L'Iran va répliquer après les sanctions de l'UE et de la Grande-Bretagne

Une photo d'archive obtenue par l'AFP hors d'Iran montre un manifestant lors d'une manifestation pour Mahsa Amini, une femme qui serait morte après avoir été arrêtée par la "police des mœurs" de la république islamique, à Téhéran le 19 septembre 2022. Les autorités iraniennes qualifient généralement les protestations des derniers mois d'"émeutes" encouragées par des pays et organisations hostiles à l'Iran. (AFP).
Une photo d'archive obtenue par l'AFP hors d'Iran montre un manifestant lors d'une manifestation pour Mahsa Amini, une femme qui serait morte après avoir été arrêtée par la "police des mœurs" de la république islamique, à Téhéran le 19 septembre 2022. Les autorités iraniennes qualifient généralement les protestations des derniers mois d'"émeutes" encouragées par des pays et organisations hostiles à l'Iran. (AFP).
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Publié le Mardi 24 janvier 2023

L'Iran va répliquer après les sanctions de l'UE et de la Grande-Bretagne

  • L'Iran ««annoncera prochainement la liste de nouvelles sanctions» qui viseront des personnes ou des entités «violant les droits de l'Homme ou faisant la promotion du terrorisme» en Europe et au Royaume-Uni
  • Lors d'une réunion à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont ajouté 37 personnes ou entités iraniennes sur la liste de leurs sanctions pour violation des droits humains

TEHERAN : L'Iran a annoncé mardi qu'il allait prendre des mesures réciproques en réponse aux nouvelles sanctions décidées la veille par l'Union européenne et la Grande-Bretagne à la suite du mouvement de contestation dans le pays.

L'Iran "condamne avec force" ces sanctions et "annoncera prochainement la liste de nouvelles sanctions" qui viseront des personnes ou des entités "violant les droits de l'Homme ou faisant la promotion du terrorisme" en Europe et au Royaume-Uni, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Lors d'une réunion à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont ajouté 37 personnes ou entités iraniennes sur la liste de leurs sanctions pour violation des droits humains.

Ce 4e train de sanctions intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l'Iran et les Européens, qui accusent Téhéran de réprimer les manifestations ayant suivi la mort de Mahsa Amini le 16 septembre et de fournir des drones à la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Quatre commandants du corps des Gardiens de la Révolution (IRGC) et 12 unités militaires de cette  force figurent sur la liste de l'UE.

Les Européens ont également sanctionné le ministre iranien des Sports et de la jeunesse Seyed Hamid Sajjadi Hazaveh pour "les pressions exercées sur les athlètes". Quatre députés et deux directeurs de la radio-télévision iranienne sont également au nombres des personnalités sanctionnées.

Série de sanctions de l'UE

L'UE a déjà imposé le gel des avoirs, l'interdiction de visa et l'interdiction de recevoir des financements de l'UE à plus de 60 responsables et entités iraniens en raison de la répression des manifestations ayant suivi la mort de Mahsa Amini le 16 septembre.

Parallèlement, les Britanniques ont ajouté cinq personnes et deux entités sur leur liste des sanctions, portant leur total à 50 en réponse aux "violations des droits humains" perpétrées par Téhéran, selon la diplomatie britannique.

"Les décisions de l'UE et du gouvernement britannique montrent leur incapacité à comprendre les réalités de l'Iran", a dénoncé Nasser Kanani, le porte-parole de la diplomatie iranienne.

Selon le ministère, elle illustre aussi leur "frustration" de n'avoir pas réussi à "provoquer l'instabilité en Iran en dépit d'énormes efforts et coûts".

Les autorités iraniennes qualifient généralement les protestations des derniers mois d'"émeutes" encouragées par des pays et organisations hostiles à l'Iran.

Des centaines de personnes, parmi lesquelles des membres des forces de sécurité, ont été tuées pendant les manifestations, et des milliers arrêtées. Quatre hommes ont été exécutés, suscitant un tollé international.

Le 12 décembre, l'Iran avait sanctionné le service de renseignement britannique MI5, des responsables militaires du Royaume-Uni ainsi que des personnalités politiques allemandes en représailles aux précédentes sanctions prises par les parties européennes. Avaient été également sanctionnés le magazine satirique français Charlie Hebdo et le département persan de Radio Free Europe.


L'Iran dit que la diplomatie avec les Etats-Unis a été «mise à mal» par les frappes

Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
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  • "Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu"
  • "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain"

TEHERAN : Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé mercredi que les Etats-Unis avaient porté atteinte aux efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes américaines contre des cibles dans le sud de l'Iran.

"Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans un message vidéo relayé par les médias iraniens. "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain", a-t-il ajouté.

 

 


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
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  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.

 

 


Après Itamar Ben Gvir, le ministre israélien Bezalel Smotrich interdit de territoire en France

Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
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  • La France interdit l’entrée au ministre israélien Bezalel Smotrich en raison de ses positions en faveur de l’annexion de la Cisjordanie et de la recolonisation de Gaza
  • Cette décision s’ajoute à celle visant Itamar Ben Gvir et à des sanctions contre des colons violents

PARIS: Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui "promeut activement l'annexion de la Cisjordanie" et "revendique ouvertement" la "recolonisation de Gaza", est interdit d'accès au territoire français, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

C'est le deuxième membre du gouvernement israélien visé par une telle mesure après le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, autre figure de l'extrême droite, interdit d'entrer sur le sol français depuis le 23 mai, après la diffusion d'une vidéo de militants de la "flottille pour Gaza" agenouillés et mains liées.

"Bezalel Smotrich promeut activement l'annexion de la Cisjordanie, qu'il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l'effondrement économique de l'Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne: c'est une politique que ne peut accepter l'écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux Etats", a écrit M. Barrot sur X.

"Quatre responsables d'organisations de colons et 21 colons violents" sont également interdits de territoire français, a-t-il ajouté.

M. Barrot indique par ailleurs avoir pris "de nouvelles sanctions contre les responsables de l'intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie" conjointement avec le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège, sans détailler ces mesures ni préciser les personnes visées.

Ces cinq pays avaient déjà annoncé le 10 juin 2025 interdire leurs territoires aux ministres Ben Gvir et Smotrich, les accusant d'"incitation à la violence" contre les Palestiniens, en particulier en Cisjordanie. Le gouvernement israélien avait alors dénoncé ces sanctions, les jugeant "scandaleuses".

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.