Tunisie: Les binationaux, ces mal-aimés

Peu appréciés, les binationaux sont pourtant très utiles à leur pays, notamment dans les domaines économique. Ici dans un bureau de vote à Tunis lors de la présidentielle française de 2022. (AFP).
Peu appréciés, les binationaux sont pourtant très utiles à leur pays, notamment dans les domaines économique. Ici dans un bureau de vote à Tunis lors de la présidentielle française de 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 31 octobre 2022

Tunisie: Les binationaux, ces mal-aimés

  • De tout temps, des binationaux ont occupé des fonctions politiques ou diplomatiques
  • Bizarrement, c’est un binational, Youssef Chahed, qui a ouvert la voie à la décision que vient de prendre Kaïs Saïed de fermer la porte à l’implication des binationaux dans la vie politique du pays

TUNIS: Des mal-aimés, les binationaux, à qui le nouveau Code électoral interdit de se porter candidats aux législatives du 17 décembre 2022 en Tunisie? Ils sont pourtant très utiles à leur pays, notamment dans les domaines économique et… sportif.

En lisant la nouvelle loi électorale publiée le 15 septembre 2022 au Journal officiel, les Tunisiens ont appris que, contre toute attente, celle-ci interdit à ceux parmi eux porteurs d’une deuxième nationalité de se porter candidat dans l’une des cent cinquante et une circonscriptions de l’intérieur du pays, mais qu’ils le peuvent dans l’une des dix circonscriptions de l’étranger. C’est la première fois dans l’Histoire de la Tunisie qu’un tel interdit frappe les binationaux.

De tout temps, des binationaux ont occupé des fonctions politiques ou diplomatiques. Les présidents de la république successifs ont ouvert aux binationaux les portes du gouvernement en particulier et de l’État d’une façon générale.

Premier président de la Tunisie indépendante, Habib Bourguiba en a enrôlé plusieurs. L’une des personnalités les plus marquantes à laquelle le «Combattant suprême» – ainsi que les Tunisiens aimaient à l’appeler – a fait appel est Hédi Mabrouk. Fonctionnaire sous et après l’occupation française, il a été nommé en 1973 ambassadeur de Tunisie en France –poste qu’il a occupé jusqu’en 1986, date à laquelle il s’est vu confier le portefeuille des Affaires étrangères. Cela a déplu à certains députés du Parti socialiste destourien (PSD), parti au pouvoir à l’époque, en raison de la double nationalité de Hédi Mabrouk. Mais Habib Bourguiba et son Premier ministre, Hédi Nouira, ne s’en sont pas souciés.

Zine el-Abidine ben Ali, qui a succédé à M. Bourguiba le 7 novembre 1987, a lui aussi fait appel à des binationaux – comme ministres et mêmes en tant que conseillers – et il a de ce fait été confronté à ce problème, mais d’une manière un peu différente. Des conseillers lui ont fait part de l’hostilité de certains à ce que des Tunisiens mariés à des étrangères –souvent Françaises – occupent des postes politiques. Mais, rapporte l’un de ses anciens collaborateurs, Ben Ali a écarté d’un revers de main l’argument selon lequel cela pouvait mettre en danger la sécurité de l’État.

Après la chute du régime Ben Ali, la Tunisie a vu de nombreux binationaux occuper des postes ministériels dont deux ayant la nationalité française – Mehdi Jomaa et Youssef Chahed – ont même été chef de gouvernement. La Constitution de 2014 n’a imposé qu’une seule restriction: une personnalité jouissant d’une double nationalité et accédant à la présidence de la république doit renoncer à sa deuxième nationalité une fois élue.

Mais, bizarrement, c’est un binational, Youssef Chahed, qui a ouvert la voie à la décision que vient de prendre Kaïs Saïed de fermer la porte à l’implication des binationaux dans la vie politique du pays. En effet, l’ancien chef de gouvernement a décidé de renoncer à sa nationalité française après avoir décidé de se présenter à la présidentielle de 2019 et il a appelé les autres candidats binationaux à faire de même.

Peu appréciés, les binationaux sont pourtant très utiles à leur pays, notamment dans les domaines économique et… sportif. Avec leurs transferts financiers – 5 milliards de dinars (1 dinar tunisien = 0,31 euro) durant les neuf premiers mois de 2022 – les Tunisiens de l’étranger – près d’1,2 million, dont plus de sept cent mille en France détenteurs à 80 % au moins de la double nationalité, selon Tarek Mami, président de Radio France Maghreb 2 – sont la première source de rentrées de devises de la Tunisie. En outre, l’équipe nationale de football, qui participe à la phase finale de la Coupe du monde du Qatar, compte de nombreux binationaux.

 


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.