Réforme des retraites: faut-il faire payer les retraités?

En choisissant de relever l'âge légal de départ à la retraite (64 ans en 2030) et d'accélérer l'allongement de la durée de cotisation (43 ans dès 2027), l'exécutif fait reposer sa réforme sur les seuls travailleurs, déplorent les syndicats. (Photo, AFP)
En choisissant de relever l'âge légal de départ à la retraite (64 ans en 2030) et d'accélérer l'allongement de la durée de cotisation (43 ans dès 2027), l'exécutif fait reposer sa réforme sur les seuls travailleurs, déplorent les syndicats. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 18 janvier 2023

Réforme des retraites: faut-il faire payer les retraités?

  • Les pensionnés actuels «conservent aujourd'hui encore un niveau de vie supérieur à celui de l'ensemble de la population, ce qui n'était pas le cas avant les années 2000»
  • Président du cabinet de conseil en stratégie sociale Quintet, Antoine Foucher est favorable à une mise à contribution des pensionnés

PARIS: Faire contribuer au financement du système de retraite les pensionnés actuels, dont le niveau de vie moyen est supérieur à celui des actifs: "inconcevable" pour le gouvernement, risqué au plan électoral, ce scénario est défendu par des experts au nom de la solidarité entre les générations. 

En choisissant de relever l'âge légal de départ à la retraite (64 ans en 2030) et d'accélérer l'allongement de la durée de cotisation (43 ans dès 2027), l'exécutif fait reposer sa réforme sur les seuls travailleurs, déplorent les syndicats. 

Demander des efforts aux entreprises par une hausse des cotisations patronales? Le gouvernement s'y refuse pour ne pas alourdir le "coût du travail". 

Une autre piste consisterait à mettre à contribution les retraités actuels. "C'est inconcevable", avait martelé le ministre du Travail, Olivier Dussopt, le jour-même de la présentation de la réforme. "Pour des hommes et des femmes qui ont cotisé toute leur vie avec des petits salaires au niveau du Smic, on considère déjà que les pensions ne sont pas assez importantes, on ne va pas baisser les retraites dans le même temps !" 

Sauf que les "petites pensions" ne résument pas la situation des retraités en France, qui ont globalement "les moyens de participer à l'effort collectif", relevait fin décembre une note relayée par le think tank Terra Nova. 

Les pensionnés actuels "conservent aujourd'hui encore un niveau de vie supérieur à celui de l'ensemble de la population, ce qui n'était pas le cas avant les années 2000", selon ce document. Sur ce point, la France se distingue parmi les grands pays développés, l'Italie exceptée. 

Même en prenant comme référence les seuls actifs, le revenu disponible des retraités reste, en moyenne, supérieur, car ils sont plus souvent propriétaires de leur logement et donc ont moins de loyers à verser. 

En outre, même si le taux de pauvreté (sous le seuil de 60% du niveau de vie médian) a augmenté depuis 2017 parmi les retraités, ces derniers restent mieux lotis que l'ensemble de la population et les jeunes, au regard de ce critère. 

"La pauvreté a complètement changé d'âge en 60 ans: aujourd'hui, un pauvre, c'est un jeune face à l'avenir", a résumé sur RMC l'économiste Maxime Sbaihi, directeur du cabinet Brunswick, qui plaide pour un effort des retraités. "Ils ont non seulement les moyens" mais "la responsabilité (...) d'aider à surmonter" l'enjeu du "vieillissement de la population, ce fardeau démographique", enchaîne l'essayiste, qui ne voit "aucune raison" à ce que seules "les nouvelles générations paient le prix" de la réforme. 

« Hypocrisie nationale » 

Président du cabinet de conseil en stratégie sociale Quintet, Antoine Foucher est lui aussi favorable à une mise à contribution des pensionnés. 

"Il y a une hypocrisie nationale sur le sujet: beaucoup de responsables politiques et syndicaux sont d'accord mais n'osent pas le dire, de peur de ce qu'ils imaginent être le coût politique pour eux", estime celui qui fut directeur de cabinet de Muriel Pénicaud au ministère du Travail. C'est que plus des trois quarts des 60-80 ans ont voté aux deux tours de la présidentielle 2022... plaçant au demeurant le candidat Emmanuel Macron en tête. 

Le chef de l'Etat a d'ailleurs pu mesurer la difficulté de ponctionner les pensions, au début de son premier mandat: après avoir décidé d'appliquer aux retraités un relèvement de 1,7 point de CSG, il y avait renoncé face à la colère des "gilets jaunes". 

Parmi les mécanismes possibles, Antoine Foucher envisage de sous-indexer les pensions par rapport à l'inflation, voire de "jouer" sur l'abattement de 10% sur l'impôt sur le revenu, dont bénéficient aussi les retraités alors qu'il est prévu au titre des "frais professionnels". Les plus modestes pourraient être préservés, en ne sollicitant que les retraités percevant plus que le salaire médian, autour de 1.800 euros net. 

L'économiste Antoine Bozio, directeur de l'Institut des politiques publiques, invite toutefois à la "précaution" et à distinguer "le conjoncturel d'une réforme de plus long terme". 

En effet, souligne-t-il, "le niveau de vie relatif des futurs retraités va baisser", puisque les salaires évoluent plus vite que les prix sur longue période. Or c'est sur les prix que les pensions sont indexées. 


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.