Session spéciale sur l'Iran du Conseil des droits de l'homme de l'ONU le 24 novembre

Au moins 326 personnes ont été tuées lors de la répression des manifestations, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée à Oslo. (WANA via Reuters)
Au moins 326 personnes ont été tuées lors de la répression des manifestations, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée à Oslo. (WANA via Reuters)
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Publié le Lundi 14 novembre 2022

Session spéciale sur l'Iran du Conseil des droits de l'homme de l'ONU le 24 novembre

Au moins 326 personnes ont été tuées lors de la répression des manifestations, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée à Oslo. (WANA via Reuters)
  • Le Conseil a indiqué qu'une session spéciale consacrée à «la détérioration de la situation des droits humains» en Iran serait organisée le 24 novembre à Genève
  • Le soutien de 16 des 47 Etats membres du Conseil des droits de l'Homme - plus d'un tiers - est nécessaire pour convoquer une session spéciale en plus des trois sessions régulières organisées chaque année

GENÈVE: Le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies a annoncé lundi qu'il tiendrait une session d'urgence le 24 novembre sur la situation en Iran, lors de laquelle sera proposée l'ouverture d'une enquête internationale sur la répression sanglante des manifestations secouant le pays. 

Le Conseil a indiqué qu'une session spéciale consacrée à "la détérioration de la situation des droits humains" en Iran serait organisée le 24 novembre à Genève. 

Cette décision a été prise après une requête en ce sens vendredi soir des ambassadeurs d'Allemagne et d'Islande aux Nations unies à Genève. 

Le soutien de 16 des 47 Etats membres du Conseil des droits de l'Homme - plus d'un tiers - est nécessaire pour convoquer une session spéciale en plus des trois sessions régulières organisées chaque année. 

Pour le moment, 44 pays, dont 17 membres du Conseil, ont approuvé la demande germano-islandaise, selon l'instance. 

Cette initiative fait suite à huit semaines de manifestations en Iran, déclenchées par la mort de Mahsa Amini, 22 ans, après son arrestation pour avoir enfreint les règles vestimentaires très strictes, inspirées par la charia, qui s'appliquent aux femmes dans le pays. 

Dimanche, un tribunal de Téhéran a condamné à mort pour la première fois une personne accusée d'avoir participé "aux émeutes". 

Au moins 326 personnes ont été tuées lors de la répression des manifestations, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée à Oslo. Les protestations ont évolué en un vaste mouvement contre la théocratie qui dirige l'Iran depuis la chute du shah en 1979. 

Des milliers de manifestants pacifiques ont également été arrêtées, selon des experts en droits humains de l'ONU, dont de nombreuses femmes, des enfants, des avocats, des militants et des journalistes. 

Dans un projet de résolution que l'Allemagne et l'Islande doivent présenter avant la session spéciale, les deux pays demandent au Conseil d'ouvrir une enquête internationale de haut niveau pour enquêter sur toutes les accusations de violations des droits humains liées à la répression en Iran. 

Selon le texte, la mission internationale de recherche des faits devrait également se pencher sur "l'aspect genré de ces violations". 

Le projet de résolution, qui pourrait encore changer, demande aux enquêteurs de "collecter, centraliser et analyser les preuves de violations de ce genre, et de préserver les preuves", en prévision d'une "coopération avec toute procédure judiciaire future dans des cours ou tribunaux nationaux, régionaux ou internationaux". 

Le texte appelle Téhéran à "coopérer pleinement" avec les enquêteurs, qui devront présenter un rapport oral au Conseil lors de sa session régulière de juin 2023, et un rapport complet en mars 2024. 

La session du 24 novembre sera la 35e session spéciale au Conseil des droits de l'homme des Nations unies depuis sa fondation en 2006, et la première consacrée à l'Iran. 


JO-2024: le CIO autorise la participation des Russes et Bélarusses sous bannière neutre

Cette photo prise le 14 août 2023 montre l'entrée du siège du Cojo de Paris 2024 à Saint-Denis, au nord de Paris. (Photo de BERTRAND GUAY / AFP)
Cette photo prise le 14 août 2023 montre l'entrée du siège du Cojo de Paris 2024 à Saint-Denis, au nord de Paris. (Photo de BERTRAND GUAY / AFP)
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  • La question est cruciale puisque la crainte de voir une délégation ukrainienne absente ou très affaiblie à Paris a longtemps inquiété l'instance olympique
  • Après avoir banni Russes et Bélarusses du sport mondial fin février 2022, dans la foulée de l'invasion russe de l'Ukraine, le CIO a donc raisonné en deux temps pour organiser leur retour

LAUSANNE: Le Comité international olympique a autorisé vendredi les sportifs russes et bélarusses à participer sous bannière neutre aux JO-2024 de Paris, hors épreuves par équipes et pour peu qu'ils n'aient pas activement soutenu l'invasion russe de l'Ukraine.

Seuls onze "athlètes individuels neutres" se sont pour l'instant qualifiés pour la compétition, soit huit Russes et trois Bélarusses, a précisé le CIO dans un communiqué, contre une soixantaine de sportifs ukrainiens.

La question est cruciale puisque la crainte de voir une délégation ukrainienne absente ou très affaiblie à Paris a longtemps inquiété l'instance olympique, et aurait rendu politiquement plus délicate encore la présence de sportifs russes, même sans hymne ni drapeau.

Après avoir banni Russes et Bélarusses du sport mondial fin février 2022, dans la foulée de l'invasion russe de l'Ukraine, le CIO a donc raisonné en deux temps pour organiser leur retour, expliquant à maintes reprises que les sportifs ne devaient pas "payer" pour les actions de leur gouvernement.

En mars dernier, l'organisation olympique a d'abord recommandé aux fédérations internationales de réintégrer les Russes et Bélarusses sous bannière neutre à leurs compétitions, tout en repoussant "à un moment approprié" sa décision sur les JO-2024 de Paris comme sur les JO-2026 de Milan-Cortina.

L'instance olympique s'est donné le temps d'évaluer le déroulement des compétitions, jugé globalement satisfaisant, et de voir évoluer la position du gouvernement ukrainien, qui a d'abord imposé à ses sportifs de boycotter tout événement impliquant des Russes avant d'assouplir sa position cet été.

Par ailleurs, si les fédérations internationales ont suivi cette recommandation en ordre dispersé - l'athlétisme en particulier refuse toujours de réintégrer les Russes -, le 12e Sommet olympique organisé mardi à Lausanne a débouché sur un signal clair du monde sportif.

Les représentants des fédérations internationales, des 206 comités nationaux olympiques et des athlètes ont tous réclamé une décision "rapide", pour permettre la présence à Paris du petit nombre de sportifs russes et bélarusses qui ont pu franchir l'obstacle des qualifications.


Poutine annonce se présenter à la présidentielle russe de mars 2024

Après une année 2022 marquée par des revers sur le front des combats et une volée de sanctions occidentales, Vladimir Poutine apparaît fin 2023 en meilleure posture. (AFP)
Après une année 2022 marquée par des revers sur le front des combats et une volée de sanctions occidentales, Vladimir Poutine apparaît fin 2023 en meilleure posture. (AFP)
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  • Le chef de l'Etat russe, qu'une révision constitutionnelle de 2020 autorise à être candidat encore en 2024 et 2030, peut théoriquement se maintenir au Kremlin jusqu'en 2036, l'année de ses 84 ans
  • M. Poutine s'exprimait au Kremlin à l'occasion d'un échange avec des combattants en uniforme, la mère d'un soldat tué en Ukraine, une médecin et un ouvrier d'une mine à qui il venait de remettre des décorations

MOSCOU: Pas "d'autre choix" : Vladimir Poutine a annoncé être candidat pour un cinquième mandat à la présidentielle du 17 mars en Russie, sa réélection faisant peu de doute après près d'un quart de siècle au pouvoir et la répression de l'opposition.

Le chef de l'Etat russe, qu'une révision constitutionnelle de 2020 autorise à être candidat encore en 2024 et 2030, peut théoriquement se maintenir au Kremlin jusqu'en 2036, l'année de ses 84 ans.

"A une autre époque, j'ai eu d'autres pensées concernant cette question. Mais je comprends qu'aujourd'hui il n'y a pas d'autre choix possible. Je vais donc me présenter au poste de président de la Russie", a déclaré l'intéressé, âgé de 71 ans.

M. Poutine s'exprimait au Kremlin à l'occasion d'un échange avec des combattants en uniforme, la mère d'un soldat tué en Ukraine, une médecin et un ouvrier d'une mine à qui il venait de remettre des décorations, pendant une cérémonie télévisée.

Fait inhabituel, l'annonce avait été faite aux médias russes quelques minutes plus tôt par un participant à cette réunion, Artiom Joga, un combattant et membre du Parlement local russe à Donetsk, une ville occupée de l'est de l'Ukraine.

"La candidature est chargée de symboles : des héros, des "pères du Donbass" (un territoire ukrainien revendiqué par Moscou, NDLR) veulent voir Poutine à nouveau président.... Poutine a choisi la guerre, la guerre choisit Poutine", a commenté sur Telegram l'analyste Tatiana Stanovaïa.

"Il ne s'agit pas tant de prospérer que de survivre", a-t-elle ajouté, estimant que cette annonce, se voulant informelle, visait à donner l'image d'un "Poutine modeste, occupé par (le règlement) de vraies questions".

Posture favorable 

Le président de la chambre basse du Parlement, Viatcheslav Volodine, a réagi sur Telegram en insistant sur les "qualités uniques" de Vladimir Poutine, tandis que pour son homologue à la chambre haute, Valentina Matvienko, le chef de l'Etat "ne fuira jamais ses responsabilités".

Aucun détracteur du Kremlin ne devrait être en mesure de se présenter au scrutin, les autorités écrasant depuis des années l'opposition. Cette répression s'est accélérée avec l'offensive en Ukraine.

L'élection se déroulera du 15 au 17 mars, peu après le deuxième anniversaire du déclenchement de l'attaque contre l'Ukraine, toujours en cours, et à la veille du dixième anniversaire de l'annexion par la Russie, en 2014, d'un premier territoire ukrainien, la péninsule de Crimée.

L'élection aura d'ailleurs lieu dans les régions ukrainiennes occupées par la Russie, où la loi martiale est actuellement en vigueur.

Après une année 2022 marquée par des revers sur le front des combats et une volée de sanctions occidentales, Vladimir Poutine apparaît fin 2023 en meilleure posture avec l'échec de la contre-offensive entamée cet été par l'Ukraine, l'effritement du soutien européen et américain à Kiev et le redressement de l'économie nationale.

La quasi-totalité des opposants d'envergure, à l'exemple du militant anticorruption Alexeï Navalny, ont été jetés en prison ou poussés à l'exil.

Aucun concurrent 

La Commission électorale russe a annoncé vendredi que le scrutin se déroulerait sur trois jours, une pratique instaurée pendant la pandémie de Covid-19 mais dénoncée par l'opposition comme étant un moyen de faciliter les fraudes et d'obtenir les résultats attendus par le pouvoir.

M. Poutine a été président de 2000 à 2008 et l'est de nouveau depuis 2012. Touché par la limite du nombre des mandats, il avait cédé le Kremlin de 2008 à 2012 à un allié, Dmitri Medvedev, mais était resté en tant que Premier ministre l'homme fort de la Russie.

Né en 1952 à Léningrad (redevenue Saint-Pétersbourg), il a d'abord eu une carrière d'agent du KGB, les services secrets soviétiques, notamment en Allemagne de l'Est, avant de rentrer en Russie à la dislocation de l'URSS.

Il a commencé son parcours politique à la mairie de Saint-Pétersbourg, avant de rapidement rejoindre le Kremlin et d'y gravir les échelons en cultivant l'image d'un homme efficace, en plein tumulte des années 1990 en Russie.

Désigné Premier ministre, puis succédant à Boris Eltsine après sa démission le 31 décembre 1999, Vladimir Poutine a progressivement redressé l'économie grâce à la manne des hydrocarbures et mis au pas son pays, en démontant les acquis démocratiques des années 1990 et prônant une politique de puissance nostalgique de l'URSS, de plus en plus conservatrice et anti-occidentale.

Il a livré ou soutenu quatre guerres depuis son arrivée au pouvoir : la seconde guerre de Tchétchénie (1999-2009), l'invasion d'une partie de la Géorgie (2008), l'intervention en Syrie (2015) et les attaques contre l'Ukraine, d'abord en 2014, puis en 2022.


UE: le Premier ministre hongrois contre des négociations d'adhésion avec l'Ukraine

Le président français Emmanuel Macron accueille le Premier ministre hongrois Viktor Orban à l'Elysée présidentielle à Paris, le 7 décembre 2023. (Photo de Ludovic MARIN / AFP)
Le président français Emmanuel Macron accueille le Premier ministre hongrois Viktor Orban à l'Elysée présidentielle à Paris, le 7 décembre 2023. (Photo de Ludovic MARIN / AFP)
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  • Viktor Orban est revenu sur la réforme de l'asile actuellement en discussions à l'UE
  • «En Hongrie, il n'y a aucun migrant, et j'en suis fier», s'enorgueillit le Premier ministre hongrois

PARIS: Le Premier ministre hongrois Viktor Orban reste farouchement opposé à des négociations d'adhésion de l'Union européenne avec l'Ukraine, arguant que le pays est gangrené par la corruption et représente une menace pour l'agriculture européenne.

"L'Ukraine est connue pour être l'un des pays les plus corrompus du monde. C'est une plaisanterie ! Nous ne pouvons pas prendre la décision d'entamer un processus de négociation d'adhésion", fait valoir M. Orban, dans un entretien avec l'hebdomadaire Le Point publié vendredi à quelques jours d'un Conseil européen qui doit aborder le sujet.

En outre, il met en garde les Français sur "ce que signifierait économiquement cette adhésion pour la France".

"Chaque année, il vous faudra verser au budget commun de l'Union plus de 3,5 milliards d'euros supplémentaires", dit-il.

Et de souligner l'importance de l'agriculture de l'Ukraine. "Si vous laissez cette agriculture entrer dans le système agricole européen, elle le détruira le lendemain", assure-t-il.

Le Premier ministre, qui a rencontré jeudi soir le président français Emmanuel Macron, explique par ailleurs que sa position est inflexible car "plus des deux tiers de l'opinion publique hongroise sont opposés à l'ouverture de toute négociation".

Mais "l'Ukraine est en difficulté", reconnaît-il car "elle subit l'invasion russe" et il est "légitime que l'ensemble du Conseil européen (lui) envoie de bons signaux", tel qu'un "partenariat stratégique" avec l'UE plutôt que des négociations pour une adhésion.

"Lorsque nous parviendrons (...) à rapprocher l'Ukraine de l'Europe, dans plusieurs années, nous verrons alors", a-t-il également confié avant son entretien avec Emmanuel Macron jeudi, sur lequel l'Elysée n'a pas communiqué.

Viktor Orban est par ailleurs revenu sur la réforme de l'asile actuellement en discussions à l'UE.

Elle "est peut-être meilleure que la précédente, mais ce n'est pas une solution", estime-t-il. "La solution ultime est que personne ne puisse entrer sur le territoire européen sans obtenir l'autorisation d'une autorité basée sur une procédure".

"Je suis le seul à avoir construit une clôture, s'enorgueillit le Premier ministre hongrois. En Hongrie, il n'y a aucun migrant, et j'en suis fier."

Et d'ajouter : "Si vous pensez qu'accepter les migrants aboutirait à quelque chose d'agréable, à une nouvelle société, à quelque chose de moralement plus élevé que la société traditionnelle, faites-le. C'est votre choix. Mais nous, Hongrois, nous pensons que c'est trop risqué."