Israël, la Jordanie et la Palestine peuvent ralentir la disparition de la mer Morte

En raison de la forte salinité de l’eau, la mer Morte, bordant la Jordanie et Israël recule d’environ un mètre chaque année laissant de vastes étendues de plaines salées et minérales (Photo, AFP).
En raison de la forte salinité de l’eau, la mer Morte, bordant la Jordanie et Israël recule d’environ un mètre chaque année laissant de vastes étendues de plaines salées et minérales (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 06 décembre 2022

Israël, la Jordanie et la Palestine peuvent ralentir la disparition de la mer Morte

  • Les niveaux de l’eau ont chuté au cours du dernier demi-siècle, mettant en danger l’existence même du lac
  • L’effort conjoint pour faire revivre le Jourdain et un canal vers la mer Méditerranée font partie des solutions potentielles

AMMAN : Depuis l’époque gréco-romaine, la nature faisait seule l’équilibre de la mer Morte. L’eau douce des rivières et des sources voisines s’est déversée dans le lac, se combinant ainsi avec de riches dépôts de sel puis s’évaporant, laissant derrière elle une saumure de 33% de salinité.

Or, en raison d’une combinaison de plusieurs facteurs climatiques et anthropiques, cet équilibre a été rompu. En conséquence, la mer Morte a reculé à un rythme alarmant au cours du dernier demi-siècle, mettant en danger son existence même.

Lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, COP27, qui s’est déroulée à Charm el-Cheikh en novembre, un accord conjoint israélo-jordanien a été signé pour tenter de faire face au déclin de la mer Morte.

Cependant, certains disent que les chances de réussite de l’accord sont faibles, étant donné qu’il excluait les Palestiniens et avait été signé par un fonctionnaire sortant du ministère israélien de l’Environnement.

Sans financement suffisant et en l’absence d’un accord tripartite, la Jordanie et Israël ont plutôt décidé de se concentrer sur le nettoyage du Jourdain afin d’aider à reconstituer la principale source d’eau de la mer Morte.

La mer Morte a reculé à un rythme alarmant au cours du dernier demi-siècle (Photo, AFP).

Ce qui a été signé par des responsables israéliens et jordaniens en marge de la COP27 était un accord en ce sens. Or, si la mer Morte doit être vraiment sauvée, il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire afin de réparer les dommages causés à ses sources naturelles d’eau douce et de mettre de coté les rivalités politiques pour le bien commun de l’environnement.

Tout le monde ignore comment la mer Morte a vu le jour. Selon la Bible et d’autres textes religieux, ce lac sans vie situé au point le plus bas de la terre aurait été créé lorsque Dieu avait fait pleuvoir le feu et le soufre sur les villes pécheresses de Sodome et Gomorrhe.

Des experts russes ont même essayé de creuser sous le lit du lac dans l’espoir de trouver des preuves à l’appui du récit biblique. La grotte de Lot, un site religieux voisin, serait l’endroit ou le neveu d’Abraham et ses filles ont vécu après avoir fui la destruction.

Quant à eux, les scientifiques soulignent les origines géologiques plus banales du lac. Ils affirment que la mer Morte est le produit des mêmes changements tectoniques qui ont formé la vallée Rift afro-arabe il y a des millions d’années.

Au milieu du XXe siècle, l’une des premières grandes décisions prises par le nouvel État d’Israël a été de détourner de grandes quantités d’eau par des pipelines du Jourdain vers le sud du Néguev, afin de réaliser le rêve du Premier ministre israélien David ben-Gurion pour faire « fleurir le désert ».

Si la mer Morte doit être vraiment sauvée, il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire afin de réparer les dommages causés à ses sources naturelles d’eau douce (Photo, AFP).

En 1964, la Compagnie nationale des eaux Mekorot d’Israël a inauguré son projet National Water Carrier, qui a donné au barrage de Degania – achevé au début des années 1930 – un nouvel objectif : réguler le débit d’eau de la mer de Galilée au Jourdain.

L’un des résultats a été que la part d’eau atteignant la Jordanie a chuté de façon drastique, privant ainsi la mer Morte de millions de mètres cubes d’eau douce par an de sa source principale.

Un autre facteur contributif potentiel à l’heure actuelle est la société israélienne à l’origine de l’eau minérale Ein Gedi. L’usine d’embouteillage de cette dernière a monopolisé l’utilisation de l’eau douce d’une source qui se situe à l’intérieur des frontières d’Israël (1948) et qui a longtemps alimenté la mer Morte.

Cependant, tout le blâme pour ce déclin ne repose pas sur un seul pays. Selon Elias Salameh, professeur de sciences de l’eau à l’Université de Jordanie, tous les pays de la région portent une part de responsabilité.

Il a déclaré à Arab News : « Nous sommes tous responsables à des niveaux différents. » Israël, la Jordanie, le Liban et la Syrie ont tous puisé l’eau destinée à la mer Morte pour satisfaire leurs propres besoins.

En bref

  • La mer Morte reçoit presque toute son eau du Jourdain
  • C’est le point d’eau le plus bas de la planète
  • Au milieu du XXe siècle, elle était à 400 mètres sous le niveau de la mer
  • Au milieu de l’an 2010, elle était tombée à 430 mètres sous le niveau de la mer

En 1955, le plan d’eau unifié de la vallée du Jourdain (Jordan Valley Unified Water Plan) négocié par l’ambassadeur américain Eric Johnston, a permis à Israël d’utiliser 25 millions de mètres cubes d’eau du fleuve Yarmouk par an, la Syrie 90 millions et la Jordanie 375 millions.

Selon Salameh, « tous les pays n’ont pas respecté les engagements envers l’Américain Johnston. Cet accord n’a jamais été signé parce que les pays arabes n’avaient pas reconnu Israël et ont donc refuser de signer tout accord avec le pays. La Syrie a pris la plus grande partie, s’en tirant avec 260 à 280 millions de mètres cubes par an. »

Dans les années 1870, la Jordanie et la Syrie ont commencé leur propre détournement du fleuve Yarmouk, le plus grand affluent du Jourdain, réduisant ainsi à nouveau son débit. En 1986, un autre accord a donné à la Jordanie le droit à 200 millions de mètres cubes. Pourtant, le pays n’en a pris que 20 millions.

« Le changement climatique a frappé la Jordanie de manière agressive au cours des deux dernières années » a déclaré Motassem Saidan, professeur à l’Université de Jordanie (Photo fournie).

Selon l’ONU, la Jordanie est le second pays le plus pauvre en eau au monde. Les guerres arabo-israéliennes de 10948 et 1967 qui ont à l’époque conduit à l’exode massif des palestiniens ont plus que doublé la population de la Jordanie, accentuant davantage ses besoins en eau.

Suite à ces accords et détournements, la mer Morte est passée d’environ 298 mètres sous le niveau de la mer en 1976 à environ 430 mètres sous le niveau de la mer en 2015. L’accélération de ce déclin est inquiétante.

Au cours des 20 premières années après 1976, le niveau d’eau a baissé en moyenne de six mètres par décennie. Au cours de la décennie suivante, du milieu des années 1990 jusqu’au début des années 2000, il a chuté de 9 mètres. Jusqu’en 2015, il aurait chuté de 11 mètres.

 Pour certains, ce déclin accéléré du changement climatique aurait été causé par l’homme. Les climatologues affirment que le réchauffement climatique a déjà entrainé des modifications importantes des systèmes humains et naturels, dont l’un est l’augmentation du taux d’évaporation des masses d’eau.

En parallèle, les eaux de la mer Morte ne se reconstituent pas assez rapidement.

Bien que la mer Morte borde la Jordanie, Israël et la Palestine et malgré les efforts vaillants des organisations non gouvernementales telles que Earth Peace qui comprend des militants des 3 communautés, aucune action collective sérieuse n’a été entreprise pour faire face à la catastrophe écologique.

Selon les scientifiques, la mer Morte est le produit des mêmes changements tectoniques qui ont formé la vallée du Rift afro-arabe il y a des millions d’années (Photo, AFP).

La coopération est cependant essentielle pour éviter les conséquences environnementales plus larges ; la plus préoccupante étant une rapide prolifération des gouffres le long du littoral de la mer Morte.

Plus d’un mille gouffres sont apparus seulement au cours des 15 dernières années, avalant des bâtiments, une portion de route et des plantations de palmiers dattiers, principalement sur la côte nord-ouest. Les experts environnementaux pensent que les hôtels israéliens le long du littoral sont désormais en danger.

La rive orientale de la mer Morte met également le sort des complexes touristiques de luxe jordaniens en danger.

« Si la situation n’est pas corrigée, l’autoroute principale, qui est l’artère de tous les grands hôtels jordaniens risque de s’effondrer. », a déclaré Salameh.

Israël a mis en place un système qui prédit ou le prochain gouffre apparaitra, basé sur des images fournies par un satellite exploité par l’Agence spatiale italienne, qui passe au-dessus de la mer Morte tous les 16 jours et produit par la suite une image radar de la zone.

En comparant des ensembles d’images, même des changements minimes dans la topographie peuvent être identifiés avant tout effondrement majeur.

Les responsables israéliens ont cherché des solutions pour empêcher une nouvelle baisse des niveaux d’eau et ainsi éviter la propagation des gouffres. Une suggestion serait la construction d’un canal entre la mer Rouge et la mer Morte.

La mer Morte est passée d’environ 398 mètres sous le niveau de la mer en 1976 à environ 430 mètres sous le niveau de la mer en 2015 (Photo, AFP).

Selon un rapport compilé pour évaluer l’impact potentiel du transfert de l’eau de la mer Rouge dans la mer Morte plus basse, un débit modéré pourrait ralentir, mais pas arrêter, le retrait de la mer Morte et réduire le nombre de nouveaux gouffres par an.

Ironiquement, ce rapport a constaté que trop d’eau de la mer Rouge pouvait avoir l’effet inverse. Si le débit était suffisamment important pour élever le niveau de la mer Morte, le rapport prévoyait que le problème des gouffres serait alors exacerbé.

Vu que la mer Rouge est moins salée que la mer Morte, cela augmenterait probablement la dissolution des dépôts de sel souterrains et accélérerait ainsi l’apparition de gouffres.

Bien que de nombreuses solutions aient été proposées pour aider à lutter contre le déclin de la mer Morte, aucune n’a été mise en œuvre à cause du manque de financement.

Selon Salameh, la solution la plus logique proposée à ce jour est le projet Med-Dead, qui permettrait de faire passer un canal de la mer Méditerranée à la mer Morte.

Deux des sites proposés pour ce canal sont Qatif, près de la bande de Gaza, et Bisan, au nord du Jourdain en Jordanie. Cependant, un tel plan nécessiterait d’abord des approbations jordaniennes et palestiniennes.

La Jordanie a également suggéré un projet similaire établissant un canal à partir de la mer Rouge, mais selon Salameh, cela n’est pas faisable.

Il a déclaré : « La distance est longue ; ce n’est pas un projet viable. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le chef du Hezbollah défiant, les forces israéliennes avancent dans le sud

Le chef du Hezbollah pro-iranien s'est dit mercredi soir déterminé à "faire face" à Israël, dont l'armée est entrée dans plusieurs localités frontalières dans le sud du Liban tout en poursuivant le pilonnage de vastes régions du pays, entraîné dans la guerre régionale. (AFP)
Le chef du Hezbollah pro-iranien s'est dit mercredi soir déterminé à "faire face" à Israël, dont l'armée est entrée dans plusieurs localités frontalières dans le sud du Liban tout en poursuivant le pilonnage de vastes régions du pays, entraîné dans la guerre régionale. (AFP)
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  • Le Hezbollah fera face à "l'agression israélo-américaine" et ne se rendra pas, a assuré son chef Naïm Qassem
  • Israël, qui élargit le champ de ses attaques au Liban, a ordonné mercredi à tous les habitants d'une partie du sud d'évacuer, alors que les autorités libanaises ont recensé 72 morts et 83.000 déplacés depuis lundi

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien s'est dit mercredi soir déterminé à "faire face" à Israël, dont l'armée est entrée dans plusieurs localités frontalières dans le sud du Liban tout en poursuivant le pilonnage de vastes régions du pays, entraîné dans la guerre régionale.

Le Hezbollah fera face à "l'agression israélo-américaine" et ne se rendra pas, a assuré son chef Naïm Qassem dans un discours diffusé sur la chaîne de son parti, le premier depuis le début samedi de l'attaque américano-israélienne contre l'Iran.

Israël, qui élargit le champ de ses attaques au Liban, a ordonné mercredi à tous les habitants d'une partie du sud d'évacuer, alors que les autorités libanaises ont recensé 72 morts et 83.000 déplacés depuis lundi.

Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre après une première attaque contre Israël du mouvement chiite, qui affirmait vouloir "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei.

Le Hezbollah a revendiqué mercredi au moins 15 attaques contre Israël, dont une à l'aide de drones contre les industries aérospatiales israéliennes dans le centre du pays, ciblant pour la première fois une région aussi éloignée de la frontière.

Il a également dit avoir visé à l'aide d'un "missile de précision" une base militaire du nord du pays.

Dans le sud du Liban, le Hezbollah a rapporté pour la première fois des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans le village de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël.

La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a annoncé avoir observé "plusieurs mouvements et activités militaires de l'armée" israélienne dans des localités frontalières dont Khiam.

Des vidéos de l'AFP montrent deux chars israéliens avancer dans des quartiers résidentiels de ce village.

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Dans le même temps, l'armée israélienne a demandé aux habitants d'évacuer une vaste zone dans le sud du Liban, entre la frontière avec Israël et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Fausses alertes 

L'aviation israélienne a elle élargi le champ de ses frappes, visant pour la première fois un hôtel à Hazmieh, une banlieue chrétienne de Beyrouth proche du palais présidentiel et de nombreuses missions diplomatiques.

Des images de l'AFP ont montré le bâtiment de l'hôtel Comfort dont certaines chambres sont éventrées, et des blessés recevant des soins à la réception. Il n'a pas été possible de savoir quelle cible était visée par cette attaque.

Lena, une habitante de ce quartier résidentiel cossu, affirme avoir cru que la banlieue sud qu'il surplombe était visée.

"Je me suis bien trompée. A deux pas de chez moi, un hôtel était la cible cette fois-ci", dit à l'AFP cette femme de 59 ans.

Dans le même temps, des habitants de plusieurs régions libanaises ont indiqué à l'AFP avoir reçu un message enregistré au téléphone leur demandant d'évacuer, provoquant la panique. L'AFP n'a pas pu s'assurer de la véracité de ces alertes.

L'un de ces appels est parvenu au poste-frontière de Masnaa avec la Syrie, qui a été brièvement fermé avant de vérifier qu'il s'agissait d'une fausse alerte, a indiqué un responsable de sécurité à l'AFP.

La banlieue sud visée 

Une série de frappes a en outre visé mercredi matin la banlieue sud de Beyrouth, après des ordres d'évacuation de l'armée israélienne.

L'une des frappes a visé un immeuble proche d'un important hôpital, selon un photographe de l'AFP.

Au sud de la capitale libanaise, des attaques ont visé Aramoun et Saadiyat, des zones résidentielles qui ne font pas partie des bastions du Hezbollah.

Les frappes ont également visé un immeuble de quatre étages dans la ville millénaire de Baalbeck, dans l'est du Liban, où le Hezbollah est fortement implanté.

Trois secouristes ont été tués alors qu'ils portaient assistance à des personnes blessées dans des explosions dans le district de Tyr (sud), selon le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Les parties belligérantes doivent respecter le droit international humanitaire et protéger les professionnels de santé", a-t-il rappelé.

 


Turquie: un missile tiré depuis l'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc a été détruit 

Un missile tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan basés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense. (AFP)
Un missile tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan basés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense. (AFP)
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  • "Un missile balistique tiré d'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'Otan"
  • "Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays"

ANKARA: Un missile tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan basés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense.

"Un missile balistique tiré d'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'Otan déployés en Méditerranée orientale. (...) L'incident n'a fait ni victimes ni blessés", a affirmé le ministère turc dans un communiqué publié sur X.

"Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays", a ajouté le ministère.

Un débris appartenant à une munition de défense aérienne est tombé dans le district de Dörtyol, dans la province de Hatay, dans le sud-est du pays, a précisé le ministère.

"Toute action hostile recevra la réponse appropriée dans le cadre du droit international. La consultation et la coopération avec l'OTAN et nos alliés se poursuivront tout au long de ce processus", a de son côté affirmé sur X le directeur des communications de la présidence turque Burhanettin Duran.

"Nous réitérons notre avertissement à toutes les parties : elles doivent s'abstenir de toute action susceptible d'exacerber les tensions dans la région", a-t-il conclu.

 


L'Iran de nouveau cible de frappes d'ampleur dans une guerre qui ne faiblit pas

L'Iran sous de nouvelles bombes israélo-américaines, les Gardiens de la Révolution qui revendiquent le contrôle du détroit d'Ormuz et des frappes d'Israël qui s'intensifient au Liban: la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'essoufflement mercredi, au cinquième jour du conflit. (AFP)
L'Iran sous de nouvelles bombes israélo-américaines, les Gardiens de la Révolution qui revendiquent le contrôle du détroit d'Ormuz et des frappes d'Israël qui s'intensifient au Liban: la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'essoufflement mercredi, au cinquième jour du conflit. (AFP)
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  • Nouvelles explosions aux quatre coins de la région, frappes d'ampleur et riposte iranienne sur des cibles américaines dans le Golfe: le même scénario se répète depuis samedi et le monde retient son souffle
  • A Téhéran, aux allures de ville morte dont les habitants restent cloîtrés chez eux pour ceux qui ne sont pas partis, des obsèques nationales se tiendront mercredi soir pour Ali Khamenei

TEHERAN: L'Iran sous de nouvelles bombes israélo-américaines, les Gardiens de la Révolution qui revendiquent le contrôle du détroit d'Ormuz et des frappes d'Israël qui s'intensifient au Liban: la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'essoufflement mercredi, au cinquième jour du conflit.

Nouvelles explosions aux quatre coins de la région, frappes d'ampleur et riposte iranienne sur des cibles américaines dans le Golfe: le même scénario se répète depuis samedi et le monde retient son souffle.

A Téhéran, aux allures de ville morte dont les habitants restent cloîtrés chez eux pour ceux qui ne sont pas partis, des obsèques nationales se tiendront mercredi soir pour Ali Khamenei, intransigeant guide suprême pendant 36 ans, tué samedi au début de l'offensive.

Alors que le pouvoir s'organise pour assurer sa succession, Israël a prévenu que tout remplaçant serait "une cible" destinée à être assassinée.

De très fortes détonations secouent régulièrement la capitale iranienne, provoquant d'épais nuages de fumée grise s'élevant dans le ciel bleu, selon des journalistes de l'AFP.

"Nous avons dormi par terre, la tête protégée, au milieu de l'appartement, à distance égale des fenêtres de la chambre et du salon, pour être en sécurité si les ondes de choc brisaient les vitres", raconte Amir, 50 ans.

"Presque tout détruit" 

Face à cet embrasement, les marchés asiatiques ont plongé mercredi, la place de Séoul dévissant de 12% et suspendant temporairement les cotations, tandis que le pétrole grimpe, guettant les développements dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Le trafic maritime y est toujours paralysé et les Gardiens de la Révolution, force chargée des opérations extérieures iraniennes, ont assuré mercredi avoir le contrôle "total" du détroit, par lequel transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le général Ebrahim Jabbari a promis de "brûler tout navire" qui tenterait de le franchir.

Et un conseiller du guide défunt a prévenu mercredi que l'Iran était prêt à "poursuivre la guerre". "Aussi longtemps que nous le souhaitons", a assuré Mohammad Mokhbar.

Depuis samedi, le pays est pilonné sans relâche: les Etats-Unis, qui disent avoir frappé "près de 2.000 cibles", ont "presque tout détruit" et tué la plupart des responsables dans leur viseur, s'est félicité le président américain Donald Trump.

L'armée israélienne multiplie elle aussi les frappes "à grande échelle", contre "des cibles du régime terroriste iranien", et a abattu un avion de combat iranien au-dessus de la capitale.

Parmi les lieux touchés, les centres du pouvoir, comme les ministères, les tribunaux ou le quartier général des Gardiens de la Révolution, l'aéroport Mehrabad de Téhéran, qui assure principalement des vols intérieurs, ou le palais historique du Golestan, l'un des sites touristiques de la capitale.

Chambres éventrées 

Israël lutte aussi sur le front libanais, où elle a élargi le champ de ses frappes, visant le secteur du palais présidentiel près de Beyrouth et d'autres zones au sud de la capitale, ainsi que des bastions du Hezbollah pro-iranien.

A Hazmieh, banlieue chrétienne de Beyrouth proche du palais et de nombreuses missions diplomatiques, des images de l'AFP montrent le bâtiment d'un hôtel aux chambres éventrées, et des blessés recevoir des soins à la réception.

Lena, une habitante de ce quartier résidentiel cossu, affirme avoir cru que la banlieue sud qu'il surplombe était visée. "Je me suis bien trompée. A deux pas de chez moi, un hôtel était la cible cette fois-ci", dit à l'AFP cette femme de 59 ans.

Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre régionale après une première attaque contre Israël du mouvement chiite, qui affirmait vouloir "venger" la mort d'Ali Khamenei.

Au total, une soixantaine de personnes ont été tuées et plus de 58.000 personnes déplacées, selon les autorités libanaises.

Evacuations en série 

Côté iranien, le Croissant-Rouge iranien a annoncé mardi plus de 780 morts depuis le début de la guerre, un bilan que l'AFP n'a pu vérifier.

Dans le camp adverse, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. Et en Israël, d'après les services de secours, dix personnes sont mortes dans des frappes iraniennes.

Au début de l'attaque, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.

Mais si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, le principal objectif déclaré est d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément - et de détruire ses capacités balistiques, d'après Israël.

L'armée israélienne a affirmé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire iranien, dans la région de Téhéran.

Pendant ce temps, l'Iran poursuit ses frappes sur des cibles américaines, notamment dans les pays du Golfe, et israéliennes.

Elles ont fait neuf morts dans les monarchies de la région, dont une fillette de 11 ans tuée mercredi par la chute de débris dans une zone résidentielle au Koweït.

Les drones et missiles iraniens ont aussi visé les ambassades américaines et provoqué des dégâts et incendies dans des sites aussi emblématiques que The Palm, l'île artificielle emblématique de Dubaï.

Un coup dur pour ces destinations, réputées parmi les plus sûres du Moyen-Orient, et abritant des infrastructures énergétiques vitales pour la production d'hydrocarbures mondiale.

Quelque 9.000 Américains ont quitté le Moyen-Orient depuis le début des hostilités.

Mais des milliers de vols ont été annulés et de nombreux touristes bloqués. Paris, Berlin ou Londres ont organisé des vols pour rapatrier leurs ressortissants, comme Emmy Coutelier, 18 ans, arrivée mercredi à l'aéroport de Roissy en provenance d'Oman. Elle raconte, encore sous le choc, sa profonde peur, quand a résonné une "alarme en pleine nuit" et sa fuite dans un abri au sous-sol.