Protéger la haute mer «n'a que trop tardé», déplore le chef de l'ONU

«De nos jours, 35% des pêches sont surexploitées dans le monde. Le niveau de la mer augmente. L'océan s’acidifie et étouffe à cause de la pollution. Les récifs de corail, indispensables à la vie, sont en train de blanchir et de mourir» (Photo, AFP).
«De nos jours, 35% des pêches sont surexploitées dans le monde. Le niveau de la mer augmente. L'océan s’acidifie et étouffe à cause de la pollution. Les récifs de corail, indispensables à la vie, sont en train de blanchir et de mourir» (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 09 décembre 2022

Protéger la haute mer «n'a que trop tardé», déplore le chef de l'ONU

  • Antonio Guterres a souligné la «situation désastreuse» des océans
  • Parmi les outils de protection, le traité sur «la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale»

NATIONS UNIES: Le traité pour protéger la haute mer n'a "que trop tardé", a déploré jeudi le secrétaire général de l'ONU, alors qu'une nouvelle session de négociations pour accoucher de cet accord crucial pour les océans est désormais prévue début 2023.

Lors d'une session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU pour célébrer le 40e anniversaire de l'adoption de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, Antonio Guterres a souligné la "situation désastreuse" des océans.

"De nos jours, 35% des pêches sont surexploitées dans le monde. Le niveau de la mer augmente. L'océan s’acidifie et étouffe à cause de la pollution. Les récifs de corail, indispensables à la vie, sont en train de blanchir et de mourir", a-t-il énuméré, appelant à être "plus ambitieux" pour protéger les océans et tous ceux qui en dépendent.

Parmi les outils de protection, le traité sur "la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale", en discussion depuis quinze ans.

Le texte vise à protéger la haute mer, là où s'arrêtent les zones économiques exclusives (ZEE) des Etats, à maximum 200 milles nautiques des côtes. Une vaste zone longtemps ignorée mais qui représente 60% des océans et recèle des trésors de biodiversité

Après une impossibilité à conclure lors de ce qui devrait être le dernier round de négociations en mars, une session de rattrapage en août avait également échoué.

Une nouvelle réunion, qui doit encore être formellement approuvée par l'Assemblée générale de l'ONU, est désormais programmée à New York du 20 février au 3 mars 2023, selon les dates publiées jeudi sur le site internet de la conférence.

"Cet instrument, qui n’a que trop tardé à voir le jour, est indispensable au rétablissement de la santé, de la résilience et de la productivité des océans", a commenté Antonio Guterres.

"Nous étions très proches d'un accord lors de la dernière session en août (...) Maintenant plus que jamais, nous devons faire preuve de flexibilité pour atteindre notre objectif commun: un traité ambitieux, universel, efficace, inclusif, juste, équilibré et à l'épreuve de l'avenir", a déclaré l'ambassadeur de l'UE Olof Skoog.

Ce traité, qui exclut les fonds marins et leurs ressources minières couverts par un autre accord, concerne notamment la création d'aires marines protégées, la réalisation d'études d'impact environnementales et la répartition des possibles bénéfices issus de l'exploitation des ressources génétiques de la haute mer.

"Un accord est nécessaire, maintenant plus que jamais, si nous voulons assurer un avenir durable pour nos océans", a commenté jeudi auprès de l'AFP Liz Karan, de l'ONG Pew Charitable Trusts.


Birmanie: l'Asean exhorte la junte à mettre en œuvre le plan de paix convenu

Le ministre indonésien des Affaires étrangères, Retno Marsudi, s'exprime lors d'une conférence de presse après la retraite des ministres des Affaires étrangères de l'ANASE (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) à Jakarta, le 4 février 2023. (AFP).
Le ministre indonésien des Affaires étrangères, Retno Marsudi, s'exprime lors d'une conférence de presse après la retraite des ministres des Affaires étrangères de l'ANASE (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) à Jakarta, le 4 février 2023. (AFP).
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  • L'Indonésie, première économie d'Asie du Sud-Est, préside l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) pour 2023 et accueillera les réunions annuelles des dirigeants de cette organisation dans le courant de l'année
  • Mais la réunion ministérielle de Jakarta a été dominée par la crise en Birmanie déclenchée par le coup d'Etat de la junte en 2021

JAKARTA : A l'issue de pourparlers de deux jours en Indonésie, des ministres d'Asie du Sud-Est ont exhorté samedi la junte birmane à mettre en œuvre un plan de paix en cinq points convenu il y a deux ans pour ouvrir un chemin vers la fin de la crise politique du pays.

L'Indonésie, première économie d'Asie du Sud-Est, préside l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) pour 2023 et accueillera les réunions annuelles des dirigeants de cette organisation dans le courant de l'année.

Mais la réunion ministérielle de Jakarta a été dominée par la crise en Birmanie déclenchée par le coup d'Etat de la junte en 2021.

La ministre indonésienne des Affaires étrangères, Retno Marsudi, a déclaré que Jakarta avait proposé aux membres de l'Asean un plan de mise en œuvre du "consensus en cinq points" (5PC) convenu avec la junte en avril 2021, qui appelait à la fin des violences et au dialogue entre les militaires et les rebelles.

"Tous les Etats membres ont apporté un large soutien à ce plan", a-t-elle fait savoir aux journalistes à la fin des discussions, sans donner de détails sur le moment et la manière dont ils espèrent que l'accord sera appliqué.

"Ce plan est très important pour l'Asean, en particulier pour la présidence, en tant qu'orientation pour faire face à la situation en Birmanie de manière unie. Il montre une forte unité des membres de l'Asean pour mettre en œuvre le 5PC."

La Birmanie reste membre de l'Asean. Mais les responsables de la junte birmane n'ont pas été autorisés à participer aux réunions de haut niveau à cause du manque de progrès dans l'application du plan visant à rétablir la paix entre l'armée et l'opposition birmane.

Le ministre birman des affaires étrangères, Than Swe, nommé cette semaine, n'était pas présent aux négociations de l'Asean vendredi, le bloc ayant refusé d'inviter un membre de la junte et n'acceptant qu'un "représentant apolitique", une offre rejetée par Naypyidaw.

Les responsables indonésiens ont souligné que l'absence de progrès de la part de la junte mettait à l'épreuve la crédibilité du bloc et qu'ils s'efforçaient de trouver des solutions à la crise.

Jakarta a annoncé son intention de mettre en place un bureau d'envoyé spécial sous l'égide du ministère des Affaires étrangères afin d'établir un dialogue de niveau inférieur avec la junte.


Les ballons «espions» chinois, des outils perfectionnés et difficiles à abattre

Cette photo d'archive aérienne prise le 12 mars 2022 montre le Pentagone (ministère américain de la Défense) à Washington, DC. Le Pentagone a déclaré le 2 février 2023 qu'il suivait un ballon espion chinois volant à haute altitude au-dessus des États-Unis qui semblait surveiller des sites d'armes nucléaires hautement sensibles. (AFP).
Cette photo d'archive aérienne prise le 12 mars 2022 montre le Pentagone (ministère américain de la Défense) à Washington, DC. Le Pentagone a déclaré le 2 février 2023 qu'il suivait un ballon espion chinois volant à haute altitude au-dessus des États-Unis qui semblait surveiller des sites d'armes nucléaires hautement sensibles. (AFP).
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  • Si l'aspect du ballon chinois ressemble à celui d'un ballon-sonde météo habituel, quelques éléments diffèrent, fait remarquer William Kim, spécialiste des ballons de surveillance
  • Son imposante charge utile, bien visible, est constituée d'outillage électronique pour le guidage et la surveillance, ainsi que de panneaux solaires pour alimenter l'ensemble.

WASHINGTON : Le ballon "espion" chinois qui a survolé le territoire américain cette semaine, provoquant le report de la visite du chef de la diplomatie américaine en Chine, est un outil guidé par l'intelligence artificielle, selon un expert américain.

Pour William Kim, spécialiste des ballons de surveillance au centre de réflexion Marathon Initiative de Washington, ces aéronefs sont de puissants outils de surveillance difficiles à abattre.

Un ballon «espions» guidé par l'intelligence artificielle ?

Si l'aspect du ballon chinois ressemble à celui d'un ballon-sonde météo habituel, quelques éléments diffèrent, fait remarquer M. Kim.

Son imposante charge utile, bien visible, est constituée d'outillage électronique pour le guidage et la surveillance, ainsi que de panneaux solaires pour alimenter l'ensemble.

Selon lui, ce ballon pourrait embarquer des technologies de guidage pas encore en place au sein de l'armée américaine.

L'expert explique qu'avec les progrès de l'intelligence artificielle (IA), il est désormais possible pour un ballon de se diriger en changeant simplement d'altitude afin de parvenir à un point idoine pour trouver un vent le poussant vers la destination désirée.

Avant cela, il fallait soit le diriger du sol avec un câble, "soit vous le lancez, et il va où le vent l'emporte", précise William Kim.

"Ce qui s'est passé très récemment avec les progrès de l'IA, c'est qu'on peut désormais avoir un ballon (...) qui n'a même pas besoin de ses propres moyens de propulsion. En contrôlant simplement l'altitude, il peut contrôler sa direction", résume-t-il.

Une telle technologie pourrait tout de même impliquer des communications avec sa base.

Quels sont les avantages par rapport aux satellites ?

Selon M. Kim, les satellites sont de plus en plus vulnérables aux attaques terrestres et spatiales.

Les ballons, eux, présentent de multiples avantages, à commencer par leur capacité à échapper aux radars.

"Ils sont fait en matériaux qui ne réfléchissent pas la lumière, ils ne sont pas en métal. Donc même s'ils peuvent être plutôt gros (...) les détecter sera une difficulté".

S'ils sont assez petits, les dispositifs d'espionnage et la charge utile de ces aéronefs peuvent même passer inaperçus.

Les ballons ont aussi l'avantage de pouvoir maintenir une position stationnaire au-dessus d'une cible à surveiller, contrairement aux satellites espions qui doivent rester en orbite.

"Ils peuvent survoler une même position pendant des mois", assure l'expert.

Le ballon a-t-il pu arriver aux Etats-Unis par accident ?

Pour William Kim, c'est une "vraie possibilité". Le ballon chinois a en effet pu être envoyé au départ pour collecter des données hors des frontières américaines ou bien plus haut, avant de dysfonctionner.

"Ces ballons ne fonctionnent pas toujours parfaitement", affirme-t-il, soulignant que l'appareil chinois volait à environ 46.000 pieds au-dessus du sol, contre 65 000 à 100 000 habituellement pour ce type d'outils.

"C'est assurément un peu bas (...) Si l'objectif était de le rendre plus difficile à détecter, plus difficile à abattre, cela aurait eu du sens de l'envoyer à plus haute altitude".

Pourquoi les Etats-Unis ne peuvent-ils pas l'abattre ?

Abattre le ballon n'est pas aussi facile qu'il n'y paraît, prévient M. Kim.

"Ces ballons fonctionnent à l'hélium (...) vous ne pouvez pas juste lui tirer dessus et le faire prendre feu" comme un dirigeable, détaille le spécialiste.

"Ce ne sont pas des choses qui explosent ou éclatent", poursuit-il. "Si vous le trouez, il va juste se dégonfler très lentement".

William Kim rappelle qu'en 1998 l'armée de l'air du Canada a envoyé un avion de combat F-18 pour tenter d'abattre un ballon météo considéré comme voyou.

"Ils l'ont criblé d'un millier de munitions de 20 millimètres. Et cela a quand-même pris six jours avant qu'il redescende".

Pour M. Kim, il n'est pas évident de savoir si les missiles sol-air fonctionnent contre ce type de ballon. Leurs systèmes de guidage sont en effet conçus pour traquer des cibles véloces.


Le Sri Lanka face à ses «échecs» pour l'anniversaire de son indépendance

Le président sri-lankais Ranil Wickremesinghe (à droite à côté du mât) écoute l'hymne national lors des célébrations du 75e jour de l'indépendance du Sri Lanka à Colombo le 4 février 2023. (Photo par ISHARA S. KODIKARA / AFP)
Le président sri-lankais Ranil Wickremesinghe (à droite à côté du mât) écoute l'hymne national lors des célébrations du 75e jour de l'indépendance du Sri Lanka à Colombo le 4 février 2023. (Photo par ISHARA S. KODIKARA / AFP)
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  • Le président Ranil Wickremesinghe, qui a pris ses fonctions en juillet au plus fort de l'agitation politique qui en a résulté, a souligné que l'anniversaire de ce samedi arrivait à «un moment extrêmement critique et difficile»
  • «C'est l'occasion pour nous non seulement de passer en revue nos forces et nos acquis en tant que nation, mais aussi de rectifier nos erreurs et nos échecs», a-t-il mis en avant dans un communiqué

COLOMBO: Le Sri Lanka a célébré samedi les 75 ans de son indépendance par un défilé militaire sans lustre, son président appelant à une réflexion sur les "erreurs et les échecs" du passé en cette période de crise nationale.

Depuis la fin de la colonisation britannique en 1948, la nation insulaire a passé une grande partie de son histoire en guerre contre elle-même, y compris une rébellion séparatiste tamoule de plusieurs décennies qui a fait jusqu'à 100.000 morts et deux insurrections communistes meurtrières.

Ses 22 millions d'habitants sont encore sous le choc des difficultés provoquées par un effondrement économique sans précédent l'année dernière qui a entraîné des mois de pénurie de nourriture et de carburant.

Le président Ranil Wickremesinghe, qui a pris ses fonctions en juillet au plus fort de l'agitation politique qui en a résulté, a souligné que l'anniversaire de ce samedi arrivait à "un moment extrêmement critique et difficile".

"C'est l'occasion pour nous non seulement de passer en revue nos forces et nos acquis en tant que nation, mais aussi de rectifier nos erreurs et nos échecs", a-t-il mis en avant dans un communiqué.

M. Wickremesinghe, flanqué de hauts gradés, a regardé pendant une heure la procession de soldats et de véhicules de l'armée le long d'un boulevard en bord de mer dans la capitale Colombo, qui a débuté par des tirs d'artillerie cérémoniels et qui a été boycottée par les partis d'opposition.

Pendant plusieurs mois l'année dernière, ce même boulevard avait été le site d'un campement de protestation érigé par des Sri Lankais indignés par le désastre économique sur l'île et la mauvaise gestion menée par ses dirigeants.

Le mouvement de protestation a atteint son apogée en juillet lorsqu'une foule immense a pris d'assaut le domicile du prédécesseur de M. Wickremesinghe et l'a chassé vers un exil temporaire d'où il a présenté sa démission.

M. Wickremesinghe a ordonné aux forces de sécurité de démanteler le camp quelques heures après avoir prêté serment et a depuis entrepris de rétablir les finances en ruine du Sri Lanka.