Israël, la Jordanie et la Palestine peuvent ralentir la disparition de la mer Morte

En raison de la forte salinité de l’eau, la mer Morte, bordant la Jordanie et Israël recule d’environ un mètre chaque année laissant de vastes étendues de plaines salées et minérales (Photo, AFP).
En raison de la forte salinité de l’eau, la mer Morte, bordant la Jordanie et Israël recule d’environ un mètre chaque année laissant de vastes étendues de plaines salées et minérales (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 06 décembre 2022

Israël, la Jordanie et la Palestine peuvent ralentir la disparition de la mer Morte

  • Les niveaux de l’eau ont chuté au cours du dernier demi-siècle, mettant en danger l’existence même du lac
  • L’effort conjoint pour faire revivre le Jourdain et un canal vers la mer Méditerranée font partie des solutions potentielles

AMMAN : Depuis l’époque gréco-romaine, la nature faisait seule l’équilibre de la mer Morte. L’eau douce des rivières et des sources voisines s’est déversée dans le lac, se combinant ainsi avec de riches dépôts de sel puis s’évaporant, laissant derrière elle une saumure de 33% de salinité.

Or, en raison d’une combinaison de plusieurs facteurs climatiques et anthropiques, cet équilibre a été rompu. En conséquence, la mer Morte a reculé à un rythme alarmant au cours du dernier demi-siècle, mettant en danger son existence même.

Lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, COP27, qui s’est déroulée à Charm el-Cheikh en novembre, un accord conjoint israélo-jordanien a été signé pour tenter de faire face au déclin de la mer Morte.

Cependant, certains disent que les chances de réussite de l’accord sont faibles, étant donné qu’il excluait les Palestiniens et avait été signé par un fonctionnaire sortant du ministère israélien de l’Environnement.

Sans financement suffisant et en l’absence d’un accord tripartite, la Jordanie et Israël ont plutôt décidé de se concentrer sur le nettoyage du Jourdain afin d’aider à reconstituer la principale source d’eau de la mer Morte.

La mer Morte a reculé à un rythme alarmant au cours du dernier demi-siècle (Photo, AFP).

Ce qui a été signé par des responsables israéliens et jordaniens en marge de la COP27 était un accord en ce sens. Or, si la mer Morte doit être vraiment sauvée, il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire afin de réparer les dommages causés à ses sources naturelles d’eau douce et de mettre de coté les rivalités politiques pour le bien commun de l’environnement.

Tout le monde ignore comment la mer Morte a vu le jour. Selon la Bible et d’autres textes religieux, ce lac sans vie situé au point le plus bas de la terre aurait été créé lorsque Dieu avait fait pleuvoir le feu et le soufre sur les villes pécheresses de Sodome et Gomorrhe.

Des experts russes ont même essayé de creuser sous le lit du lac dans l’espoir de trouver des preuves à l’appui du récit biblique. La grotte de Lot, un site religieux voisin, serait l’endroit ou le neveu d’Abraham et ses filles ont vécu après avoir fui la destruction.

Quant à eux, les scientifiques soulignent les origines géologiques plus banales du lac. Ils affirment que la mer Morte est le produit des mêmes changements tectoniques qui ont formé la vallée Rift afro-arabe il y a des millions d’années.

Au milieu du XXe siècle, l’une des premières grandes décisions prises par le nouvel État d’Israël a été de détourner de grandes quantités d’eau par des pipelines du Jourdain vers le sud du Néguev, afin de réaliser le rêve du Premier ministre israélien David ben-Gurion pour faire « fleurir le désert ».

Si la mer Morte doit être vraiment sauvée, il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire afin de réparer les dommages causés à ses sources naturelles d’eau douce (Photo, AFP).

En 1964, la Compagnie nationale des eaux Mekorot d’Israël a inauguré son projet National Water Carrier, qui a donné au barrage de Degania – achevé au début des années 1930 – un nouvel objectif : réguler le débit d’eau de la mer de Galilée au Jourdain.

L’un des résultats a été que la part d’eau atteignant la Jordanie a chuté de façon drastique, privant ainsi la mer Morte de millions de mètres cubes d’eau douce par an de sa source principale.

Un autre facteur contributif potentiel à l’heure actuelle est la société israélienne à l’origine de l’eau minérale Ein Gedi. L’usine d’embouteillage de cette dernière a monopolisé l’utilisation de l’eau douce d’une source qui se situe à l’intérieur des frontières d’Israël (1948) et qui a longtemps alimenté la mer Morte.

Cependant, tout le blâme pour ce déclin ne repose pas sur un seul pays. Selon Elias Salameh, professeur de sciences de l’eau à l’Université de Jordanie, tous les pays de la région portent une part de responsabilité.

Il a déclaré à Arab News : « Nous sommes tous responsables à des niveaux différents. » Israël, la Jordanie, le Liban et la Syrie ont tous puisé l’eau destinée à la mer Morte pour satisfaire leurs propres besoins.

En bref

  • La mer Morte reçoit presque toute son eau du Jourdain
  • C’est le point d’eau le plus bas de la planète
  • Au milieu du XXe siècle, elle était à 400 mètres sous le niveau de la mer
  • Au milieu de l’an 2010, elle était tombée à 430 mètres sous le niveau de la mer

En 1955, le plan d’eau unifié de la vallée du Jourdain (Jordan Valley Unified Water Plan) négocié par l’ambassadeur américain Eric Johnston, a permis à Israël d’utiliser 25 millions de mètres cubes d’eau du fleuve Yarmouk par an, la Syrie 90 millions et la Jordanie 375 millions.

Selon Salameh, « tous les pays n’ont pas respecté les engagements envers l’Américain Johnston. Cet accord n’a jamais été signé parce que les pays arabes n’avaient pas reconnu Israël et ont donc refuser de signer tout accord avec le pays. La Syrie a pris la plus grande partie, s’en tirant avec 260 à 280 millions de mètres cubes par an. »

Dans les années 1870, la Jordanie et la Syrie ont commencé leur propre détournement du fleuve Yarmouk, le plus grand affluent du Jourdain, réduisant ainsi à nouveau son débit. En 1986, un autre accord a donné à la Jordanie le droit à 200 millions de mètres cubes. Pourtant, le pays n’en a pris que 20 millions.

« Le changement climatique a frappé la Jordanie de manière agressive au cours des deux dernières années » a déclaré Motassem Saidan, professeur à l’Université de Jordanie (Photo fournie).

Selon l’ONU, la Jordanie est le second pays le plus pauvre en eau au monde. Les guerres arabo-israéliennes de 10948 et 1967 qui ont à l’époque conduit à l’exode massif des palestiniens ont plus que doublé la population de la Jordanie, accentuant davantage ses besoins en eau.

Suite à ces accords et détournements, la mer Morte est passée d’environ 298 mètres sous le niveau de la mer en 1976 à environ 430 mètres sous le niveau de la mer en 2015. L’accélération de ce déclin est inquiétante.

Au cours des 20 premières années après 1976, le niveau d’eau a baissé en moyenne de six mètres par décennie. Au cours de la décennie suivante, du milieu des années 1990 jusqu’au début des années 2000, il a chuté de 9 mètres. Jusqu’en 2015, il aurait chuté de 11 mètres.

 Pour certains, ce déclin accéléré du changement climatique aurait été causé par l’homme. Les climatologues affirment que le réchauffement climatique a déjà entrainé des modifications importantes des systèmes humains et naturels, dont l’un est l’augmentation du taux d’évaporation des masses d’eau.

En parallèle, les eaux de la mer Morte ne se reconstituent pas assez rapidement.

Bien que la mer Morte borde la Jordanie, Israël et la Palestine et malgré les efforts vaillants des organisations non gouvernementales telles que Earth Peace qui comprend des militants des 3 communautés, aucune action collective sérieuse n’a été entreprise pour faire face à la catastrophe écologique.

Selon les scientifiques, la mer Morte est le produit des mêmes changements tectoniques qui ont formé la vallée du Rift afro-arabe il y a des millions d’années (Photo, AFP).

La coopération est cependant essentielle pour éviter les conséquences environnementales plus larges ; la plus préoccupante étant une rapide prolifération des gouffres le long du littoral de la mer Morte.

Plus d’un mille gouffres sont apparus seulement au cours des 15 dernières années, avalant des bâtiments, une portion de route et des plantations de palmiers dattiers, principalement sur la côte nord-ouest. Les experts environnementaux pensent que les hôtels israéliens le long du littoral sont désormais en danger.

La rive orientale de la mer Morte met également le sort des complexes touristiques de luxe jordaniens en danger.

« Si la situation n’est pas corrigée, l’autoroute principale, qui est l’artère de tous les grands hôtels jordaniens risque de s’effondrer. », a déclaré Salameh.

Israël a mis en place un système qui prédit ou le prochain gouffre apparaitra, basé sur des images fournies par un satellite exploité par l’Agence spatiale italienne, qui passe au-dessus de la mer Morte tous les 16 jours et produit par la suite une image radar de la zone.

En comparant des ensembles d’images, même des changements minimes dans la topographie peuvent être identifiés avant tout effondrement majeur.

Les responsables israéliens ont cherché des solutions pour empêcher une nouvelle baisse des niveaux d’eau et ainsi éviter la propagation des gouffres. Une suggestion serait la construction d’un canal entre la mer Rouge et la mer Morte.

La mer Morte est passée d’environ 398 mètres sous le niveau de la mer en 1976 à environ 430 mètres sous le niveau de la mer en 2015 (Photo, AFP).

Selon un rapport compilé pour évaluer l’impact potentiel du transfert de l’eau de la mer Rouge dans la mer Morte plus basse, un débit modéré pourrait ralentir, mais pas arrêter, le retrait de la mer Morte et réduire le nombre de nouveaux gouffres par an.

Ironiquement, ce rapport a constaté que trop d’eau de la mer Rouge pouvait avoir l’effet inverse. Si le débit était suffisamment important pour élever le niveau de la mer Morte, le rapport prévoyait que le problème des gouffres serait alors exacerbé.

Vu que la mer Rouge est moins salée que la mer Morte, cela augmenterait probablement la dissolution des dépôts de sel souterrains et accélérerait ainsi l’apparition de gouffres.

Bien que de nombreuses solutions aient été proposées pour aider à lutter contre le déclin de la mer Morte, aucune n’a été mise en œuvre à cause du manque de financement.

Selon Salameh, la solution la plus logique proposée à ce jour est le projet Med-Dead, qui permettrait de faire passer un canal de la mer Méditerranée à la mer Morte.

Deux des sites proposés pour ce canal sont Qatif, près de la bande de Gaza, et Bisan, au nord du Jourdain en Jordanie. Cependant, un tel plan nécessiterait d’abord des approbations jordaniennes et palestiniennes.

La Jordanie a également suggéré un projet similaire établissant un canal à partir de la mer Rouge, mais selon Salameh, cela n’est pas faisable.

Il a déclaré : « La distance est longue ; ce n’est pas un projet viable. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.


Tunisie: peine de trois ans et demi de prison confirmée contre deux journalistes 

La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
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  • La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus
  • En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale"

TUNIS: La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire".

"Nous sommes très déçus de ce verdict" qui confirme la peine de première instance, a réagi à l'AFP l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi.

En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale".

En début d'audience mardi, le juge a posé de nombreuses questions à MM. Zeghidi et Bsaies, sur leurs biens, leurs sources de revenus et les impôts versés, selon une journaliste de l'AFP.

"Zéro, niente, je n'ai ni biens immobiliers, ni bijoux, ni grosses voitures", a répondu Mourad Zeghidi.

Le magistrat l'a questionné à propos des rétributions tirées de chaque média et chaque émission (radio et télévision) où il apparaissait, sur la gestion de sa société, sur des virements reçus en Tunisie et depuis l'étranger.

Il a aussi demandé à M. Bsaies pourquoi il avait quitté son métier d'enseignant, la profession de son épouse et avec quels moyens elle avait lancé une école.

Dans sa plaidoirie, l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi, s'est demandé pourquoi "des déclarations fiscales (jugées) insuffisantes se sont transformées en (une accusation de) blanchiment d'argent".

Avant l'annonce du verdict, le défenseur et d'autres avocats avaient demandé le non-lieu et la libération des accusés.

Des diplomates représentant la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont assisté à l'audience.

"Acharnement judiciaire" 

Les deux chroniqueurs avaient été emprisonnés en mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied.

Alors qu'ils étaient libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.

A la veille du procès, le directeur régional de RSF Oussama Bouagila a affirmé dans un communiqué qu'"après 23 mois d'enquête, aucun élément sérieux n'a été établi: ni flux suspect, ni actif caché, ni preuve crédible".

"Cet acharnement judiciaire ne doit pas faire oublier l'essentiel: c'est leur travail journalistique qui est à l'origine de ces poursuites", a-t-il dit.

Un autre journaliste de renom, Zied el-Heni, a été condamné le 7 mai à un an de prison ferme, pour "atteinte à autrui", après de virulentes critiques contre des décisions judiciaires visant des collègues journalistes.

L'ONG Al Khatt, maison-mère du média indépendant d'investigation Inkyfada, risque de disparaître, sous le coup d'une demande de dissolution demandée par le gouvernement à la justice tunisienne.

Les opposants et défenseurs des droits tunisiens ainsi que plusieurs ONG internationales ont dénoncé un recul des droits fondamentaux en Tunisie depuis un coup de force du président Saied à l'été 2021, par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs.

Dans un communiqué lundi, l'organisation Amnesty International, basée à Londres, a accusé le pouvoir tunisien de "tentatives d'utiliser les moyens judiciaires pour éliminer purement et simplement les ONG".


L'Iran écarte tout compromis après le rejet de sa proposition par Trump

L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
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  • "Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs"
  • Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public

TEHERAN: L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle".

"Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs", a écrit sur X le négociateur en chef de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, plus d'un mois après l'instauration d'une trêve précaire.

Celui qui est aussi président du Parlement a interpellé les négociateurs américains, estimant que "plus ils traîneront les pieds, plus les contribuables américains en paieront le prix", au moment où les cours du pétrole évoluent à des niveaux toujours élevés.

Ces déclarations sonnent comme une réponse à Donald Trump qui avait dénigré la veille les propositions iraniennes et assimilé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril à un malade "sous assistance respiratoire", avec "1% de chances" de survie.

"Donner une leçon" 

Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public.

Selon certains médias, elle contient un protocole d'accord pour mettre fin aux combats, qui ont fait des milliers de morts depuis le début de la guerre le 28 février, et établir un cadre de négociations sur le dossier du nucléaire iranien.

Dans sa réponse, l'Iran appelle à une fin immédiate des hostilités dans la région, y compris au Liban où les tirs d'Israël et du Hezbollah pro-iranien ne cessent pas en dépit d'un autre cessez-le-feu. Mardi, deux secouristes sont morts dans une frappe israélienne dans le sud, selon la Défense civile libanaise.

Téhéran demande également l'arrêt du blocus de ses ports par la marine américaine et le dégel des avoirs iraniens détenus à l'étranger, selon le ministère des Affaires étrangères.

"Si l'ennemi ne se plie pas aux exigences légitimes et définitives de la nation iranienne sur le terrain diplomatique, il doit s'attendre à voir ses défaites se répéter sur le champ de bataille", a prévenu le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, cité par l'agence Irna.

Pression américaine sur Pékin 

Côté américain, Donald Trump a brandi la menace d'une relance de son opération de protection des navires pour franchir le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran.

Une situation qui désespère Maryam, une peintre téhéranaise de 43 ans: elle raconte à une journaliste de l'AFP basée à Paris "vivre au jour le jour" car "le futur est très incertain".

Les regards sont désormais tournés vers la visite à Pékin prévue à partir de mercredi du président Trump, qui doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Selon l'administration américaine, il entend faire pression pour que la Chine, principal importateur du pétrole iranien, use de son influence sur l'Iran.

Donald Trump a dit s'attendre à une "longue conversation" avec Xi sur la guerre.

La quasi paralysie du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, fait à nouveau grimper les cours de l'or noir mardi, à plus de 107 dollars le baril (+3,25%) pour le Brent de la mer du Nord, référence internationale, vers 14H00 GMT.

"L'Iran ne devrait pas utiliser le détroit comme une arme pour faire pression", a dénoncé cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre du Qatar, en première ligne face à ce blocage.

29 milliards de dollars 

"Le levier d'Ormuz est essentiel", analyse Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa, pour qui Téhéran estime que Donald Trump perdra patience face à la hausse des prix à la pompe, avant les élections de mi-mandat en novembre. D'autant que le Pentagone vient de réévaluer à la hausse le coût de cette guerre à près de 29 milliards de dollars.

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a par ailleurs révélé, au détour d'une conférence, qu'Israël avait envoyé aux Emirats arabes unis des systèmes de défense antiaérienne pendant cette guerre où les pays du Golfe ont été ciblés par l'Iran quasi-quotidiennement.

Au Liban, un nouveau bilan du ministère de la Santé libanais fait état de 380 morts dans des frappes israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril.

De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington entre les deux pays.

Mais le chef du Hezbollah Naïm Qassem a affirmé mardi que la question du désarmement de sa formation, exigé par Israël, ne faisait pas partie des "négociations avec l'ennemi" auxquelles le mouvement chiite est opposé.