Retraites: Les syndicats se préparent pour une «puissante» mobilisation le 19 janvier

Interviewé sur BFMTV mardi soir, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a estimé que le mouvement contre le plan Juppé, qui avait rassemblé jusqu'à entre un et deux millions de personnes le 12 décembre 1995, était «une bonne référence» (Photo, AFP).
Interviewé sur BFMTV mardi soir, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a estimé que le mouvement contre le plan Juppé, qui avait rassemblé jusqu'à entre un et deux millions de personnes le 12 décembre 1995, était «une bonne référence» (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 12 janvier 2023

Retraites: Les syndicats se préparent pour une «puissante» mobilisation le 19 janvier

  • Les huit principaux syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU) ont appelé à une journée de grève et de manifestations le 19 janvier
  • Interrogé sur l'ampleur de la mobilisation, le secrétaire général du premier syndicat français, Laurent Berger (CFDT), a dit ne pas pouvoir «prévoir»

PARIS: Les syndicats prévoient une "puissante" mobilisation contre la réforme des retraites, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez imaginant même de "faire mieux" qu'en 1995, dans un contexte où les ferments de la colère sont nombreux.

Les huit principaux syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU), dans une unité d'action inédite depuis 12 ans, ont appelé à une journée de grève et de manifestations le 19 janvier, espérant qu'elle "donne le départ d'une puissante mobilisation sur les retraites dans la durée".

Interviewé sur BFMTV mardi soir, Philippe Martinez a estimé que le mouvement contre le plan Juppé, qui avait rassemblé jusqu'à entre un et deux millions de personnes le 12 décembre 1995, était "une bonne référence". "On peut faire mieux même (...) le contexte est différent", a-t-il lancé, notant la "tension sociale" qui traverse le pays en raison de l'inflation.

M. Martinez a cependant nuancé son propos en soulignant que depuis 1995 "le monde du travail a changé", avec davantage de précarité: "Faire grève quand on est précaire c’est très dur. Pas seulement parce qu’on perd du salaire, mais parce qu’on risque sa place."

Interrogé sur l'ampleur de la mobilisation, le secrétaire général du premier syndicat français, Laurent Berger (CFDT), a dit ne pas pouvoir "prévoir". "Ce que je sais, c'est que le mécontentement est extrêmement fort. Ce sentiment d’injustice il est très profond aujourd'hui dans le monde du travail, et cette réforme est ressentie de manière très négative", a-t-il souligné sur France Inter mercredi.

Selon les derniers sondages, une large majorité de Français est opposée au relèvement de l'âge légal. Des sources sécuritaires notent un climat social tendu, et craignent une large mobilisation dans la foulée des annonces de la Première ministre.

«Un peu fébrile»

Le gouvernement a affiché lui sa sérénité mercredi. Il "ne se projette pas là dans l'idée d'une mobilisation massive", a affirmé le porte-parole du gouvernement Olivier Véran à l'issue du Conseil des ministres.

"Le télétravail, c’est quand même l’arme anti-grève absolue", se rassure pour sa part un dirigeant Renaissance.

Sous couvert d'anonymat, un responsable syndical se garde de tout triomphalisme: "On est un peu fébrile. On ne sait pas si ça va vraiment marcher. On n’arrive pas à sentir le terrain (…) La manifestation, ce n’est pas presse-bouton. On espère, ce n’est pas évident", admet-il.

La manifestation de la semaine prochaine aura valeur de test: "Le 19 sera très déterminant comme entrée en matière. Si la mobilisation est très élevée, cela donnera confiance pour aller plus vite, plus fort", souligne auprès de l'AFP Simon Duteil, de Solidaires.

Une intersyndicale aura lieu dès le 19 au soir, au siège de Solidaires, pour décider des suites du mouvement, avec peut-être une nouvelle journée de mobilisation dès la semaine suivante.

"On peut avoir une deuxième journée très rapprochée pour ne pas casser la dynamique", dit Céline Verzeletti, secrétaire confédérale CGT. Si la mobilisation est plus difficile qu'en 1995, "on peut bloquer plus facilement l'économie" avec un petit nombre de grévistes, note-t-elle.

La grève des raffineurs cet automne en a été l'illustration. Les employés des raffineries du groupe TotalEnergies et de son concurrent Esso-ExxonMobil seront à nouveau en grève le 19.

Un conflit "dur" est de manière générale à prévoir dans l'énergie, compte tenu de la suppression du régime spécial des électriciens et des gaziers, a prévenu Francis Casanova, délégué syndical central CGT chez le gestionnaire des lignes à très haute et haute tension RTE.

En pointe dans le conflit de l'hiver 2019-2020, lors de la précédente tentative de réformer les retraites, les syndicats de la RATP ont promis de "mettr(e) tout en oeuvre pour s'opposer" à la réforme portée par Elisabeth Borne. "La division et l'inaction n'ont pas leur place", ont de leur côté affirmé les syndicats de la SNCF.

Les enseignants de la FSU prévoient eux d'ouvrir le bal en se mobilisant dès le 17.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
Short Url
  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Short Url
  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
Short Url
  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.