Maghreb: l’internationalisation des entreprises tunisiennes

Des employés de la chaîne tunisienne de pâtisseries « Gourmandise » travaillent dans leur boutique le 5 septembre 2022. (AFP)
Des employés de la chaîne tunisienne de pâtisseries « Gourmandise » travaillent dans leur boutique le 5 septembre 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 16 novembre 2022

Maghreb: l’internationalisation des entreprises tunisiennes

  • Malgré les restrictions en matière de transferts de capitaux à l’étranger, on compte aujourd’hui plusieurs dizaines d’entreprises à capitaux tunisiens hors de Tunisie
  • Au Maroc, on ne comptait en 2008 que sept entreprises à capitaux majoritairement tunisiens

TUNIS: Malgré les restrictions en matière de transferts de capitaux à l’étranger, on compte aujourd’hui plusieurs dizaines d’entreprises à capitaux tunisiens hors de Tunisie.

En raison de l’exiguïté du marché tunisien, s’internationaliser n’est pas un choix, mais une obligation pour l’entreprise tunisienne. Les investissements tunisiens à l’étranger sont en constante augmentation, malgré les contraintes – y compris en France, où la Tunisie a été désignée premier investisseur africain en 2021.

Toutefois, c’est au Maghreb que les investissements tunisiens sont les plus nombreux. On en compterait près de cent cinquante en Algérie pour un investissement total estimé à 150 millions d’euros.

Le choix d’investir
En réalité, investir en Algérie répond davantage à une nécessité qu’à un choix. «Essayez d’exporter en Algérie, vous ne pourrez pas. On vous dit: “Si vous voulez exporter, venez investir”», témoigne Tarak Chérif, président de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect), lors du séminaire sur l’Internationalisation des PME tunisiennes organisé par ce syndicat patronal le 1er novembre dernier.

Plus ancienne, la ruée des Tunisiens vers la Libye est aussi plus importante. Les investissements tunisiens dans ce pays sont estimés à 1,5 milliard de dollars (1 dollar = 0,97 euro). En outre, la Libye est le plus important partenaire commercial et économique de la Tunisie au Maghreb. Avant 2011, les échanges entre les deux pays culminaient à 3,5 milliards de dinars (1 dinar tunisien = 0,31 euro), puis ils ont baissé fortement en raison de la guerre civile en Libye, jusqu’à atteindre 900 millions de dinars en 2018.

Plus ancienne, la ruée des Tunisiens vers la Libye est aussi plus importante. Les investissements tunisiens dans ce pays sont estimés à 1,5 milliard de dollars.

Au Maroc, on ne comptait en 2008 que sept entreprises à capitaux majoritairement tunisiens. Pour la plupart, comme presque partout ailleurs, il s’agit de filiales de grands groupes. Toutefois, leur nombre aurait fortement augmenté en raison de l’instabilité que connaît la Tunisie après la chute du régime Ben Ali, le 14 janvier 2011. Cet événement a poussé un bon nombre d’investisseurs à quitter le pays ou à mettre une partie de leurs œufs dans d’autres paniers.

En 2013, une lettre d’informations confidentielles (Maghreb Intelligence) affirmait que mille deux cents hommes d’affaires tunisiens avaient mis le cap sur le royaume chérifien. En 2021, les réseaux sociaux s’étaient fait l’écho de la fuite de cent cinquante entreprises tunisiennes au Maroc, mais l’information avait été démentie par l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), la centrale patronale historique.

Présence en Chine
Les entreprises tunisiennes sont également présentes en Chine. D’après une source chinoise (le Livre blanc sur la coopération économique et commerciale sino-africaine, publié en décembre 2010), la Tunisie figurait déjà en 2010 parmi les plus importants investisseurs africains dans ce pays. Poulina Group Holding (PGH) y détient trois sociétés. Ce groupe, fondé en 1967 par feu Abdelwahab ben Ayed, est le plus important investisseur tunisien à l’étranger, avec un total de vingt-quatre filiales – dont les deux tiers au Maghreb.

Les entreprises tunisiennes, qui espéraient un assouplissement de la réglementation sur les transferts de capitaux en vue d’investissements à l’étranger, vont devoir encore patienter. En effet, comme l’a rappelé le représentant de la Société financière internationale (SFI), le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi,
avait annoncé en mai dernier une nouvelle mouture assouplie du code des changes qui devait entrer en vigueur en juillet, mais il n’a pas tenu parole.

En attendant, les investisseurs peuvent se consoler en utilisant les facilités que la SFI a mises à leur disposition. En effet, le ministère de l’Économie et de la Planification, Samir Saïed, a annoncé lors du séminaire sur l’internationalisation des PME tunisiennes que cette filiale de la Banque mondiale avait accepté que ses représentations aux quatre coins du monde servent de point de relais aux entreprises tunisiennes.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.