Ankara procède à des arrestations dans le cadre d'une opération du Mossad visant des Palestiniens

La police turque a arrêté sept suspects et en interroge plusieurs autres (Photo, AFP).
La police turque a arrêté sept suspects et en interroge plusieurs autres (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 16 décembre 2022

Ankara procède à des arrestations dans le cadre d'une opération du Mossad visant des Palestiniens

  • Selon un analyste, Ankara marche sur la corde raide avec Israël, l'Iran et les Palestiniens
  • En février, le MIT a également mis au jour un autre complot iranien visant à tuer un homme d'affaires israélo-turc à l'aide d'un réseau de tueurs à gages

ISTANBUL: Les forces de sécurité turques auraient arrêté mercredi plusieurs personnes liées à une société de conseil d'Istanbul qui serait impliquée dans le ciblage d'expatriés et d'organisations palestiniennes opérant en Turquie.

Dans le cadre d'une opération lancée en début de semaine, 44 suspects ont été identifiés comme ayant des liens avec l'agence de renseignement israélienne Mossad, a déclaré le journal pro-gouvernemental turc Sabah.

Sept d'entre eux ont été emprisonnés, d'autres sont en fuite et certains font encore l'objet d'une enquête de la part de l'unité de contre-espionnage turque.

La campagne présumée contre les citoyens palestiniens, les organisations non gouvernementales et les institutions installés sur le sol turc se serait traduite par des menaces et des propos préjudiciables à leur réputation par l'intermédiaire des réseaux sociaux, ainsi que par la transmission d’informations les concernant au Mossad.

Les membres du réseau auraient reçu des milliers de dollars en échange de leur travail, a ajouté Sabah.

Le fondateur et président de l'Association des détectives privés de Turquie, Ismail Yetimoglu, aurait fait partie des personnes arrêtées. Il est devenu détective privé en 2003 après avoir travaillé vingt-trois ans comme fonctionnaire et a ouvert sa société en 2007.

Ces dernières années, les enquêtes de contre-espionnage ont mis au jour plusieurs réseaux opérant sur les territoires turcs et travaillant pour la Russie et l'Iran afin d'enlever et d'assassiner des cibles en Turquie.

En juin, les membres d'une cellule iranienne qui préparait un attentat contre des Israéliens ont été arrêtés en Turquie dans le cadre d'une opération conjointe de la police et de l'Organisation nationale du renseignement (MIT).

Ils auraient surveillé des Israéliens après s'être rendus en Turquie en se faisant passer pour des hommes d'affaires, des touristes et des étudiants. Cependant, ils avaient été maintenus sous surveillance turque.

En février, le MIT a également mis au jour un autre complot iranien visant à tuer un homme d'affaires israélo-turc à l'aide d'un réseau de tueurs à gages.

Et en octobre de l'année dernière, la Turquie a arrêté 15 personnes soupçonnées de fournir au Mossad des informations sur d'éventuels étudiants étrangers issus d'universités turques et susceptibles d'être recrutés par l'industrie de la défense.

Le réseau d'agents travaillant pour le Mossad se composait de cinq cellules distinctes comprenant trois personnes chacune.

Les autorités turques examinent depuis un certain temps les sociétés de conseil basées à Istanbul, car certaines d'entre elles auraient été payées pour espionner les Palestiniens et leurs organisations non gouvernementales.

Jason Brodsky, directeur politique de United Against Nuclear Iran, a déclaré à Arab News: «L’opération de mercredi démontre que la Turquie a un ensemble compliqué de calculs et d'intérêts qu'elle met en balance avec Israël, l'Iran et les Palestiniens.

«Cela réprime les complots terroristes iraniens visant les Israéliens pour apaiser Jérusalem et améliorer les relations. Cela permet également de contourner les sanctions, tout en essayant de se présenter comme un champion du peuple palestinien.»

Jusqu'à présent, Israël n'a fait aucun commentaire sur les arrestations ou les allégations.

Depuis juillet, Tel-Aviv et Ankara s'efforcent d'améliorer leurs relations et les deux pays ont récemment échangé des ambassadeurs.

Louis Fishman, professeur associé au Brooklyn College, a déclaré que les dernières arrestations intervenaient à un moment où Israël et la Turquie faisaient tout leur possible afin de parvenir à une réconciliation.

«Cela ne fera que nuire à l'échange de renseignements déjà solide entre les deux pays, et s'il y avait une part de vérité, cela semblerait être un gros pari pour Israël, avec peu de résultats.

«Toutefois, compte tenu du manque général de transparence des tribunaux turcs, nous ne connaîtrons peut-être jamais toute l'histoire. Nous devons donc attendre et voir comment cela se passe au cours des prochaines semaines», a-t-il ajouté.

Environ 571 étudiants palestiniens étudient en Turquie grâce à des bourses du gouvernement turc, tandis que les Palestiniens vivant en Turquie ont créé plusieurs ONG et institutions commerciales dans le pays, telles que l'Association de l'amitié palestinienne et l'Organisation caritative internationale palestinienne à Istanbul.

Le nombre de Palestiniens vivant en Turquie est estimé entre 25 000 et 30 000.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
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  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.

 

 

 


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
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  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
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  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.