La place Tahrir à Bagdad, de coeur de la révolte à promenade fleurie

La statue de la «Maternité» de Khaled ِAl-Rahal sur la place Tahrir à Bagdad le 4 novembre 2022 (Photo, AFP).
La statue de la «Maternité» de Khaled ِAl-Rahal sur la place Tahrir à Bagdad le 4 novembre 2022 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 11 novembre 2022

La place Tahrir à Bagdad, de coeur de la révolte à promenade fleurie

  • Des litres de café dans des thermos fixés sur ses épaules, Fadel Abbas, 21 ans, propose la tasse à moins d'un euro aux passants
  • C'est surtout l'un des seuls espaces verts de Bagdad, métropole asphyxiée par le béton et la circulation

BAGDAD: En 2019, Fadel exigeait la "chute du régime" sur la place Tahrir de Bagdad avec des milliers d'autres Irakiens. Aujourd'hui, il y vend du café: l'épicentre de la contestation a renoué avec les embouteillages et s'est doté d'un espace pour flâneurs.

Des litres de café dans des thermos fixés sur ses épaules, Fadel Abbas, 21 ans, propose la tasse à moins d'un euro aux passants. Tous remarquent la cicatrice qui zèbre sa main gauche, souvenir de la violente répression des manifestations anti-pouvoir lancées en octobre 2019 dans tout l'Irak.

Plus de 600 personnes ont été tuées et des milliers d'autres blessées au cours de ce mouvement social inédit, où les manifestants dénonçaient la corruption, "l'incurie" des dirigeants et la "mainmise de l'Iran" dans les affaires irakiennes.

Fadel était aux premières loges sur la place Tahrir (Libération, en arabe), emblématique rond-point construit en 1937 où convergent encore aujourd'hui les grands boulevards de la rive orientale du Tigre.

C'est là qu'en 2019 se rassemblaient les dizaines de milliers de manifestants, scandant des slogans inspirés du Printemps arabe, comme le célèbre "Le peuple veut la chute du régime".

"Ici, de nombreuses personnes ont été blessées et tuées, des jeunes hommes, des jeunes femmes, des médecins", se remémore Fadel. "Nous ne faisions que réclamer nos droits".

Ali Ryad, 29 ans, a lui aussi participé au mouvement. Il pointe le Tigre, qui coule le long de Tahrir. "Même les ponts ont été témoins du sang versé", dit-il.

Trois ans plus tard, le panorama n'a plus rien à voir.

«Lieu de joie»

La vague de manifestations s'est progressivement éteinte début 2020 au moment où des restrictions liées à la pandémie de coronavirus entraient en vigueur. Et les autorités ont décidé de rénover la place Tahrir.

Après des travaux titanesques entrepris sous la supervision de l'ex-Premier ministre Moustafa al-Kazimi et de la municipalité de Bagdad, le photogénique Monument de la Liberté célébrant la révolution irakienne de 1958 est de nouveau visible depuis mi-octobre sur un trottoir de la place Tahrir.

Derrière ce monument inauguré en 1961, la longue promenade auparavant à l'abandon a été fleurie, pavée et des palmiers ont été plantés.

"La municipalité compte organiser des activités pour la jeunesse dans ces jardins", explique Abdel Moneim al-Issaoui, chef-adjoint des relations médias à la mairie. Et d'égréner la liste des expositions, bazars et concerts prévus.

L'écrivaine Souad al-Gohary et son équipe de cyclistes mixte se prennent en photo sous le Monument de la Liberté "parce que nous voulons que ce lieu où des martyrs sont tombés devienne un lieu de joie".

Anastasia, une touriste russe de 32 ans, flâne sur l'esplanade derrière le monument. "Ce jardin est magnifique, il y a de l'espace, des fleurs. On peut s'y promener. C'est un peu européen", dit-elle.

«Restaurant turc»

C'est surtout l'un des seuls espaces verts de Bagdad, métropole asphyxiée par le béton et la circulation. Ses huit millions d'habitants n'ont qu'un seul grand parc public à leur disposition, le parc Zawraa... où l'entrée est payante.

Au centre de la place Tahrir, les véhicules circulent autour du rond-point dans un tintamarre qui ne se calme qu'à la nuit tombée, sous le regard de caméras de surveillance et de policiers.

Car, si elles sont très loin de ressembler aux marées humaines de fin 2019, des manifestations y ont toujours lieu. Parfois, une poignée de jeunes diplômés réclame des emplois, parfois des sympathisants du leader religieux chiite Moqtada Sadr battent le pavé.

Mais à tous, un bâtiment rappelle la contestation de 2019. Avec ses allures de vaisseau fantôme, le "restaurant turc", plus grand immeuble de la place Tahrir, trône comme un symbole du soulèvement, lorsque les manifestants en avaient fait leur quartier général.

Depuis, il n'a pas été rénové et les forces de l'ordre surveillent que personne n'y pénètre. Sur ses murs, les graffitis appelant à la "Thaoura" (Révolution) subissent les lents outrages du temps.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Short Url
  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.

 

 


Israël a ordonné à son armée de frapper la banlieue sud de Beyrouth

Des voitures endommagées et les décombres d'un bâtiment détruit sont visibles sur le site d'une frappe israélienne dans la ville de Tyr, au sud du Liban, le 31 mai 2026. (AFP)
Des voitures endommagées et les décombres d'un bâtiment détruit sont visibles sur le site d'une frappe israélienne dans la ville de Tyr, au sud du Liban, le 31 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah soutenu par l'Iran
  • Tel-Aviv avait auparavant étendu ses opérations dans le sud du Liban

JERUSALEM: L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah soutenu par l'Iran, après avoir étendu ses opérations dans le sud du Liban.

"A la lumière des violations répétées du cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste Hezbollah et des attaques contre nos villes et nos citoyens, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et le ministre de la Défense, Israël Katz, ont ordonné à Tsahal (l'armée, NDLR) de frapper des cibles terroristes" dans la banlieue sud de Beyrouth, indique un communiqué officiel.


L'armée du Koweït dit faire face à une attaque de missiles et drones

L'armée du Koweït a annoncé lundi faire face à une "attaque hostile" de missiles et drones, la deuxième en moins d'une semaine visant cette monarchie du Golfe. (AN)
L'armée du Koweït a annoncé lundi faire face à une "attaque hostile" de missiles et drones, la deuxième en moins d'une semaine visant cette monarchie du Golfe. (AN)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé lundi avoir ciblé une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire
  • "Tout bruit d'explosion résulte des systèmes de défense anti-aérienne interceptant ces attaques hostiles", a précisé l'armée sur X, sans en préciser l'origine

KOWEIT: L'armée du Koweït a annoncé lundi faire face à une "attaque hostile" de missiles et drones, la deuxième en moins d'une semaine visant cette monarchie du Golfe.

"Tout bruit d'explosion résulte des systèmes de défense anti-aérienne interceptant ces attaques hostiles", a précisé l'armée sur X, sans en préciser l'origine.

Jeudi, le Koweït avait fait état d'une attaque similaire qu'il avait ensuite attribuée à l'Iran, où les Gardiens de la Révolution avaient indiqué avoir visé une base américaine en représailles à de nouvelles frappes des Etats-Unis sur son territoire.