Yémen: 9 morts dans des affrontements entre l'armée et des membres de tribus à Abyan

Les forces de la ceinture de sécurité à Aden, au Yémen, le 8 août 2019 (Photo, Reuters).
Les forces de la ceinture de sécurité à Aden, au Yémen, le 8 août 2019 (Photo, Reuters).
Short Url
Publié le Mercredi 25 janvier 2023

Yémen: 9 morts dans des affrontements entre l'armée et des membres de tribus à Abyan

  • Des soldats ont encerclé un village et exigé que les membres des tribus locales livrent au moins 15 présumés combattants d'Al-Qaida
  • D'après le commandant Mohammed Qassem Atwah, la vallée de l'Omaran a été un refuge pour Al-Qaïda pendant très longtemps

AL-MUKALLÂ: Au moins neuf personnes ont été tuées lundi dans des affrontements entre les forces de sécurité yéménites et des membres de tribus locales soupçonnés d'abriter des membres d'Al-Qaïda dans la province d'Abyan, dans le sud du Yémen, ont révélé des résidents et des responsables locaux.
Des affrontements ont éclaté à Moudea, dans la province d'Abyan, lorsque des soldats  ont encerclé un village et exigé que les membres des tribus locales livrent au moins 15 présumés combattants d'Al-Qaida qui avaient préparé une embuscade mortelle contre les forces indépendantistes sur une route voisine.
Les membres de la tribu ont nié le fait d’abriter les terroristes et ont lancé une attaque qui s'est soldée par la mort de cinq membres de la tribu et de quatre soldats.
Mohammed Qassem Atwah, commandant de l'axe militaire d'Abyan, a déclaré mardi à Arab News que quelques heures avant les tragiques combats avec les tribus, un de ses soldats a été tué et un autre a été blessé lorsque leur véhicule a percuté une bombe en bord de route posée par des combattants dans la vallée d'Omaran à Abyan.
Au moins 15 militants ont ouvert le feu sur des véhicules militaires transportant les morts et les blessés, tuant trois membres de sécurité et en blessant sept. Les assaillants ont ensuite fui vers le village voisin d'Al-Bagera.
«Ils se sont réfugiés à l'intérieur du village après avoir agressé nos hommes. Nous avons supplié les membres de la tribu de les livrer et les avons informés que nous étions venus pour les protéger», a indiqué Atwah.
Les membres de la tribu ont refusé cette demande et ont riposté en tirant sur le personnel de sécurité, l'accusant de s'introduire dans leurs maisons et de détenir des résidents.
Les habitants se sont plaints d'arrestations arbitraires et de raids effectués par le personnel de la Ceinture de sécurité à la suite d'attentats et de détonations de bombes en bord de route, malgré leur accord sur la propagation d'Al-Qaida dans la région.
«La vallée d’Omaran a été un refuge pour Al-Qaida pendant très longtemps. Nous ne les laisserons pas s’implanter de nouveau dans la région», a assuré Atwah.
Il y a cinq mois, le Conseil de transition du Sud, favorable à l'indépendance, a lancé une offensive militaire pour chasser les militants d'Al-Qaida de leurs cachettes et de leurs installations militaires autour des vastes montagnes et vallées d'Abyan, dont Omaran.
Les militaires yéménites ont été confrontés aux tactiques de guérilla meurtrières utilisées par les combattants dans les hauts plateaux et les vallées d'Abyan, notamment le placement de bombes en bord de route, de mines terrestres et d'engins explosifs improvisés, ainsi que des attaques éclairs, qui ont tué au moins 70 personnes et en ont blessé plus de 175.
Saeed Obeid al-Jemhi, spécialiste yéménite du terrorisme, a expliqué à Arab News que le groupe militant avait été considérablement affaibli par les opérations des forces militaires et sécuritaires, les défections et la diminution des ressources financières.
Il a ajouté que la pose de mines terrestres et de bombes en bord de route par les combattants était la preuve du niveau de la «mauvaise» performance militaire d'Al-Qaida.
«L'efficacité militaire du groupe sur le terrain s'est détériorée et ses opérations ont évolué vers des assauts éclairs en attaquant un poste militaire ou en posant des explosifs en bord de route – des activités qui ne s'approchent même pas du niveau de guérilla que le groupe employait dans ses premières phases», a indiqué  Al-Jemhi, ajoutant toutefois que ce déclin ne signifie pas qu'Al-Qaida va périr.
Les analystes yéménites affirment que les forces séparatistes qui combattent Al-Qaïda à Abyan ont amplifié leurs réalisations militaires contre l'organisation terroriste tout en sous-estimant les risques d'Al-Qaïda et ses alliances de longue date avec les tribus locales.
«Les opposants au groupe exagèrent dans les médias l'obtention de triomphes radicaux et définitifs sur Al-Qaïda, mais le groupe est toujours actif dans certaines parties de ces endroits et est capable de réaliser des succès, ce qui peut surprendre les forces armées qui le cherchent», a soutenu Al-Jemhi.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Toute tentative des Houthis de cibler le Royaume se heurtera à une riposte d'une force sans précédent, affirme la coalition

Un soldat fidèle aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite monte la garde près de navires amarrés dans le port méridional d’Aden, au Yémen. (AFP/Archives)
Un soldat fidèle aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite monte la garde près de navires amarrés dans le port méridional d’Aden, au Yémen. (AFP/Archives)
  • Les menaces des Houthis visent à « détourner l’attention » des violations commises contre le peuple yéménite, affirme Al-Maliki, porte-parole de la coalition

RIYAD : Toute tentative des rebelles houthis du Yémen de cibler le Royaume se heurtera à une réponse marquée par une « détermination et une force sans précédent », a déclaré la coalition dirigée par l’Arabie saoudite tôt samedi dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux et relayé par l’Agence de presse saoudienne.

« Les déclarations des Houthis contre le Royaume hier ne sont qu’une tentative de détourner l’attention de leurs graves violations à l’encontre du peuple frère du Yémen », a déclaré le général de division Turki Al-Maliki, porte-parole de la coalition.

Il a qualifié les dernières menaces de la milice de tentatives visant à porter atteinte à la sécurité régionale et internationale.

« La coalition répondra avec une détermination et une force sans précédent à toute tentative de cibler le Royaume, ses citoyens, ses résidents et ses infrastructures nationales, ou à toute atteinte à la souveraineté de la République sœur du Yémen, conformément au droit international humanitaire coutumier », a-t-il déclaré.

Le groupe soutenu par l’Iran a menacé vendredi de prendre pour cible « les aéroports saoudiens ainsi que les intérêts vitaux sur terre et en mer », selon son porte-parole militaire.

Al-Maliki a accusé les Houthis d’être responsables des souffrances du peuple yéménite.

« Ils cherchent à exporter les catastrophes économiques et les souffrances qu’ils ont eux-mêmes provoquées au Yémen, tout en tentant de masquer le rejet auquel ils sont confrontés de la part des composantes tribales et sociales yéménites, en reportant ces tensions sur leur environnement régional et les pays voisins. »

Connue officiellement sous le nom de Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite affirme œuvrer au rétablissement du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, après la prise de la capitale, Sanaa, par les Houthis en 2014.

Le groupe, qui a reçu des armes de Téhéran, contrôle depuis lors la capitale ainsi que de vastes régions du pays.

« Le Royaume, avec la coalition et ses partenaires internationaux, a lancé des initiatives et des efforts visant à atténuer les souffrances du peuple yéménite causées par le coup d’État de la milice houthie », a déclaré Al-Maliki. « Ces efforts comprennent également la recherche d’une solution à la crise yéménite à travers une feuille de route approuvée par le gouvernement légitime du Yémen, mais rejetée par les Houthis, qui ont en outre refusé les initiatives en faveur d’une paix durable et attaqué les voies de communication maritimes ainsi que le commerce international dans le sud de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. »

Al-Maliki a ajouté : « Ces actions ont exposé les capacités et les infrastructures du peuple yéménite à des attaques et à des destructions massives dans les ports de Hodeïda, Ras Issa et Salif, ainsi qu’à l’aéroport international de Sanaa, aux centrales électriques, aux installations industrielles et à d’autres composantes économiques majeures appartenant au peuple yéménite. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.