En Guadeloupe, l'épineuse question de la gestion des déchets

Selon l'Ordec, en 2019, chaque habitant a produit 558 kg de déchets, soit 184 kilos de plus par personne que la moyenne nationale (Photo, AFP).
Selon l'Ordec, en 2019, chaque habitant a produit 558 kg de déchets, soit 184 kilos de plus par personne que la moyenne nationale (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 31 octobre 2022

En Guadeloupe, l'épineuse question de la gestion des déchets

  • Si certaines collectivités sont dotées d'un système de collecte en porte à porte, ce n'est pas le cas partout
  • En 2019 «98% de la population est couverte par un service de collecte sélective des emballages ménagers en apport volontaire et 56% de la population couverte par un service de collecte sélective en porte-à-porte»

POINTE-A-PITRE: "La Guadeloupe est trop belle pour devenir une poubelle". Depuis plusieurs années, des petits panneaux colorés fleurissent sur l'île, appelant à la propreté, alors que le traitement des déchets ménagers est un problème et que fleurissent les décharges sauvages.

C'est l'association Clean My Island, un "rassemblement éco-citoyen", qui est à l'origine de ces messages. Elle a rassemblé durant quelques années des centaines de personnes pour nettoyer des hectares de décharges sauvages qui pullulent en Guadeloupe.

Une des causes de ces déversements d'ordures: les carences dans la gestion des déchets localement, notamment l'absence de poubelles de tri et le financement compliqué des prestataires de ramassage par les collectivités locales.

Si certaines collectivités sont dotées d'un système de collecte en porte à porte, ce n'est pas le cas partout. Selon l'Observatoire régional des déchets et de l'économie circulaire (Ordec), en 2019 "98% de la population est couverte par un service de collecte sélective des emballages ménagers en apport volontaire et 56% de la population couverte par un service de collecte sélective en porte-à-porte".

Selon l'Ordec, en 2019, chaque habitant a produit 558 kg de déchets, soit 184 kilos de plus par personne que la moyenne nationale. Au total, en ajoutant les déchets verts, les encombrants, les véhicules hors d'usages, etc. l'île a produit 380 000 tonnes de déchets en 2019, le tout enfoui à 58%, toujours selon la même source.

Mais, les centres d'enfouissement arrivent à "saturation", explique Sylvie Gustave dit Duflo, élue régionale en charge de l'environnement, et spécialiste de la question, alors qu'une nouvelle alvéole d'enfouissement se construit sur la décharge de la Gabarre, à côté de Pointe-à-Pitre, pour pallier l'absence d'autre solution.

"La valorisation des déchets progresse significativement (+41%) par rapport à 2015", précise l'Ordec, et en 2019 "42% de ces déchets ont été réceptionnés en vue d'une valorisation" soit 161.551 tonnes de déchets verts et plastiques recyclables, "dont plus de la moitié en Guadeloupe". Le reste est envoyé dans des barges sur des territoires qui ont les unités pour les traiter.

En 2020, la Région Guadeloupe s'est fixé comme objectif de devenir un "territoire zéro déchets d'ici 2035", et est maître d'ouvrage pour la construction de 8 déchèteries sur des communes de la Basse-Terre, très dépourvue en la matière. Et ce, même si la question des déchets ne relève pas des compétences régionales.

Centrale thermique

En 2021, la Région Guadeloupe, s'est également érigée en "pilote" de la consigne de bouteilles et autres emballages, qui devait être généralisée sur le territoire français en 2023. Mais, fin 2022, rien n'a encore été effectivement mis en place.

En cause, selon des sources concordantes, des problèmes de gouvernance entre les collectivités locales et les eco-organismes, le financement, la question du maillage territorial pour organiser la collecte, et le choix divergent des collectivités et metteur en marché des matières recyclées.

En Guadeloupe, "on continue de travailler pour une mise en place en 2023" de la consigne assure Sylvie Gustave-dit-Duflo, pour qui "cela serait une vraie solution pour notre territoire".

Par ailleurs, les autorités locales travaillent à l'installation d'usines de combustibles solides de récupération (CSR). En brûlant des déchets dans la centrale thermique d'Albioma, qui vient de convertir son four à charbon en four biomasse, la Guadeloupe pourrait produire de l'électricité à hauteur du 10% du mix énergétique local, dont près de 80% provient d'énergie fossile (fioul).

La construction de deux unités qui brûlent des déchets pour en faire du combustible pour l'usine thermique, en plus d'être une solution à l'enfouissement des déchets, permettra de produire localement du combustible alors que des coûts des matières premières sont fluctuants. Ce serait également une solution à "l'augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes", rappelle Laurent Poulain responsable de la branche économie circulaire de l'Ademe Guadeloupe.

Ces deux unités représentent 40 millions d'euros d'investissement chacune et devraient sortir de terre en d'ici 2 à 3 ans.

Reste pour les autorités locales à déterminer le trajet des déchets à acheminer jusqu'à l'usine, notamment ceux de la Basse-Terre, dépourvu d'installations de prise en charge de ses déchets. Le coût de transport pourrait bien être un nouveau caillou dans les finances publiques locales.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.