A Sandaf, des déplacés syriens craignent une nouvelle offensive turque

Des combattants syriens soutenus par la Turquie montent la garde dans la région d'al-Kraydiyeh, en première ligne avec les zones tenues par les Kurdes près de la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie (Photo, AFP).
Des combattants syriens soutenus par la Turquie montent la garde dans la région d'al-Kraydiyeh, en première ligne avec les zones tenues par les Kurdes près de la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 décembre 2022

A Sandaf, des déplacés syriens craignent une nouvelle offensive turque

  • En réplique à un attentat meurtrier à Istanbul, la Turquie a lancé une semaine plus tard des raids dans le nord-est de la Syrie voisine
  • Ahmad Yassine a déjà dû quitter, il y a quelques années, sa région de la province voisine d'Idleb alors en proie à des combats

SANDAF: Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, Ahmad Yassine et sa famille ont été déplacés à plusieurs reprises. Aujourd'hui, la menace d'une offensive turque leur fait craindre de devoir quitter le camp boueux devenu leur maison.

"Vivre ici est difficile", explique à l'AFP cet ouvrier journalier de 34 ans, installé avec sa femme et leurs deux enfants dans le village de Sandaf, situé dans une zone de la province d'Alep (nord) contrôlée par des rebelles syriens soutenus par Ankara.

"En plus de tout ce que nous avons dû subir, la misère, le manque de travail, la pauvreté, maintenant on est de nouveau menacés d'un déplacement", ajoute-t-il.

En réplique à un attentat meurtrier le 13 novembre à Istanbul, la Turquie a lancé une semaine plus tard des raids dans le nord-est de la Syrie voisine sur des positions de combattants kurdes qualifiés de "terroristes".

Et son président Recep Tayyip Erdogan a réitéré son intention d'ordonner, "le moment venu", une offensive terrestre dans le nord syrien pour prendre le contrôle de trois zones kurdes, dont Tal Rifaat, située à moins de 10 km de Sandaf.

Ahmad Yassine a déjà dû quitter, il y a quelques années, sa région de la province voisine d'Idleb alors en proie à des combats.

Lui et sa famille ne rêvent que de "retourner sur (leurs) terres".

Les déplacés de Sandaf craignent qu'une opération turque contre les forces kurdes syriennes n'entraîne des bombardements de représailles contre leur secteur.

«La goutte»

Pendant la guerre en Syrie, les Kurdes syriens ont pris le contrôle d'une grande partie du nord-est, y instaurant une administration autonome malgré le courroux d'Ankara.

La Turquie qui déploie des soldats en Syrie a mené plusieurs opérations contre les forces kurdes et cherche à établir une zone de sécurité en territoire syrien à la frontière.

Dans le camp de Sandaf, des enfants, souvent pieds nus, jouent dans la poussière et les cailloux pendant que du linge sèche entre les tentes.

Selon Mohamed Abou Ali, 45 ans, il y a eu des bombardements sporadiques avant les dernières frappes turques, ce qui a semé "la panique et la peur" à Sandaf.

Originaire aussi d'Idleb, ce père de cinq enfants dont l'un en fauteuil roulant espère "soit une opération militaire qui nous permettra de rentrer chez nous, soit (qu')ils parviennent à un accord pour qu'on reste ici".

Une reprise du conflit "serait la goutte qui ferait déborder le vase pour des millions de personnes vivant déjà dans des conditions humanitaires désastreuses", avec le risque d'une "nouvelle vague de déplacements", a averti l'ONG Save The Children.

Sur la ligne de front avec la zone kurde de Tal Rifaat, des combattants syriens proturcs sont protégés par des sacs de sable, sous un épais brouillard.

L'un d'eux se présentant sous le nom de Youssef Abou Al-Majed, affirme avoir hâte d'en découdre, mais assure n'avoir reçu aucun ordre en ce sens.

«Feu vert»

Plus à l'est, le long de la ligne de front près de Minbej, une autre possible cible d'une éventuelle opération turque, des combattants proturcs étaient dispersés sans aucun équipement lourd, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Dans certaines zones, il n'y avait même aucun combattant visible, et dans d'autres, des rebelles se trouvaient à l'intérieur de leurs campements.

La Russie, alliée du régime syrien de Bachar al-Assad, à l'instar de l'Iran, a envoyé des troupes en renfort cette semaine dans la zone de Tal Rifaat.

Et les Etats-Unis ont exhorté la Turquie - leur alliée au sein de l'OTAN - à ne pas mener d'offensive en Syrie au risque sinon de compromettre les acquis de la guerre contre les jihadistes.

Washington soutient les forces kurdes syriennes qui sont parvenues à déloger le groupe jihadiste Etat islamique de larges portions du territoire syrien en 2019.

Si les combattants proturcs "n'ont pas le feu vert de la Turquie, ils ne peuvent pas agir seuls", dit Youssef Abou al-Majed à l'AFP. "Et si la Turquie n'a pas l'accord des Américains, des Russes et des Iraniens, elle ne peut pas lancer son opération militaire."


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq drones iraniens

L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque
  • Ils ont ciblé selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban"

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume, dans le cadre des frappes menées par la République islamique en riposte aux bombardements américains.

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque, ciblant selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban".

 

 

 


Liban: l'armée se déploie dans les « zones pilotes » du sud

Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
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  • L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux
  • Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans un village du sud du pays dont l'armée israélienne contrôlait les abords, en vertu d'un accord avec Israël sur les "zones pilotes" parrainé par Washington.

Cette mesure intervient alors que le président libanais doit rencontrer mardi Donald Trump à la Maison Blanche.

"Les unités militaires ont commencé ce matin à se déployer à Zawtar al-Gharbiya", une localité de la région de Nabatiyé, a annoncé un communiqué de l'armée.

Des médias libanais ont montré des véhicules de l'armée, l'un d'eux arborant le drapeau libanais, entrant dans la localité située à la lisière de la "zone de sécurité" établie par l'armée israélienne.

L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux.

Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Le département d'Etat américain avait annoncé lundi soir que l'armée libanaise avait commencé à assurer la sécurité de trois villages du sud, Zawtar Al-Gharbiya, Froun et Srifa.

Mais l'armée israélienne n'est pas présente dans ces deux dernières localités.

"C'est l'occasion pour l'Etat libanais de commencer à réaffirmer son contrôle de zones historiquement dominées par le Hezbollah", avait réagi un haut responsable de la diplomatie américaine.

L'armée israélienne a pour sa part déclaré qu'elle allait "adapter son dispositif dans l'une des zones pilotes afin de permettre aux Forces armées libanaises de remplir leur mission, tout en garantissant la sécurité des soldats de Tsahal et en préservant son droit à l'autodéfense et à la neutralisation des menaces".

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à l'accord avec Israël et refuse d'être désarmé.

Le groupe avait entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.


Les Houthis annoncent un blocus maritime de l'Arabie saoudite en plein affrontement irano-américain

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  • Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat"
  • Riyad a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume"

RIYAD: Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, menaçant la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d'Ormuz.

Intervenant au neuvième jour consécutif d'hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril, ces menaces "contre la liberté de navigation (...) risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande", s'est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une "désescalade immédiate".

Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat", avait plus tôt déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en oeuvre cette mesure.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères de la monarchie du Golfe a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume". Et de préciser que Riyad "continue de soutenir le peuple yéménite frère et son gouvernement légitime".

L'annonce fait suite à des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.

Ces hostilités se sont enclenchées après la tentative d'atterrissage à Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite.

"Même si aucun navire n'est attaqué, l'annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l'action", estime Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.