Macron promet des réponses concrètes face à la crise du système de santé

Emmanuel Macron dévoilera des "mesures très concrètes, avec des clauses de revoyure précises et rapprochées pour s'assurer de leur exécution", a ajouté la présidence, sans en détailler la teneur. (AFP)
Emmanuel Macron dévoilera des "mesures très concrètes, avec des clauses de revoyure précises et rapprochées pour s'assurer de leur exécution", a ajouté la présidence, sans en détailler la teneur. (AFP)
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Publié le Vendredi 06 janvier 2023

Macron promet des réponses concrètes face à la crise du système de santé

  • Durant la campagne pour sa réélection au printemps, Emmanuel Macron avait d'ailleurs fait de la santé l'un des deux «chantiers majeurs» de son second quinquennat, avec l'école
  • Les médecins libéraux ont manifesté par milliers jeudi à Paris, point d'orgue d'une grève qui a débuté au lendemain de Noël pour réclamer le doublement de la consultation, de 25 à 50 euros

PARIS: Emmanuel Macron a concédé vendredi qu'une partie des revendications des soignants étaient "légitimes" et promis de formuler des réponses à la crise du système de santé avec "respect et intelligence", face à des personnels hospitaliers qui lui ont crié leur mal-être et leur épuisement.

"Il y a des demandes qui existent et qui ont leur part de légitimité et qu’il faut entendre", a-t-il déclaré à son arrivée au Centre hospitalier Sud Francilien (CHSF) de Corbeil-Essonnes (Essonne).

"Il y a aussi une situation à laquelle on doit tous faire face et une responsabilité collective pour que nos compatriotes aient aussi des soignants et puissent trouver pour eux-mêmes, leurs enfants, leurs parents une réponse", a-t-il ajouté.

"On va essayer de faire tout cela avec engagement, respect, intelligence", a assuré le chef de l'Etat, venu adresser ses voeux aux soignants et qui doit faire à cette occasion des annonces "concrètes" à la mi-journée face à un système de santé "à bout de souffle".

Emmanuel Macron, qui était accompagné du ministre de la Santé François Braun, a pu prendre en direct le pouls de l'état du système de soins lors d'un échange avec les équipes du service d'urgences pédiatriques du CHSF.

"C'est très dur", "on veut vous témoigner de notre fatigue", "la rémunération n’est certainement pas à la hauteur des efforts accomplis”, ont enchaîné infirmières, sage-femmes, puéricultrices.

Déserts et pénuries: les plaies ouvertes du système de santé

Ses "vœux aux acteurs de la santé" ont été annoncés tardivement, mais Emmanuel Macron est attendu vendredi au chevet d'un secteur profondément malade et dont les symptômes connus de longue date ne montrent aucun signe d'amélioration.

Déserts médicaux partout

Le diagnostic est vraisemblablement bien pire que ce qu'en disent les statistiques. Selon le ministère de la Santé, 5,7% des Français vivaient dans une "zone sous-dense" en médecins généralistes en 2018. Des chiffres officiels sans doute largement sous-estimés.

L'UFC-Que Choisir dénonce pour sa part un accès aux soins (tant géographique que financier) "particulièrement difficile" pour plus de 20% de la population. La ministre déléguée aux Professions de santé, Agnès Firmin Le Bodo, va encore plus loin, répétant ces derniers mois que "87% du territoire est considéré comme un désert médical".

La situation n'est pas prêt de s'améliorer: alors que les besoins augmentent sous l'effet du vieillissement, la profession traverse un "creux" démographique qui ne sera pas rattrapé avant 2035, le temps que la suppression du "numerus clausus" à l'entrée des études de médecine produise ses effets.

Les politiques d'incitations ayant montré leurs limites, la pression monte de toutes parts et les propositions de loi se multiplient pour restreindre la liberté d'installation des médecins et mieux répartir la pénurie. Le gouvernement s'y oppose et défend un partage des tâches avec les autres soignants, notamment les infirmiers.

Sauf que les praticiens refusent cette perspective et attendent plutôt des hausses de tarifs. En pleine négociation avec l'Assurance maladie, un collectif soutenu par plusieurs syndicats a organisé une grève depuis Noël et une manifestation à Paris pour revendiquer un doublement de la consultation de base, de 25 à 50 euros.

Hôpitaux sans bras

La "triple épidémie" hivernale de bronchiolite, Covid-19 et grippe s'est abattue à la fin de l'automne sur un système hospitalier déjà exsangue en raison d'une pénurie structurelle de soignants. Il manque jusqu'à 40% d'effectifs paramédicaux (infirmiers et aides-soignants) dans certains services.

Aux urgences, la plupart des mesures de la "mission flash" (accès filtré, majoration des heures de nuit, recours aux infirmiers libéraux) mises en œuvre durant l'été ont été pérennisées, sans faire de miracle.

En décembre, un collectif de plus de 5.000 médecins, soignants et agents hospitaliers a imploré l'exécutif d'agir urgemment pour soulager un hôpital public "en train de se fissurer et bientôt de s'écrouler", incapable "d'amortir la moindre crise sanitaire". Il exige notamment un horaire défini et un ratio maximal de patients par infirmière, ce qui nécessiterait d'embaucher "environ 100.000 infirmières" sur trois ans.

Au-delà des recrutements, l'enjeu pour l'hôpital est déjà de garder ses soignants, alors qu'aux Hôpitaux de Paris, par exemple, les effectifs infirmiers ont fondu de 10% en quatre ans, aggravant à 16% le taux de lits fermés. Les revalorisations financières issues du Ségur de la santé en 2020 n'ont pas suffi. Tous les professionnels insistent sur la nécessité d'améliorer les conditions d'exercice et de vie au travail.

Spécialités en crise

L'épidémie précoce et particulièrement virulente de bronchiolite a jeté une lumière crue sur le manque de pédiatres à l'hôpital comme en ville.

"Au printemps, restera-t-il quelqu'un pour soigner les enfants?", se sont interrogés en décembre quelque 10.000 soignants réunis au sein du Collectif de pédiatrie.

Pour répondre à cette crise "historique", l'exécutif a promis des "assises de la pédiatrie et de la santé de l'enfant" pour le printemps, en constituant un comité de pilotage mais sans préciser la date de ce rendez-vous à des professionnels qui s'impatientent.

Des assises, la psychiatrie en a déjà connues en septembre 2021, avec à la clé la création de 800 postes d'infirmiers dans les centres médico-psychologiques (CMP).

Une annonce jugée largement insuffisante, alors que la pénurie de médecins et d'infirmiers touche aujourd'hui cinq établissements hospitaliers sur six, selon les syndicats d'un secteur de la santé mentale "délabré".

Le gouvernement assure avoir "pleinement conscience" des difficultés de la psychiatrie. Des discussions devraient avoir lieu en ce début 2023 en vue de la présentation d'un nouveau "plan d'ampleur".

«Plusieurs vitesses»

Signe du caractère prioritaire accordé à la crise qui frappe l'hôpital mais aussi la médecine de ville, c'est la première fois depuis qu'il est arrivé à l'Elysée en 2017 qu'Emmanuel Macron dédie une cérémonie de vœux spécifiquement aux "acteurs de la santé, hospitaliers et libéraux".

Ses annonces sont très attendues par des personnels qui ne cessent de dénoncer la "déliquescence" de l'offre de soins, avec des urgences débordées et un manque criant de soignants, sur fond de triple épidémie hivernale de Covid-19, grippe et bronchiolite.

Dans un rare communiqué commun, l'ordre et les syndicats de médecins ont esquissé jeudi, à la veille des "décisions politiques", leur ligne rouge en affirmant "s'opposer à une médecine à plusieurs vitesses" qui ne respecterait pas leur rôle de "chef d'orchestre" du système.

Le premier mandat d'Emmanuel Macron a été marqué, après l'irruption de la pandémie en 2020, par le "Ségur de la santé", avec 12 milliards d'euros annuels pour mieux rémunérer les soignants et 19 milliards d'investissements dans les hôpitaux.

Mais dès 2018, son plan "Ma Santé 2022" avait installé sa philosophie, avec la suppression du "numerus clausus" qui plafonnait le nombre d'étudiants en médecine.

Le défi reste néanmoins majeur alors qu'il faut dix ans pour former un médecin. “On n’a pas assez de soignants et on va mettre des années à en faire" mais "on peut mettre plus de paramédicaux", a lancé le président.

Il avait reconnu qu'il faudrait "aller beaucoup plus loin, plus vite et plus fort", notamment en renforçant la prévention, "la simplification de l'hôpital", "l'accès aux soins en urgence" et la lutte contre les déserts médicaux.

Retraites: cinq ans d'atermoiements et revirements de Macron

Du grand système universel concocté en 2017 mais balayé par le Covid en 2020, à un simple report de l'âge de départ que le gouvernement doit présenter mardi, le dossier des retraites a été marqué par de nombreux atermoiements et revirements, sur le fond comme la méthode.

Les ambitions «universelles»

"Le bon débat n'est pas tant entre ceux qui voudraient passer la retraite à 65 ans ou la laisser à 62 ans, avoir tant ou tant de trimestres, mêmes si ces questions ne doivent pas être éludées", écrivait fin 2016 Emmanuel Macron dans son livre "Révolutions". Face au candidat de la droite, François Fillon, le futur président s'oppose à un décalage de l'âge de départ qui "n'est pas juste". Il entend "construire progressivement un régime universel" en fusionnant les dizaines de régimes existants.

Les «phrases» de Delevoye

En septembre 2017, l'ancien ministre RPR Jean-Paul Delevoye est nommé Haut-Commissaire aux retraites.

Le chantier est lancé avec force concertations mais ne débouche sur un projet que fin 2019, la crise des "gilets jaunes" ayant bouleversé l'agenda. Une réforme "très ambitieuse" mais "illisible" portée par un ministre qui "faisait des phrases mais ne maîtrisait pas son dossier", selon un acteur-clé. M. Delevoye finira par démissionner, fragilisé par des révélations sur des mandats non déclarés.

Le pivot de «l'âge pivot»

En avril 2019, Emmanuel Macron refuse toujours le report de l'âge légal: "quand aujourd’hui on est peu qualifié, quand on vit dans une région en difficulté industrielle, quand on est soi-même en difficulté, qu’on a une carrière fracturée, bon courage déjà pour arriver à 62 ans".

Mais le débat s'est installé au sein de sa majorité: faut-il accompagner la refonte du système de mesures financières ? Ce dilemme débouche sur un concept nouveau: "l'âge d'équilibre" ou "âge pivot". La réforme perd le soutien de la CFDT qui juge "totalement stupide de fixer un âge de liquidation de la retraite complète à 64 ans".

La réforme confinée

SNCF, RATP, enseignants, avocats... Un an après les "gilets jaunes", le projet suscite un mouvement social de grande ampleur. Des concessions sont accordées à une dizaine de professions. Édouard Philippe finit par se dire "disposé à retirer", sous conditions, l'âge pivot de 64 ans.

Alors qu'il bénéficie d'une confortable majorité à l'Assemblée, le Premier ministre engage le 49.3 pour couper court aux 41.000 amendements des oppositions. Le texte est adopté mais deux semaines plus tard, la France est confinée et la réforme abandonnée.

Virage à l’Élysée

La laborieuse sortie du Covid s'accompagne de quelques galops d'essais dans l'opinion sur l'éventualité d'une réforme avant la présidentielle de 2022. Sans suite.

En mars 2022, Les Échos dévoilent l'axe majeur de la campagne de réélection du président: la retraite à 65 ans. "Nous sommes dans une société qui vieillit, c’est une chance" et "il est donc normal, surtout compte-tenu aujourd’hui de la nature des comptes publics, de la réalité, que nous travaillions plus", explique M. Macron pour justifier cette mesure également défendue par la candidate des Républicains (LR), Valérie Pécresse.

Mais dès l'entre-deux tours, Emmanuel Macron lâche du lest. "Je ne veux pas diviser le pays", explique-t-il, se disant "prêt à discuter du rythme et des bornes" de la réforme. Le président est réélu mais, un mois plus tard, perd la majorité absolue.

Feuilleton de fin d'année

En septembre, Emmanuel Macron évoque une réforme-éclair via un amendement au Budget de la sécu. Son allié François Bayrou s'oppose à ce "passage en force". L'option est abandonnée, Élisabeth Borne entame de nouvelles concertations avec les syndicats et les partis politiques.

En octobre, M. Macron se redit "ouvert" à une solution à 64 ans avec accélération de la réforme dite Touraine sur le nombre de trimestres à cotiser. "Tout le monde a compris qu'on ne fera pas 65 ans", estime un ministre. Mais en décembre, surprise: la présentation de la réforme est repoussée au 10 janvier, après d'ultimes concertations menées cette semaine par Matignon.

"Il n'y a plus beaucoup de suspense: oui, ce sera 64 avec accélération de la loi Touraine", affirme le président de la CFTC, Cyril Chabanier. Soit la réforme votée chaque année par la droite au Sénat. "Comme m'a dit un des leaders parmi les plus importants des partenaires sociaux: +au moins avec vous, on a la stabilité du point de vue+", glisse le président de la Haute Assemblée, Gérard Larcher.

Foyers de mécontentement 

Durant la campagne pour sa réélection au printemps, Emmanuel Macron avait d'ailleurs fait de la santé l'un des deux "chantiers majeurs" de son second quinquennat, avec l'école.

Il avait reconnu qu'il faudrait "aller beaucoup plus loin, plus vite et plus fort", notamment en renforçant la prévention, "la simplification de l'hôpital", "l'accès aux soins en urgence" et la lutte contre les déserts médicaux.

François Braun, lors de sa nomination en juillet, évoquait même un "système de santé à bout de souffle". Mais, malgré quelques mesures et rallonges budgétaires décidées en urgence ces derniers mois, la crise ne cesse de s'intensifier.

Et les foyers de mécontentement se multiplient.

Les médecins libéraux ont manifesté par milliers jeudi à Paris, point d'orgue d'une grève qui a débuté au lendemain de Noël pour réclamer le doublement de la consultation, de 25 à 50 euros.

Le ministre de la Santé s'est dit jeudi "prêt à augmenter cette consultation", mais en échange d'efforts pour permettre aux Français d'accéder plus aisément à un médecin, et certainement pas à hauteur des 50 euros demandés.

FO-Santé, deuxième syndicat de la fonction publique hospitalière, a appelé à son tour à une grève illimitée à partir du 10 janvier pour protester contre "l'inaction" du gouvernement. Tandis que les biologistes libéraux menacent de fermer leurs laboratoires à partir de lundi.


A Athènes, Macron assure que la France sera aux côtés de la Grèce «quoi qu'il arrive»

Emmanuel Macron a assuré samedi à Athènes que la France soutiendrait la Grèce "quoi qu'il arrive" en cas de menace sur le pays méditerranéen, confronté à des tensions récurrentes avec la Turquie voisine, dans un partenariat de défense censé "inspirer" le reste de l'Europe. (AFP)
Emmanuel Macron a assuré samedi à Athènes que la France soutiendrait la Grèce "quoi qu'il arrive" en cas de menace sur le pays méditerranéen, confronté à des tensions récurrentes avec la Turquie voisine, dans un partenariat de défense censé "inspirer" le reste de l'Europe. (AFP)
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  • Les deux pays ont renouvelé leur partenariat stratégique dans la défense et la sécurité, signé pour la première fois en 2021 et qui prévoit une clause d'assistance mutuelle en cas d'agression
  • "Cette clause (...) est intangible", a insisté le dirigeant français. "Elle n'est pas discutée entre nous. Donc, il n'y a pas de point d'interrogation à avoir, il n'y a pas de doute à nourrir."

ATHENES: Emmanuel Macron a assuré samedi à Athènes que la France soutiendrait la Grèce "quoi qu'il arrive" en cas de menace sur le pays méditerranéen, confronté à des tensions récurrentes avec la Turquie voisine, dans un partenariat de défense censé "inspirer" le reste de l'Europe.

"Ne vous posez même pas la question. Quoi qu'il arrive, nous serons là, à vos côtés", a lancé le président français lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, au second jour de sa visite.

Les deux pays ont renouvelé leur partenariat stratégique dans la défense et la sécurité, signé pour la première fois en 2021 et qui prévoit une clause d'assistance mutuelle en cas d'agression.

"Cette clause (...) est intangible", a insisté le dirigeant français. "Elle n'est pas discutée entre nous. Donc, il n'y a pas de point d'interrogation à avoir, il n'y a pas de doute à nourrir."

"Pour tous nos ennemis, potentiels ou réels, il faut qu'ils le sachent très clairement", a-t-il encore ajouté.

La veille, Emmanuel Macron avait tenu des propos similaires lors d'une discussion avec Kyriakos Mitsotakis dans le site antique de l'Agora romaine.

Ces déclarations ont "véritablement touché le coeur des Grecs", lui a répondu le Premier ministre qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2019, a largement relancé les achats d'armements notamment français.

La presse grecque se consacrait largement à cette visite très suivie. Le principal quotidien grec, Kathimerini, reprenait ainsi en Une une phrase du président français: "Nous serons là pour vous si votre souveraineté est menacée".

Le chef du gouvernement grec a vu dans cette clause d'assistance mutuelle "la pierre angulaire" de l'accord franco-grec, qui sera désormais reconduit tacitement et a été complété samedi par un partenariat stratégique "global".

Les tensions avec la Turquie, à la fois rival historique de la Grèce et partenaire au sein de l'Otan, ressurgissent à intervalles réguliers et sont souvent évoquées par Athènes pour justifier l'achat d'armements.

Face aux défis grandissants pour la sécurité de l'Europe, la Grèce a lancé l'an dernier une refonte de son armée, présentée comme la plus importante de son histoire moderne.

Elle va y consacrer quelque 25 milliards d'euros, avec la volonté de se doter notamment d'un dôme anti-missiles, anti-aérien et anti-drones appelé "Bouclier d’Achille". Selon des sources ministérielles, cette refonte doit s'étaler sur 12 ans.

"Bouleversements géopolitiques" 

Client historiquement important de l’industrie de la défense européenne et américaine, la Grèce est actuellement l'un des quatre pays de l’Alliance atlantique qui consacrent plus de 3% de leur PIB aux dépenses de défense, derrière la Pologne, l'Estonie et la Lettonie.

Elle entretient des relations acrimonieuses avec la Turquie malgré un certain réchauffement depuis la fin 2023 marqué par des rencontres entre M. Mitsotakis et le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Après un gel du budget d'armements pendant la décennie de la crise financière (2009-2018), la Grèce avait décidé en 2021 de moderniser ses forces armées, sur fond à l'époque de tensions avec Ankara.

Elle a dans ce cadre acquis à la France 24 avions de combat Rafale puis trois frégates Belharra pour un montant total de plus de 5,5 mds d'euros. Une quatrième frégate avait été ajoutée l'an dernier.

Pour les deux dirigeants, cette alliance entre leurs pays doit servir de modèle à la défense européenne.

"Ce rapprochement gréco-français a précédé les récents bouleversements géopolitiques majeurs", a noté Kyriakos Mitsotakis. "Il a préfiguré la nécessité plus large d’une autonomie stratégique pour notre continent", a-t-il insisté.

Emmanuel Macron a aussi estimé que ce "mouvement" avait "inspiré et continue d'inspirer le reste de l'Europe et a consolidé ce pilier européen de l'Otan, cette Europe de la défense" devenue "une vraie stratégie".

 


Macron en Ariège puis en Andorre pour parler de réindustrialisation et santé

Le chef de l'Etat inaugurera l'usine Occitanie Géotex, qui va fabriquer, à partir de fibres végétales de chanvre et de laine produites dans la région, des géotextiles pour la construction, les routes ou l'agriculture. (AFP)
Le chef de l'Etat inaugurera l'usine Occitanie Géotex, qui va fabriquer, à partir de fibres végétales de chanvre et de laine produites dans la région, des géotextiles pour la construction, les routes ou l'agriculture. (AFP)
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  • La semaine dernière, dans l'Allier, Emmanuel Macron a présenté un plan de réindustrialisation focalisé sur 150 projets stratégiques
  • En vertu d'un système vieux de plusieurs siècles, le chef de l'Etat français partage les fonctions de coprince d'Andorre avec l'évêque catholique de la ville frontalière espagnole d'Urgell, actuellement Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat

PARIS: Emmanuel Macron se rend lundi en Ariège, un déplacement placé sous le signe de la réindustrialisation et de la santé, avant de revêtir ses habits de coprince d'Andorre pour une visite de deux jours dans le micro-Etat, où la délicate question de l'avortement sera abordée.

Première étape, Lavelanet, en Ariège.

Le chef de l'Etat inaugurera l'usine Occitanie Géotex, qui va fabriquer, à partir de fibres végétales de chanvre et de laine produites dans la région, des géotextiles pour la construction, les routes ou l'agriculture.

Cette usine, dont l'activité doit démarrer en fin d'année, "symbolise la politique de réindustrialisation, de relance industrielle (...) menée par le chef de l'Etat depuis 2017", relève l'Elysée.

La semaine dernière, dans l'Allier, Emmanuel Macron a présenté un plan de réindustrialisation focalisé sur 150 projets stratégiques, en s'appuyant sur l'exemple de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris en matière de simplification et d'accélération des procédures.

Le chef de l'Etat ira ensuite sur le site hospitalier de Lavelanet, le premier "entièrement reconstruit et finalisé en Occitanie dans le cadre du Ségur de la santé" de 2020, souligne l'Elysée. Objectif: mettre en avant la lutte contre "la faible densité médicale".

Emmanuel Macron mettra ensuite le cap vers Andorre-la-Vieille, où il doit rester jusqu'à mardi.

En vertu d'un système vieux de plusieurs siècles, le chef de l'Etat français partage les fonctions de coprince d'Andorre avec l'évêque catholique de la ville frontalière espagnole d'Urgell, actuellement Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat.

Et la tradition, établie par Charles de Gaulle, veut que chaque président s'y rende durant son mandat. Emmanuel Macron l'avait fait en 2019, lors de son premier quinquennat.

Il avait déjà, à l'époque, évoqué l'avortement. La principauté, nichée entre France et Espagne, est, avec le Vatican, le seul Etat en Europe à interdire totalement l'interruption volontaire de grossesse (IVG), même en cas de viol, d'inceste, de danger pour la mère ou de maladie du fœtus.

L'IVG est passible de prison pour les femmes et les médecins qui la pratiquent, même s'il n'y a jamais eu de procès.

Le chef du gouvernement d'Andorre, Xavier Espot Zamora, a affirmé à l'AFP fin mars avoir bon espoir de dépénaliser l'IVG d'ici un an sans pour autant la légaliser.

La structure singulière de gouvernance de la principauté rend la question particulièrement épineuse car toute avancée nécessite des négociations avec le Saint-Siège.

Si l'IVG reste interdite, ce n'est "pas parce que le gouvernement d'Andorre ou la société andorrane sont plus conservateurs qu'en France ou en Espagne" mais car "un de nos chefs d'Etat est évêque", a expliqué Xavier Espot Zamora.

"Avec franchise" 

Emmanuel Macron devrait aborder la question lors d'une adresse à la population andorrane. Il doit aussi évoquer le sujet "avec franchise" durant des entretiens bilatéraux avec son coprince et le chef du gouvernement, selon l'Elysée.

La France est devenue en 2024 le premier pays à inscrire le droit de recourir à l'avortement dans sa Constitution.

M. Macron "a toujours défendu le droit des femmes à disposer de leur corps", "on ne peut pas imaginer (qu'il) n'abordera pas ce sujet", a indiqué la présidence française.

Par ailleurs, l'accord d'association avec l'Union européenne, qui reste à approuver, sera l'un des grands thèmes du déplacement.

Emmanuel Macron "encouragera clairement" Andorre à cette approbation, souligne l'entourage du chef de l'Etat. Le texte devra être soumis à référendum dans le pays.

La principauté, dont la surface équivaut à moins de deux fois celle de Marseille, est connue pour ses pistes de ski et sa fiscalité avantageuse.

Mais elle a quitté la liste des paradis fiscaux de l'OCDE en 2010 et mis en place depuis des taxations modérées, quoique bien inférieures à celles de la moyenne dans l'UE.

Emmanuel Macron prévoit aussi d'aborder la question de la transition écologique lors d'une visite d'une centrale hydroélectrique andorrane dans laquelle EDF compte investir.

Il se rendra dans deux établissements scolaires, une école andorrane et le lycée français Comte de Foix, et visitera le sanctuaire de Meritxell.

Il se verra aussi décerner la Croix des Sept bras, plus haute décoration de la principauté.

 


Tirs à un gala avec Trump: Macron dénonce une attaque «inacceptable», apporte son «soutien» au président américain

Tirs à un gala avec Trump: Macron dénonce une attaque «inacceptable», apporte son «soutien» au président américain
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  • "L’attaque armée visant hier soir le président des États-Unis est inacceptable. La violence n’a jamais sa place en démocratie", a écrit le président français sur X. "J’adresse à Donald Trump tout mon soutien"
  • Le président américain et les autres participants au gala annuel des correspondants de la Maison Blanche ont été évacués samedi soir après des coups de feu à l’extérieur de la salle de bal où se tenait le dîner

PARIS: Emmanuel Macron a dénoncé dimanche une attaque "inacceptable" après la fusillade survenue lors du gala de la presse à Washington, exprimant "tout (son) soutien" à Donald Trump, évacué de la salle.

"L’attaque armée visant hier soir le président des États-Unis est inacceptable. La violence n’a jamais sa place en démocratie", a écrit le président français sur X. "J’adresse à Donald Trump tout mon soutien".

Le président américain et les autres participants au gala annuel des correspondants de la Maison Blanche ont été évacués samedi soir après des coups de feu à l’extérieur de la salle de bal où se tenait le dîner.

L'assaillant a été arrêté avant de pouvoir entrer. Selon les premiers éléments de l’enquête, rapportés par le ministre de la justice par intérim, Todd Blanche, l’homme aurait agi seul et ciblait des hauts responsables de l’administration Trump

"La haine politique a frappé à nouveau aux États-Unis (...) En démocratie, rien ne peut justifier cette violence", a commenté sur X le président du Rassemblement national Jordan Bardella, exprimant sa "solidarité" avec le président américain.

"Le problème des Etats-Unis, c'est qu'il y a 400 millions d'armes en circulation chez des particuliers, c'est-à-dire plus d'armes en circulation que le nombre d'habitants", a déploré de son côté sur France Inter Mathilde Panot, la cheffe de file des députés de La France insoumise.

"Toux ceux qui disent qu'une société est plus sûre lorsque les gens possèdent des armes mènent à ce type de choses qui est évidemment désastreux".