Afrique du Sud: Menacé de destitution, le président contre-attaque

Une plainte déposée en juin accuse Cyril Ramaphosa d'avoir tenté de dissimuler à la police et au fisc un cambriolage dans l'une de ses luxueuses propriétés (Photo, AFP).
Une plainte déposée en juin accuse Cyril Ramaphosa d'avoir tenté de dissimuler à la police et au fisc un cambriolage dans l'une de ses luxueuses propriétés (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 06 décembre 2022

Afrique du Sud: Menacé de destitution, le président contre-attaque

  • Le Parlement a annoncé repousser le vote sur une éventuelle procédure pour le démettre de ses fonctions
  • Plus tôt dans la journée, le président avait lancé une contre-offensive, saisissant la Cour constitutionnelle

JOHANNESBURG: Le président sud-africain menacé de destitution après un scandale aux relents de corruption a lancé lundi une contre-attaque et rallié le soutien du parti au pouvoir: le Parlement a annoncé repousser le vote sur une éventuelle procédure pour le démettre de ses fonctions.

Depuis des mois, Cyril Ramaphosa est gêné par une sombre affaire. Une plainte déposée en juin l'accuse d'avoir tenté de dissimuler à la police et au fisc un cambriolage dans l'une de ses luxueuses propriétés. Les malfaiteurs avaient emporté, en février 2020, 580 000 dollars en liquide camouflés sous les coussins d'un canapé.

Le Parlement devait décider mardi en session extraordinaire de lancer ou non une procédure de destitution sur la base d'un rapport parlementaire. Une commission indépendante a conclu la semaine dernière que le président "a pu commettre" des actes contraires à la loi dans le cadre de l'affaire, ouvrant la voie à une procédure de destitution.

"Nous sommes tous d'accord sur (la date du) 13 décembre", a déclaré tard dans la soirée Nosiviwe Mapisa-Nqakula, lors d'une réunion spéciale de programmation. Le report a été justifié par la nécessité de donner à chaque élu le temps de se rendre au Cap où siège le Parlement pour un vote, décrit par certains députés, comme "sans précédent".

Plus tôt dans la journée, le président avait lancé une contre-offensive, saisissant la Cour constitutionnelle pour que le rapport parlementaire et ses suites, dont le vote au Parlement, soient "revus, déclarés illégaux et rejetés".

Rescousse

Le même jour, l'ANC au pouvoir est venu à sa rescousse. Les caciques du parti historique ont annoncé qu'ils s'opposeraient à un vote pour engager une procédure de destitution.

"Si le Parlement engage le processus demain, l'ANC ne se prononcera pas en faveur du vote", a averti le secrétaire général, Paul Mashatile, à l'issue d'une réunion au sommet à Johannesburg.

Le déclenchement de la procédure nécessite une majorité de 50%. Ensuite, un vote à la majorité des deux tiers est requis pour destituer le président. Or, malgré de fortes divisions, l'ANC détient une majorité confortable au Parlement.

Affichant une visible décontraction et tout sourire, M. Ramaphosa était apparu plus tôt au centre de conférences où s'est tenue la réunion de l'organe exécutif de l'ANC, le tout-puissant Comité exécutif national (NEC).

Dans la foulée de la publication du rapport, il avait pourtant envisagé de jeter l'éponge, selon plusieurs sources politiques. Le chef d'Etat a clairement écarté l'éventualité d'une démission au cours du week-end.

"Le président n'a pas proposé de démissionner et le NEC ne le lui a pas non plus demandé", a assuré lundi le parti, qui a désigné M. Ramaphosa favori pour conserver sa présidence et prétendre à un second mandat à partir de 2024.

L'ANC se réunit le 16 décembre pour désigner son prochain candidat à la tête de l'Etat. Si toutefois le parti, au pouvoir depuis la chute de l'apartheid, sortait vainqueur du scrutin.

En Afrique du Sud, le président est élu par le Parlement. Majoritaire depuis 1994, le parti de Nelson Mandela a choisi le chef de l'Etat depuis l'avènement de la démocratie sud-africaine.

Le rapport sur le scandale a été largement critiqué ces derniers jours par des experts en droit, pour ne pas être le fruit d'une enquête mais un assemblement de "ouï-dire" tirés des déclarations de chaque partie.

Il soulève néanmoins un certain nombre de questions sur la version des faits du président, qui nie tout méfait et avance que l'argent volé provient de la vente de vingt buffles à un homme d'affaires soudanais.

Pourquoi les liasses de billets n'ont-elles pas été mises en sécurité dans une banque? Comment se fait-il que les buffles se trouvent encore dans la propriété du président près de trois ans après leur vente, interroge le rapport qui exprime "de sérieux doutes" sur l'origine des sommes.

Également visé par une enquête pénale, M. Ramaphosa, n'a pas été inculpé à ce stade.


Trump dit que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin

Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
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  • Donald Trump menace que les États-Unis pourraient ne pas soutenir l’OTAN en cas de besoin, critiquant l’Alliance pour ne pas avoir répondu aux demandes américaines pour sécuriser le détroit d’Ormuz
  • Il dénonce le coût élevé de l’OTAN pour les États-Unis et loue l’avancée de l’opération militaire américaine contre l’Iran, alors que le trafic dans le détroit reste fortement perturbé

MIAMI: Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Ils n'étaient tout simplement pas là", a déclaré le président américain, se référant à la demande de Washington - restée lettre morte - de soutien militaire de ses alliés pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré jeudi en Conseil des ministres.

Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon s'étaient dit prêts, dans un communiqué conjoint le 19 mars, "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la traversée du détroit", où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale. Ils avaient cependant exclu toute participation militaire directe.

Le trafic dans ce passage étroit est pratiquement paralysé, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

Lors de sa prise de parole à Miami, devant des chefs d'entreprise et des investisseurs réunis pour le sommet du "FII Priority", Donald Trump a une nouvelle fois assuré que l'opération militaire contre l'Iran, qui va entrer dans sa cinquième semaine, se passait pour le mieux.


La guerre au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, Washington espère la finir sous deux semaines

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
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  • Le conflit entre Israël et l’Iran s’intensifie et s’étend régionalement (Yémen, Liban, Golfe), avec des frappes continues, des victimes civiles croissantes et des risques majeurs (notamment nucléaire et énergétique)
  • Les États-Unis visent une issue rapide sans troupes au sol, tandis que les tensions font grimper les prix du pétrole et aggravent l’instabilité humanitaire et économique mondiale

TEHERAN: La guerre au Moyen-Orient entre samedi dans son deuxième mois sans donner le moindre signe d'apaisement, Israël et l'Iran continuant à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurant que leurs objectifs seront atteints d'ici deux semaines.

Dans une nouvelle extension d'un conflit qui a fait flamber les prix de l'énergie dans le monde entier, Israël a annoncé avoir été visé pour la première fois depuis le début de la guerre par un missile tiré depuis le Yémen, où les rebelles Houthis soutenus par Téhéran avaient peu de temps plus tôt menacé de se joindre au conflit.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP a entendu une dizaine de violentes explosions samedi à l'aube et vu des panaches de fumée noire s'élever depuis l'est de la capitale. Peu de temps plus tard, comme lors des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé être en train de "frapper des cibles du régime" dans la ville.

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran, a été frappée pour la troisième fois en dix jours, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) citant des responsables iraniens. Même si aucun dégât sur le réacteur actif et aucune fuite radioactive n'ont été signalés, le directeur de l'AIEA Rafael Grossi a de nouveau appelé "à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d'un accident nucléaire".

En Israël, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées à Tel-Aviv, selon les services de secours, peu après une alerte de l'armée faisant état de tirs de missiles depuis l'Iran. Deux autres personnes ont été blessées par du shrapnel dans le sud du pays.

Le chef du commandement intérieur de l'armée israélienne, Miki David, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu'un missile à sous-munitions avait provoqué des "destructions considérables" dans un immeuble résidentiel.

"L'appartement a été touché par une bombe à sous-munitions (...) qui a traversé le toit, a traversé un étage, puis a explosé au deuxième étage", a-t-il expliqué.

Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer sur une zone des dizaines de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explose pas lors de l'impact et fait donc souvent des victimes dans la durée parmi la population civile. Ce type d'armes est interdit par une convention de 2008, signée par plus d'une centaine de pays dont ni l'Iran ni Israël ne font partie.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Depuis, le conflit touche durement les populations civiles dans la région et entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole qui bouleversent l'économie mondiale. Des pays du monde entier ont annoncé ces derniers jours des mesures pour répondre à la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit.

- Espoir de négociations -

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines".

"Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a affirmé le ministre américain à des journalistes à l'issue d'une réunion du G7 près de Paris.

M. Rubio a aussi estimé que les Etats-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans l'envoi de troupes au sol. Alors que, selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X. Le cours du Brent a terminé en hausse vendredi à plus de 112 dollars.

L'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui dit avoir l'espoir de tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran, qui continue de riposter.

Selon plusieurs médias américains, au moins 12 soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans la nuit de vendredi à samedi par une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, qui a également endommagé deux avions ravitailleurs.

La République islamique a appelé les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.

Aux Emirats arabes unis, cinq personnes, de nationalité indienne, ont été blessées samedi lors d'un incendie provoqué par des chutes de débris provenant de l'interception d'un missile balistique au-dessus d'une zone industrielle d'Abou Dhabi, selon les autorités.

- "Pris en étau" -

Un mois après le début de la guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant. Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les bombardements.

Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles", soupire cette femme de 46 ans.

"La guerre a arraché une partie de moi", ajoute-t-elle.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

L'aviation israélienne a continué vendredi à bombarder le sud du Liban, la plaine de la Bekaa (est) et la banlieue sud de Beyrouth, considérés comme des bastions du Hezbollah, selon les médias officiels libanais qui ont recensé plusieurs morts.

Le Hezbollah a affirmé pour sa part se livrer à des combats "au corps à corps" dans le sud, où Israël mène une profonde incursion en vue d'élargir une "zone tampon" le long de sa frontière.

Selon le dernier bilan officiel vendredi, la guerre a fait 1.142 morts et plus d'un million de déplacés au Liban.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.