Un sommet de la Francophonie aux accents économiques en Tunisie

Candidate unique à sa succession, la Rwandaise Louise Mushikiwabo est assurée d'être réélue pour un nouveau mandat de quatre ans comme secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (Photo, AFP).
Candidate unique à sa succession, la Rwandaise Louise Mushikiwabo est assurée d'être réélue pour un nouveau mandat de quatre ans comme secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 17 novembre 2022

Un sommet de la Francophonie aux accents économiques en Tunisie

  • Ce 18e sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), sur l'île de Djerba, célèbrera les cinquante ans d'une organisation de 88 membres
  • La tenue de ce sommet est «un succès» pour Kais Saied car elle va "le sortir de son isolement au moins temporairement", selon le politologue français Vincent Geisser

TUNIS: Une trentaine de dirigeants, dont le Français Emmanuel Macron et le Canadien Justin Trudeau, se réunissent ce weekend en Tunisie pour le sommet de la Francophonie, "un succès" diplomatique pour le président Kais Saied, seize mois après son coup de force.

Ce 18e sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), sur l'île de Djerba, célèbrera les cinquante ans d'une organisation de 88 membres dont la Tunisie fut l'un des pays fondateurs sous son président Habib Bourguiba, aux côtés du Sénégalais Léopold Sedar Senghor, du Nigérien Hamani Diori et du prince Norodom Sihanouk du Cambodge.

Candidate unique à sa succession, la Rwandaise Louise Mushikiwabo est assurée d'être réélue pour un nouveau mandat de quatre ans comme secrétaire générale de l'OIF, un espace de 321 millions de francophones amené à doubler d'ici 2050, essentiellement grâce à l'Afrique.

Face à des voix critiques, comme celle de l'écrivain sénégalais Amadou Lamine Sall qui a évoqué, dans une récente tribune, une francophonie "invisible" et "inaudible" à l'international, Mme Mushikiwabo a jugé son organisation "plus pertinente que jamais", dans un entretien avec l'AFP.

"La francophonie se porte bien", selon elle. Et bien que l'OIF soit "une organisation modeste" (son budget ne dépasse pas les 100 millions d'euros), elle "peut apporter une petite plus-value" à "la plupart des problèmes du monde", aussi bien politiques qu'économiques.

Selon de hauts responsables du Canada, poids lourd de la Francophonie, l'organisation "peut être une force positive" sur des thématiques mondiales comme "la paix, la prospérité économique et la consolidation de la démocratie".

Mais ces responsables ont reconnu des "inquiétudes" pour "la participation démocratique" en Tunisie depuis que le président Saied s'est emparé des pleins pouvoirs en juillet 2021, affirmant que le Canada s'en ferait l'écho lors du sommet.

La Tunisie accueille la rencontre après deux reports, le premier en 2020 en raison de la pandémie puis à l'automne 2021 après le coup de force de M. Saied qui a mis fin à une expérience démocratique unique dans le monde arabe.

«Francophonie économique»

La tenue de ce sommet est "un succès" pour Kais Saied car elle va "le sortir de son isolement au moins temporairement", selon le politologue français Vincent Geisser.

"C'est une sorte d'apaisement dans ses relations avec ses principaux partenaires occidentaux (...), il va utiliser cet évènement pour légitimer un tournant autoritaire fortement critiqué", dit-il.

89 délégations ont confirmé leur participation, dont 31 chefs d'Etat et de gouvernement et sept dirigeants d'organisations internationales et régionales, selon Tunis.

Ce sommet représente "une reconnaissance du rôle de la Tunisie dans l'espace francophone et de sa diplomatie au niveau régional et international" et une occasion de "renforcer la coopération économique", assure le coordinateur général du sommet Mohamed Trabelsi.

D'autres membres de l'OIF comme la province canadienne du Québec abordent le sommet comme un moyen d'"accroître (leur) présence en Afrique francophone où les occasions d'affaires se multiplient".

Le français est "la troisième langue d'affaires dans le monde et nous ouvre des portes, dans un contexte de diversification des marchés et des chaînes d'approvisionnement", explique la porte-parole de la Francophonie du Québec, Catherine Boucher.

Rappelant que l'idée d'une "francophonie économique" avait été défendue dès 2014 au sommet de l'OIF de Dakar, la ministre sénégalaise à la Francophonie Penda Mbow estime aussi qu'"on jugera les pays francophones sur leur capacité à réduire la fracture numérique au sein de leur société".

Le sommet, prolongé par un Forum économique jusqu'à lundi, a justement pour thèmes la connectivité et le numérique comme moteurs de développement.

Dakar espère aussi que le sommet permettra un "renouveau du multilatéralisme" qui est "partout en crise". "L'OIF, en remobilisant sa base, a une belle carte à jouer", assure Mme Mbow.

Même avis à Abidjan où le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, rappelle que "dans les missions de la Francophonie, il y a la promotion de la langue mais aussi d'autres dimensions qui peuvent toucher des questions politiques" ou la médiation de conflits.

Un optimisme tempéré par Alioune Tine, figure de la société civile sénégalaise. Pour lui, l'OIF s'est montrée "totalement impuissante, face à des élections frauduleuses, aux troisièmes mandats (de dirigeants africains, NDLR) et aux coups d'Etat militaires", au Mali, en Guinée, au Tchad et au Burkina Faso.


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.