Iran: Les manifestations se propagent, le nombre de morts dépasse les 400

Des manifestants marchant dans une rue de la ville kurde de Mahabad, en Iran, alors que les manifestations reprennent, au lendemain de la mort d'un manifestant lors d'un rassemblement commémorant le 40e jour de la mort de Mahsa Amini (Photo, AFP).
Des manifestants marchant dans une rue de la ville kurde de Mahabad, en Iran, alors que les manifestations reprennent, au lendemain de la mort d'un manifestant lors d'un rassemblement commémorant le 40e jour de la mort de Mahsa Amini (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 29 octobre 2022

Iran: Les manifestations se propagent, le nombre de morts dépasse les 400

  • Le régime iranien «perd le contrôle» d'une ville kurde
  • «Ils font peut-être le calcul que davantage de meurtres encourageraient les manifestants au lieu de les dissuader — si ce jugement change, alors la situation deviendrait encore plus violente», a estimé Rome

DJEDDAH: Des milliers d'Iraniens sont à nouveau descendus dans les rues vendredi, alors que la vague de protestations nationales qui dure depuis six semaines ne montre aucun signe d'apaisement.

Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants à Zahedan, dans le sud-est, des dissidents ont déclaré que le régime avait perdu le contrôle de la ville kurde de Mahabad, dans le nord du pays et la moitié des membres de la célèbre milice des bassidjis à Téhéran ne se sont pas présentés au travail afin d’imposer la répression des manifestations.

Des groupes de défense des droits ont révélé que des «exécutions illégales» commises par des policiers et des soldats du régime avaient tué au moins huit personnes dans quatre provinces en 24 heures, dont deux à Baneh, près de la frontière occidentale de l'Iran avec l'Irak.

Les militants dissidents ont affirmé que plus de 400 personnes avaient jusqu’à maintenant trouvé la mort suite à la répression des manifestations par le régime qui ont commencé après la mort de Mahsa Amin, 22 ans, de la province du Kurdistan, lors d'une détention par la police des mœurs le 16 septembre.

Un porte-parole du groupe dissident MEK a indiqué: «La solidarité mondiale des Iraniens de l'étranger a incité les manifestants en Iran, alors que le soulèvement continue de surprendre les analystes et de choquer les initiés du régime, dont les plans pour contenir et pacifier le soulèvement ont échoué. Les manifestants appellent à une présence et une participation quotidiennes afin d’épuiser les forces de sécurité du régime.»

Les affrontements à Mahabad ont eu lieu alors que les personnes qui assistaient aux funérailles d'Ismail Mauludi, un manifestant de 35 ans tué mercredi soir, ont pris le contrôle du bureau du gouverneur, du commissariat de police, des banques et des entreprises liées au Corps des gardiens de la révolution islamique.

Ailleurs, des hostilités ont eu lieu près de la tombe de Nika Shahkarami, 16 ans, à l'extérieur de la ville occidentale de Khorramabad, où des dizaines de personnes ont marqué la fin de la période de deuil traditionnelle de 40 jours depuis qu'elle a été tuée par les forces de sécurité. «Je vais tuer, je vais tuer, celui qui a tué ma sœur», ont scandé les manifestants. Des dizaines d'hommes ont lancé des projectiles sous les tirs alors qu'ils repoussaient les forces de sécurité sur un pont près de la tombe de la jeune fille.

Les analystes ont soutenu qu'ils s'attendaient à ce que la violence s'aggrave. «Je doute que les forces de sécurité aient exclu de mener une répression violente à plus grande échelle», a avisé Henry Rome, spécialiste de l'Iran au Washington Institute.

«Ils font peut-être le calcul que davantage de meurtres encourageraient les manifestants au lieu de les dissuader — si ce jugement change, alors la situation deviendrait encore plus violente», a estimé Rome.

Amnesty International a exigé que des mesures soient prises de toute urgence pour mettre fin à l'effusion de sang: «L'absence d'action décisive ne fera qu'encourager les autorités iraniennes à réprimer davantage les personnes en deuil et les manifestants qui se réuniront dans les prochains jours à l'occasion des commémorations marquant le 40e jour depuis les premiers décès de manifestants.»



 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.