Mandat compliqué en vue pour Lula, Bolsonaro muré dans le silence

Le président élu brésilien du Parti des travailleurs de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, salue ses partisans sur l'avenue Paulista après avoir remporté le second tour de l'élection présidentielle, à Sao Paulo, au Brésil, le 30 octobre 2022 (Photo, AFP).
Le président élu brésilien du Parti des travailleurs de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, salue ses partisans sur l'avenue Paulista après avoir remporté le second tour de l'élection présidentielle, à Sao Paulo, au Brésil, le 30 octobre 2022 (Photo, AFP).
Les partisans du président élu Luiz Inacio Lula da Silva écoutent son discours sur l'avenue Paulista après sa victoire au second tour de l'élection présidentielle à Sao Paulo, au Brésil, le 30 octobre 2022 (Photo, AFP).
Les partisans du président élu Luiz Inacio Lula da Silva écoutent son discours sur l'avenue Paulista après sa victoire au second tour de l'élection présidentielle à Sao Paulo, au Brésil, le 30 octobre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 31 octobre 2022

Mandat compliqué en vue pour Lula, Bolsonaro muré dans le silence

  • Luiz Inacio Lula da Silva a obtenu 50,84 % des voix, contre 49,16 % pour le président sortant
  • La campagne entre les deux hommes que tout oppose s'est déroulée dans un climat brutal et ultra-polarisé

RIO DE JANEIRO: Après les scènes de liesse dans les rues du pays, les feux d'artifice toute la nuit et un discours de victoire plein de promesses, Lula, président élu du Brésil, peut se préparer dès lundi à un mandat qui s'annonce compliqué.

Le Brésil était suspendu à la réaction de son adversaire Jair Bolsonaro, muré dans le silence depuis l'annonce du résultat et qui n'a toujours pas reconnu sa défaite.

La transition, qui au Brésil dure jusqu'au 1er janvier, ne sera certainement pas une mince affaire.

Le silence assourdissant de Jair Bolsonaro, défait d'une courte tête au second tour de dimanche (49,1% des voix contre 50,9%), et qui doit encore gouverner deux mois, est en soi lourd de menaces.

"Le pire qui puisse arriver serait que les Brésiliens aillent se coucher sans entendre la position de leur président (Bolsonaro), ce qui sèmerait le doute sur son acceptation du résultat" de l'élection, disait dimanche soir à l'AFP Leandro Consentino, politologue de l'Université privée Insper de Sao Paulo.

Or les lumières du Palais de l'Alvorada se sont éteintes tôt dimanche soir et selon Lauro Jardim, éditorialiste généralement bien informé du quotidien O Globo, le président défait aurait refusé toute visite après le résultat et serait allé se coucher.

Lors du second tour de la présidentielle dimanche, Luiz Inacio da Silva, anticipant apparemment déjà des difficultés, avait souhaité que "le gouvernement (sortant) soit civilisé au point de comprendre qu'il est nécessaire de faire une bonne passation de pouvoirs".

Ensuite Lula va devoir réunir et pacifier un Brésil malmené par quatre années de gestion à coups de crises de son prédécesseur au Palais du Planalto et de surcroit coupé en deux par la campagne la plus polarisée et brutale de son histoire récente.

"La moitié de la population est mécontente" du résultat, note M. Consentino. "Il va être essentiel que Lula ait la capacité de tendre la main à ceux qui n'ont pas voté pour lui et leur dise qu'il est le président de tous".

"Lula va devoir pacifier le pays", dit l'analyste. C'est d'ailleurs ce qu'a dit promis le vétéran de la politique brésilienne dimanche: "il n'existe pas deux Brésil", a-t-il lancé, "nous sommes un seul peuple, une seule nation".

La victoire de Lula au Brésil saluée à travers le monde

Les dirigeants du monde ont unanimement salué la victoire, dimanche, de Luiz Inacio Lula da Silva face au président sortant d'extrême droite Jair Bolsonaro à l'issue d'une campagne ultra-polarisée.

Emmanuel Macron

"Ensemble, nous allons unir nos forces pour relever les nombreux défis communs et renouer le lien d'amitié entre nos deux pays", a écrit le président français Emmanuel Macron dans un message sur Twitter, quelques minutes après l'annonce des résultats de la présidentielle brésilienne, soulignant que cette élection ouvrait "une nouvelle page de l'histoire du Brésil".

Joe Biden

"J'adresse mes félicitations à Luiz Inacio Lula da Silva pour son élection à la présidence du Brésil à la suite d'élections libres, justes et crédibles", a déclaré Joe Biden, président des Etats-Unis dans un communiqué. Il a dit avoir "hâte de travailler" avec lui "pour poursuivre la coopération entre nos deux pays".

Vladimir Poutine 

"Les résultats de l'élection ont confirmé votre grande autorité politique", a déclaré le président russe Vladimir Poutine dans un télégramme adressé à Lula.  "J'espère qu'en fournissant des efforts conjoints, nous ferons en sorte de poursuivre le développement d'une coopération russo-brésilienne constructive dans tous les domaines", a-t-il ajouté.

Josep Borrell

"Les électeurs brésiliens ont élu leur nouveau président dans un scrutin pacifique et bien organisé. Félicitations à Lula! Je suis impatient de travailler de concert et de faire avancer les relations UE-Brésil avec votre gouvernement et le nouveau Parlement", a indiqué le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un tweet.

Justin Trudeau

"Les Brésiliens ont tranché. J'ai hâte de travailler avec Lula pour renforcer le partenariat entre nos pays et (...) pour faire avancer nos priorités communes – comme la protection de l'environnement", a tweeté le Premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Andres Manuel Lopez Obrador

"Lula a gagné, peuple béni du Brésil. Il y aura l'égalité et l'humanisme", a écrit sur Twitter Andres Manuel Lopez Obrador, président du Mexique.

Anthony Albanese

"Enormes félicitations à Lula pour sa formidable victoire aux élections brésiliennes. J'ai hâte de travailler avec vous pour la protection de l'environnement", a salué le Premier ministre australien Anthony Albanese sur Twitter.

Nicolas Maduro

"Vivent les peuples déterminés à être libres, souverains et indépendants! Aujourd'hui au Brésil la démocratie a triomphé, félicitations Lula, je t'embrasse fort!", s'est réjoui le président Nicolas Maduro du Venezuela.

Alberto Fernandez

"Ta victoire ouvre une nouvelle ère dans l'histoire de l'Amérique latine. Un temps d'espoir et un avenir qui commence aujourd'hui", a écrit le président d'Argentine Alberto Fernandez, assurant être un partenaire avec qui Lula pourra "travailler et rêver grand pour la bonne vie de nos peuples".

Miguel Diaz-Canel

"Nous t'embrassons frère, Président Lula", a sobrement tweeté le président de Cuba Miguel Diaz-Canel.

Gabriel Boric

"Lula. Joie", a écrit le président chilien Gabriel Boric sur Twitter.

Guillermo Lasso

"Je félicite Lula pour son élection à la présidence de la République fédérale du Brésil. En démocratie, nous continuerons à renforcer l'amitié et la coopération entre nos pays, pour des jours meilleurs pour nos citoyens. Notre région continue à s'intégrer dans la pluralité", a tweeté Guillermo Lasso, président d'Equateur.

Parlement très à droite 

"Je vais gouverner pour 215 millions de Brésiliens, et pas seulement ceux qui ont voté pour moi", a ajouté Lula. Or 58 millions de Brésiliens ont voté contre lui.

"Ce pays a besoin de paix et d'unité", a insisté l'icône de la gauche car "personne n'a envie de vivre dans une famille où règne la discorde".

Lula va aussi devoir composer avec un Parlement que les élections législatives du 2 octobre ont fait pencher davantage vers la droite radicale, le Parti libéral (PL) de Jair Bolsonaro étant devenu la première formation à la Chambre des députés comme au Sénat.

En se présentant, Lula a réuni une coalition hétéroclite d'une dizaine de formations autour de son Parti des Travailleurs (PT). Il a choisi aussi un vice-président au centre, Geraldo Alckmin, un ex-adversaire battu à la présidentielle de 2006, pour séduire l'électorat modéré et les milieux d'affaires.

«Une Amazonie en vie»

Dans les deux mois, le futur président doit faire des annonces concernant la composition de son gouvernement.

On s'attend que Lula accueille plus de diversité au sein de son cabinet: des femmes  -- il n'en reste plus qu'une dans le dernier gouvernement Bolsonaro --  des personnes de couleur, et des indigènes, dont l'un devrait prendre la tête d'un ministère nouvellement créé des affaires autochtones.

"Voir Lula revenir au pouvoir nous donne un grand espoir", dit Vanda Witoto, aide-soignante indigène de 32 ans, rencontrée par l'AFP à Manaus, en Amazonie.

Le gouvernement de Lula devra par ailleurs redonner des moyens aux organismes de surveillance de la déforestation en Amazonie très affaiblis par les coupes de crédit, les démembrements et l'impunité totale de toutes sortes de trafiquants.

"Le Brésil est prêt à reprendre son leadership dans la lutte contre la crise climatique (...) Le Brésil et la planète ont besoin d'une Amazonie en vie", a lancé Lula.

Autre défi de taille pour le nouveau président, à l'heure où il devra financer les politiques sociales promises et sans la croissance de ses précédents mandats: les finances de l'Etat brésilien ont été plombées après la distribution, à des fins électorales, de dizaines de milliards de réais d'aides lors de sa campagne par Jair Bolsonaro.

Pékin veut renforcer son partenariat avec le Brésil après l'élection de Lula

Le président chinois Xi Jinping a félicité lundi Luiz Inacio Lula da Silva pour son élection au Brésil, se disant "prêt à travailler" avec lui afin de renforcer le partenariat entre les deux pays.

"J'attache une grande importance au développement des relations entre la Chine et le Brésil et je suis prêt à travailler avec le Président élu Lula", a déclaré le président, selon des propos rapportés par la télévision d'Etat CCTV.

La Chine et le Brésil sont d'importants partenaires commerciaux: le Brésil, plus gros exportateur de viande bovine au monde, en vend ainsi près de la moitié (48%) à la Chine, qui est aussi son principal client pour le soja.


Bombardements russes sur Kiev: Zelensky exhorte à prendre des «décisions fermes» au sommet de l'Otan

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés a prendre des "décisions fermes" au sommet de l'Otan prévu à Ankara mardi et mercredi, après des bombardements russes dans la région de Kiev ayant fait au moins 14 morts. (AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés a prendre des "décisions fermes" au sommet de l'Otan prévu à Ankara mardi et mercredi, après des bombardements russes dans la région de Kiev ayant fait au moins 14 morts. (AFP)
  • "Il est crucial que le monde - en premier lieu les Etats-Unis et nos partenaires européens - ressortent du sommet de l'Otan à Ankara avec des décisions fermes en faveur de notre défense antiaérienne et donc de la protection de la vie des gens ordinaires"
  • Dans la capitale, au moins neuf personnes ont été tuées et 46 blessées, a indiqué sur Telegram le chef de l'administration militaire de Kiev, Tymour Tkatchenko

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés a prendre des "décisions fermes" au sommet de l'Otan prévu à Ankara mardi et mercredi, après des bombardements russes dans la région de Kiev ayant fait au moins 14 morts.

"Il est crucial que le monde - en premier lieu les Etats-Unis et nos partenaires européens - ressortent du sommet de l'Otan à Ankara avec des décisions fermes en faveur de notre défense antiaérienne et donc de la protection de la vie des gens ordinaires", a-t-il déclaré sur Facebook.

Au moins 10 morts à Kiev

Des bombardements russes ont fait au moins 10 morts lundi dans la région de Kiev, où des journalistes de l'AFP ont été les témoins de dizaines d'explosions, à la veille d'un sommet de l'Otan à Ankara.

Dans la capitale, au moins neuf personnes ont été tuées et 46 blessées, a indiqué sur Telegram le chef de l'administration militaire de Kiev, Tymour Tkatchenko. Au moins une autre personne est morte dans le district de Boutcha, en périphérie de Kiev, a rapporté le chef de l'administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk, accusant Moscou de frapper "une fois encore délibérément des civils et des infrastructures civils".

Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a dit avoir "lancé une frappe massive" contre l'Ukraine "en réponse aux attaques terroristes menées par le régime de Kiev contre des infrastructures civiles sur le territoire russe".

Les forces russes ont attaqué "des entreprises du secteur militaro-industriel, des installations du complexe énergétique et pétrolier dans la ville de Kiev et la région de Kiev, ainsi que des infrastructures aéroportuaires militaires à Dnipropetrovsk, Poltava, Tcherkassy, Tchernihiv et Kiev", a-t-il ajouté.

Les services d'urgence ukrainiens, eux, ont affirmé qu'au moins 15 immeubles résidentiels ont été endommagés ou détruits à Kiev, dont un bâtiment de neuf étages dans le district de Podilsky où "les sauveteurs recherchent des gens" dans les décombres, et un entrepôt dans le district d'Obolonsky.

La Russie, qui frappe quotidiennement l'Ukraine depuis le lancement de son offensive en février 2022, avait promis de riposter à des attaques massives de missiles et drones ukrainiens - près de 500 - ayant visé la Russie dans la nuit de vendredi à samedi, en particulier la région de Saint-Pétersbourg.

La semaine dernière, des attaques russes avaient fait 30 morts à Kiev et près de 100 blessés dans la nuit de mercredi à jeudi - les pires frappes russes contre la capitale depuis le début de la guerre.

Panne d'électricité en Crimée occupée 

L'armée ukrainienne a poursuivi de son côté ses attaques de drones contre la Russie. Au moins 47 de ces engins ont été abattus dans la nuit de dimanche à lundi dans la région de Leningrad, selon son gouverneur Alexandre Drozdenko.

Et la ville de Sébastopol, dans la péninsule de Crimée annexée par la Russie, est privée d'électricité lundi en raison d'une attaque ukrainienne sur des infrastructures énergétiques aux abords de la ville, a annoncé le gouverneur local nommé par Moscou, Mikhaïl Razvojaïev.

"Les équipements collectifs fonctionnent désormais grâce à des systèmes d'alimentation électrique de secours. Les spécialistes mettent actuellement tout en œuvre pour rétablir l'électricité dans les foyers", a écrit M. Razvojaïev.

La ville d'environ 550.000 habitants sert de base à la flotte russe de la mer Noire.

Depuis plusieurs semaines, l'armée ukrainienne a entrepris un blocus énergétique de la Crimée dont les forces russes ont pris le contrôle en 2014, en frappant des infrastructures et des camions citernes l'approvisionnant.

La péninsule a été placée en "situation d'urgence" fin juin - permettant de débloquer plus de moyens et ouvrant la voie théoriquement à la mise en place de restrictions visant la population locale.

De manière générale, Kiev intensifie dernièrement ses attaques contre le territoire russe et les régions occupées, et vise notamment des sites de production d'énergie pour tenter d'enrayer le financement de guerre de Moscou.

Le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, a rapporté tôt lundi que 11 drones avaient été détruits alors qu'ils se dirigeaient vers  Moscou.

Négociations dans l'impasse 

Les négociations sont dans l'impasse pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Le président américain Donald Trump doit rencontrer mercredi son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky en marge du sommet de l'Otan à Ankara, où des chefs d'Etat et des délégations de 32 pays sont attendus dès mardi.

"Le président va le rencontrer évidemment dans le but de discuter de la manière dont nous pouvons mettre fin à la guerre. C'est pour lui une priorité de longue date", a déclaré un haut responsable américain.

"Il existe une réelle perspective de mettre fin à cette guerre et la détermination de l'Amérique est décisive", a indiqué M. Zelensky samedi.

A l'occasion du sommet de l'Alliance, les pays européens de l'Otan et le Canada vont s'engager à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Sur le front, les forces russes n'ont quasiment pas avancé ces derniers mois du fait notamment de l'omniprésence des drones qui gênent les mouvements des véhicules lourds et infligent de très lourdes pertes aux deux camps.

Le Kremlin a toutefois revendiqué vendredi la prise de Kostyantynivka, un bastion des forces ukrainiennes dans la région de Donetsk dont la capture est l'objectif principal du Kremlin. Mais cette annonce a été fermement démentie par Kiev, selon qui les combats se poursuivent.

 


Starmer prévient Andy Burnham qu'il ne pourra pas délaisser la diplomatie

Le Premier ministre britannique Keir Starmer écoute le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte (hors champ), lors de leur réunion au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 29 juin 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer écoute le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte (hors champ), lors de leur réunion au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 29 juin 2026. (AFP)
  • Keir Starmer affirme qu’un Premier ministre ne peut pas privilégier les dossiers intérieurs au détriment de la diplomatie, les deux étant étroitement liés
  • Favori pour lui succéder, Andy Burnham promet de maintenir un soutien total à l’Ukraine tout en axant sa campagne sur l’économie et le coût de la vie

LONDRES: Le Premier ministre britannique démissionnaire Keir Starmer a prévenu son probable successeur, Andy Burnham, qu’il ne lui serait pas possible de délaisser la diplomatie au profit des affaires intérieures, lors d’un entretien diffusé samedi sur la BBC.

Il s’agit de sa première interview depuis l'annonce de sa démission, le 22 juin. Le dirigeant travailliste doit rester en poste jusqu’à la désignation de son successeur, attendue mi-juillet.

À ce stade, Andy Burnham, ex-maire du Grand Manchester, est le seul candidat déclaré à la succession de Keir Starmer. Il s'est jusqu’ici principalement exprimé sur des sujets de politique intérieure, dont le coût de la vie, promettant de réduire les factures d'énergie et d'eau des Britanniques.

Lundi, son premier discours politique majeur a porté sur l'économie.

Interrogé sur la possibilité pour un Premier ministre de consacrer moins de temps à la diplomatie que lui, Keir Starmer a répondu : "Non, je ne pense pas que ce soit possible".

"Il y a souvent ce débat — quel est le bon équilibre entre affaires internationales et affaires intérieures ? En réalité, c’est une seule et même chose", a-t-il poursuivi.

"Si vous êtes Premier ministre et que vous vous souciez du montant des factures des ménages, vous devez aussi vous soucier d’une solution durable à la situation en Ukraine, ou encore de ce qui se passe dans le détroit d’Ormuz", a-t-il encore déclaré.

Il a également insisté sur le fait que "nous vivons dans un monde plus dangereux et plus instable" que celui qu’il a connu pendant la plus grande partie de sa vie, évoquant les conflits en Ukraine et en Iran.

Concernant l'Ukraine, M. Burnham a indiqué vendredi, lors d'une séance de questions-réponses sur Reddit, qu'il apporterait "à 100 %" le même soutien que M. Starmer.

Interrogé sur sa relation avec Andy Burnham, Keir Starmer a assuré n’avoir "jamais éprouvé d’animosité personnelle" à son égard, ajoutant qu’il ferait "tout ce qui est en son pouvoir" pour que le prochain gouvernement réussisse.


Witkoff et Kushner à Doha, pas de pourparlers directs entre américains et iraniens

Le Premier ministre du Qatar, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani. (AFP)
Le Premier ministre du Qatar, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani. (AFP)
  • Accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires la semaine dernière, les Etats-Unis ont annoncé dimanche avoir bombardé le pays en retour
  • En réponse, l'Iran a ciblé deux de ses voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn

DOHA: Une délégation iranienne doit rencontrer des médiateurs mercredi à Doha dans le cadre des négociations avec Washington pour mettre fin à la guerre, selon les autorités iraniennes qui soulignent leur refus de négociations directes avec les Etats-Unis.

Des émissaires américains sont arrivés mardi à Doha pour des discussions sur l'Iran avec des médiateurs qataris.

L'Iran a lui aussi annoncé l'envoi cette semaine d'une délégation au Qatar, mais exclu tout contact direct avec les responsables américains, après des échanges de frappes qui ont menacé de faire voler en éclats la trêve.

Voici ce que l'on sait de la situation:

Witkoff et Kushner à Doha 

Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, hommes de confiance du président Donald Trump, sont arrivés à Doha pour discuter avec des responsables qataris de l'Iran et de la situation au Liban, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari.

"A ma connaissance, aucune rencontre directe n'est programmée entre les deux parties (américaine et iranienne) dans les prochains jours", a-t-il néanmoins ajouté.

Lundi, Donald Trump avait laissé entendre que des discussions entre Washington et Téhéran devaient se tenir mardi. "L'Iran a demandé une réunion. Elle aura lieu demain (mardi) à Doha", avait-il affirmé.

Après avoir d'abord démenti toute réunion, la diplomatie iranienne a confirmé lundi l'envoi d'une "délégation d'experts" cette semaine à Doha, menée par le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi. Une première réunion est prévue avec les médiateurs mercredi selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Mais "dans les prochains jours, nous ne négocierons pas avec la partie américaine, à aucun niveau", a-t-il insisté.

Les Etats-Unis et l'Iran se sont à plusieurs reprises contredits depuis le début des discussions ayant abouti le 17 juin à la signature d'un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, avec des négociations se matérialisant subitement alors que la situation semblait dans l'impasse.

Ormuz, le nœud gordien 

Un diplomate au fait des pourparlers a déclaré à l'AFP que des "équipes techniques" américaines et iraniennes devaient se rencontrer pour parler de "la mise en œuvre du protocole d'accord" conclu entre les deux pays.

"Les canaux de communication pour désamorcer les incidents sont opérationnels", a-t-il ajouté.

Si la signature du pacte entre Washington et Téhéran a permis de réduire l'intensité du conflit, d'importantes tensions existent autour de la gestion du stratégique détroit d'Ormuz, où le trafic a ralenti ce weekend après deux attaques de navires.

Au total, 29 bateaux transportant des matières premières ont franchi le détroit samedi et 12 dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, un chiffre en net recul par rapport aux jours précédents.

L'Iran répète depuis des semaines vouloir imposer un droit de passage sous une forme ou une autre, une mesure jugée inacceptable par les Etats-Unis.

Depuis la levée du blocus ayant suivi le protocole d'accord avec les Etats-Unis, l'Iran a exporté "plus de 40 millions de barils de pétrole, a déclaré le chef de l'équipe de négociation Mohammad Bagher Ghalibaf lors d'une interview diffusée mardi soir à la télévision d'Etat.

En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, "nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il observé.

Reflétant les incertitudes sur les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, le prix du brut progressait mercredi. Vers 01H50 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, montait de 0,32% à 73,18 dollars.

L'Iran prêt pour le dialogue et la guerre  

Accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires la semaine dernière, les Etats-Unis ont annoncé dimanche avoir bombardé le pays en retour. En réponse, l'Iran a ciblé deux de ses voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn.

La situation semble depuis s'être apaisée sur le plan militaire, même si le chef de l'équipe de négociation iranienne Mohammad Bagher Ghalibaf a encore répété que l'Iran se tenait prêt pour "la guerre" - tout en privilégiant "le dialogue".

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans les pourparlers avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes ces derniers jours, malgré la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre pour une "paix durable".

L'accord-cadre prévoit notamment qu'Israël continue d'occuper le sud du Liban, comme depuis le début de cette nouvelle guerre contre le Hezbollah, jusqu'à ce que le mouvement chiite soutenu par l'Iran rende les armes - ce qu'il refuse de faire.

Une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en œuvre malgré la pression des Etats-Unis.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le nord d'Israël en soutien à l'Iran, visé par l'offensive américano-israélienne. Israël a riposté en jurant d'"éliminer" le mouvement, et déployé ses troupes dans le sud. Ses frappes ont depuis fait plus de 4.200 morts, selon Beyrouth.