De l'Irak à la Russie, deux décennies meurtrières pour les journalistes

Des personnes visitent un mémorial pour la journaliste russe Anna Politkovskaya, qui a été tuée par le Kremlin, dans les bureaux du journal Novaya Gazeta à Moscou, le 7 octobre 2021. (Photo de Natalia Kolesnikova / AFP)
Des personnes visitent un mémorial pour la journaliste russe Anna Politkovskaya, qui a été tuée par le Kremlin, dans les bureaux du journal Novaya Gazeta à Moscou, le 7 octobre 2021. (Photo de Natalia Kolesnikova / AFP)
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Publié le Vendredi 30 décembre 2022

De l'Irak à la Russie, deux décennies meurtrières pour les journalistes

  • Près de 1.700 journalistes ont été tués depuis 2003, un lourd tribut dénoncé vendredi par Reporters sans frontières
  • Marqués par la guerre, l'Irak et la Syrie dominent, sur la période 2003-2022, le classement des pays les plus dangereux pour la profession, avec un total de 578 tués

PARIS : De l'Irak à la Syrie en passant par la Russie et le Mexique, en terrain de guerre comme en zone de paix, près de 1.700 journalistes ont été tués depuis 2003, un lourd tribut dénoncé vendredi par Reporters sans frontières.

Au total, sur les 20 dernières années, 1.668 journalistes - professionnels ou non et collaborateurs des médias -, des hommes à plus de 95%, ont perdu la vie dans l'exercice de leur fonction, soit 80 par an en moyenne, selon le bilan établi par RSF.

«Derrière les chiffres, il y a les visages, la personnalité, le talent et l'engagement de celles et de ceux qui ont payé de leur vie leur collecte d'information, leur recherche de la vérité», souligne son secrétaire général Christophe Deloire dans un communiqué.

Marqués par la guerre, l'Irak et la Syrie dominent, sur la période 2003-2022, le classement des pays les plus dangereux pour la profession, avec un total de 578 tués.

Ils rassemblent ainsi à eux seuls «plus d'un tiers des reporters tués», devant le Mexique (125), les Philippines (107), le Pakistan (93), l'Afghanistan (81) et la Somalie (78).

- Anna Politkovskaïa -

Les années «noires» pour la profession remontent à 2012 et 2013, avec «respectivement 144 et 142 homicides», liés notamment au conflit en Syrie, souligne l'organisation de défense de la liberté de la presse.

Si ces pics meurtriers ont été suivis «d'une accalmie progressive, puis de chiffres historiquement bas à partir de 2019», le nombre de morts est reparti à la hausse en 2022 avec 58 journalistes tués contre 51 l'année précédente, en raison de la guerre en Ukraine.

Huit y ont ainsi perdu la vie depuis l'invasion russe de février, s'ajoutant aux 12 reporters qui y avaient été assassinés «au cours des 19 années précédentes».

D'où la deuxième place de l'Ukraine au classement des pays les plus dangereux d'Europe, derrière... la Russie (25 tués en 20 ans).

«Depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, les atteintes – y compris mortelles – à la liberté de la presse y ont été systématiques, comme l'a souvent dénoncé RSF, avec notamment la liquidation emblématique d'Anna Politkovskaïa le 7 octobre 2006», insiste l'ONG.

Avec huit morts recensés, la France apparaît au quatrième rang européen, derrière la Turquie (neuf), conséquence de la tuerie de Charlie Hebdo en 2015.

- cartels et corruption -

A l'échelle mondiale, la couverture des affrontements armés explique beaucoup de décès: depuis 2011, plus de la moitié ont été enregistrés dans des zones de combats comme la Syrie ou le Yémen.

Mais, signe de la diminution de l'intensité de certains conflits, comme de «l'efficacité des mesures de prévention et de protection mises en œuvre par les rédactions», la mortalité en zone de guerre «s'est stabilisée en dessous des 20 victimes par an».

Et les zones de paix ne sont pas forcément plus sûres: sur l'ensemble des deux décennies étudiées, elles ont compté «plus de journalistes tués» que les zones de guerre, constate RSF, invoquant les liquidations liées aux «enquêtes sur le crime organisé et la corruption».

Concentrant près de la moitié des victimes de 2022, le continent américain (Mexique, Brésil, Colombie, Honduras...) s'avère ainsi «aujourd'hui incontestablement le plus dangereux pour les médias», d'après l'ONG qui milite pour la mise en place et le renforcement de politiques de protection spéficiques.

Si les hommes sont surreprésentés parmi les victimes enregistrées depuis 2003, 81 femmes journalistes ont été tuées en 20 ans, avec des pics «particulièrement alarmants» selon les années.

En 2017, 10 d'entre elles ont ainsi péri dans le cadre de leur métier - à l'instar de la reporter d'investigation maltaise Daphne Caruana Galizia - soit un «pourcentage record de 13,5% de la mortalité totale».

Selon l'Unesco, dans le monde, les meurtres de journalistes restent impunis dans près de neuf cas sur dix.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.


L'Iran dit avoir visé des cibles militaires américaines à Bahreïn et au Koweït

Une image satellite montre de la fumée s'élevant à proximité d'une installation pétrolière dans le gouvernorat d'Ahmadi, au Koweït, le 18 juillet 2026. L'Iran cible le Koweït dans le cadre de frappes de représailles en réponse aux attaques américaines. (Union européenne/Copernicus Sentinel-2 via Reuters)
Une image satellite montre de la fumée s'élevant à proximité d'une installation pétrolière dans le gouvernorat d'Ahmadi, au Koweït, le 18 juillet 2026. L'Iran cible le Koweït dans le cadre de frappes de représailles en réponse aux attaques américaines. (Union européenne/Copernicus Sentinel-2 via Reuters)
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  • L'Iran affirme avoir ciblé des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, notamment des systèmes de défense antiaérienne, des radars et des équipements de localisation
  • Selon les autorités iraniennes, trois bases américaines au Koweït ont également été visées par des drones, tandis que Téhéran menace de nouvelles attaques plus puissantes

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé mardi avoir visé des cibles militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, selon l'agence officielle Irna.

L'armée idéologique de l'Iran a dit avoir frappé deux systèmes de défense antiaériens et une installation radar sur deux avant-postes américains à Bahreïn.

Les Gardiens ont également affirmé avoir touché des dispositifs de missiles défensifs et des systèmes de réception radar et satellite au Koweït. "L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", après cette attaque d'installations de repérage, ont-ils dit dans un communiqué diffusé par Irna.

Dans une autre déclaration portée par la télévision d'Etat, l'armée iranienne indique avoir frappé "trois importantes bases américaines au Koweït" avec des drones suicide. Sur celle d'Arifjan, elle explique avoir visé des bâtiments administratifs et des systèmes de localisation, une hélistation sur celle d'Al-Udairi, et un baraquement sur la base aérienne Ahmad Al-Jaber.


L'Espagne championne du monde de foot: Madrid fait la fiesta pour sa Roja

Rodri soulève le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers pour célébrer leur victoire au Mondial. (Reuters)
Rodri soulève le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers pour célébrer leur victoire au Mondial. (Reuters)
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  • Madrid a célébré dans une ambiance de liesse la deuxième Coupe du monde de l’Espagne après sa victoire 1-0 contre l’Argentine en prolongation, avec des milliers de supporters réunis dans les rues
  • Les supporters ont prolongé les festivités toute la nuit et attendaient le retour des champions pour le défilé et les célébrations prévues à la place de Cibeles

MADRID: Il est presque minuit, Madrid s'embrase au coup de sifflet final: l'Espagne vient de remporter sa seconde Coupe du monde et les cris de joie et vuvuzelas retentissent dans le centre, où des milliers de supporters s'étaient rassemblés pour suivre la finale sur un écran géant.

"Je suis euphorique, je n'arrive pas à y croire!" s'exclame depuis la place Colon Diego González, large sourire au lèvres, à l'issue du match qui a vu son pays vaincre l'Argentine en prolongation (1-0).

Autour de lui, des supporters craquent des fumigènes et des klaxons de voiture retentissent dans les rues adjacentes.

Diego n'a que 25 ans, mais ce second sacre lui rappelle le premier en 2010 en Afrique du Sud: "on avait gagné l'Euro" en 2008, "puis la Coupe du monde: il y a deux ans, et là on a gagné l'Euro et on vient de gagner le mondial à nouveau".

Une marée humaine vêtue des couleurs du drapeau espagnol, rouge et jaune, entonne en choeur le tube de Queen "We are the champions" et agite des drapeaux.

- Faire la fête à tout prix -

"C'est fou" de le chanter, "car à un moment on n'y croyait plus", raconte Alejandra Silva, 26 ans, maillot sur le dos, au milieu d'une foule euphorique.

Pour son amie Ángela Lambea, 30 ans, "on le méritait, on a très bien joué, on a eu le ballon tout le temps, l’Argentine ne l’a presque pas touché, donc on est très émues".

Toutes les deux pensent continuer à faire la fête pour célébrer la victoire de la Roja "mais on ne sait pas encore" où et comment, "et demain nous travaillons".

Partout dans Madrid, des feux d'artifice éclatent dans le ciel torride de cette nuit d'été.

A bord d'un avion atterrissant à Madrid peu après le sacre de l'Espagne, un pilote de la compagnie espagnole Iberia n'a pu retenir sa joie et a annoncé au micro :"Nous sommes champions du monde, mesdames et messieurs les passagers", avant de diffuser également le tube de Queen.

Entonnant des chants et sautant de joie, les supporters s'exclamaient  "Campeones, campeones !" ("Champions, champions !") et "Que viva España ! ("Vive l'Espagne !").

Ce nouveau titre planétaire résonne particulièrement dans ce pays passionné de football où ce sport fédère ses 50 millions d'habitants, dont une partie de la jeune génération n'avait d'ailleurs pas vécu le premier sacre de la "Selección" en Afrique du Sud.

John Molina, 40 ans, se souvient pourtant très bien de la première étoile de son équipe, "un rêve" à l'époque". Seize ans plus tard, "les gens y croyaient déjà" avant la fin du match, selon lui.

Et il sait déjà où il va continuer les festivités; "on va tous à Cibeles", la place où se rassemblent habituellement les supporters du Real Madrid pour célébrer les titres du club.

C'est aussi là que sont attendus les champions du monde dans quelques heures, à l'issue d'un défilé dans les rues de Madrid à bord d'un bus à impériale.