Retraites: Le Sénat vote une réforme et presse le gouvernement

Ce qui est mis sur la table est "un bon compromis" (Photo, AFP).
Ce qui est mis sur la table est "un bon compromis" (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 13 novembre 2022

Retraites: Le Sénat vote une réforme et presse le gouvernement

  • Le gouvernement ne retiendra in fine certainement pas cet amendement
  • Les sénateurs ont achevé en fin de journée la première lecture du projet de budget de la Sécu

PARIS: Coup de pression sur l'exécutif: le Sénat, dominé par la droite, a voté samedi une réforme des retraites prévoyant de relever l'âge légal à 64 ans, mais le gouvernement privilégie la concertation en cours, en vue de sa propre réforme début 2023.

C'est "un marronnier", ont convenu les sénateurs: le rapporteur de la branche vieillesse René-Paul Savary (LR) a présenté un amendement au projet de budget 2023 de la Sécu prévoyant un mécanisme de réforme, validé par 195 voix pour, 130 contre et 19 abstentions.

Il propose dans un premier temps la mise en place d'une "convention nationale" chargée de formuler des mesures pour un retour à l'équilibre, tout en prenant en compte pénibilité, carrières longues et emploi des seniors.

En cas d'échec, il prévoit une accélération de la réforme Touraine allongeant la durée de cotisation, et le report de 62 à 64 ans de l'âge légal de départ à la retraite à compter de la génération 1967.

Emmanuel Macron s'est dit "ouvert" fin octobre à cette combinaison, après avoir proposé 65 ans lors de sa campagne présidentielle.

Saluant la "cohérence" de M. Savary d'une année à l'autre, le ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe a assuré le rejoindre "sur les objectifs". Mais "nous avons fait le choix de la concertation et d'un projet de loi en janvier, pas d'une mesure dans un projet de loi de financement de la Sécurité sociale", lui a-t-il opposé. La question avait été tranchée à l’Élysée fin septembre.

«Message»

Le groupe RDPI à majorité Renaissance est venu en appui du ministre, en soulignant que "même la CGT revient à la table des discussions, les choses avancent" avec le gouvernement, qui a ouvert la concertation début octobre avec syndicats et patronat.

Mais "il est temps d'agir" au vu du "déficit de la branche vieillesse tellement important", a martelé la rapporteure générale Elisabeth Doineau.

Ce qui est mis sur la table est "un bon compromis", a vanté à l'AFP Hervé Marseille, président du groupe Union centriste allié de la majorité sénatoriale.

Quelques centristes se sont cependant abstenus, comme Jean-Marie Vanlerenberghe (MoDem) qui considère que l'amendement va "un peu loin" et qu'"il faut que cette réforme soit acceptée socialement et politiquement".

La gauche s'est prononcée contre, en jugeant qu'"il n'y a pas de danger sur l'avenir du système" selon communistes et écologistes, et que la réforme proposée serait "d'une injustice incroyable" pour ceux proches de la retraite, d'après les socialistes.

Le gouvernement ne retiendra in fine certainement pas cet amendement, en utilisant l'article 49.3 de la Constitution devant l'Assemblée nationale.

"Nous ne nous faisons pas d'illusion", a admis Philippe Mouiller (LR). "Nous avions besoin de ce message politique" et "à partir de notre position, nous sommes prêts à discuter", a-t-il lancé au ministre.

Privé de majorité absolue à l'Assemblée, le gouvernement va rechercher les voix des LR pour faire passer sa réforme. Ces parlementaires ne se sont pas rendus mercredi à un bilan d'étape de la concertation fait par le ministre du Travail Olivier Dussopt, mais ont marqué le coup samedi.

Fraude 

"Après l’échec de la réforme Macron du premier quinquennat, les atermoiements constants du gouvernement sur ce sujet traduisent son immense difficulté à réformer", a relevé le patron du groupe LR Bruno Retailleau dans un communiqué.

Les sénateurs ont achevé en fin de journée la première lecture du projet de budget de la Sécu, avant son vote global mardi.

Dans la dernière ligne droite, ils ont avancé de six mois une mesure de lutte contre la fraude, au 1er juillet 2023, date à partir de laquelle les allocations hors retraites ne pourront plus être versées sur des comptes bancaires non-européens.

Le ministre des Comptes publics Gabriel Attal n'y a pas été défavorable et a annoncé vouloir dans les prochaines semaines "mettre en place un comité indépendant d’évaluation de la fraude aux prestations sociales".

Mais le Sénat a donné un dernier coup de semonce: il a rejeté l'objectif national de dépenses d'assurance maladie pour 2023 (Ondam), proposé à 244 milliards d'euros. Cet objectif n'est "ni crédible, ni sincère", a étrillé la rapporteure pour ce volet Corinne Imbert (LR), à l'heure des difficultés de l'hôpital.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.