A Tel-Aviv, des dizaines de milliers d'Israéliens conspuent Netanyahu et «les facistes»

Des Israéliens protestent contre la nouvelle coalition de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses propositions de réformes judiciaires visant à réduire les pouvoirs de la Cour suprême sur la place principale de Tel Aviv le 14 janvier 2023 (Photo, Reuters).
Des Israéliens protestent contre la nouvelle coalition de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses propositions de réformes judiciaires visant à réduire les pouvoirs de la Cour suprême sur la place principale de Tel Aviv le 14 janvier 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Dimanche 15 janvier 2023

A Tel-Aviv, des dizaines de milliers d'Israéliens conspuent Netanyahu et «les facistes»

  • Ils demandent aussi la démission du chef du gouvernement à cause de ces affaires
  • A cela s'agrègent d'autres mécontents: opposants à la colonisation israélienne en Cisjordanie, territoire palestinien occupé

TEL AVIV: Plusieurs dizaines de milliers d'Israéliens ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv pour clamer leur refus de la politique de la coalition au pouvoir autour de Benjamin Netanyahu, dont ils craignent une dérive antidémocratique.

Il s'agit de la manifestation la plus importante depuis la prestation de serment le 29 décembre du gouvernement alliant des partis de droite, d'extrême droite et ultraorthodoxes juifs, le plus à droite de l'histoire de ce pays d'un peu plus de 9 millions d'habitants.

Vers 21H00 (19H00 GMT), la place Habima dans le centre de Tel-Aviv était pleine et la foule débordait dans les rues adjacentes, selon des journalistes de l'AFP sur place.

En l'absence d'estimations officielles, plusieurs médias ont indiqué que 80.000 manifestants s'y étaient rassemblés, citant des "sources policières".

Des rassemblements plus restreints se sont tenus simultanément à Jérusalem, où environ un millier de manifestants se sont rassemblés devant la résidence du président israélien Isaac Herzog et de M. Netanyahu selon les médias locaux, et à Haïfa, la grande ville du nord du pays.

Les manifestants répondaient à l'appel d'une organisation anticorruption, autour de mots d'ordre appelant à "sauver la démocratie" et à empêcher "le renversement du régime" politique en vigueur en Israël depuis sa création en 1948.

«Gouvernement de la honte»

Des partis, du centre, de gauche et l'alliance des partis arabes Hadash-Taal ont appelé les Israéliens à manifester en particulier contre la réforme de la justice présentée le 4 janvier par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, poursuivi dans plusieurs dossiers de corruption présumée.

Ils demandent aussi la démission du chef du gouvernement à cause de ces affaires. A cela s'agrègent d'autres mécontents: opposants à la colonisation israélienne en Cisjordanie, territoire palestinien occupé.

Sur la place Habima, l'ambiance était bon enfant. De nombreux Israéliens étaient venus en famille malgré la pluie et les manifestants ont scandé leurs slogans sous une mer de parapluie, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs personnalités politiques, dont la chef du parti travailliste Meirav Michaeli, l'ancien ministre de la Défense Benny Gantz et l'ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni étaient présents.

"La situation est inquiétante et effrayante", a confié Aya Tal, 22 ans, qui travaille dans la high tech. "On veut nous prendre nos droits. Ca me fait peur de me dire qu'on laisse les choses se faire en silence (...) on doit s'unir", a-t-elle ajouté.

Les pancartes brandies par les manifestants rendaient compte de la diversité des revendications: "Le temps est venu de faire tomber le dictateur", "Gouvernement de la honte", "Il n'y a pas de démocratie avec l'occupation", "Bibi ne veut pas de démocratie, nous n'avons pas besoin de fascistes à la Knesset", "Tu aimeras l'autre comme toi-même" écrit en hébreu et en arabe.

Mais c'est le slogan "Démocratie, démocratie" qui revenait le plus souvent.

Le public "n'acceptera pas (...) la destruction des valeurs qui sont à la base de notre système", a dit l'ancienne juge de la Cour Suprême Ayala Procaccia, en prenant la parole sur le podium.

"Nous sommes à un moment fatidique pour l'avenir moral d'Israël", a-t-elle ajouté.

En l'absence de constitution officielle écrite, le pouvoir judiciaire est en Israël le seul en mesure de contrôler le gouvernement et de sauvegarder les droits individuels.

Les critiques de la réforme judiciaire estiment qu'elle accorderait un contrôle illimité au Premier ministre, mettant en danger la démocratie israélienne telle qu'elle existe depuis 1948. Ils disent craindre une dérive vers une démocratie illibérale.

«Préserver la démocratie»

De juillet 2020 à juin 2021, le Mouvement des drapeaux noirs avait soutenu une campagne de contestation de longue haleine contre M. Netanyahu pour exiger sa démission à cause des scandales de corruption auxquels il est mêlé.

Chef du Likoud, le grand parti de la droite israélienne, et détenteur du record de longévité à la tête du gouvernement israélien, M. Netanyahu a été chassé du pouvoir en 2021 par une coalition électorale hétéroclite qui aura tenu moins d'un an.

Il a pris fin décembre la tête d'un nouveau gouvernement à l'issue des élections législatives de novembre, les cinquièmes en quatre ans, dont les résultats témoignent du morcellement de l'électorat et des divisions internes de la société.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.