Le retard dans la promulgation de la loi contre le mariage précoce suscite des inquiétudes en Égypte

Le Cabinet a approuvé le projet de loi en avril (AFP)
Le Cabinet a approuvé le projet de loi en avril (AFP)
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Publié le Dimanche 04 décembre 2022

Le retard dans la promulgation de la loi contre le mariage précoce suscite des inquiétudes en Égypte

Le Cabinet a approuvé le projet de loi en avril (AFP)
  • La commission des affaires législatives et constitutionnelles du Parlement a décidé de reporter l’approbation finale du projet de loi jusqu’à ce qu’elle reçoive une réponse d’Al-Azhar Al-Sharif
  • Mohammed Sultan : « Le projet de loi dispose qu’il est interdit d’épouser une personne qui n’a pas atteint l’âge de 18 ans (...)»

LE CAIRE : Le report d’un nouveau projet de loi, actuellement en cours d’examen au Parlement égyptien, qui criminalise le mariage avant l'âge de 18 ans et augmente les peines pour les contrevenants, a suscité la controverse dans ce pays d’Afrique du Nord.

Le retard est dû à Al-Azhar Al-Sharif, l’organisme scientifique islamique, qui doit encore déterminer dans quelle mesure la proposition est conforme à la charia.

Mohammed Sultan, membre de la commission des droits de l’homme du Parlement, a déclaré à Arab News : « La Chambre des représentants a soumis un nouveau projet de loi qui augmente la peine des contrevenants au crime du mariage précoce, qu’il s’agisse des parents, des personnes autorisées ou des avocats. Le Cabinet a approuvé ce projet de loi en avril. »

« Nous voulons éliminer ce phénomène négatif — car le mariage des mineurs est un crime contre les enfants — ainsi que son impact négatif sur la société. À cet âge, ils ne sont pas capables d’assumer la responsabilité de former une famille et d’élever des enfants, et il s’agit d’une atteinte flagrante à l’enfance. »

« Le projet de loi dispose qu’il est interdit d’épouser une personne qui n’a pas atteint l’âge de 18 ans. Quiconque se marie ou participe au mariage d’un garçon ou d’une fille de moins de 18 ans est passible d’une amende de 20 000 livres égyptiennes (1 livre = 0,039 euro) à 50 000 livres, et d’une peine de prison d’au moins six mois. »

« Quiconque incite au mariage des mineurs est également puni de la même peine, et l’enfant n’est pas considéré comme criminel ou responsable de ce crime », a-t-il ajouté.

La commission des affaires législatives et constitutionnelles du Parlement a décidé de reporter l’approbation finale du projet de loi jusqu’à ce qu’elle reçoive une réponse d’Al-Azhar Al-Sharif, qui est la plus grande institution religieuse d’Égypte.

« Al-Azhar et son Grand Imam cheikh Al-Tayyib ont résolu la question du mariage des enfants il y a des années en définissant un âge légal pour le mariage, et les oulémas ont soutenu tous les efforts visant à criminaliser le mariage des enfants », a rappelé Ahmed Al-Sawy, rédacteur en chef du journal Sawt Al-Azhar, à Arab News.

M. Al-Sawy a cité des déclarations du cheikh Al-Tayyib dans lesquelles il a expliqué : « Lorsque nous évoquons cette question, nous devons faire la différence entre les mineurs dans deux sens : le premier est que la fille n’a pas encore atteint l’âge de la puberté, et le second est que la fille vient d’atteindre la puberté mais n’est pas encore prête psychologiquement et mentalement pour le mariage. »

« Je ne pense pas que le mariage des mineures qui n’ont pas encore atteint la puberté soit quelque chose qui existe, se produise ou soit un phénomène qui attire l’attention. Ce qui se passe plutôt, c’est le mariage de la fille juste après avoir atteint la puberté. »

Al-Tayyib avait auparavant déclaré : « La question de la détermination de l’âge du mariage pour les filles est soumise aux circonstances de l’époque et aux changements (...) et le fait que la loi fixe désormais l’âge du mariage à 18 ans est positif, et il n’y a aucune objection à cela. »

L’ouléma et expert conjugal Islam Amer a déclaré à Arab News : « J’ai demandé plus d’une fois de criminaliser le mariage coutumier pour les moins de 18 ans, et je demande maintenant au Parlement de promulguer une loi qui criminalise le mariage avant l’âge légal, car le mariage précoce est une violation des droits de l’enfant. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le guide suprême de l'Iran n'aurait plus de contact direct en raison des craintes d'une attaque

Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
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  • Mojtaba Khamenei communiquerait via des intermédiaires de confiance
  • Il ne ferait que donner des orientations générales sur les négociations, selon le rapport

DUBAI : Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei opère depuis un lieu tenu secret avec un accès limité au monde extérieur, s'appuyant sur un réseau de courriers pour relayer les messages, alors que les dirigeants du pays craignent de nouvelles frappes ciblées, selon une exclusivité de CBS News citant des responsables américains familiers avec le renseignement.

Le rapport de dimanche affirmait que les problèmes de communication au sein de la direction de l'Iran étaient devenus un obstacle majeur dans les négociations avec l'administration de Donald Trump, les responsables iraniens autorisés à dialoguer avec Washington ayant du mal à communiquer même au sein de leur propre système.

Des responsables américains ont déclaré à CBS que lorsque des propositions étaient envoyées à Téhéran, des délais importants s'écoulaient avant que les réponses ne soient reçues, car les messages devaient d'abord passer par des intermédiaires pour parvenir au dirigeant suprême.

Selon CBS, les dirigeants iraniens ont adopté des mesures de sécurité extrêmes à la suite des frappes américaines et israéliennes menées dans le cadre de l'opération Epic Fury, qui, selon les services de renseignement, ont permis de cibler et de tuer plusieurs personnalités iraniennes de haut rang.

La plupart des hauts responsables passeraient désormais des semaines à l'intérieur de bunkers lourdement fortifiés, évitant tout contact direct et limitant les communications, sauf en cas de nécessité.

Le rapport ajoute que même les hauts responsables iraniens ne savent pas exactement où se trouve le guide suprême ou n'ont pas de ligne de communication directe avec lui.

Les messages sont transmis par l'intermédiaire de courriers de confiance spécialement utilisés pour dissimuler sa position, et il ne donnerait que des indications générales sur les questions qui peuvent être négociées et celles qui restent hors de portée.

M. Khamenei, qui a succédé à son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre.


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.