En Nouvelle-Calédonie, Gérald Darmanin renoue un dialogue qui reste à concrétiser

Le ministre français de l'Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin assiste à l'inauguration de la nouvelle brigade territoriale autonome Saint-Michel, au Mont-Dore, en Nouvelle-Calédonie, le 3 décembre 2022 (Photo, AFP).
Le ministre français de l'Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin assiste à l'inauguration de la nouvelle brigade territoriale autonome Saint-Michel, au Mont-Dore, en Nouvelle-Calédonie, le 3 décembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 décembre 2022

En Nouvelle-Calédonie, Gérald Darmanin renoue un dialogue qui reste à concrétiser

  • Toute la semaine, Gérald Darmanin a donc multiplié les contacts avec les indépendantistes pour les convaincre de revenir à la table des discussions
  • M. Darmanin a ainsi accepté la proposition indépendantiste de réunions bilatérales en février 2023

NOUMEA: Au terme de sept jours de visite, Gérald Darmanin a quitté dimanche la Nouvelle-Calédonie sur la promesse de nouveaux échanges apaisés avec les indépendantistes, mais le calendrier des discussions sur le statut du territoire reste à définir.

La mission du ministre de l'Intérieur et des Outre-mer était ardue: renouer avec les partisans de l'indépendance du territoire du Pacifique-Sud, tout en ménageant le camp loyaliste favorable au maintien de la souveraineté française.

Depuis plus d'un an, le dialogue était rompu avec le Front de libération kanak socialiste (FLNKS), qui fédère une bonne partie des indépendantistes. Le mouvement avait notamment boudé une rencontre prévue en octobre à Paris pour définir les modalités des discussions sur le futur statut du territoire.

Trois référendums ont rejeté l'indépendance mais la légitimité du dernier, organisée en décembre 2021 en pleine épidémie de Covid, a été vivement contestée par le FLNKS.

Toute la semaine, Gérald Darmanin a donc multiplié les contacts avec les indépendantistes pour les convaincre de revenir à la table des discussions. Objectif atteint.

Si le vice-président de l'Union calédonienne (UC), principale composante du FLNKS, Gilbert Tyuiénon, a redit au ministre "l'humiliation pour le peuple kanak" qu'avait constitué le maintien du référendum du 12 décembre, il a confié avoir été "agréablement surpris" par leurs échanges.

M. Darmanin a ainsi accepté la proposition indépendantiste de réunions bilatérales en février 2023, après le congrès du FLNKS.

"Je n'accélérerai pas la cadence", a-t-il promis vendredi lors d'un entretien aux médias locaux. "C'est dans quelques semaines, je crois que la paix vaut bien d'attendre quelques semaines".

«Temps du dialogue»

Un geste apprécié des indépendantistes à double titre.

D'abord parce que le congrès du FLNKS doit leur permettre de parler d'une seule voix face à l'Etat. Ensuite parce que les réunions bilatérales, notamment sur la décolonisation et le droit à l'autodétermination, signent de facto le report des négociations sur le futur statut du territoire.

"Il fallait que l'on discute du calendrier, que l'on valide ou pas la tenue de ces bilatérales", a souligné M. Tyuiénon dimanche sur la chaîne Nouvelle-Calédonie la 1ère. "Nous sommes toujours dans le temps du dialogue", a-t-il souligné.

Le camp loyaliste voulait pourtant aller plus vite, pour arriver à un référendum portant sur le nouveau statut dès 2023.

Les partisans du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France s'en sont pourtant accommodé. “On a un ministre qui est à l'écoute", s'est réjoui auprès de l'AFP le député Renaissance Nicolas Metzdorf, "un ministre qui essaie de comprendre".

Gérald Darmanin a également évacué l'épineuse question du corps électoral pour les élections provinciales, dont les arrivants les plus récents et leurs descendants sont exclus.

Tout en reconnaissant que ce corps avait vocation à évoluer, il a fait savoir que le sujet ne serait pas abordé dans l'immédiat.

Le ministre des Outre-mer a laissé entendre qu'il pourrait revenir en Nouvelle-Calédonie dès février.

D'ici là, les échanges devraient se poursuivre.

Gérald Darmanin a profité de sa visite pour installer un des huit groupes de travail validés en octobre à Paris, celui sur le foncier. Celui sur l'avenir institutionnel a été reporté mais celui sur le secteur du nickel, vital pour l'économie de la Nouvelle-Calédonie, débutera à Paris dans les semaines à venir, sans l'Union calédonienne (UC) toutefois.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.