Colère en Cisjordanie face au «manque de respect» d'Israël envers les prisonniers décédés

Les manifestants ont déclaré que la rétention des corps était une forme de punition collective et une violation des droits humains et internationaux (Photo, Reuters).
Les manifestants ont déclaré que la rétention des corps était une forme de punition collective et une violation des droits humains et internationaux (Photo, Reuters).
Short Url
Publié le Mercredi 28 décembre 2022

Colère en Cisjordanie face au «manque de respect» d'Israël envers les prisonniers décédés

  • Les soldats ont tiré des balles réelles et utilisé des gaz lacrymogènes contre des dizaines de personnes qui marchaient du camp de réfugiés d'Al-Amari au poste de contrôle de Qalandia
  • Selon les militants, les autorités israéliennes détiennent les corps de 256 Palestiniens dans des «cimetières de nombres» et 117 dans des réfrigérateurs

RAMALLAH: Au moins 11 personnes ont été blessées mardi à Jérusalem lorsque les forces israéliennes ont affronté, dans le nord de la ville, des manifestants exigeant la libération des corps des Palestiniens morts en détention au poste de contrôle de Qalandia.

Les soldats ont tiré des balles et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule alors que des dizaines de Palestiniens marchaient depuis le camp de réfugiés d'Al-Amari, au sud de Ramallah, vers le poste de contrôle.

Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré que ses médecins avaient soigné un jeune homme qui semblait avoir été touché à la jambe par des balles explosives. Huit personnes ont été soignées pour avoir inhalé des gaz lacrymogènes et deux ont souffert de brûlures après avoir été touchées par des grenades lacrymogènes.

Parmi les participants à la marche de protestation figuraient des familles de personnes décédées pendant leur détention dans les prisons israéliennes, ainsi que des représentants de la société civile. Elle faisait suite à une manifestation similaire organisée cette semaine à l'église de la Nativité à Bethléem. Les soldats israéliens détiendraient les corps de 17 Palestiniens de la ville morts en détention.

Selon une campagne qui milite pour la restitution des corps et pour l’obtention d’informations sur le sort des personnes disparues, les autorités israéliennes ont retenu les corps de 256 Palestiniens dans des «cimetières de nombres» et 117 dans des réfrigérateurs depuis qu'Israël a repris la politique d'enlèvement des corps en octobre 2015.

En outre, les Palestiniens affirment qu'environ 68 personnes ont disparu depuis le début de l'occupation israélienne en 1967, sans que l'on sache ce qu'elles sont devenues. Les autorités israéliennes affirment qu'elles ne disposent d'aucune information à leur sujet.

Les manifestants ont appelé la communauté internationale à demander des comptes à Israël, décrivant le refus de restituer les corps comme une forme de punition collective et une violation des lois internationales relatives aux droits de l'homme. Selon eux, les autorités israéliennes détiennent les corps de dizaines d'anciens prisonniers dans le but de faire pression sur le Hamas pour qu'il libère quatre soldats israéliens portés disparus à Gaza.

Parmi les corps retenus à Jérusalem figurent ceux de cinq femmes et de 11 prisonniers morts en détention. Le décès le plus récent est celui d'Abou Hamid, membre du mouvement Fatah, décédé d'un cancer du poumon à l'hôpital israélien Asaf Harofeh le 20 décembre.

Ahmed Ghuneim, un dirigeant du Fatah à Jérusalem, a déclaré à Arab News qu'Israël ne libérerait pas de son plein gré les corps et que les protestations se poursuivraient donc. Il a affirmé que l'Autorité palestinienne devrait déployer des efforts intensifs pour forcer les autorités israéliennes à les remettre, notamment en engageant des actions devant les tribunaux internationaux.

«Détenir les corps des personnes occupées après leur mort est quelque chose qu'aucun pays au monde n'a fait, et le silence à ce sujet a fait croire à Israël que son comportement et sa conduite sont normaux et acceptables», a-t-il prévenu.

Les autorités israéliennes refusent de délivrer des certificats de décès aux familles des prisonniers décédés dans les prisons israéliennes ou de fournir des listes de ceux qui sont détenus.

Dana Ben Shimon, journaliste principal pour le journal Israel Hayom, a déclaré à Arab News que les autorités israéliennes retiennent les corps pour avoir un effet de levier dans les négociations potentielles pour de futurs échanges de prisonniers.

Des sources palestiniennes ont confirmé à Arab News que les efforts se poursuivront dans les semaines prochaines afin d’obtenir la restitution des corps.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Short Url
  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.


Après sa rencontre avec le prince Khalid ben Salmane, Graham salue la trajectoire du Royaume

Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Short Url
  • Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington

DUBAÏ : Le sénateur américain Lindsey Graham estime que l’Arabie saoudite est « sur la voie de la lumière », dans une déclaration publiée après sa rencontre avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington.

« Mes échanges avec l’Arabie saoudite au cours des deux derniers jours m’ont donné un sentiment de confiance : le Royaume — tout en poursuivant ses propres intérêts — est sur une voie qui mène à la lumière, et non à l’obscurité », a déclaré le sénateur.

Il a également indiqué qu’il se réjouissait de se rendre prochainement en Arabie saoudite.

« Au fil des années, j’ai développé une solide relation de travail avec l’Arabie saoudite. Je sais que le président Trump est un fervent admirateur du prince héritier Mohammed ben Salmane. J’ai été témoin des changements que le prince héritier a adoptés et j’en ai été impressionné », a ajouté Lindsey Graham.

Le sénateur américain a également affirmé qu’après avoir rencontré le prince Khalid, ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, plus tôt, « je suis convaincu que l’Arabie saoudite estime que la meilleure chose pour la région est la croissance économique et la prospérité ».

« L’Arabie saoudite souhaite devenir, à l’avenir, une destination de choix, afin que des personnes du monde entier viennent visiter ce que je considère comme un pays remarquable. Le Royaume veut être l’une des forces dominantes dans le domaine de l’IA, ce qui signifie que les esprits les plus brillants afflueront. Je suis convaincu que tel est toujours l’objectif du prince héritier et du Royaume. »

Lindsey Graham a également salué le rôle que le Royaume cherche à jouer en Syrie.

« Ils ont clairement indiqué être l’ami à la fois du gouvernement syrien et du peuple kurde. Cette attitude visant le compromis plutôt que la destruction finira, espérons-le, par l’emporter », a-t-il déclaré.

Le prince Khalid devrait discuter, lors de sa visite, des relations saoudo-américaines et des moyens de les renforcer. Il a déjà rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et l’envoyé spécial Steve Witkoff.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis reprennent leur aide alimentaire à la Somalie

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
Short Url
  • La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri"
  • Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis

NAIROBI: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi reprendre leur aide alimentaire à la Somalie, qu'ils avaient suspendue début janvier, après que Mogadiscio a annoncé avoir rendu l'aide alimentaire que Washington accusait les autorités somaliennes d'avoir saisie illégalement.

Le département d'Etat américain avait annoncé le 8 janvier avoir suspendu "tous les programmes américains d'assistance" à la Somalie, évoquant une "politique de tolérance zéro" en matière de gaspillage ou de vol après avoir reçu des informations selon lesquelles des responsables somaliens avaient "détruit un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) financé par les Etats-Unis et saisi illégalement 76 tonnes d'aide alimentaire".

La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri" et fait part de son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens de l'expulsion.

Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis. Après un scandale suscité par des révélations sur une gigantesque fraude aux aides publiques dans le Minnesota, mise en place par des membres de la diaspora somalienne, il a lancé une opération anti-immigration extrêmement critiquée à Minneapolis, capitale de cet Etat.

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis".

"À la suite de cette déclaration, nous reprendrons la distribution de denrées alimentaires au PAM tout en continuant à réévaluer notre posture d’assistance plus générale en Somalie", peut-on lire dans le même message.

"Toutes les marchandises du PAM affectées par l'expansion du port ont été rendues" et un "plus grand entrepôt" avait été fourni à l'agence onusienne, avait annoncé mardi sur X le gouvernement somalien, insistant sur sa "transparence".

Mogadiscio avait initialement indiqué que la démolition de l'entrepôt s'inscrivait dans le cadre de "travaux d'agrandissement et de réaménagement" du port de Mogadiscio et que tous les vivres resteraient sous la responsabilité du PAM.

Les fragiles autorités somaliennes sont dépendantes de l'aide militaire américaine face aux insurgés islamistes shebab qu'elles combattent depuis près de 20 ans ainsi que contre des jihadistes de l'Etat islamique.

Mardi, le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) avait indiqué avoir accéléré le rythme de leurs frappes aériennes contre ces deux groupes, avec 23 frappes depuis le 1er janvier.