Industrie européenne: von der Leyen défend un fonds de souveraineté de l'UE

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'exprime lors d'une session de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le 17 janvier 2023 (Photo, AFP).
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'exprime lors d'une session de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le 17 janvier 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 17 janvier 2023

Industrie européenne: von der Leyen défend un fonds de souveraineté de l'UE

  • L'idée d'un tel fonds, reposant sur des financements mutualisés à l'échelle de l'UE, avait déjà été formulée par Ursula von der Leyen
  • Mme von der Leyen doit présenter d'ici à fin janvier ses propositions de soutien à l'industrie européenne

DAVOS: La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a réaffirmé mardi à Davos son projet de "fonds de souveraineté européen" pour soutenir l'industrie de l'UE face aux aides d'État chinoises et américaines.

Ce fonds viendrait compléter une série de mesures envisagées, notamment un nouvel assouplissement temporaire et ciblé des règles limitant les aides d'Etat qui, sans mesures d'accompagnement, risquerait de fragmenter le marché unique.

Cet assouplissement, en ouvrant les vannes des subventions nationales, profiterait essentiellement aux grands pays riches comme l'Allemagne et la France qui seraient en mesure de favoriser leurs entreprises aux détriments de celles des autres pays, une concurrence déloyale que Bruxelles assure vouloir écarter.

"A moyen terme, nous allons préparer un fonds de souveraineté européen dans le cadre de l'examen à mi-parcours de notre budget qui aura lieu dans le courant de l'année", a déclaré Ursula von der Leyen, lors de la première journée de débats organisés par le Forum économique mondial (WEF), sans toutefois préciser comment ce fonds serait financé.

"Il s'agit d'une solution structurelle qui permettra d'accroître les ressources disponibles pour la recherche en amont, l'innovation et les projets industriels stratégiques essentiels" dans la transition verte, a poursuivi la cheffe de l'exécutif européen.

"Mais parce que cela prendra du temps, nous chercherons une solution de transition pour fournir un soutien rapide et ciblé là où il est le plus nécessaire", a-t-elle ajouté.

Cette solution de transition consistera à réaffecter des fonds déjà existants, a précisé le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, évoquant un panier d'instruments pour répondre aux besoins différents des Etats membres qui ne disposent pas tous de la même force de frappe budgétaire.

"Il faut s'assurer que personne ne sera laissé de côté", a-t-il souligné lors d'un briefing avec des journalistes.

Ce panier pourrait inclure, selon lui, des financements restants du plan de relance européen à 800 milliards d'euros (NextGenerationEU) et des prêts de la Banque européenne d'investissement (BEI).

Il pourrait aussi comprendre un mécanisme de type "Sure", un instrument européen qui a permis pendant la récession liée à la pandémie de Covid-19 de soutenir les mesures de chômage partiel au sein des Etats membres dans le besoin. Il consistait en des prêts à des conditions favorables financés par des emprunts de la Commission européenne sur les marchés financiers.

"Le fonds de souveraineté aura une enveloppe moindre" que les autres mécanismes envisagés, il permettra des prises de participation au capital de certaines entreprises stratégiques, a expliqué Thierry Breton.

L'idée d'un tel fonds, reposant sur des financements mutualisés à l'échelle de l'UE, avait déjà été formulée par Ursula von der Leyen mais se heurte à l'hostilité de plusieurs pays membres, dont l'Allemagne, des contributeurs nets au budget européen inquiets de voir encore enfler leur facture.

Mme von der Leyen doit présenter d'ici à fin janvier ses propositions de soutien à l'industrie européenne, avant un sommet européen des chefs d'Etat et de gouvernement les 9 et 10 février.

Elle a réaffirmé mardi que la Commission proposerait "d'adapter temporairement (ses) règles en matière d'aides d'Etat". "Les calculs seront plus faciles. Les procédures, plus simples. Les approbations, accélérées", a précisé la responsable allemande. Ces règles ont déjà été assouplies "de façon temporaire" en 2020 durant la pandémie, puis en 2O22 dans le contexte de la guerre en Ukraine.

La commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, a sollicité vendredi l'avis des Etats membres à ce sujet, en évoquant le besoin de financements européens pour un soutien "juste et équitable" aux Vingt-Sept.

La France et l'Allemagne ont représenté respectivement 53% et 24% des aides d'État notifiées à Bruxelles depuis mars 2022 dans le cadre de l'assouplissement lié à la guerre en Ukraine, contre seulement 7% pour l'Italie, qui arrive en troisième position. Plusieurs pays ont exprimé leur inquiétude d'une concurrence déloyale.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.