Avant le chlordécone, d'autres scandales sanitaires en France

Avant le chlordécone, plusieurs scandales sanitaires ont marqué la France durant ces cinquante dernières années. (Photo d'illustration, AFP)
Avant le chlordécone, plusieurs scandales sanitaires ont marqué la France durant ces cinquante dernières années. (Photo d'illustration, AFP)
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Publié le Vendredi 06 janvier 2023

Avant le chlordécone, d'autres scandales sanitaires en France

  • Antiépileptique du laboratoire Sanofi, la Dépakine est au centre d'un scandale sanitaire qui démarre en 2015 à la suite de malformations chez des enfants de femmes sous traitement pendant leur grossesse
  • Principalement prescrit comme coupe-faim, le Mediator est retiré du marché en France, fin 2009 après les alertes du Dr Irène Frachon sur ses effets graves pour les valves cardiaques

PARIS: Avant le chlordécone, pesticide risqué pour la santé humaine utilisé dans les bananeraies des Antilles françaises jusqu'en 1993, plusieurs scandales sanitaires ont marqué la France durant ces cinquante dernières années.

Talc Morhange

En août 1972, le ministère de la Santé lance une mise en garde contre le talc Morhange qui contient une forte dose d'un puissant bactéricide, l'hexachlorophène.

Cette erreur de fabrication entraîne la mort de 36 bébés. Huit ans plus tard, l'issue du procès laisse un goût amer aux familles des victimes: les peines des principaux responsables sont amnistiées.

Distilbène

Le Distilbène est le nom commercial d'une hormone de synthèse prescrite en France de 1950 à 1977 aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches.

Ce produit s'avère dangereux: les filles exposées in utero présentent des risques accrus de développer des cancers du vagin ou du col de l'utérus et leurs enfants risquent des malformations.

Au moins 160 000 bébés auraient été exposés en France au Distilbène. Au début des années 2000, les procès se multiplient.

Pour la première fois en 2011, la cour d'appel de Versailles reconnaît un lien entre Distilbène et handicap à la troisième génération, accordant au petit-fils d'une femme soignée par ce produit 1,7 million d'euros de dommages et intérêts.

Sang contaminé

Dans les années 80, l'épidémie de sida se répand. De plus, des stocks de produits sanguins non chauffés (le chauffage permet d'inactiver le VIH) continuent d'être écoulés jusqu'en octobre 1985.

Résultat: des centaines de personnes sont contaminées, surtout des hémophiles que la maladie contraint à des transfusions régulières.

Les suites judiciaires déçoivent profondément les victimes. En 1993, l'ex-directeur du Centre national de transfusion sanguine Michel Garretta et son ancien directeur du développement Jean-Pierre Allain sont condamnés en appel à quatre ans de prison dont deux ferme.

En 1999, le Premier ministre de l'époque Laurent Fabius et l'ex-ministre des Affaires sociales Georgina Dufoix sont relaxés par la Cour de justice de la République, tandis que l'ex-secrétaire d’État à la Santé Edmond Hervé est condamné mais dispensé de peine.

Hormone de croissance

Entre 1983 et 1985, 1 698 enfants reçoivent un traitement pour favoriser leur croissance avec des injections de produits contaminés par le prion, l'agent pathogène de la maladie de Creutzfeld-Jacob (MCJ), qui détruit le système nerveux.

Parmi eux, 120 meurent de MCJ. L'épilogue judiciaire du scandale se joue en 2016 après plus de vingt ans d'instruction: les deux derniers prévenus sont relaxés, la justice reconnaissant des "fautes" mais pas de "responsable".

Mediator

Principalement prescrit comme coupe-faim, le Mediator est retiré du marché en France, fin 2009 après les alertes du Dr Irène Frachon sur ses effets graves pour les valves cardiaques.

En 2011, l'Inspection générale des affaires sociales estime que ce retrait aurait dû intervenir dès 1999.

Au terme d'un procès fleuve, le groupe Servier est condamné, le 29 mars 2021, à une amende 2,718 millions d'euros pour "tromperie aggravée" et "homicides et blessures involontaires", mais relaxé d'autres délits. L'Agence du médicament ANSM est condamnée à 303 000 euros d'amende pour avoir "gravement failli dans sa mission de police sanitaire".

Parquet de Paris et parties civiles font appel ainsi que le laboratoire pharmaceutique. Le procès en appel doit s'ouvrir lundi.

Dépakine

Antiépileptique du laboratoire Sanofi, la Dépakine est au centre d'un scandale sanitaire qui démarre en 2015 à la suite de malformations chez des enfants de femmes sous traitement pendant leur grossesse.

La Dépakine (valproate de sodium) est responsable depuis 1967 de malformations chez 2 150 à 4 100 enfants et de troubles du développement chez 16.600 à 30.400 enfants, selon l'Assurance maladie et l'ANSM.

Sanofi est mis en examen pour "homicides involontaires" en août 2020 et l'Agence du médicament (ANSM) pour "blessures et homicides involontaires par négligence" en novembre.

En janvier 2022, le tribunal judiciaire de Paris estime que Sanofi a "commis une faute en manquant à son obligation de vigilance et d’information" et juge recevable une action de groupe.


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.