Turquie: funérailles sous tension pour un des trois Kurdes tués à Paris

Des personnes tentent d'accéder aux funérailles du chanteur et réfugié politique Mir Perwer, l'un des trois Kurdes tués lors d'une attaque en décembre 2022 à Paris, malgré le blocus policier dans la ville de Mus, dans l'est de la Turquie, le 5 janvier 2023 (Photo, AFP)
Des personnes tentent d'accéder aux funérailles du chanteur et réfugié politique Mir Perwer, l'un des trois Kurdes tués lors d'une attaque en décembre 2022 à Paris, malgré le blocus policier dans la ville de Mus, dans l'est de la Turquie, le 5 janvier 2023 (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 05 janvier 2023

Turquie: funérailles sous tension pour un des trois Kurdes tués à Paris

  • L'artiste, réfugié politique, a été inhumé en présence de membres de sa famille dans la province de Mus
  • Des gaz lacrymogènes ainsi que des balles en caoutchouc ont été tirés par les forces de l'ordre afin de disperser ces groupes, selon le correspondant et des vidéos tournées sur place

MUS: Les funérailles de Mir Perwer, chanteur kurde tué fin décembre à Paris, ont eu lieu sous tension jeudi dans l'est de la Turquie, a constaté un correspondant.

L'artiste, réfugié politique, a été inhumé en présence de membres de sa famille dans la province de Mus.

Les routes menant au village où se déroulaient les obsèques avaient été bloquées par des gendarmes, empêchant plusieurs groupes de personnes - dont des élus du parti pro-kurde HDP et des personnes se présentant comme des proches - d'assister aux obsèques.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux et par des médias en langue kurde montraient un de ces groupes bloqué par des gendarmes.

Des gaz lacrymogènes ainsi que des balles en caoutchouc ont été tirés par les forces de l'ordre afin de disperser ces groupes, selon le correspondant et des vidéos tournées sur place.

Un canon à eau a également été utilisé par les gendarmes, tandis que des hommes mécontents de ne pouvoir assister aux obsèques ont répondu par des jets de pierres.

Les funérailles d'Abdurrahman Kizil, autre Kurde tué à Paris fin décembre, ont également eu lieu jeudi, dans un village de la province de Kars, dans le nord-est de la Turquie, ont rapporté des médias locaux.

Une partie du convoi accompagnant sa dépouille a été bloquée à l'approche du lieu des obsèques, selon le média proche du mouvement kurde Yeni Yasam et une députée du parti pro-kurde DBP, Saliha Aydeniz.

Emine Kara, troisième victime de l'attaque de Paris, a elle été enterrée au Kurdistan d'Irak au cours d'une cérémonie aux accents politiques organisée en présence de membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe considéré comme terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux.

Mardi, des milliers de membres de la communauté kurde de France et d'autres pays européens s'étaient rassemblés en région parisienne pour leur rendre hommage.

Ces trois Kurdes ont été tués le 23 décembre devant un centre culturel de leur communauté à Paris. Le tireur, William Malet, un Français de 69 ans déjà connu de la justice pour des faits de violence, a justifié son geste par sa "haine pathologique des étrangers".


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.