Le groupe Etat islamique a utilisé des armes chimiques, selon des experts de l'ONU

Une photo prise le 16 janvier 2018 montre des obus et des mines non explosées éparpillés près d'un véhicule incendié dans une rue de Raqa par le groupe État islamique (Photo, AFP).
Une photo prise le 16 janvier 2018 montre des obus et des mines non explosées éparpillés près d'un véhicule incendié dans une rue de Raqa par le groupe État islamique (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 05 décembre 2022

Le groupe Etat islamique a utilisé des armes chimiques, selon des experts de l'ONU

  • Les membres de l'Unitad affirment avoir recueilli des «preuves testimoniales, numériques et documentaires» relatives notamment à l'emploi d'armes chimiques en Irak sous le califat
  • Les experts concluent que l'EI «a fabriqué et produit des roquettes et mortiers chimiques, des munitions chimiques et des dispositifs explosifs de circonstance»

NATIONS UNIES: Des experts des Nations unies ont mis à jour des preuves de l'utilisation d'armes chimiques par le groupe djihadiste Etat islamique à l'époque de son "califat" autoproclamé, indique un rapport qui devait être débattu lundi par le Conseil de sécurité.

Les membres de l'Unitad, l'équipe d’enquêteurs chargée de concourir à amener l'EI à répondre de ses crimes, affirment avoir recueilli des "preuves testimoniales, numériques et documentaires" relatives notamment à l'emploi d'armes chimiques en Irak sous le califat (2014-2019).

Les experts concluent que l'EI "a fabriqué et produit des roquettes et mortiers chimiques, des munitions chimiques pour lance-roquettes, des têtes de missile chimiques et des dispositifs explosifs de circonstance".

L'enquête s'intéressait notamment "au financement, à l'approvisionnement et à la logistique de (l'EI) et ses liens avec les éléments de commandement, à mieux comprendre quels étaient les sites présumés de fabrication, de production et d’utilisation d'armes en Irak, à obtenir un complément d'informations sur les agents fabriqués (...) et les vecteurs employés".

Les experts se sont en particulier concentrés sur une attaque perpétrée contre Taza Khormatu le 8 mars 2016. Ils affirment avoir recueilli "une importante quantité d’éléments de preuve", notamment "des états de paie et des éléments de la correspondance" du groupe djihadiste.

L'équipe "a examiné des preuves d’indemnisation de familles pour le +martyre+ de leurs membres tués alors qu’ils manipulaient des armes chimiques (...) et des registres des formations dispensées (...) à des agents de haut rang sur l’utilisation de substances chimiques comme armes, notamment des engins à dispersion chimique".

Parmi les produits utilisés figuraient "le phosphure d’aluminium, le chlore, la bactérie Clostridium botulinum, le cyanure, la nicotine, la ricine, et le sulfate de thallium".

Le rapport souligne "les complications médicales dont souffrent actuellement les résidents de Taza Khormatu (maladies chroniques, cancers et troubles de la reproduction, notamment)".

Services monétaires

Il revient aussi sur d'autres crimes majeurs, notamment la persécution de la communauté chrétienne d'Irak et d'autres communautés, ainsi que la destruction du patrimoine culturel et religieux.

Par ailleurs, évoquant le financement de l'EI, l'Unitad "a considérablement étoffé sa base d'éléments de preuve contre ceux qui, dans les réseaux commerciaux de services monétaires, ont fourni un soutien logistique à (l'EI) et tiré profit de ses campagnes de violence".

Selon elle, "des liens fonctionnels ont été établis entre les réseaux de Mossoul et Bagdad et les réseaux régionaux plus importants du Moyen-Orient et de la région du Golfe".

Des éléments "démontrent une association étroite" entre les chefs de l'EI "et certaines entreprises de services monétaires, qui se sont rendues complices de systèmes d’extorsion de fonds à la population locale, dans lesquels elles assuraient la gestion et le transfert des richesses pillées".

Le groupe a aussi commencé à examiner "la prise de contrôle et l’exploitation" du pétrole irakien.

Les djihadistes avaient établi en juin 2014 un "califat" dans une vaste région à cheval sur l'Irak et la Syrie. Une coalition internationale, dirigée par les Etats-Unis, avait combattu l'organisation jusqu'à ce que les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, s'emparent en mars 2019 de l'ultime bastion de l'EI, Baghouz (est de la Syrie), signant la fin du "califat".


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.