Retraites: Macron reporte la présentation de la réforme au 10 janvier

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors de la deuxième session plénière du Conseil national de la Refondation (CNR) au palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 12 décembre 2022. (AFP).
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors de la deuxième session plénière du Conseil national de la Refondation (CNR) au palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 12 décembre 2022. (AFP).
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Publié le Mardi 13 décembre 2022

Retraites: Macron reporte la présentation de la réforme au 10 janvier

  • Emmanuel Macron a annoncé lundi le report au 10 janvier de la présentation de la réforme des retraites
  • Macron s'est justifié en évoquant les élections dans la fonction publique qui «ont empêché certaines discussions avec les organisations syndicales» et les congrès politiques du week-end dernier

PARIS : Prenant de court le monde politique et syndical, Emmanuel Macron a annoncé lundi le report au 10 janvier de la présentation de la réforme des retraites, affirmant vouloir laisser aux partenaires sociaux et aux nouveaux dirigeants LR et EELV le temps "d'échanger" avec l'exécutif sur ce texte très contesté.

"Cela permet d'avoir quelques semaines de plus pour que celles et ceux qui (...) viennent de prendre des responsabilités puissent, sur quelques éléments-clés de la réforme, échanger avec le gouvernement", a déclaré le chef de l'Etat en ouvrant la deuxième session plénière du Conseil national de la refondation (CNR) à l'Elysée.

"L'effet de surprise est recherché et assumé", explique à l'AFP un conseiller de l'exécutif. En faisant cela, "le président force d’une certaine manière chacun (...) à se positionner et à prendre ses responsabilités".

Et ce report, au final, "ne change rien sur le calendrier", avec une entrée en vigueur de la réforme toujours prévue "à l'été", ajoute-t-il.

Emmanuel Macron s'est justifié en évoquant les élections dans la fonction publique qui "ont empêché certaines discussions avec les organisations syndicales" et les congrès politiques du week-end dernier, à l'issue desquels Eric Ciotti a été élu à la tête des Républicains et Marine Tondelier désignée secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts.

"Le gouvernement ne sait pas encore très bien où il va. Leur texte n'est pas prêt", a réagi auprès de l'AFP le député des Alpes-Maritimes. "Pour l'instant je ressens cela comme un alibi aux hésitations, plus qu'un souci de négociation".

Son collègue Olivier Marleix, chef de file des députés LR, a dit lundi soir qu'il ne soutiendrait pas un report de l'âge légal de départ à 65 ans, un "chiffon rouge", "trop brutal" selon lui.

L'exécutif avait initialement prévu de présenter ce jeudi, à quelques jours de Noël, les grandes lignes de ce texte, pierre angulaire du second quinquennat d'Emmanuel Macron.

Nombre d'opposants ont annoncé se préparer à le bloquer par tous les moyens, de la rue au Parlement, la France insoumise appelant notamment à une mobilisation le 21 janvier, dans la lignée de sa "marche contre la vie chère".

«Première victoire!»

"Première victoire! Le projet de retraite à 65 ans n'est pas encore présenté que Macron bat déjà en retraite", a réagi sur Twitter Mathilde Panot, à la tête des députés LFI, confirmant l'action du 21 janvier.

Le gouvernement a rapidement précisé le calendrier des prochaines semaines.

Elisabeth Borne va débuter "une série de rencontres avec les présidents de groupes parlementaires" lundi, mercredi et jeudi, selon Matignon. Elle recevra à nouveau "les organisations professionnelles et les organisations syndicales la semaine du 2 janvier".

Le texte devrait ensuite être adopté en Conseil des ministres le 18 ou 25 janvier.

Pour préparer les esprits, l'exécutif multiplie les entretiens à la presse, les réunions de travail à Matignon et les dîners au sommet à l'Elysée.

Mais les annonces de la Première ministre semblent courues d'avance, balisées par la promesse présidentielle de repousser l'âge légal de 62 à 64 voire 65 ans. Cette dernière hypothèse tient la corde.

«Fébrilité»

Les organisations syndicales ont acté le report, s'interrogeant sur les motivations du gouvernement.

"Je pense que l’exécutif est très inquiet - et il a raison - de ce que va être la mobilisation en janvier", a relevé François Hommeril, président de la CFE-CGC. Il "s’est mis lui-même dans l’impasse (...) Prolonger cette concertation de deux semaines ou d’un mois ne change rien".

Même son de cloche du côté de la CGT qui déplore "une annonce bizarre" montrant "la fébrilité" du gouvernement. "Ils voient qu’ils ne gagnent pas idéologiquement sur la réforme. La population reste opposée", a estimé la secrétaire confédérale, Céline Verzeletti.

Du côté de la CFTC, on se voulait un peu plus optimiste. "C’est une bonne chose. L’agenda allait trop vite, on n’avait pas le temps d’être écoutés, on travaillait dans l’urgence", a réagi Pascale Coton, vice-présidente de l'organisation. "On espère que ce n’est pas juste pour que les Français passent de bonnes vacances et de bonnes fêtes".

"Si le gouvernement prend du temps pour nous écouter, peut-être qu’on arrivera à le convaincre. Mais si c’est simplement pour gagner du temps...", a déclaré de son côté Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’Unsa.

Malgré ce report, le gouvernement veut toujours aller vite avec un projet de loi en janvier, un vote au printemps, une entrée en vigueur à l'été. Une urgence justifiée pour l'exécutif par le retour durable de déficits massifs, qui dépasseraient 12 milliards en 2027.


Budget: "Il ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement" dans ce contexte international, affirme Wauquiez

Le président du groupe parlementaire Droite républicaine, Laurent Wauquiez, s'exprime lors d'un débat parlementaire sur le budget 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 31 octobre 2025. (AFP)
Le président du groupe parlementaire Droite républicaine, Laurent Wauquiez, s'exprime lors d'un débat parlementaire sur le budget 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 31 octobre 2025. (AFP)
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  • Laurent Wauquiez exclut toute censure du gouvernement, estimant qu’elle serait irresponsable dans le contexte international et budgétaire actuel
  • Le chef des députés LR juge le budget imparfait mais non idéologique, tout en critiquant le manque d’économies et la pression sur les grandes entreprises

PARIS: Le patron des députés LR Laurent Wauquiez a affirmé mercredi qu'il "ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement" dans le contexte international actuel, écartant une censure de l'exécutif de Sébastien Lecornu de la part de la cinquantaine de députés LR.

"Dans le contexte international de danger qui est celui de la France et de menace d'une guerre commerciale, il ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement et de laisser la France sans budget", a déclaré Laurent Wauquiez devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP).

Le patron des députés LR a nié que ce budget soit "socialiste" comme l'a affirmé le patron de son parti Bruno Retailleau.

"Ce n'est pas un budget socialiste, ce n'est pas un budget de droite. C'est un budget qui est le fruit d'une situation politique pleine de tempêtes dans laquelle il n'y a pas de majorité dans notre Assemblée nationale", a-t-il expliqué.

Laurent Wauquiez a estimé que le travail parlementaire de la droite a permis d'éviter "l'hérésie fiscale" du projet de budget initial, tout en reconnaissant que la version adoptée par 49.3 est "imparfaite".

A ses yeux, le "gros point de noir de ce budget" est le manque d'économies sur les dépenses et le "poids mis sur les grandes entreprises".

Laurent Wauquiez a sévèrement taclé David Lisnard, le maire libéral de Cannes, qui a appelé mardi les élus de droite à faire tomber le gouvernement et dont la députée Alexandra Martin, qui porte les couleurs de son parti Nouvelle Energie au sein du groupe LR, a promis de voter la censure.

"Ceux qui veulent censurer ou ne pas censurer, la meilleure façon c'est d'avoir le courage de se présenter aux élections législatives", a affirmé le député de Haute-Loire, en allusion au patron de l'Association des maires de France (AMF). David Lisnard est candidat à sa réélection à Cannes en mars et il a annoncé qu'il se présenterait à la présidentielle l'an prochain, si la primaire à droite qu'il souhaite n'est pas organisée.


La France demande «un exercice de l'Otan» au Groenland, se dit «prête à y contribuer»

Donald Trump, à qui des journalistes demandaient mardi jusqu'où il serait prêt à aller pour acquérir le Groenland, a répondu: "vous le découvrirez". (AFP)
Donald Trump, à qui des journalistes demandaient mardi jusqu'où il serait prêt à aller pour acquérir le Groenland, a répondu: "vous le découvrirez". (AFP)
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  • "La France demande un exercice de l'OTAN au Groenland et est prête à y contribuer", a fait savoir la présidence française
  • Plusieurs pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, ont déjà envoyé du personnel militaire sur ce territoire pour une mission de reconnaissance en vue d'un exercice danois organisé avec des alliés de l'Otan

PARIS: La France veut un "exercice de l'Otan" au Groenland et est "prête à y contribuer", a indiqué mercredi l'Elysée, alors que le président américain Donald Trump répète qu'il veut s'emparer de ce territoire autonome danois.

Ses menaces concernant le Groenland ont jeté un froid dans les relations déjà complexes entre le président américain, qui doit s'exprimer mercredi au Forum de Davos, et les puissances européennes.

"La France demande un exercice de l'OTAN au Groenland et est prête à y contribuer", a fait savoir la présidence française.

Plusieurs pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, ont déjà envoyé du personnel militaire sur ce territoire pour une mission de reconnaissance en vue d'un exercice danois organisé avec des alliés de l'Otan, mais en dehors du cadre de l'alliance atlantique et donc sans l'implication des Etats-Unis.

Cela avait provoqué la colère de Donald Trump, qui avait menacé ses alliés participant à ces manœuvres d'imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu'à 25%.

Le dirigeant martèle que le Groenland, par ailleurs riche en minéraux, est vital pour la sécurité des Etats-Unis et de l'Otan face à la Russie et à la Chine. Un exercice de l'Otan à proprement parler permettrait d'impliquer Washington et d'afficher le fait que la sécurité en Arctique est prise au sérieux par les Européens, juge-t-on à Paris.

Donald Trump, à qui des journalistes demandaient mardi jusqu'où il serait prêt à aller pour acquérir le Groenland, a répondu: "vous le découvrirez".

"Je pense qu'il va se passer quelque chose qui sera très positif pour tout le monde", a-t-il assuré.


G7, Groenland, Russie: Macron face au défi de ne pas rompre le fil avec Trump

Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements. (AFP)
Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements. (AFP)
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  • "Mon ami", commence le président français dans un message privé qui n'aurait pas dû être publié mais a été révélé mardi par son homologue américain
  • "Nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland", poursuit-il

PARIS: Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements.

"Mon ami", commence le président français dans un message privé qui n'aurait pas dû être publié mais a été révélé mardi par son homologue américain.

"Nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland", poursuit-il.

Il propose d'"organiser une réunion du G7 à Paris jeudi après-midi", et se dit prêt, "en marge" de ce sommet, à "inviter les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes".

Une présence officielle de dirigeants russes à Paris serait inédite depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine il y a bientôt quatre ans. La Russie a été expulsée du G8, redevenu G7, à la suite de l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014, même si Donald Trump a plusieurs fois exprimé le vœu de la réintégrer.

La réponse du président américain n'a pas été rendue publique, et rien ne dit à ce stade que ce sommet se fera. Le Kremlin a assuré n'avoir reçu aucune invitation.

Emmanuel Macron estime avoir appris à gérer sa relation avec Donald Trump lors du premier mandat à la Maison Blanche et depuis son retour il y a un an.

Face à des tensions à nouveau au plus haut en raison de la volonté américaine de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois, et des menaces de taxes douanières accrues contre les Etats européens qui s'y opposent, le président français tente de jouer sur les codes de la diplomatie disruptive de son homologue.

"Le président Trump aime faire des opérations. J'ai un peu le même tempérament, donc je comprends très bien", avait reconnu Emmanuel Macron en octobre au sujet de ses "coups" qui sèment souvent la sidération.

Accusé d'être trop accommodant il y a deux semaines sur le Venezuela, le chef de l'Etat français est monté en première ligne pour défendre la souveraineté du Danemark et du Groenland, en dépêchant des militaires sur l'île arctique aux côtés de l'Allemagne notamment.

Puis il a été le plus ferme des dirigeants de l'UE à s'élever contre les menaces douanières, en demandant d'activer son "instrument anti-coercition", considéré comme le "bazooka" en cas de guerre commerciale.

Parallèlement, Paris a été le premier grand pays à dire clairement "non" à l'invitation américaine à un "Conseil de la paix" qui ressemble à un substitut de l'ONU, mais totalement à la main de Donald Trump.

Fin de mandat 

Ce dernier a réagi à ce refus en moquant son homologue français, dont "personne ne veut car il va bientôt terminer son mandat", et en agitant le spectre de droits de douane de 200% sur les vins et champagnes.

Hasard du calendrier, cette séquence intervient le jour de la diffusion, prévue mardi sur la chaîne France 2, d'un documentaire dans lequel on voit Emmanuel Macron appeler le dirigeant américain en mai depuis Kiev pour lui dire que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté sa proposition de cessez-le-feu. "Prix Nobel pour ça!", "tu es le meilleur", répond l'intéressé.

Les deux hommes, qui avaient cassé les codes, chacun à sa manière, pour arriver aux affaires en 2017, avaient d'abord noué une relation particulière, entre séduction et rapport de forces. Mais la vraie-fausse idylle a depuis connu des hauts mais aussi beaucoup de bas.

A tel point qu'Emmanuel Macron est régulièrement accusé, en France et parfois en Europe, d'en faire trop pour plaire à Donald Trump.

L'ex-président François Hollande a estimé que son successeur à l'Elysée avait tort de vouloir ménager l'Américain "pour essayer de l'influencer" et de "tout faire pour garder Donald Trump sur le terrain européen".

C'est bien la stratégie d'Emmanuel Macron: "garder Trump au plus près de nous" lorsque les intérêts européens sont en cause, sur l'Ukraine, le Groenland ou le commerce. "Gérer ses à-coups" et les poussées de tensions, quitte à avaler des couleuvres, quand monter au créneau serait peine perdue.

"Il pense qu'il faut choisir ses batailles", analyse Célia Belin, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales. "C'est un principe de réalité: quand la gesticulation ne sert à rien, ça nous rend à la limite plus faibles", dit-elle à l'AFP.

Selon elle, "l'Europe a besoin que la France", pays doté de l'arme nucléaire et porteuse par tradition gaulliste d'une voix à part, "se mette plus en avant dans la confrontation avec Trump".