Israël critique Netflix pour la diffusion d'un film «effroyable» sur la guerre de 1948

Ayah Jardaneh, Deema Azar, Darin J. Sallam et William Johansson Kalén assistent à l'appel photo sur le film «Farha» lors du Festival international du film de Toronto 2021 au TIFF Bell Lightbox le 14 septembre 2021 à Toronto, Ontario. (AFP)
Ayah Jardaneh, Deema Azar, Darin J. Sallam et William Johansson Kalén assistent à l'appel photo sur le film «Farha» lors du Festival international du film de Toronto 2021 au TIFF Bell Lightbox le 14 septembre 2021 à Toronto, Ontario. (AFP)
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Publié le Jeudi 01 décembre 2022

Israël critique Netflix pour la diffusion d'un film «effroyable» sur la guerre de 1948

  • «Farha», réalisé par le cinéaste jordanien Darin J. Sallam, raconte l'histoire d'une jeune Palestinienne de 14 ans dont le village est attaqué par les forces israéliennes, qu'on voit exécuter des civils
  • Le film sera disponible sur la plateforme Netflix à partir de jeudi après avoir été présenté au Festival international du film de Toronto 2021

JAFFA: Un ministre israélien a condamné Netflix, mercredi, pour sa décision de diffuser un film jordanien décrivant des atrocités présumées contre les Palestiniens pendant la guerre de 1948 qui a coïncidé avec la création de l'Etat d'Israël.

Avigdor Lieberman, le ministre des Finances du gouvernement sortant, a également suggéré de cesser le versement de fonds publics à un théâtre de Jaffa, dans le sud de Tel-Aviv, qui prévoit de présenter le film.

"Farha", réalisé par le cinéaste jordanien Darin J. Sallam, raconte l'histoire d'une jeune Palestinienne de 14 ans dont le village est attaqué par les forces israéliennes, qu'on voit exécuter des civils.

Le film sera disponible sur la plateforme Netflix à partir de jeudi après avoir été présenté au Festival international du film de Toronto 2021.

"C'est fou que Netflix ait décidé de diffuser un film dont le seul objectif est d'inciter à la haine contre les soldats israéliens", a déclaré M.Lieberman dans un communiqué.

Il a également qualifié d'"inacceptable" la décision du théâtre Al Saraya de Jaffa, qui reçoit des subventions de l'Etat, de projeter le film. "Toutes les mesures à notre disposition, y compris le refus de financement", sont nécessaires "pour empêcher cette effroyable projection ou d'autres films similaires à l'avenir", a déclaré M.Lieberman.

De son côté, le ministre israélien de la Culture Chili Tropper a déclaré que le film montrait "des mensonges et des diffamations", et qualifié de "honte" le fait que le théâtre Al Saraya prévoit de le projeter.

"J'appelle la direction du théâtre à déprogrammer le film", a ajouté le ministre.

Le film a finalement été projeté mercredi soir au théâtre de Jaffa, devant lequel une quinzaine de personnes hostiles à la projection ont manifesté, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La liberté d'expression s'arrête avec l'antisémitisme", a déclaré à l'AFP Shaï Glick, l'un des manifestants israéliens.

De son côté, Dana, une Arabe venue assister à la projection qui n'a pas voulu donner son nom de famille, a affirmé que "tout le monde en Israël (devait) se confronter avec cette part de l'histoire".

"Farha" n'est pas le premier film à susciter la controverse sur les atrocités israéliennes présumées en 1948, lorsque plus de 760.000 Palestiniens ont fui ou ont été forcés de quitter leurs maisons.

Le réalisateur israélien Alon Schwarz a fait face récemment à des critiques virulentes après un documentaire sur un massacre présumé de Palestiniens à Tantura, un village au nord-ouest de ce qui est aujourd'hui Israël.

Les appels à plus de transparence sur la conduite des forces israéliennes alors naissantes pendant le conflit se sont multipliés ces dernières années, y compris en Israël.


Soudan: chassé par la guerre, le gouvernement annonce son retour à Khartoum

Le gouvernement, allié à l'armée, ainsi que des agences de l'ONU avaient également quitté la capitale pour se replier à Port-Soudan, devenue alors capitale provisoire. (AFP)
Le gouvernement, allié à l'armée, ainsi que des agences de l'ONU avaient également quitté la capitale pour se replier à Port-Soudan, devenue alors capitale provisoire. (AFP)
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  • "Nous sommes de retour aujourd'hui (...) le gouvernement de l'espoir revient dans la capitale nationale", a déclaré Kamel Idris aux journalistes à Khartoum, promettant de "meilleurs services" pour les habitants
  • Plus de 3,7 millions de personnes avaient fui la capitale dès les premiers mois du conflit, déclenché en avril 2023, lorsque les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) s'en étaient emparés

KHARTOUM: Le Premier ministre soudanais a annoncé dimanche le retour dans la capitale Khartoum du gouvernement qui en avait été chassé en 2023 par la guerre et avait été transféré à Port-Soudan, dans l'est du pays.

"Nous sommes de retour aujourd'hui (...) le gouvernement de l'espoir revient dans la capitale nationale", a déclaré Kamel Idris aux journalistes à Khartoum, promettant de "meilleurs services" pour les habitants.

Plus de 3,7 millions de personnes avaient fui la capitale dès les premiers mois du conflit, déclenché en avril 2023, lorsque les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) s'en étaient emparés.

Le gouvernement, allié à l'armée, ainsi que des agences de l'ONU avaient également quitté la capitale pour se replier à Port-Soudan, devenue alors capitale provisoire.

Reprise en mars 2024 par l'armée, Khartoum a depuis enregistré le retour de plus d'un  million de personnes, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Mais après plus de 1.000 jours de guerre, les services de base de la capitale -- hôpitaux, aéroports, centrales électriques-- restent dévastés.

L'ONU estime à environ 350 millions de dollars le coût de la réhabilitation des infrastructures.

Dans son discours dimanche, M. Idris a promis de reconstruire les hôpitaux, d'améliorer les services éducatifs, d'électricité, d'eau et d'assainissement.

Lors d'une visite à Khartoum en juillet dernier, la première depuis sa prise de fonction en mai, il avait déjà affirmé que "Khartoum redeviendra une capitale nationale fière".

Depuis, les autorités ont commencé à reconstruire certains quartiers, même si les FSR ont mené à plusieurs reprises des frappes de drones, notamment contre des infrastructures.

Fin octobre, les paramilitaires qui avaient redirigé leurs offensives vers l'ouest du pays après la perte de la capitale, s'étaient emparés d'El-Facher, la dernière des cinq capitales de la vaste région du Darfour qui était encore contrôlée par l'armée.

Depuis, les FSR se concentrent sur la région voisine du Kordofan, terre pétrolifère située sur l'axe entre le Darfour et Khartoum.

La guerre a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes et déraciné plus de 11 millions d'autres, tant à l'intérieur du territoire qu'au-delà de ses frontières.


Syrie: les forces kurdes quittent Alep après des jours de combats meurtriers

Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles. (AFP)
Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles. (AFP)
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  • L'agence officielle syrienne Sana a confirmé que "les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est"
  • Après avoir pris le contrôle d'Achrafieh, l'armée syrienne avait déjà annoncé samedi la fin de ses opérations à Cheikh Maqsoud et le départ des combattants kurdes vers le nord. Mais les forces kurdes avaient démenti ces affirmations

ALEP: Les forces kurdes en Syrie ont annoncé dimanche l'évacuation de leurs combattants des deux quartiers où ils étaient retranchés à Alep, après plusieurs jours de combats meurtriers contre les forces gouvernementales.

"Nous sommes parvenus à un accord qui a conduit à un cessez-le-feu et permis l'évacuation des martyrs, des blessés, des civils pris au piège et des combattants des quartiers d'Achrafieh et de Cheikh Maqsoud vers le nord et l'est de la Syrie", ont écrit les Forces démocratiques kurdes (FDS) dans un communiqué.

L'agence officielle syrienne Sana a confirmé que "les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est".

Après avoir pris le contrôle d'Achrafieh, l'armée syrienne avait déjà annoncé samedi la fin de ses opérations à Cheikh Maqsoud et le départ des combattants kurdes vers le nord. Mais les forces kurdes avaient démenti ces affirmations.

Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles.

Accusations mutuelles 

Les deux camps s'accusent mutuellement d'en être à l'origine.

Ces combats ont fragilisé encore plus un accord conclu en mars entre les deux parties pour intégrer les institutions civiles et militaires de l'administration autonome kurde au sein de l'Etat syrien, qui n'a pas encore été appliqué.

L'évacuation des combattants a été obtenue "grâce à la médiation des parties internationales pour mettre fin aux attaques et aux violations commises contre notre peuple à Alep", a affirmé le FDS, après avoir au contraire dénoncé quelques heures plus tôt des déplacements forcés et des enlèvements de civils.

Depuis Damas, l'émissaire américain Tom Barrack avait lancé samedi un appel à la "retenue" et à la fin des hostilités, après avoir rencontré le président Ahmad al-Chareh dont le gouvernement se dit déterminé à asseoir son autorité sur Alep, la deuxième ville du pays.

Un correspondant de l'AFP posté samedi à l'entrée du quartier Cheikh Maqsoud a vu au moins cinq autocars transporter des hommes, escortés par les forces de sécurité.

Prises au piège pendant des jours, des familles hagardes ont enfin pu quitter le lieu des combats.

Des hommes portent leurs enfants sur le dos, des femmes et des enfants pleurent. "Papa, papa", répète une petite fille cherchant son père.

Mais plusieurs dizaines de jeunes gens sont mis à l'écart par les forces de sécurité, qui les forcent à s'asseoir par terre, tête baissée, sous leur garde, avant de les embarquer dans des cars.

Les FDS, qui ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique en Syrie, sont soutenues par Washington qui appuie également Ahmad al-Chareh.

Les combats ont fait craindre une escalade régionale, la Turquie voisine se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et Israël prenant la défense des Kurdes.

Depuis la chute de Bachar al-Assad, le pouvoir islamiste s'est engagé à protéger les minorités. Mais les combats d'Alep sont le troisième épisode de violences avec des minorités, après des massacres d'alaouites sur la côte en mars et des combats avec les druzes dans le sud en juillet.

Les Kurdes, qui ont tiré profit du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, y compris des champs pétroliers et gaziers, réclament notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejette Damas.


Liban: Frappes aériennes israéliennes sur un complexe résidentiel à Saida

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a touché les collines près du village d'Al-Katrani, dans le sud du Liban, le 11 janvier 2026. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a touché les collines près du village d'Al-Katrani, dans le sud du Liban, le 11 janvier 2026. (AFP)
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  • Plus de 43 frappes aériennes ont été menées en moins de deux heures sur des vallées et des montagnes libanaises

BEYROUTH : Les avions de combat israéliens ont lancé dimanche au moins 43 frappes aériennes sur les vallées et les montagnes du sud du Liban, au nord du fleuve Litani, une zone qui reste en dehors du plan actuel de l'armée libanaise visant à consolider les armes sous le contrôle de l'État.

Le Liban a qualifié ces attaques de violations de l'accord de cessez-le-feu.

Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichai Adraee, a lancé un avertissement aux résidents d'un grand complexe résidentiel à Kfar Hatta, leur demandant d'évacuer les lieux avant sa démolition.