Iran: Les vidéos de répression violente inondent les réseaux sociaux

Une moto de police brûle au cours d’une manifestation contre lamort de Mahsa Amini, le 22 septembre à Téhéran (Photo, Reuters).
Une moto de police brûle au cours d’une manifestation contre lamort de Mahsa Amini, le 22 septembre à Téhéran (Photo, Reuters).
Short Url

Iran: Les vidéos de répression violente inondent les réseaux sociaux

  • Le mouvement de protestation est sans précédent par son ampleur et sa nature depuis la Révolution islamique de 1979
  • «Certaines puissances insidieuses en Europe (…) ont déployé tous leurs moyens pour frapper la nation iranienne», accuse Khamenei

PARIS : Les scènes de violences exercées par les forces de sécurité à l’encontre des manifestants iraniens se propagent d’une manière virale sur les réseaux sociaux surtout après la diffusion d'une vidéo montrant des policiers frappant violemment un homme et qui témoigne, selon des défenseurs des droits humains, de la brutalité de la répression des manifestations en Iran.

Ces manifestations ont été déclenchées après la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, Kurde iranienne de 22 ans, arrêtée trois jours plus tôt par la police des mœurs pour avoir, selon celle-ci, enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique prévoyant le port du voile.

La répression des protestations, sans précédent par leur ampleur et leur nature depuis la Révolution islamique de 1979, a fait 176 morts, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège.

Une courte vidéo, prise avec un téléphone portable et publiée sur les réseaux sociaux, montre une dizaine de membres des forces de sécurité assénant des coups de matraque et de pied à un homme au sol.

L'homme tente au début de se protéger la tête avec ses mains mais les policiers continuent de le frapper. On entend le bruit d'un tir puis un policier semble rouler sur lui avec sa moto. La brigade abandonne finalement le corps inanimé. On ignore si cet homme est toujours vivant ou s'il est mort.

Amnesty International a affirmé que cette "vidéo choquante envoyée de Téhéran est un nouveau rappel horrible que la cruauté des forces de sécurité iraniennes ne connaît pas de limites".

Suite au partage de cette vidéo qui a eu un effet boule de neige sur les réseaux sociaux, les autorités iraniennes ont "émis un ordre spécial pour enquêter sur l'incident et identifier les contrevenants", a annoncé la police dans un communiqué publié par l'agence officielle Irna.

«Créer la peur»

La justice iranienne a fait état de 1.000 personnes d'ores et déjà inculpées pour leur participation aux "émeutes", le terme utilisé par les autorités pour désigner les manifestations.

Le premier procès lié aux manifestations, celui de cinq hommes accusés d'infractions passibles de la peine capitale, s'est ouvert samedi à Téhéran.

"Les accusations et les peines n'ont aucune validité légale et leur seul but est de commettre plus de violence pour créer la peur dans la société", a fustigé Mahmood Amiry-Moghaddam, le directeur d'IHR.

Des milliers de personnes ont été arrêtées en Iran depuis le 16 septembre, selon des militants.

Ces derniers accusent régulièrement l'Iran d'avoir recours à des aveux forcés de prisonniers politiques qui sont diffusés par les médias officiels à des fins de propagande.

Mercredi, l'agence Irna a diffusé une vidéo montrant selon elle un rappeur célèbre en Iran, Toomaj Salehi, arrêté après avoir soutenu les manifestants.

On y voit un homme tatoué assis au sol, un bandeau sur les yeux, son corps marqué de traces de sang et de contusions. L'homme dit "Je suis Toomaj Salehi" et reconnaît avoir "commis une erreur".

"Les médias officiels, extrêmement inquiets, partagent des aveux forcés du rappeur Toomaj Salehi", a écrit sur Twitter le groupe de défense de la liberté d'expression Article 19.

«Frapper la nation»

La mort de Mahsa Amini a été l'étincelle des manifestations dont les femmes, au départ, ont pris la tête, brûlant leur voile, fustigeant les autorités, rejointes par des écolières ou des étudiants.

Les autorités accusent l'Occident, notamment les Etats-Unis, ennemi de l'Iran, d'encourager la contestation.

"(...) Les Etats-Unis, le régime sioniste (Israël, NDLR), certaines puissances insidieuses en Europe et certains groupes ont déployé tous leurs moyens pour frapper la nation iranienne", a lancé mercredi le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei.

Alors que le bilan des manifestants tués s'alourdit, les funérailles et les cérémonies de deuil, organisées selon la tradition au 40e jour suivant un décès, "deviennent de plus en plus l'impulsion pour de nouveaux troubles", souligne Kita Fitzpatrick, analyste Iran au Critical Threats Project de l'American Enterprise Institute.

Selon une vidéo d'IHR, de nombreuses personnes en deuil ont scandé "Mort à Khamenei" lors d'une cérémonie mercredi marquant le 40e jour de la mort de Hannaneh Kia, 23 ans, qui, selon des militants, a été tué par balles par les forces de sécurité à Nowshahr (nord).

Par ailleurs, 101 personnes, selon cette ONG, ont perdu la vie lors d'une vague de protestations distinctes à Zahedan, dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est), liées à des accusations de viol d'une jeune fille par un policier.

(Avec AFP).


Accord Liban-Israël: Beyrouth demande l'aide d'Athènes pour son application

Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis.  "Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis. "Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes. (AFP)
Short Url
  • Le président Aoun a particulièrement insisté sur "le retrait total de l'occupation (israélienne: ndrl) et le contrôle complet de notre territoire par nos seules forces armées"
  • Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait "sans aucune réserve la souveraineté, l'indépendance, mais aussi l'unité du Liban".

ATHENES: Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis.

"Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes.

"Nous demandons autant que possible l'assistance de la Grèce pour aider le Liban à le mettre en oeuvre" et "l'aide de la Grèce dans toutes les instances internationales", y compris "aux Nations unies", a-t-il ajouté.

L'accord conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël en soutien à Téhéran, le 2 mars, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre, qui ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises.

Le président Aoun a particulièrement insisté sur "le retrait total de l'occupation (israélienne: ndrl) et le contrôle complet de notre territoire par nos seules forces armées".

Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait "sans aucune réserve la souveraineté, l'indépendance, mais aussi l'unité du Liban".

"La Grèce, en tant qu'ami traditionnel à la fois du Liban et du monde arabe, et en même temps partenaire stratégique d'Israël, est prête à soutenir tout effort de désescalade et de compréhension mutuelle", a-t-il insisté, rappelant que son pays a envoyé de l'aide militaire et humanitaire au Liban.

La Grèce entretient historiquement de bonnes relations avec les pays arabes, en développant parallèlement ces dernières années une coopération étroite avec l'Israël en matière de sécurité et de défense.

Lundi, Athènes s'est félicité d'avoir signé un accord majeur avec Israël pour l'achat d'un système de défense antiaérienne d'environ trois milliards d'euros.

 


Syrie: deux civils tués dans une région druze 

Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Short Url
  • Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda"
  • L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats

SOUEIDA: Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales.

La situation est tendue dans la province de Soueïda, où vivent de nombreux membres de cette minorité issue du chiisme, depuis des affrontements meurtriers il y a un an, les pires depuis la chute du président Bachar al-Assad fin 2024.

Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda, touchant un tracteur et tuant les deux personnes qui se trouvaient à bord: le conducteur et une femme".

Cette source, qui a requis l'anonymat, a également indiqué que "des affrontements intermittents ont lieu entre la Garde nationale et les forces gouvernementales depuis samedi soir", faisant référence au groupe armé de l'influent chef druze Hikmat al-Hijri.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats.

La deuxième source de sécurité, qui s'est rendue sur le site de la frappe, a dit avoir vu le tracteur "entièrement brûlé", ajoutant que les deux victimes étaient des agriculteurs.

Le gouvernement syrien n'a pas immédiatement réagi à ces informations.

Des factions druzes contrôlent la ville de Soueïda et d'autres secteurs de la province du même nom malgré des tentatives de Damas d'y rétablir son autorité.

Il s'agit de l'une des dernières zones échappant au gouvernement islamiste qui cherche, depuis fin 2024, à unifier le pays, morcelé par plus de 13 ans de guerre.

Samedi, des groupes armés druzes avaient empêché des élèves de se rendre à leurs examens dans un secteur de la province contrôlé par le gouvernement.

La province de Soueïda avait été le théâtre en juillet 2025 d'affrontements entre combattants druzes et bédouins, qui avaient dégénéré après l'intervention de forces gouvernementales, puis de combattants tribaux en appui aux Bédouins.

Ces violences, les pires depuis fin 2024, avaient fait plus de 2.000 morts, selon l'OSDH. D'après des survivants et des ONG, elles avaient été marquées par de nombreuses exactions visant les druzes.

Damas a récemment annoncé avoir renvoyé plusieurs personnes devant la justice dans le cadre de l'enquête sur ces affrontements.

En 2025, l'armée israélienne avait bombardé des positions gouvernementales, affirmant vouloir protéger la communauté druze, présente aussi en Israël.

Hikmat al-Hijri a déclaré cette semaine que "les druzes étaient partie intégrante de l'Etat d'Israël".


A Tripoli, la Syrie et la Libye officialisent leur rapprochement diplomatique

 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.  (AFP)
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne. (AFP)
Short Url
  • "Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne"
  • Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi

TRIPOLI: Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.

"Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne", a déclaré le ministre syrien, qui a tenu des discussions avec son homologue libyen par intérim Taher El-Baour et a été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU.

Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi.

"Cette ambassade assurera le suivi administratif des Syriens qui se sont réfugiés en Libye pendant les années de guerre, à une époque où il n'y avait plus de représentation diplomatique, Tripoli ayant rompu ses relations avec l'ancien régime", a ajouté M. Chaibani.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, la communauté syrienne en Libye est estimée à environ 200.000 personnes.

"Nous avons également convenu de renforcer la coordination sécuritaire pour lutter contre l'immigration clandestine, ainsi que contre les stupéfiants et les organisations terroristes", a-t-il poursuivi.

Durant les dernières années du conflit en Syrie (2011-2024), la Libye est devenue un terrain d'affrontement entre des forces loyales à Bachar al-Assad et des factions de l'opposition et islamistes syriennes.

Des mercenaires issus des deux camps y ont combattu pour le compte de leurs parrains russes et turcs respectifs, qui soutenaient des camps opposés dans le conflit libyen.

A la mi-août 2025, une délégation dépêchée par Damas avait rouvert l'ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012, sans toutefois reprendre immédiatement la fourniture de services consulaires.