Royaume-Uni: Londres annonce des réformes financières post-Brexit

Le chancelier de l'Echiquier Jeremy Hunt va annoncer à Edimbourg «un ensemble de trente réformes de régulation» (Photo, AFP).
Le chancelier de l'Echiquier Jeremy Hunt va annoncer à Edimbourg «un ensemble de trente réformes de régulation» (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 09 décembre 2022

Royaume-Uni: Londres annonce des réformes financières post-Brexit

  • Les organes de régulation, FCA pour les marchés et PRA pour les banques, «vont recevoir pour objectif de générer de la croissance»
  • Londres prévoit notamment d'assouplir les exigences en termes de fonds propres des entreprises du secteur

LONDRES: Le gouvernement britannique va annoncer vendredi des réformes post Brexit destinées à stimuler la croissance du puissant secteur financier, notamment pour revenir sur certaines mesures qui avaient été mises en place dans la foulée de la crise de 2008.

Le chancelier de l'Echiquier Jeremy Hunt va annoncer à Edimbourg "un ensemble de trente réformes de régulation pour assurer la place du Royaume-Uni comme centre financier mondial principal", affirme un communiqué du Trésor britannique.

Des lois garantissant la séparation des activités de détail et d'investissement au sein d'une banque, héritage de la crise financière de 2008 et qui visaient à éviter les conflits d'intérêt ("ringfencing" en anglais) et protéger l'argent des consommateurs, vont être mises à jour pour extraire de ces contraintes "les banques qui n'ont pas d'activité majeure d'investissement", affirme le communiqué.

Les organes de régulation, FCA pour les marchés et PRA pour les banques, "vont recevoir pour objectif de générer de la croissance et mèneront un vaste examen pour annuler des centaines de pages de législation de l'Union européenne".

"Les réformes d’Édimbourg vont donner une vigueur sans égale aux services financiers britanniques, en profitant des opportunités offertes par la sortie britannique de l'UE" pour générer "un cadre réglementaire taillé pour les besoins du pays", argumente le Trésor.

En particulier, les règles qui "freinent la croissance seront révisées, avec des lois européennes trop restrictives décourageant les entreprises d'être cotées au Royaume-Uni qui seront révisées (...) au sein d'un projet de loi sur les Services financiers et les marchés".

Le gouvernement britannique avait déjà lancé il y a quelques mois le volet de la réforme portant sur les compagnies d'assurances, jusqu'ici régies par la directive européenne Solvency II.

Londres prévoit notamment d'assouplir les exigences en termes de fonds propres des entreprises du secteur, espérant débloquer des dizaines de milliards de livres pour des investissements "verts" et dans les infrastructures.

Jeremy Hunt, en présentant des mesures budgétaires le mois dernier, avait admis que le pays était déjà en récession et les prévisions de la Banque d'Angleterre anticipent une contraction sur l'ensemble de l'année prochaine.

Le secteur financier génère 216 milliards de livres (250 milliards d'euros) par an et 76 milliards de livres (88,1 milliards d'euros) en recettes fiscales pour l'Etat, tout en employant plus de 2,3 millions de personnes d'après le Trésor.


Microsoft va investir dans une nouvelle région de centres de données au Royaume

Microsoft a déclaré que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique. (Photo fournie)
Microsoft a déclaré que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique. (Photo fournie)
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  • Microsoft a indiqué que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique
  • Le vice-ministre saoudien des Communications et des Technologies de l'information a précisé que le centre de données offrira d'énormes opportunités aux startups et aux PME qui cherchent à améliorer leur compétitivité

RIYAD: La multinationale informatique Microsoft a annoncé son intention d'investir dans une nouvelle région de centre de données cloud en Arabie saoudite, en réponse à la demande croissante des clients pour les services cloud et la résidence des données dans le Royaume.

Une région est un ensemble de zones collaboratives ou de centres de données regroupés en fonction de leur proximité géographique.

La société a affirmé que la nouvelle région de centre de données cloud, annoncée lors de la conférence internationale de technologie Leap 2023, offrira en Arabie saoudite une fiabilité et des performances de qualité hautement professionnelles, associées à la confidentialité des clients, à la résidence des données et aux normes de latence à grande vitesse.

«Cette nouvelle région de centres de données fournira aux organisations, entreprises et développeurs du Royaume et du monde entier un accès à des services cloud évolutifs, hautement disponibles et résilients, tout en répondant à leurs besoins en matière de résidence, de sécurité, de confidentialité et de conformité des données», a affirmé Samer Abou Ltaif, vice-président du groupe et président de Microsoft Europe centrale et orientale, Moyen-Orient et Afrique.

Microsoft a indiqué que sa région cloud en Arabie saoudite jouera un rôle important dans la croissance économique. Citant une étude d'IDC (International Data Corporation), la société a ajouté que ses partenaires et les clients utilisant le cloud généreront ensemble au cours des quatre prochaines années près de 24 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) de nouveaux revenus, au-dessus du niveau de 2022.

«L'annonce d'aujourd'hui reflète l'engagement de longue date de Microsoft envers l'Arabie saoudite et ses ambitions de transformation numérique», a déclaré Thamer Alharbi, président de Microsoft Arabia.

Il a ajouté que «la région de leur centre de données permettra à un plus grand nombre d'entreprises et de secteurs en Arabie saoudite de bénéficier d'un cadre cloud fiable qui protège la confidentialité des données des organisations au plus haut niveau».

Le vice-ministre saoudien des Communications et des Technologies de l'information, Haitham ben Abdul Rahman al-Ohali, a indiqué: «Cette étape importante va de pair avec les mesures prises par le Royaume pour accélérer sa transformation numérique et renforcer sa position en tant que pôle d'innovation.»

Il a précisé que le centre de données offrira également d'énormes opportunités aux startups et aux petites et moyennes entreprises qui cherchent à améliorer leur compétitivité et tirer parti des avancées de la quatrième révolution industrielle pour développer des solutions innovantes.

«Cela soutient l'objectif de la Vision 2030 du Royaume qui consiste à renforcer le rôle du secteur des communications et des technologies de l'information dans la création d'une société numérique, d'un gouvernement numérique, d'une économie numérique florissante et d'un avenir innovant pour le Royaume», a ajouté Al-Ohali.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Fluctuation du dinar irakien: les autorités actent une appréciation de la monnaie

L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar. (Photo, AFP)
L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar. (Photo, AFP)
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  • La Banque centrale irakienne proposait ces derniers jours d'apprécier la monnaie nationale d'environ 10%, en faisant passer le taux de change officiel d'environ 1 470 dinars à 1 300 dinars pour un dollar
  • Analystes et responsables attribuent la dépréciation du dinar à la mise en conformité du système bancaire irakien avec la réglementation internationale sur les transferts de fonds

BAGDAD: L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar, une mesure visant à lutter contre la dépréciation de la monnaie qui a accompagné l'adoption d'une réglementation plus rigoureuse sur les transferts vers l'étranger.

Depuis près de trois mois le dinar irakien connaît de fortes fluctuations, qui poussent certains Irakiens à manifester contre leur perte de pouvoir d'achat. Certains jours, la devise perd en effet jusqu'à 15% de sa valeur face au dollar, avant de repartir à la hausse le lendemain.

Pour contrer cette spirale, la Banque centrale irakienne proposait ces derniers jours d'apprécier la monnaie nationale d'environ 10%, en faisant passer le taux de change officiel d'environ 1 470 dinars à 1 300 dinars pour un dollar.

Mardi, le gouvernement a "entériné la décision du conseil d'administration de la Banque centrale de modifier le taux de change du dollar face au dinar, qui passe à 1.300 dinars pour un dollar", selon un communiqué des services du Premier ministre Mohamed Chia al-Soudani.

La mesure, qui avait été ébruitée, s'est immédiatement répercutée sur le marché des changes. Le dollar est retombé à moins de 1 500 dinars, après avoir frôlé les 1 700 dinars ces derniers jours.

Il s'agit d'une amélioration "temporaire", a estimé l'économiste irakien Barik Schuber. Il a pointé du doigt une baisse de la demande sur le marché car "les acheteurs de dollars attendaient d'obtenir le billet vert à un taux plus bas auprès de la Banque centrale".

Mais résoudre la crise nécessite "des solutions radicales", comme un meilleur contrôle des agences de transferts d'argent et le recours uniquement aux lignes de crédit pour les importations, estime-t-il.

Analystes et responsables attribuent la dépréciation du dinar à la mise en conformité du système bancaire irakien avec la réglementation internationale sur les transferts de fonds.

Les banques irakiennes doivent désormais appliquer des mécanismes de transferts liés à la plateforme électronique SWIFT. Ces mesures impliquent une surveillance plus rigoureuse des transactions, notamment par la Réserve fédérale américaine, qui rejette tout transfert jugé suspect.

Or les autorités ont reconnu que l'ancien système permettait de nombreux abus. Certains usagers obtenaient les dollars de la Banque centrale par les voies officielles, pour ensuite effectuer des opérations de blanchiment d'argent vers l'étranger ou une fuite des capitaux.

Privés des canaux officiels, ces usagers se sont donc rabattus sur le marché parallèle, faisant exploser la demande.

Le Premier ministre a reconnu début février que des transferts frauduleux de dollars avaient été effectués depuis l'Irak vers l'étranger.


France: le déficit commercial sur les biens s'envole à 164 milliards d'euros en 2022, nouveau record

Concernant les services, la France a enregistré un excédent record de 50 milliards d'euros après 36 milliards l'année précédente, profitant d'une nette reprise du tourisme et d'une très bonne tenue du transport maritime. (Photo d'illustration/AFP).
Concernant les services, la France a enregistré un excédent record de 50 milliards d'euros après 36 milliards l'année précédente, profitant d'une nette reprise du tourisme et d'une très bonne tenue du transport maritime. (Photo d'illustration/AFP).
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  • Le déficit sur les biens a pratiquement doublé par rapport au précédent record de 84,7 milliards d'euros atteint en 2021, principalement en raison d'une multiplication par plus de deux des prix de l'énergie à l'importation
  • En revanche, un excédent record a été dégagé par les services

PARIS : Le déficit commercial de la France sur les biens s'est envolé à un record historique de 164 milliards d'euros en 2022, lesté par l'envolée des cours de l'énergie, a annoncé mardi le ministère du Commerce extérieur.

Le déficit sur les biens a pratiquement doublé par rapport au précédent record de 84,7 milliards d'euros atteint en 2021, principalement en raison d'une multiplication par plus de deux des prix de l'énergie à l'importation, a précisé le ministère au cours d'une conférence de presse.

En revanche, un excédent record a été dégagé par les services.

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Evolution du solde commercial de la France, de 2013 à 2022. (AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA AND Sophie RAMIS AND Sabrina BLANCHARD).

"On est malheureusement dans la continuité des années précédentes", a commenté  le ministre du Commerce extérieur Olivier Becht au cours d'une conférence de presse, reconnaissant "un déficit extrêmement important" sur les biens, tout en se réjouissant de l'excédent record des services.

La France est en déficit chronique depuis vingt ans, le dernier excédent commercial français sur les biens remontant à 2002 selon les chiffres de l'Insee.

Le ministre a toutefois mis en avant le coût de la facture énergétique sur fond d'envolée des prix liés à la guerre en Ukraine et de perturbations sur le parc nucléaire français ayant contraint la France à importer de l'électricité.

Ces prix de l'énergie à l'importation ont été multipliés par 2,1 par rapport à l'année précédente.

"Sans surprise cela impacte à peu près de la même manière notre balance des biens", a souligné M. Becht.

Rien que sur le gaz, les prix à l'importation se sont alourdis de 248% à 59 milliards d'euros, contribuant à faire plus que doubler la facture de l'énergie l'an dernier à 115 milliards d'euros.

Outre la flambée des cours des matières premières, dont l'énergie mais aussi les métaux et l'agroalimentaire, le gouvernement met en cause la dépréciation de l'euro par rapport au dollar l'an dernier et les tensions sur les chaînes d'approvisionnement pour justifier les mauvais chiffres de 2022.

Parmi les secteurs dynamiques figurent l'automobile, dont les exportations ont retrouvé quasiment leur niveau de 2019, l'aéronautique et le spatial, les parfums et cosmétiques, et les produits agricoles.

Concernant les services, la France a enregistré un excédent record de 50 milliards d'euros après 36 milliards l'année précédente, profitant d'une nette reprise du tourisme et d'une très bonne tenue du transport maritime.

La balance des revenus (dont services financiers) a aussi été excédentaire (de 31 milliards d'euros).

La balance des biens, des services et des revenus affiche un solde courant déficitaire après un excédent l'an dernier.