Jeux vidéo: Washington veut bloquer le rachat d'Activision par Microsoft

Le gendarme américain de la concurrence (FTC) a porté plainte jeudi pour bloquer le rachat à 69 milliards de dollars d'Activision Blizzard, éditeur de jeux vidéo à succès comme Call of Duty, par Microsoft (Photo, AFP).
Le gendarme américain de la concurrence (FTC) a porté plainte jeudi pour bloquer le rachat à 69 milliards de dollars d'Activision Blizzard, éditeur de jeux vidéo à succès comme Call of Duty, par Microsoft (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 09 décembre 2022

Jeux vidéo: Washington veut bloquer le rachat d'Activision par Microsoft

  • Alors que l'opération est déjà dans le collimateur des autorités européennes et britanniques, cette action en justice représente un obstacle supplémentaire
  • Depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Biden, en janvier 2021, son gouvernement a durci la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles

NEW YORK: Le gendarme américain de la concurrence (FTC) a porté plainte jeudi pour bloquer le rachat à 69 milliards de dollars d'Activision Blizzard, éditeur de jeux vidéo à succès comme Call of Duty, par Microsoft, engageant ainsi l'une de ses plus grandes batailles dans le secteur de la "tech".

Alors que l'opération est déjà dans le collimateur des autorités européennes et britanniques, cette action en justice représente un obstacle supplémentaire à la transaction annoncée en janvier.

Si l'opération allait à son terme, Microsoft, fabricant de la console Xbox, distributeur du service en ligne Xbox Game Pass et propriétaire de plusieurs studios de développement, "obtiendrait le contrôle sur des franchises de premier plan", explique l'agence dans un communiqué. Cela "nuirait à la concurrence" aussi bien du côté des consoles que des services d'abonnement aux jeux vidéo, affirme-t-elle.

La FTC en veut pour preuve le comportement de Microsoft après l'acquisition d'un éditeur plus petit, ZeniMax, la maison mère de Bethesda Softworks.

Une fois l'opération finalisée, Microsoft s'est réservé l'exclusivité de jeux comme Starfield après avoir pourtant assuré aux autorités de la concurrence européennes que l'entreprise n'avait aucun intérêt à ne pas distribuer les jeux sur des consoles concurrentes, fait valoir l'agence.

Or Activision, qui produit certains des jeux vidéo les plus emblématiques comme "World of Warcraft" ou "Candy Crush", "est l'un des rares développeurs de jeux vidéo au monde à créer et à publier des jeux vidéo de haute qualité pour de multiples appareils, notamment les consoles de jeux vidéo, les PC et les appareils mobiles", souligne la FTC.

"Cela pourrait changer si l'accord de rachat est autorisé", affirme l'agence.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Biden, en janvier 2021, son gouvernement a durci la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles et s'est opposé à plusieurs rapprochements d'entreprises.

Son bilan est jusqu'à présent mitigé.

Numéro trois du secteur

Il a notamment obtenu l'abandon des fusions entre les courtiers en assurance Aon et Willis ou entre les maisons d'édition Simon & Schuster et Penguin Random House.

Il a, en revanche, été débouté dans d'autres dossiers, notamment le rachat d'EverWatch Corp par Booz Allen Hamilton dans la défense et l'acquisition de Change Healthcare par UnitedHealth dans l'assurance-maladie.

La FTC est dirigée depuis juin 2021 par Lina Khan, réputée pour son hostilité aux monopoles des grandes plateformes technologiques. Sous sa houlette, l'agence a notamment redéposé une nouvelle plainte contre Facebook pour abus de position dominante sur le marché des réseaux sociaux.

"Nous continuons de croire que cet accord élargira la concurrence et créera davantage d'opportunités pour les joueurs et les développeurs de jeux", a réagi un porte-parole de Microsoft dans un message à l'AFP en soulignant que le groupe avait proposé des concessions à la FTC.

Le patron de la division jeux vidéo de Microsoft a notamment assuré mercredi que "Call of Duty" serait disponible sur les consoles de Nintendo pendant dix ans après la finalisation du rachat d'Activision.

"Nous avons une confiance totale dans notre dossier et nous nous réjouissons de l'opportunité de présenter notre cas au tribunal, a indiqué le porte-parole.

Le patron d'Activision, Bobby Kotick, s'est aussi montré confiant, affirmant dans un message sur Twitter que les accusations des autorités de la concurrence "ne (correspondaient) pas à la réalité".

L'opération doit propulser le géant américain de la "tech" au troisième rang mondial de cette industrie en termes de chiffres d'affaires, derrière le chinois Tencent et le japonais Sony, fabricant de la PlayStation.

Pour Dan Ives, du cabinet Wedbush, Microsoft va très probablement "se battre" pour mener à bien cette opération, "qui reste très importante" dans sa stratégie.

Microsoft doit aussi faire face aux réticences outre-Atlantique, la Commission européenne et le gendarme de la concurrence du Royaume-Uni ayant ouvert des enquêtes approfondies sur les effets de l'opération, respectivement en novembre et septembre.

La Commission européenne avait notamment expliqué craindre que l'opération puisse entraîner "une hausse des prix, une baisse de la qualité et une réduction de l'innovation" ainsi qu'une réduction de la concurrence sur le marché des systèmes d'exploitation pour PC.


Microsoft va investir dans une nouvelle région de centres de données au Royaume

Microsoft a déclaré que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique. (Photo fournie)
Microsoft a déclaré que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique. (Photo fournie)
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  • Microsoft a indiqué que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique
  • Le vice-ministre saoudien des Communications et des Technologies de l'information a précisé que le centre de données offrira d'énormes opportunités aux startups et aux PME qui cherchent à améliorer leur compétitivité

RIYAD: La multinationale informatique Microsoft a annoncé son intention d'investir dans une nouvelle région de centre de données cloud en Arabie saoudite, en réponse à la demande croissante des clients pour les services cloud et la résidence des données dans le Royaume.

Une région est un ensemble de zones collaboratives ou de centres de données regroupés en fonction de leur proximité géographique.

La société a affirmé que la nouvelle région de centre de données cloud, annoncée lors de la conférence internationale de technologie Leap 2023, offrira en Arabie saoudite une fiabilité et des performances de qualité hautement professionnelles, associées à la confidentialité des clients, à la résidence des données et aux normes de latence à grande vitesse.

«Cette nouvelle région de centres de données fournira aux organisations, entreprises et développeurs du Royaume et du monde entier un accès à des services cloud évolutifs, hautement disponibles et résilients, tout en répondant à leurs besoins en matière de résidence, de sécurité, de confidentialité et de conformité des données», a affirmé Samer Abou Ltaif, vice-président du groupe et président de Microsoft Europe centrale et orientale, Moyen-Orient et Afrique.

Microsoft a indiqué que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique. Citant une étude d'IDC (International Data Corporation), la société a ajouté que ses partenaires et les clients utilisant le cloud généreront ensemble au cours des quatre prochaines années près de 24 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) de nouveaux revenus, au-dessus du niveau de 2022.

«L'annonce d'aujourd'hui reflète l'engagement de longue date de Microsoft envers l'Arabie saoudite et ses ambitions de transformation numérique», a déclaré Thamer Alharbi, président de Microsoft Arabia.

Il a ajouté que «la région de leur centre de données permettra à un plus grand nombre d'entreprises et de secteurs en Arabie saoudite de bénéficier d'un cadre cloud fiable qui protège la confidentialité des données des organisations au plus haut niveau».

Le vice-ministre saoudien des Communications et des Technologies de l'information, Haitham ben Abdul Rahman al-Ohali, a indiqué: «Cette étape importante va de pair avec les mesures prises par le Royaume pour accélérer sa transformation numérique et renforcer sa position en tant que pôle d'innovation.»

Il a précisé que le centre de données offrira également d'énormes opportunités aux startups et aux petites et moyennes entreprises qui cherchent à améliorer leur compétitivité et tirer parti des avancées de la quatrième révolution industrielle pour développer des solutions innovantes.

«Cela soutient l'objectif de la Vision 2030 du Royaume qui consiste à renforcer le rôle du secteur des communications et des technologies de l'information dans la création d'une société numérique, d'un gouvernement numérique, d'une économie numérique florissante et d'un avenir innovant pour le Royaume», a ajouté Al-Ohali.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Fluctuation du dinar irakien: les autorités actent une appréciation de la monnaie

L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar. (Photo, AFP)
L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar. (Photo, AFP)
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  • La Banque centrale irakienne proposait ces derniers jours d'apprécier la monnaie nationale d'environ 10%, en faisant passer le taux de change officiel d'environ 1 470 dinars à 1 300 dinars pour un dollar
  • Analystes et responsables attribuent la dépréciation du dinar à la mise en conformité du système bancaire irakien avec la réglementation internationale sur les transferts de fonds

BAGDAD: L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar, une mesure visant à lutter contre la dépréciation de la monnaie qui a accompagné l'adoption d'une réglementation plus rigoureuse sur les transferts vers l'étranger.

Depuis près de trois mois le dinar irakien connaît de fortes fluctuations, qui poussent certains Irakiens à manifester contre leur perte de pouvoir d'achat. Certains jours, la devise perd en effet jusqu'à 15% de sa valeur face au dollar, avant de repartir à la hausse le lendemain.

Pour contrer cette spirale, la Banque centrale irakienne proposait ces derniers jours d'apprécier la monnaie nationale d'environ 10%, en faisant passer le taux de change officiel d'environ 1 470 dinars à 1 300 dinars pour un dollar.

Mardi, le gouvernement a "entériné la décision du conseil d'administration de la Banque centrale de modifier le taux de change du dollar face au dinar, qui passe à 1.300 dinars pour un dollar", selon un communiqué des services du Premier ministre Mohamed Chia al-Soudani.

La mesure, qui avait été ébruitée, s'est immédiatement répercutée sur le marché des changes. Le dollar est retombé à moins de 1 500 dinars, après avoir frôlé les 1 700 dinars ces derniers jours.

Il s'agit d'une amélioration "temporaire", a estimé l'économiste irakien Barik Schuber. Il a pointé du doigt une baisse de la demande sur le marché car "les acheteurs de dollars attendaient d'obtenir le billet vert à un taux plus bas auprès de la Banque centrale".

Mais résoudre la crise nécessite "des solutions radicales", comme un meilleur contrôle des agences de transferts d'argent et le recours uniquement aux lignes de crédit pour les importations, estime-t-il.

Analystes et responsables attribuent la dépréciation du dinar à la mise en conformité du système bancaire irakien avec la réglementation internationale sur les transferts de fonds.

Les banques irakiennes doivent désormais appliquer des mécanismes de transferts liés à la plateforme électronique SWIFT. Ces mesures impliquent une surveillance plus rigoureuse des transactions, notamment par la Réserve fédérale américaine, qui rejette tout transfert jugé suspect.

Or les autorités ont reconnu que l'ancien système permettait de nombreux abus. Certains usagers obtenaient les dollars de la Banque centrale par les voies officielles, pour ensuite effectuer des opérations de blanchiment d'argent vers l'étranger ou une fuite des capitaux.

Privés des canaux officiels, ces usagers se sont donc rabattus sur le marché parallèle, faisant exploser la demande.

Le Premier ministre a reconnu début février que des transferts frauduleux de dollars avaient été effectués depuis l'Irak vers l'étranger.


France: le déficit commercial sur les biens s'envole à 164 milliards d'euros en 2022, nouveau record

Concernant les services, la France a enregistré un excédent record de 50 milliards d'euros après 36 milliards l'année précédente, profitant d'une nette reprise du tourisme et d'une très bonne tenue du transport maritime. (Photo d'illustration/AFP).
Concernant les services, la France a enregistré un excédent record de 50 milliards d'euros après 36 milliards l'année précédente, profitant d'une nette reprise du tourisme et d'une très bonne tenue du transport maritime. (Photo d'illustration/AFP).
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  • Le déficit sur les biens a pratiquement doublé par rapport au précédent record de 84,7 milliards d'euros atteint en 2021, principalement en raison d'une multiplication par plus de deux des prix de l'énergie à l'importation
  • En revanche, un excédent record a été dégagé par les services

PARIS : Le déficit commercial de la France sur les biens s'est envolé à un record historique de 164 milliards d'euros en 2022, lesté par l'envolée des cours de l'énergie, a annoncé mardi le ministère du Commerce extérieur.

Le déficit sur les biens a pratiquement doublé par rapport au précédent record de 84,7 milliards d'euros atteint en 2021, principalement en raison d'une multiplication par plus de deux des prix de l'énergie à l'importation, a précisé le ministère au cours d'une conférence de presse.

En revanche, un excédent record a été dégagé par les services.

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Evolution du solde commercial de la France, de 2013 à 2022. (AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA AND Sophie RAMIS AND Sabrina BLANCHARD).

"On est malheureusement dans la continuité des années précédentes", a commenté  le ministre du Commerce extérieur Olivier Becht au cours d'une conférence de presse, reconnaissant "un déficit extrêmement important" sur les biens, tout en se réjouissant de l'excédent record des services.

La France est en déficit chronique depuis vingt ans, le dernier excédent commercial français sur les biens remontant à 2002 selon les chiffres de l'Insee.

Le ministre a toutefois mis en avant le coût de la facture énergétique sur fond d'envolée des prix liés à la guerre en Ukraine et de perturbations sur le parc nucléaire français ayant contraint la France à importer de l'électricité.

Ces prix de l'énergie à l'importation ont été multipliés par 2,1 par rapport à l'année précédente.

"Sans surprise cela impacte à peu près de la même manière notre balance des biens", a souligné M. Becht.

Rien que sur le gaz, les prix à l'importation se sont alourdis de 248% à 59 milliards d'euros, contribuant à faire plus que doubler la facture de l'énergie l'an dernier à 115 milliards d'euros.

Outre la flambée des cours des matières premières, dont l'énergie mais aussi les métaux et l'agroalimentaire, le gouvernement met en cause la dépréciation de l'euro par rapport au dollar l'an dernier et les tensions sur les chaînes d'approvisionnement pour justifier les mauvais chiffres de 2022.

Parmi les secteurs dynamiques figurent l'automobile, dont les exportations ont retrouvé quasiment leur niveau de 2019, l'aéronautique et le spatial, les parfums et cosmétiques, et les produits agricoles.

Concernant les services, la France a enregistré un excédent record de 50 milliards d'euros après 36 milliards l'année précédente, profitant d'une nette reprise du tourisme et d'une très bonne tenue du transport maritime.

La balance des revenus (dont services financiers) a aussi été excédentaire (de 31 milliards d'euros).

La balance des biens, des services et des revenus affiche un solde courant déficitaire après un excédent l'an dernier.