Des manifestants libanais accusent les banques de vol alors que la devise locale atteint son plus bas niveau

Des manifestants lancent des bouteilles, des verres et des pierres sur le bâtiment de la Banque du Liban, en arrière-plan, où les manifestants antigouvernementaux se rassemblent pour protester contre le gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé, et contre l’exacerbation de la crise financière à Beyrouth, le 25 janvier 2023. (AP)
Des manifestants lancent des bouteilles, des verres et des pierres sur le bâtiment de la Banque du Liban, en arrière-plan, où les manifestants antigouvernementaux se rassemblent pour protester contre le gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé, et contre l’exacerbation de la crise financière à Beyrouth, le 25 janvier 2023. (AP)
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Publié le Jeudi 26 janvier 2023

Des manifestants libanais accusent les banques de vol alors que la devise locale atteint son plus bas niveau

  • La livre libanaise est tombée à près de 56 000 pour un dollar américain sur le marché parallèle
  • En conséquence, les marchés financiers et commerciaux ont connu des perturbations

BEYROUTH: Des manifestants libanais ont bloqué des routes et brûlé des pneus mercredi près de la banque centrale à Beyrouth, alors que la devise locale, affaiblie, s’est effondrée pour atteindre son plus bas niveau face au dollar.

La livre libanaise, qui avait déjà perdu plus de 95% de sa valeur depuis 2019, est tombée à près de 56 000 pour un dollar américain (1 dollar = 0,92 euro) sur le marché parallèle. En conséquence, les marchés financiers et commerciaux ont connu des perturbations.

L’effondrement de la valeur de la devise nationale a poussé des militants en colère à descendre dans la rue dans des régions de Beyrouth, du sud du Liban, de Baalbek, du Akkar, et à proximité des camps de réfugiés palestiniens.

Avec la chute de la devise locale, les prix des carburants ont grimpé en flèche, atteignant environ 18 dollars pour 20 litres d’essence.

Les perturbations sur le marché parallèle ont incité plusieurs secteurs, dont les stations-service, à fermer leurs portes en raison de leur incapacité à suivre le changement des taux.

Mercredi, les stations-service ont fermé leurs portes et le secteur a demandé au ministère de l’Énergie de publier une liste des prix des carburants en dollars et de donner aux citoyens la possibilité de payer en livres libanaises ou en dollars, selon le prix actuel du marché.

«La fluctuation du taux de change du dollar a créé des différences dans la tarification du carburant, ce qui nous a incités à fermer nos stations, mais il s’agit d’une fermeture temporaire en attendant la tarification en dollars», a assuré Georges Brax, membre du syndicat des propriétaires de stations-service.

«Nous achetons le carburant en dollars et le vendons en livres libanaises, et la valeur des réserves des stations est libellée en dollars.»

Depuis l’effondrement économique du pays il y a trois ans, les banques libanaises imposent des restrictions draconiennes sur les retraits, privant ainsi les gens de leurs économies et suscitant la colère des citoyens.

Les manifestants près du siège de la banque centrale ont accusé les banques de vol, brandissant des banderoles appelant à la «justice pour les déposants» et dénonçant «la politique du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, et des banques».

M. Salamé fait actuellement l’objet d’une enquête. Il est soupçonné d’inconduite financière, notamment de blanchiment d’argent et de détournement de fonds.

Les manifestants ont exigé de «récupérer l’intégralité des dépôts», rejetant les dispositions qui les autorisent à retirer uniquement 800 dollars de leur argent gelé, la moitié en dollars et l’autre en livres libanaises.

Un manifestant a accusé l’État «de participer à l’ignorance de l’épuisement des personnes qui meurent aux portes des hôpitaux parce qu’elles ne sont pas en mesure de payer le coût de leur hospitalisation et d’acheter des médicaments».

Mardi, de nouvelles sanctions américaines ont été imposées au changeur libanais Hassan Moukalled et à ses deux fils pour leurs liens avec le Hezbollah.

Par ailleurs, les États-Unis ont annoncé une aide de 72 millions de dollars au Liban pour couvrir les salaires du personnel de sécurité pendant six mois, dans le cadre d’un programme conjoint avec l’ONU.

«La volonté de la communauté internationale de préserver les institutions militaires prouve qu’elle ne permettra pas au Liban de s’effondrer sur le plan sécuritaire», a déclaré le général Joseph Aoun, chef de l’armée libanaise.

«L’impact et les conséquences de l’effondrement du Liban ne se limitent pas à ce pays, mais auront un impact indirect sur l’environnement sécuritaire régional.»

«Ce soutien temporaire vise à aider les soldats et les membres des services militaires héroïques, pendant que nous exerçons une pression sur les dirigeants politiques pour qu’ils élisent un président de la République, forment un gouvernement et mettent en œuvre des réformes économiques immédiates», a indiqué l’ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea.

Melanie Hoenstein, représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement au Liban (PNUD), a souligné que «la sécurité, la stabilité et la mise en œuvre rapide des réformes sont les conditions de base du développement au Liban. La transparence et la responsabilité sont également essentielles pour un projet de cette ampleur et de cette importance.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël annonce des frappes imminentes sur des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
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  • "L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban"
  • L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région.

"L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban, en réponse aux tentatives interdites de cette organisation de reprendre ses opérations dans la région", a écrit sur X le colonel Avichay Adraee, porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe, en appelant les habitants de deux villages, Kfar Tibnit et Ain Qana, à immédiatement quitter leur logement.

 


Un mort et des blessés lors de frappes israéliennes dans le sud du Liban

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  • Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé
  • Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait un mort et plusieurs blessés dimanche, a indiqué le ministère de la Santé, l'armée israélienne affirmant avoir visé des cibles du mouvement islamiste libanais Hezbollah.

Israël mène régulièrement des frappes au Liban malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités, dont deux mois de guerre ouverte avec le mouvement pro-iranien.

L'armée israélienne affirme viser principalement des membres du Hezbollah ou ses infrastructures, et maintient des troupes dans cinq zones frontalières du sud du Liban.

Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé, dans le sud du pays.

Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid.

De son côté, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé un membre du Hezbollah près d'Abba, "en réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah".

Plus tôt dimanche, le ministère libanais de la Santé avait fait état d'une frappe dans la région de Saïda, loin de la frontière israélienne, qui a blessé une personne.

D'après l'ANI, elle visait un bulldozer "alors qu'il s'efforçait de déblayer les décombres" du site d'une précédente frappe israélienne.

L'armée israélienne a, elle, dit avoir visé "plusieurs véhicules d'ingénierie du Hezbollah" utilisés "pour rétablir des sites d'infrastructure terroriste dans la région", précisant toutefois qu'ils se trouvaient dans une autre zone du sud du Liban que celle mentionnée par le ministère.

Toujours dimanche, l'ANI a indiqué que l'armée israélienne avait largué des tracts visant à intimider les habitants de Bint Jbeil, dans le sud du Liban, près de la frontière. Elle a publié une photographie de l'un de ces tracts, qui comportait un avertissement aux habitants selon lequel des membres du Hezbollah utilisaient un hôpital de la ville.

Dans un communiqué, le ministère de la Santé a condamné "avec la plus grande fermeté les menaces contre les hôpitaux du sud, et les considère comme une attaque grave et une violation flagrante des lois et conventions internationales".

L'hôpital Salah Ghandour de Bint Jbeil, géré par le Comité islamique de santé affilié au Hezbollah, a indiqué dans un communiqué que les tracts contenaient "une menace claire contre l'hôpital, fondée sur des prétextes fallacieux dépourvus de tout fondement", et a rejeté ce qu'il a décrit comme des tentatives de ternir l’image de l’établissement.

L'enceinte de l'hôpital Salah Ghandour et ses abords ont été frappés en 2024 lors des hostilités avec le Hezbollah.

Sous forte pression américaine et par crainte d'une intensification des frappes israéliennes, le Liban s'était engagé, comme prévu par l'accord de cessez-le-feu, à désarmer le Hezbollah et à démanteler d'ici la fin de l'année 2025 ses structures militaires entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Israël a mis en doute l'efficacité de l'armée libanaise dans ce processus et accusé le Hezbollah de se réarmer, tandis que le mouvement chiite a rejeté les appels à abandonner ses armes.

Plus de 360 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis le cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP basé sur les statistiques du ministère libanais de la Santé.


La position de l'Arabie saoudite sur l'escalade régionale n'a pas changé, selon une source saoudienne à Asharq Al-Awsat

Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respectait la souveraineté de Téhéran
  • Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue

RIYAD: Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat.

La source a souligné au journal que l'Arabie saoudite soutient les efforts visant à trouver une solution pacifique par la diplomatie et le dialogue à tous les différends entre les États-Unis et l'Iran.

La source a également réitéré le rejet par le Royaume de l'utilisation de son espace aérien et de ses territoires dans toute opération militaire contre l'Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respecte la souveraineté de Téhéran et que le Royaume ne permettra pas que son espace aérien ou ses territoires soient utilisés dans toute opération militaire contre l'Iran.

Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue dans le but de soutenir la sécurité et la stabilité régionales.

M. Pezeshkian a déclaré que ses entretiens avec le prince héritier avaient porté sur l'évolution de la situation en Iran et sur le dossier nucléaire.

Il a exprimé sa gratitude à l'Arabie saoudite pour sa position ferme en matière de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Iran. Il a également salué le rôle et les efforts du prince Mohammed dans l'instauration de la sécurité et de la stabilité dans la région.