Industrie: L'Asie aspire les investissements, l'Europe à la traîne

 Au premier rang l'électronique et les semi-conducteurs avec 277 milliards de dollars d'investissements (Photo, AFP).
Au premier rang l'électronique et les semi-conducteurs avec 277 milliards de dollars d'investissements (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 12 décembre 2022

Industrie: L'Asie aspire les investissements, l'Europe à la traîne

  • Selon l'étude annuelle de l'observatoire Trendeo, l'Asie a drainé 53,4% des annonces de construction d'usines
  • En France, les relocalisations enclenchées par le plan de relance de l'économie «continuent d'arriver»

PARIS: Électronique, énergie, automobile ou semi-conducteur: face à un "réveil" industriel américain post-Covid, l'Europe reste à la traîne des investissements en 2022 et l'Afrique s'effondre, selon une étude du cabinet Trendeo, relevant néanmoins un dynamisme du Vieux Continent dans les batteries ou l'hydrogène.

En 2022, l'Asie de l'Est (Chine, Japon, Corée du Sud et Taïwan) est restée l'endroit du monde où l'investissement industriel était le plus élevé, même si la zone est aussi la plus fermée aux investisseurs qui n'appartiennent pas à sa zone de chalandise.

Selon l'étude annuelle de l'observatoire Trendeo sur l'investissement industriel dans le monde, l'Asie a drainé 53,4% des annonces de construction d'usines. Le continent américain a attiré 28,3% des nouveaux gros projets industriels contre 13,1% en Europe.

En 2019, juste avant l'épidémie, l'Asie était à 55,3%, (56% en 2018), les Amériques à 20,3% (17,5% en 2018), l'Europe à 14,8% (11,9%), l'Océanie à 6,5% (4,7%), selon les données compilées par Trendeo.

L'Afrique qui avait drainé 12,6% des investissements mondiaux dans l'industrie en 2016 (8,9% en 2017, et 9,9% en 2018), est retombée à 2,9% en 2022, malgré une reprise à 5,7% en 2021, selon Trendeo.

Au total, selon l'étude, les annonces de nouveaux projets d'usines dans le monde ont porté sur quelque 627 milliards de dollars l'an passé. Avec au premier rang l'électronique et les semi-conducteurs (277 milliards de dollars d'investissements), suivis par les équipements électriques (97 milliards de dollars), l'extraction minière et les métaux (52,6 milliards de dollars USD), et l'automobile (43 milliards de dollars).

Les secteurs qui restent en panne depuis la Covid, où les investissements en nouveaux sites de production sont inférieurs à ce qu'ils étaient en 2019, sont la chimie, le raffinage de pétrole et de gaz, le papier, le plastique, l'aéronautique et le textile.

En matière énergétique, on assiste à une "augmentation de la part du solaire qui passe de 10 à 30% des projets d'investissement liés à l'énergie, on voit aussi une hausse du nucléaire liée aux annonces de nouveaux réacteurs, une montée de l'hydrogène et une baisse très forte des énergies fossiles (25% des investissements en 2016 et moins de 10% en 2022)", indique à l'AFP David Cousquer, qui coordonne l'étude.

L'Europe ne reçoit que 5% des investissements (en valeur) dans l'hydrogène, mais les entreprises européennes font 33% des investissements mondiaux du secteur (première position) devant les asiatiques (27%) et les américaines (21%).

En France, qui ne comportait aucun investissement dans l'hydrogène avant 2014, 2 milliards ont été annoncés en 2022, relève Trendeo.

Chine: parcs industriels sans CO2 

Côté semi-conducteurs, les plus gros investissements mondiaux ont été annoncés par le sud-coréen SK Inc (138 milliards de dollars), devant l'Américain Intel (135 milliards) et le Taiwanais TSMC (111 milliards de dollars). Aucun groupe européen ne figure dans le classement des 10 premiers du secteur, largement dominé par l'Asie.

Entre 2016 et 2022, la part des investissements mondiaux dans les semi-conducteurs localisés en Europe s'élève à seulement 7%, contre 30% en Amérique du nord et 63% en Asie.

Dans les batteries, la répartition est un peu plus équilibrée. Entre 2016 et 2022, 27% des investissements mondiaux dans le secteur se sont faits en Europe, 27% sur le continent américain et 46% en Asie. "Si on regarde la nationalité des entreprises, 81% d'entre elles sont asiatiques, 5% américaines, 13% européennes", relève M. Cousquer.

Dans ce domaine, c'est le groupe chinois Contemporary Amerex Technology qui mène la danse, avec 40 milliards de dollars investis entre 2016 et 2022, devant un autre Chinois BYD (24 milliards de dollars), et l'Américain Tesla (10 milliards de dollars).

Même si l'Asie est "clairement en dessous" de l'Europe en matière d'efforts de réduction des émissions de CO2 de l'industrie, Trendeo note le développement en Chine de nouveaux parcs industriels se présentant comme sans ou quasiment sans émission de CO2, comme celui d'Huawei à Shenzhen, qui produira 1,5 million de kwh d'électricité non fossile par an.

Enfin, en France, les relocalisations enclenchées par le plan de relance de l'économie "continuent d'arriver": "En 2022, on ne discerne pas le mouvement de délocalisation redouté suite à la hausse des prix de l'énergie", a dit M. Cousquer.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com