Attentats de 2016 à Bruxelles: Première journée marathon pour désigner le jury

L'accusé Salah Abdeslam arrive à l'ouverture du procès contre les neuf djihadistes présumés accusés d'avoir participé aux attentats de mars 2016, à Bruxelles le 30 novembre 2022 (Photo, AFP).
L'accusé Salah Abdeslam arrive à l'ouverture du procès contre les neuf djihadistes présumés accusés d'avoir participé aux attentats de mars 2016, à Bruxelles le 30 novembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 01 décembre 2022

Attentats de 2016 à Bruxelles: Première journée marathon pour désigner le jury

  • La première journée a été entièrement consacrée à la constitution du jury populaire, un objectif atteint à l'issue d'une audience marathon
  • Quelque 600 citoyens belges avaient été convoqués comme jurés potentiels mercredi, et 200 d'entre eux ont obtenu d'être dispensés

BRUXELLES: Six ans et demi après les faits, le procès des attentats djihadistes de 2016 à Bruxelles s'est ouvert mercredi dans la capitale belge par la formation d'un jury de cour d'assises exceptionnellement fourni pour affronter de longs mois de débats.

Neuf hommes accusés de crimes terroristes, dont Salah Abdeslam, un millier de parties civiles, 36 jurés dont 24 suppléants pour pallier d'éventuelles absences chez les titulaires: ce procès est celui de la démesure à plusieurs titres.

La première journée a été entièrement consacrée à la constitution du jury populaire, un objectif atteint à l'issue d'une audience marathon de plus de douze heures, suspendue peu après 23H15 (22H15 GMT).

Quelque 600 citoyens belges avaient été convoqués comme jurés potentiels mercredi, et 200 d'entre eux ont obtenu d'être dispensés. Les 36 appelés à siéger n'ont été tirés au sort qu'après un long défilé à la barre pour que chaque dispensé se justifie.

Après ce passage obligé du procès d'assises, les débats commenceront lundi. La semaine sera marquée par la lecture prévue sur plusieurs jours de l'acte d'accusation, un document d'environ 500 pages. Le procès doit durer jusqu'en juin.

Le matin du 22 mars 2016, deux djihadistes s'étaient fait exploser dans le hall des départs de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, et un troisième une grosse heure plus tard dans une station de métro de la capitale belge, causant 32 morts et plusieurs centaines de blessés.

Ces attentats-suicides, revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), ont été perpétrés par la cellule djihadistes déjà à l'origine des attaques du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et Saint-Denis).

Ils surviennent quatre jours après l'arrestation - le 18 mars dans la commune bruxelloise de Molenbeek - de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos du 13 Novembre. Une interpellation qui précipite ce nouveau passage à l'acte du groupe.

«Électromécanicien»

"Abdeslam Salah, 33 ans, électromécanicien": le djihadiste français, pull noir et barbe fournie, s'est contenté de décliner poliment son identité à la cour, à l'ouverture de l'audience mercredi matin.

Une attitude qui contrastait avec celle de septembre 2021 au lancement du procès du 13-Novembre à Paris. "J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'Etat islamique", avait alors asséné Abdeslam, condamné en juin à la perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du code pénal français.

Mercredi matin, les neuf accusés attendus étaient tous présents, sept dans le box dont Abdeslam et deux comparaissant libres. Une dixième homme, Oussama Atar, dirigeant de la cellule, est jugé par défaut (comme à Paris) car il est présumé mort en Syrie.

Un seul accusé, le Suédois d'origine syrienne Osama Krayem, a refusé de se lever lors de l'appel et de prononcer le moindre mot à l'adresse de la cour.

Pendant de longues heures, face à des accusés impassibles, bavardant parfois l'un avec l'autre dans le box collectif, des dizaines de femmes et d'hommes, candidats-jurés, se sont succédé devant la cour pour appuyer leur demande de dispense.

"Je vais être opéré en mars", "je dois allaiter mon bébé de 8 mois", "j'ai déjà réservé mes vacances en Thaïlande": la plupart ont fait valoir des raisons médicales, familiales, parfois professionnelles.

Certains ont avancé des liens personnels avec tel avocat ou telle victime des attentats risquant d'affecter leur impartialité. Le cinéaste Joachim Lafosse a ainsi été dispensé. Même chose pour l'athlète Kevin Borlée.

Après "339" dispenses accordées avant le procès la présidente de la cour Laurence Massart en a délivré 200 autres mercredi.

«Abandonnées à leur sort»

A l'inverse de la France où ils sont soumis à une cour d'assises spéciale (uniquement composée de magistrats), les crimes "terroristes" sont encore jugés en Belgique par 12 citoyens tirés au sort pour assister trois magistrats professionnels.

Situation inédite en Belgique, permise par une loi récente: 36 sièges seront occupés dans leurs rangs, pour 12 jurés titulaires et 24 suppléants amenés à remplacer au pied levé toute absence.

Selon un calendrier prévisionnel, les accusés sont censés être interrogés sur les faits à partir du 19 décembre, les premiers témoignages de victimes étant attendus à la mi-janvier.

Proches de victimes décédées, personnes blessées ou souffrant de séquelles psychologiques: un millier de personnes se sont constituées parties civiles au procès pour réclamer la réparation d'un préjudice.

Plusieurs rescapés et témoins interrogés par l'AFP ont aussi décrit leur pénible combat pour obtenir des assurances la prise en charge des soins médicaux.

"Les victimes ont été abandonnées à leur sort par l'Etat belge", a dénoncé un collectif représentant près de 300 parties civiles.


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.