elle produit des situations un peu baroques", affirme-t-il. 

A l'inverse au groupe LR, les présents se sont comptés sur les doigts de la main lors des budgets. "Le gouvernement n'a pas cherché d'accord, donc l'intérêt est faible", souligne l'élu de la Loire Antoine Vermorel, pour qui "ce n'est pas comme ça qu'une démocratie fonctionne". 

"On n'a rien à gagner à l'Assemblée, je préfère être en circonscription", lâche un autre, qui prépare le terrain dans la perspective d'une possible dissolution décidée par Emmanuel Macron. 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.