L'Arabie saoudite et la Chine doivent privilégier leurs relations

Le roi Salmane d'Arabie saoudite avec le président chinois, Xi Jinping. (SPA)
Le roi Salmane d'Arabie saoudite avec le président chinois, Xi Jinping. (SPA)
Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, avec le président chinois, Xi Jinping, au palais d’Al-Yamamah, à Riyad. (SPA)
Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, avec le président chinois, Xi Jinping, au palais d’Al-Yamamah, à Riyad. (SPA)
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Publié le Samedi 10 décembre 2022

L'Arabie saoudite et la Chine doivent privilégier leurs relations

  • Les deux parties ont réaffirmé qu'elles continueraient à soutenir fermement leurs intérêts fondamentaux respectifs
  • Les deux parties ont exprimé leur satisfaction quant aux étapes progressives des relations bilatérales au cours des trois dernières décennies

RIYAD: L'Arabie saoudite et la Chine se sont engagées à accorder la priorité aux relations dans le cadre de leur politique étrangère ainsi qu’à établir un modèle de coopération et de solidarité pour les pays en développement, selon une déclaration conjointe publiée par les deux parties à l'issue du sommet saoudo-chinois.

Les deux parties ont réaffirmé qu'elles continueraient à soutenir fermement leurs intérêts fondamentaux respectifs, à s'aider mutuellement à préserver leur souveraineté et leur intégrité territoriale et à déployer des efforts conjoints pour défendre le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, les règles du droit international et les principes fondamentaux des relations internationales. La partie saoudienne a réaffirmé son adhésion au principe d'une seule Chine, a rapporté l'agence de presse nationale SPA.

En outre, la partie chinoise a exprimé son soutien au Royaume dans le maintien de sa sécurité et de sa stabilité. Elle a par ailleurs affirmé son opposition à toute action qui interférerait dans les affaires intérieures du royaume d'Arabie saoudite et rejeté toute attaque visant les civils, les installations civiles, les territoires et les intérêts saoudiens.

Les deux parties ont exprimé leur satisfaction quant aux étapes progressives des relations bilatérales au cours des trois dernières décennies.

En outre, elles ont souligné l'importance de poursuivre l'action conjointe dans tous les domaines, d'approfondir les relations dans le cadre du partenariat stratégique global entre les deux pays et d'atteindre des horizons nouveaux et prometteurs.

Les deux parties ont salué les résultats positifs et fructueux de la visite dans le Royaume du président chinois, Xi Jinping, en janvier 2016, et celle du roi Salmane en Chine en mars 2017, ainsi que celle du prince héritier, Mohammed ben Salmane, en février 2019. Des visites qui ont contribué à élargir le champ de la coopération entre les deux pays dans divers domaines.

En ce qui concerne les relations bilatérales, les deux parties ont rappelé qu’il était essentiel de continuer à élargir les relations saoudo-chinoises dans leur cadre international et de donner un exemple de coopération, de solidarité et d’intérêt mutuel aux pays en développement. La partie saoudienne a félicité la Chine pour le succès du 20e Congrès national du Parti communiste chinois. En outre, la partie chinoise a félicité le Royaume pour les grandes réalisations accomplies dans le domaine du développement national dans le cadre de la Vision 2030.

Les deux parties ont dit l’importance de renforcer la coopération par le biais d'un comité mixte saoudo-chinois de haut niveau afin d'atteindre des objectifs communs, de renforcer la coopération entre les deux pays dans tous les domaines, d'intensifier la communication entre le gouvernement et le secteur privé des deux pays. L’objectif annoncé est de discuter des opportunités économiques, commerciales et d'investissement et de les traduire en partenariats tangibles, ainsi que de renforcer la coopération dans des domaines qui visent à ouvrir les horizons des relations économiques et de développement entre les deux pays.

En ce qui concerne l'énergie, les deux parties ont affirmé que le renforcement de leur coopération dans ce domaine est considéré comme un partenariat stratégique de premier ordre.

Elles ont fait l'éloge du volume de leurs échanges pétroliers et des grandes bases de la coopération en raison des abondantes ressources pétrolières du Royaume et des vastes marchés de la Chine.

Elles ont également indiqué que le développement et la consolidation de la coopération dans le domaine du pétrole sont conformes aux intérêts communs des deux parties. En outre, elles ont souligné l'importance de la stabilité des marchés pétroliers mondiaux.

La Chine a salué le rôle du Royaume en tant que défenseur de l'équilibre et de la stabilité sur les marchés pétroliers mondiaux et comme un exportateur considérable et fiable de pétrole brut vers la Chine. Les deux parties sont convenues d'explorer les opportunités d'investissement communes dans le secteur pétrochimique, de développer des projets prometteurs dans les techniques de conversion pétrochimique et de renforcer la coopération conjointe dans un certain nombre de domaines et de projets, notamment l'électricité, l'énergie photovoltaïque, l'énergie éolienne et d'autres sources d'énergies renouvelables.

Les deux parties ont également décidé de développer des projets annexes, des utilisations innovantes des ressources en hydrocarbures, l'efficacité énergétique, la localisation des composants du secteur de l'énergie et ses chaînes d'approvisionnement, en plus de coopérer au niveau des objectifs pacifiques de l'énergie nucléaire et du développement de technologies modernes telles que l'intelligence artificielle ou l'innovation dans le secteur de l'énergie.

Elles ont évoqué l'importance d'approfondir la coopération conjointe dans le cadre de l'initiative intitulée «Belt and Road» («la ceinture et la route», NDLR), se félicitant de la participation des entreprises saoudiennes concernées par divers partenariats d'énergie et d'investissement dans ce cadre. Cela renforce la position du Royaume en tant que centre régional pour les entreprises chinoises dans la production et l'exportation de produits du secteur de l'énergie, mais aussi l'investissement conjoint dans des projets énergétiques des États de la région et les pays consommateurs d'énergie en Europe et en Afrique. En outre, tout cela contribuera à développer le savoir-faire saoudien et à assurer l'autosuffisance de la Chine dans le domaine de la pétrochimie grâce à ses investissements dans le Royaume.

En ce qui concerne le changement climatique, la partie chinoise a salué le lancement par le Royaume de l’Initiative saoudienne verte et de l’Initiative du Moyen-Orient vert. Elle a exprimé son soutien à tous les efforts déployés par le Royaume dans le domaine du changement climatique avec sa stratégie de l'économie circulaire du carbone approuvée par les dirigeants du G20. Les deux parties ont souligné l'importance des principes de la convention-cadre sur les changements climatiques et de l'accord de Paris et de la mise en œuvre des conventions climatiques en se concentrant sur les émissions plutôt que sur les sources. Elles sont convenues de poursuivre leur coordination sur les politiques énergétiques en utilisant l'économie circulaire du carbone comme un outil pour gérer les émissions et atteindre les objectifs climatiques.

Elles se sont également mises d’accord pour exhorter les pays développés à prendre leurs responsabilités historiques au sérieux en réduisant considérablement les émissions avant la date butoir et pour aider de manière concrète les pays en développement par un soutien financier, technique et relatif au renforcement des capacités.

Les deux parties ont salué la croissance du commerce et des investissements entre les deux pays, ce qui illustre la profondeur et la durabilité de leurs relations économiques.

Elles ont également affirmé leur volonté d'augmenter le volume des échanges non pétroliers, de faciliter les exportations non pétrolières du Royaume vers la Chine, ainsi que d'accroître les investissements conjoints de qualité entre les deux pays.

Les deux parties ont l’intention d'améliorer les travaux qui visent à tirer parti des opportunités de commerce et d'investissement disponibles, d'intensifier la capacité des porte-avions, de motiver les partenariats d'investissement du secteur privé dans les deux pays. Elles souhaitent aussi consolider les efforts qui visent à créer un environnement d'investissement attractif, favorable et incitatif dans le cadre de la Vision 2030 du Royaume et de l'initiative Belt and Road en approfondissant la coopération dans un certain nombre de domaines – notamment l'industrie automobile, les chaînes d'approvisionnement, la logistique, le dessalement de l'eau, les infrastructures, la fabrication, l'exploitation minière et le secteur financier.

La partie saoudienne a exprimé son désir d'attirer l'expertise chinoise pour participer aux futurs mégaprojets du Royaume ainsi que de permettre les investissements saoudiens en Chine et de surmonter les difficultés auxquelles ces derniers peuvent être confrontés.

La partie saoudienne fait savoir qu’il était essentiel d'attirer les entreprises internationales chinoises pour qu'elles ouvrent des sièges régionaux dans le Royaume. Elle a apprécié l'intérêt, à cet égard, d'un certain nombre d'entreprises qui obtiennent des licences pour établir leurs sièges régionaux dans le Royaume afin de bénéficier des expériences et des capacités exceptionnelles de la Chine au profit des économies des deux pays.

Les deux parties ont exprimé leur satisfaction quant à la signature du «plan d'harmonisation» entre la Vision 2030 du Royaume et l'initiative Belt and Road. Les deux parties sont convenues de l'importance d'accélérer le rythme de l'harmonisation entre leurs projets dans les deux pays, d'utiliser les avantages intégrés et d'approfondir la coopération pratique entre elles afin d'obtenir des avantages mutuels et un développement commun.

Les deux parties se sont également félicitées de la signature de douze accords et protocoles d'entente gouvernementaux pour la coopération dans les domaines de l'énergie hydrogène, du domaine judiciaire, de l'enseignement du chinois, du logement, de l'investissement direct, de la radio et de la télévision, de l'économie numérique, du développement économique, de la normalisation, de la couverture médiatique, de l'administration fiscale et de la lutte contre la corruption – cela en plus de la signature de neuf accords et protocoles d'accord entre le gouvernement et le secteur privé et de la signature de vingt-cinq autres entre les entreprises des deux pays.

La partie chinoise a invité la partie saoudienne à être l'invitée d'honneur de la 6e session de l'exposition arabo-chinoise pour l'année 2023.

Elle a également exprimé sa volonté d'approfondir la coopération en matière d'investissement avec la partie saoudienne dans le domaine de l'économie numérique et du développement vert, de renforcer la coopération en matière de commerce électronique et d'explorer les moyens de coopération économique et commerciale conjointe avec l'Afrique.

La partie saoudienne a également salué les investissements des entreprises chinoises dans le Royaume, grâce aux immenses opportunités d'investissement offertes par la Vision 2030 dans plusieurs secteurs. D'autre part, la partie chinoise a loué l'augmentation des investissements des fonds souverains et des capitaux industriels saoudiens en Chine.

Les deux parties sont convenues d'encourager la création de partenariats entre les fonds d'investissement des deux pays.

En ce qui concerne le volet financier, les deux parties ont évoqué l'importance d'une coopération conjointe pour soutenir le succès du «Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de la portée de l'initiative de suspension du service de la dette», qui a été approuvé par les dirigeants du G20 lors de son sommet dirigé par le Royaume.

Elles ont également confirmé la nécessité de coordonner leurs positions dans les forums internationaux tels que le G20, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque asiatique afin d'investir dans les infrastructures et dans d'autres domaines de manière à renforcer les efforts qui visent à accroître l'efficacité et la gouvernance de ces groupes et institutions.

Les deux parties ont également confirmé qu’il était fondamental de renforcer la coopération dans le domaine des politiques fiscales, contribuant ainsi à renforcer la coopération financière, commerciale et d'investissement entre les deux pays.

Dans le domaine de l'eau et de l'agriculture, la partie saoudienne a salué l'établissement d'un partenariat direct entre les secteurs privés chinois et saoudien au sujet des opportunités d'investissement disponibles dans le Royaume au niveau des usines de dessalement, de l'eau potable, des lignes de transport d'eau, des usines de traitement des eaux usées, des barrages, et l'organisation d'activités commerciales entre les représentants du secteur privé des deux pays. L’objectif est de discuter des possibilités d'investissement dans les industries agricoles et alimentaires.

En ce qui concerne les communications et les technologies de l'information, les deux parties ont souligné la nécessité de renforcer le partenariat dans les domaines liés aux communications, à l'économie numérique, à l'innovation et à l'espace afin d'assurer un meilleur avenir numérique aux générations futures des deux pays.

Pour ce qui est du transport et de la logistique, elles ont dit l’importance de renforcer la coopération et l'action conjointe afin de développer les secteurs du transport aérien et maritime, les modes de transport modernes et les chemins de fer et d'accélérer l'achèvement des études sur le projet de pont terrestre saoudien.

Les deux parties ont également insisté sur la nécessité de renforcer et de développer la coopération dans les secteurs industriel et minier de manière à servir leurs intérêts communs.

Au chapitre de la défense et de la sécurité, les deux parties ont affirmé leur détermination à développer la coopération dans les domaines de la défense, à renforcer et à accroître le niveau d'échange d'informations et d'expertise dans la lutte contre le crime organisé, y compris les crimes terroristes. Elles se sont aussi engagées à prévenir la violence et l'extrémisme ainsi qu'à renforcer la coopération et la coordination des efforts et l'échange d'expertise dans les domaines de l'alerte précoce, du renseignement sur les risques, de l'évaluation des risques de sécurité et de la lutte contre la cybercriminalité de façon à servir et à concrétiser les intérêts communs des deux pays.

Les deux parties ont réaffirmé le rejet et la dénonciation du terrorisme et de l'extrémisme sous toutes ses formes, le refus de lier le terrorisme à une culture, à une race ou à une religion particulière, celui d’appliquer une politique de deux poids deux mesures dans la lutte contre le terrorisme, et l'importance de véhiculer la modération et la tolérance.

Elles ont également salué le niveau de coopération en matière de sécurité entre les deux pays amis dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et de son financement.

Elles sont par ailleurs convenues de renforcer la coopération internationale conjointe pour lutter contre les crimes de corruption transfrontaliers sous toutes ses formes, d'assurer la réalisation des objectifs communs liés à la consolidation des principes de transparence, d'intégrité, de communication et de coopération efficace entre les agences concernées par la lutte contre ce fléau dans les deux pays. Elles se sont également entendues sur le fait de bénéficier des principes approuvés par le G20 en matière de lutte contre la corruption, de poursuite des criminels en fuite et de recouvrement des produits du crime, s’appuyant sur l'Initiative mondiale de Riyad pour les autorités chargées de l'application des lois anticorruption dans le domaine des enquêtes sur les affaires de corruption, de la poursuite des auteurs et du recouvrement des produits du crime.

En ce qui concerne la santé, les deux parties ont dit qu’elles comptaient renforcer leur coopération dans ce domaine et élever leur niveau de coordination pour combattre les menaces sanitaires et les pandémies actuelles et futures.

Dans le domaine culturel, les deux parties ont discuté des moyens de renforcer leur coopération dans le cadre des relations historiques et culturelles qui unissent les deux pays amis. Elles ont exprimé leur soutien et leur approbation de nombreuses initiatives culturelles qui expriment la force des relations entre l'Arabie saoudite et la Chine. Elles ont également salué le lancement de la première édition du prix du prince Mohammed ben Salmane pour la coopération culturelle entre les deux pays.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.