Etats-Unis: les anti-OGM contre les semences adaptées au changement climatique

Des militants de Greenpeace jettent du maïs lors d'une action de protestation contre les nouveaux OGM pendant le 58e Salon international de l'agriculture, au parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris, le 27 février 2022. (Photo de Geoffroy Van Der Hasselt / AFP)
Des militants de Greenpeace jettent du maïs lors d'une action de protestation contre les nouveaux OGM pendant le 58e Salon international de l'agriculture, au parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris, le 27 février 2022. (Photo de Geoffroy Van Der Hasselt / AFP)
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Publié le Dimanche 13 novembre 2022

Etats-Unis: les anti-OGM contre les semences adaptées au changement climatique

  • Plusieurs organisations militant pour une approche prudente des OGM critiquent les conséquences de leur adoption à grande échelle et mettent en avant des doutes persistants sur leur innocuité
  • Les ouragans se multiplient et la hausse des températures fait apparaître de nouveaux champignons et autres nuisibles, font valoir les promoteurs des OGM

NEW YORK : Avec les semences génétiquement modifiées pour résister à la sécheresse, à la chaleur ou aux inondations, les multinationales présentent leurs innovations comme un outil dans la lutte contre le changement climatique. Sans convaincre les traditionnels opposants aux OGM aux Etats-Unis.

«Je ne vois pas pourquoi on devrait faire évoluer nos points de vue quand les compagnies continuent à faire la même chose» en promouvant des produits néfastes à l'environnement, résume Bill Freese, du Centre pour la sécurité alimentaire.

Les semences adaptées au climat local, obtenues par sélection ou croisement, existent depuis longtemps et ont prouvé leur efficacité.

Mais Bayer (Monsanto), Corteva ou Syngenta mettent en avant les progrès effectués en biotechnologie pour permettre de développer plus rapidement des produits avec de meilleurs rendements dans des conditions de sécheresse aiguë ou d'inondations.

«La tolérance à la sécheresse est une caractéristique complexe impliquant de nombreux gènes. En conséquence, la capacité à développer (cette caractéristique) avec les méthodes traditionnelles de sélection, comme les croisements, est limitée», remarque ainsi auprès de l'AFP un porte-parole de Bayer.

Corteva a aussi indiqué vouloir «accélérer l'application des nouvelles technologies de sélection, comme l'édition génétique, pour explorer encore plus et tirer avantage de la diversité génétique qui existe déjà dans l'ADN des plantes».

Des progrès particulièrement utiles alors que les sécheresses s'intensifient, que les ouragans se multiplient et que la hausse des températures fait apparaître de nouveaux champignons et autres nuisibles, font valoir les promoteurs des OGM.

En juillet, le Forum économique mondial a aussi mis en avant sur son site les potentialités de modifications génétiques pouvant cette fois-ci conduire à des plantes émettant moins de dioxyde de carbone, voire capturant du CO2.

- Pas d'opposition systématique -

Contactées par l'AFP, plusieurs organisations militant pour une approche prudente des OGM se défendent toutefois de toute opposition systématique aux nouvelles technologies.

Mais elles critiquent les conséquences de leur adoption à grande échelle et mettent en avant des doutes persistants sur leur innocuité. Elles promeuvent plutôt des méthodes de culture plus respectueuses de l'environnement.

«Combien de fois avons-nous lu qu'on ne pourra pas nourrir le monde en 2050 sans les OGM?», remarque Bill Freese. Augmenter suffisamment les rendements des plantes pour alimenter 10 milliards d'habitants ne pourra se faire qu'avec des OGM, affirment en effet leurs partisans.

«C'est un écran de fumée particulièrement efficace soufflé par les conglomérats des pesticides pour donner bonne figure à cette nouvelle technologie» et augmenter leurs ventes, estime M. Freese.

Rien ne démontre la supériorité des OGM sur leurs équivalents conventionnels, assurent les réticents.

Les deux camps brandissent des études scientifiques allant dans leur sens.

Plus de 90% du soja, du coton et du maïs cultivés aux Etats-Unis, sont désormais génétiquement modifiés pour résister aux herbicides et/ou aux insectes. Cela réduit le besoin en main-d'oeuvre, raison pour laquelle les agriculteurs américains les plébiscitent malgré leurs prix plus élevés.

Du maïs adapté à la sécheresse est commercialisé depuis 2011 aux Etats-Unis. Que cette caractéristique ait été développée par méthode traditionnelle ou par modification génétique, elle est combinée dans la vaste majorité des cas aux OGM résistants aux herbicides ou aux insectes.

Des compagnies «nous disent depuis les années 1970 que les OGM vont être plus nutritifs, vont permettre de diminuer le niveau d'azote, et vont résister à toutes les conditions. Mais qu'est-ce qu'on a vu? Principalement des OGM permettant l'utilisation massive des herbicides», déplore Michael Hansen, de l'association de protection des consommateurs Consumer Reports.

Or «les OGM vont de pair avec des produits chimiques agressifs qui perpétuent la pollution par les pesticides, qui dégradent les populations d'insectes, la santé des sols, la qualité de l'eau et la santé des gens», affirme Dana Perls, de l'ONG Les Amis de la Terre.

«Même si nous avons fait des avancées incroyables dans la cartographie et la manipulation du matériel génétique, nous sommes encore assez limités dans notre compréhension du fonctionnement» de tous les organismes et il est à cet égard essentiel d'adopter le principe de précaution, avance-t-elle par ailleurs.

Utiliser des OGM pour leur résistance à la sécheresse sans prendre avant tout en compte la qualité des sols témoigne par ailleurs d'une vision court-termiste, estime pour sa part Andrew Smith, de l'Institut Rodale, qui promeut une agriculture bio.

Adopter des pratiques d'agriculture dite régénérative, comme la rotation des cultures ou la réduction des labours, permet par exemple au sol de séquestrer plus de carbone et de retenir plus d'eau, remarque-t-il. «C'est une stratégie pour lutter contre le changement climatique».


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.