Afghanistan: 27 personnes fouettées en public, au lendemain d'une première exécution Charikar

Un taliban monte la garde alors que les gens assistent à la flagellation publique de femmes et d'hommes dans un stade de football de la ville de Charikar (Photo, AFP).
Un taliban monte la garde alors que les gens assistent à la flagellation publique de femmes et d'hommes dans un stade de football de la ville de Charikar (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 08 décembre 2022

Afghanistan: 27 personnes fouettées en public, au lendemain d'une première exécution Charikar

  • Les raisons évoquées de ce châtiment sont entre autres: la sodomie, l'adultère, le faux témoignage, la débauche, la fuite du domicile conjugal
  • Le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid, a qualifié ces réactions d'ingérences

CHARIKAR: Vingt-sept personnes ont été fouettées devant la foule jeudi en Afghanistan, au lendemain de la première exécution publique ordonnée depuis le retour au pouvoir du régime taliban qui a qualifié "d'ingérence" les critiques internationales.

Jeudi, à Charikar, capitale de la province de Parwan (Ouest de l'Afghanistan), "27 criminels, dont 18 hommes et 9 femmes, ont été fouettés sur ordre des tribunaux de la charia (loi islamique) de ladite province", explique la Cour suprême dans un communiqué.

Les raisons évoquées de ce châtiment sont entre autres: la sodomie, l'adultère, le faux témoignage, la débauche, la fuite du domicile conjugal ou encore le vol ainsi que la vente et détention de drogue.

"Chacun de ces criminels a avoué ses crimes devant le tribunal sans avoir eu recours à la force et a été satisfait de la punition donnée par le tribunal", assure la même source.

Un témoin a déclaré à l'AFP que plus d'un millier de personnes avaient assisté à la flagellation organisée dans un stade de la ville. "Le public scandait +Allah Akbar+ et +nous voulons que la loi de Dieu soit appliquée sur notre sol+", a-t-il rapporté.

"Les personnes fouettées ont reçu de 20 à 39 coups de canne donnés par une équipe de talibans qui changeaient de place à mesure qu'ils se fatiguaient". "La plupart des hommes se tordaient, tandis que les femmes poussaient des cris de douleur", selon ce témoin.

Mercredi, pour la première fois depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont procédé à l'exécution d'une homme accusé de meurtre devant plusieurs centaines de personnes à Farah (Ouest).

Le condamné à mort a été tué de trois balles tirées par le père de sa victime, en vertu de la loi du talion.

Cette sentence a été vivement critiquée notamment par les Etats-Unis et la France.

Washington l'a qualifiée d'"odieuse" et a déploré que les talibans ne tiennent pas leurs promesses envers le reste du monde.

"Cela montre, selon nous, que les talibans cherchent à revenir à leurs pratiques rétrogrades et violentes des années 1990", a déclaré le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price.

Sous le premier régime des talibans (1996-2001), ces derniers punissaient en public les auteurs de vols, d'enlèvements ou d'adultères, avec des peines telles que l'amputation d'un membre et la lapidation.

"La France condamne avec la plus grande fermeté l'exécution publique effectuée ce jour par les talibans en Afghanistan", avait de son côté réagi le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid, a qualifié ces réactions "d'ingérences".

Le fait que l'Afghanistan soit critiqué "montre que certains pays et organisations" ont "un problème avec l'islam et ne respectent pas les croyances et les lois des musulmans", a-t-il dénoncé dans un communiqué.

A leur retour au pouvoir, les talibans avaient promis de se montrer plus souples dans l'application de la charia, mais ils sont largement revenus à l'interprétation ultra-rigoriste de l'islam qui avait marqué leur premier passage au pouvoir.

Mi-novembre, le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada a ordonné aux juges d'appliquer tous les aspects de la loi islamique, notamment les exécutions publiques, les lapidations et les flagellations, ainsi que l'amputation de membres pour les voleurs.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.